Débat avec un militant FN.

Depuis hier soir, sur Twitter, je « débats » avec une personne, cette personne semble être un soutien sans faille du Front National. Cette dernière n’étant pas factuelle et bien trop démago sur moi, j’utilise mon blog afin de faire une réponse plus construite, plus factuelle (puisque basée sur le programme du front national) et surtout, sur… un peu plus de 140 caractères.

Voici donc mon analyse sur les principales thématiques du Front National, je vous préviens… cet article risque d’être le plus long de tout pixellibre.net

[EDIT du 09/12/2011] : Depuis ce matin, les commentaires sont fermés. Je ne suis pas adapte de ce genre de pratiques et suis désolé pour ceux qui souhaitent s’exprimer sur le sujet ( les réseaux sociaux sont là 🙂 ), mais, si vous allez voir plus bas, vous constaterez que mon cher militant FN « campe » les commentaires. Limite… ce point n’est pas gênant, ce qui l’est plus, c’est qu’il déforme légèrement la vérité ou utilise des arguments en béton armé (comme par exemple : « D’ailleurs, les homosexuels ont tout à fait le droit de se marier, mais pas entre eux. » argument aussi trollesque que stupide, vous en conviendrez). Pour ces raisons et parce que j’ai autre chose à faire que de lui répondre 14 fois la même chose pour manger 14 fois une vérité tronquée, je ferme les commentaires. Le débat, oui, avec un sourd borné, non merci.

Éducation 

  • Mérite des enseignants

N’étant pas expert dans les éléments de langage du front national, mon analyse ne portera que sur le mérite des enseignants, point abordé dans le programme du FN. Ce mérite existe déjà, on parle même de « classes » et d’excellence au fur et à mesure des années, enseignements, actes … C’est donc vouloir refaire quelque chose qui existe déjà que de parler de mérite dans l’enseignement.

Nous pouvons également considérer que le mérite dont-il est question ici s’apparente plus à l’ancienne image d’un enseignant : une personne qui, avec le maire du village, se partageait respect et pouvoir dans les écoles. Ce temps n’est plus. L’explication réside simplement dans le fait suivant : les temps changent. Ils changent et notre système éducatif ne s’adapte pas assez rapidement. J’imagine que, pour beaucoup, c’est assez perturbant.

Chômage – Emploi

  • Mise en œuvre de la préférence nationale à l’embauche via diverses mesures de taxation du travail des étrangers     

Je ne suis certes pas expert dans ce domaine, mais un nombre incalculable d’études démontrent, avec des chiffres, des faits et des arguments que le travail des étrangers, en France, rapporte bien plus qu’il ne coûte. Il en est de même avec l’immigration, qui rapporte bien plus à la France que ce que cela lui coûte. À titre d’exemple : http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/02/les-tres-bons-comptes-de-l-immigration

Vouloir taxer le travail des étrangers, c’est aussi leur compliquer (un peu plus encore) la vie et accepter la stigmatisation (et, sans rentrer dans le troll, les différentes sorties de route du FN, père comme fille comme membres, sont déjà de trop). La taxation de la main-d’œuvre étrangère existe déjà dans la mesure où les employeurs doivent s’acquitter d’une taxe lorsqu’une demande de régularisation pour travail est faite en préfecture. http://www.immigration-professionnelle.gouv.fr/taxes-dues-%C3%A0-l-ofii

Il faut rajouter à cela que, d’accord ou non, les thèmes de l’économie et de la société s’évaluent au niveau mondial, repousser des étrangers à ses portes, c’est un peu idiot. Les immigrants ne viennent en France par plaisir, ils abandonnent tout, prennent des risques pour venir et, tous les jours, des personnes meurent dans la Méditerannée, faute d’avoir réussi à traverser. N’allez pas croire qu’ils sont cela « pour le plaisir », surtout si c’est pour finir éboueur à Paris (avec tout le respect que j’ai pour les éboueurs de Paris). Bien souvent, ces immigrés font donc un travail dont personne ne veut.

Economie 

  • Sortie de l’Euro et retour au Franc

Je donne mon point de vue, qui n’engage que moi : sortir de l’Euro, c’est, à l’heure actuelle, la pire connerie possible. La France est en crise, l’Europe également et on peut généraliser cela au Monde entier. Sortir de l’euro, c’est accepter de revenir 12 années en arrière, c’est s’isoler un peu plus encore, c’est plonger le pays dans un état encore plus compliqué et, accessoirement, le fait de repasser au franc n’aura aucun impact sur le coût de la vie. Au contraire, mais que des cotés négatifs: Avec quel argent va t’on imprimer des milliers de billets et faire des milliards de pièces ? Mettre à jour tous les systèmes Bancaires, d’assurances, de chèques, de facturation, sans compter tous les systèmes administratifs et des impots pour revenir au franc ?

  • Majoration des cotisations salariales et patronales pour les étrangers

Donc, à travail égal, les cotisations des travailleurs étrangers en situation régulière seraient différentes, comment dire… que c’est juste inique. Je travaille 35 heures, mon collègue également, et à travail égal, cotisations différentes. C’est un frein, cela ne donne pas envie aux arrivants de travailler légalement, et, pire, c’est accepter des différences de rémunérations et (à nouveau) stigmatiser des Hommes.

Ce qui me déplaît encore plus, c’est que c’est malsain, parce que ce n’est pas explicite, on ne demande pas à un étranger d’avoir un post-it sur la tête « je suis étranger », mais tout est fait pour qu’ils soient mis de côté et stigmatisés.

  • Favoriser les investissements directs étrangers en France

Pardon mais si je comprends bien, on stigmatise les étrangers, mais concernant les entreprises, on les accueille donc chaleureusement ce n’est pas l’hôpital qui se fout de la charité là ? Ou alors, il faudrait que les étrangers qui arrivent soient blindés de fric et investissements, c’est ça ?

Et c’est faux, car je connais des personnes souhaitant créer des entreprises en France qui ont été bloquées par des formalités administratives en tout genre et qui finissent par rentrer au pays.

C’est bas de favoriser l’argent étranger d’un côté(surtout quand la fiscalité est désavantageuse pour l’économie française, cf Google), et défavoriser les peuples étrangers de l’autre. D’ailleurs, la personne en charge de tout ceci a un rôle particulièrement inconfortable.  » Toi, tu gardes tes pauvres et ta misère, mais je veux bien que tes riches viennent investir chez moi ! », un peu délicat, non?

Fiscalité

  • Prélèvement à la source de l’impôt

Bon, je dois admettre que ce point, je ne m’y oppose pas, c’est comme ça que cela fonctionne chez moi, de l’autre côté de la manche.

État

  • Réaffirmation du principe de laïcité

Je serais curieux de voir ce qu’est la laïcité : être chrétien ne pose pas de problème mais être musulman semble l’être. Ce n’est pas un secret, l’État donne aux églises. Pas directement car il existe une loi qui l’interdit, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, exception faite de l’Alsace-Moselle, mais par le biais d’autres sociétés publiques. Et pour les autres temples de cultes, qu’en est-il ?

Affirmer la laïcité d’un État, c’est soit ne plus rien donner aux chrétiens, soit donner à tout le monde, étrangement, je suis convaincu que je n’ai pas la même définition que le FN dans cette histoire. D’ailleurs, si on pousse la réflexion jusqu’à son paroxysme, pourquoi avoir des jours fériés alignés sur les fêtes chrétiennes, et pas des jours fériés sur les autres religions ?

  • Mise  en place d’une politique familiale volontariste réservée aux Français impliquant la suppression des allocations familiales pour les étrangers et la création d’un revenu parental pour favoriser la natalité

Je vais éviter de commenter, quelques insultes pourraient voler. Je ne vous dirais donc pas que je trouve ceci totalement con, dégueulasse et franchement nazionalist (et hop, point Godwin atteint). C’est un fait, des familles usent et abusent du système des allocations familiales, pour autant, le F.N est presque en train de dire que saydlafote aux étrangers, c’est eux qui abusent du système. Allez hop, tout le monde dans le même panier, une famille en abuse, c’est tout le monde. Amalgame aussi stupide que dangereux, mais passons. Continuons donc sur cette réflexion : être Français, qu’est-ce que cela veut dire ? Je pense que 70% de la population a au moins un grand-parent qui vient d’ailleurs. Nous sommes tous étrangers alors, non ? Ces étrangers sont en France, ils travaillent, ils participent à l’économie du pays, ils payent des impôts… Ils sont donc Français.

  • Organisation d’un référendum sur l’avortement

Ah, tiens, ce point est plus souple que les discours de Mme Le Pen, qui s’y opposait. Allez expliquer cela à une de mes contacts qui à eu quelques soucis et qui a dû passer par là, vous aimerez sa réponse. Pour ou contre, ce n’est pas à l’État de juger, il DOIT être neutre. Si quelqu’un souhaite avorter, il doit faire en sorte que cela se passe dans les meilleures conditions possibles (médicales, suivi psychologique si besoin est) mais, selon moi, en aucun cas il ne doit se placer pour ou contre une décision qui appartient à chaque femme sur cette planète.

Comme une amie me le souligne, « notre sexualité d’aujourd’hui rend le truc juste infaisable. Parce qu’une gamine doit pouvoir se séparer d’un bébé qui va lui pourrir sa vie présente et future, rien que ça. »

  • Veiller à la neutralité politique de l’audiovisuel public

Bon point, mais malheureusement, le simple fait qu’un parti politique dise « nous allons garantir la neutralité du PAF », n’est déjà pas neutre. Un parti défend des idées et, partant de ce fait, s’il est garant qu’une quelconque neutralité, il ne sera pas éternellement neutre. Je suis réaliste, l’Homme est ce qu’il est et cette neutralité sera au mieux temporaire, au pire imaginaire. D’ailleurs, à l’heure actuelle, il ne me semble pas possible de retirer les médias des politiques, la proximité des deux est trop importante, ils ont besoin les uns des autres.

Europe

  • Sortir de l’Espace Schengen et rétablir les contrôles aux frontières nationales

Cette histoire me fait penser à un gros rideau de fer sur l’ensemble de la frontière française, on s’isole, on s’enferme et on ne laisse plus personne rentrer, un peu comme un firewall. On ne peut pas empêcher les flux migratoires, quoi que le Gouvernement en pense.(cf plus haut) En fermant l’espace Schengen, le FN pense stopper les flux de personnes, or ça ne fonctionnera pas. La seule chose qui va en découler, c’est que les gens prendront plus de risques à passer en France, cela augmentera les risques pour ces derniers, puisqu’ils passeront clandestinement. C’est également se fermer à la diversité et accepter que la France soit centrée sur elle-même, plutôt qu’ouverte au Monde entier (comme expliqué plus haut avec les travailleurs immigrés).

Le seul moyen de stopper les flux migratoires, c’est de poser un grand mur sur l’ENSEMBLE de la frontière, puis tant qu’on y est, de mettre des miradors partout, juste pour contrôler… et encore, pas certain que cela fonctionne.

Sur ce point, le vrai travail réside dans la bonne intégration de ces personnes et dans la bonne gestion de ces flux migratoires. Il n’est pas concevable de refuser à des gens d’entrer dans notre pays.

Un dernier point : l’Espace Schengen est un avantage économique : les transports de marchandise sont dédouanés. Fermer cet espace, c’est inciter les autres pays à aller exporter ailleurs puisque, chez nous, cela sera plus couteux et plus compliqué qu’ailleurs.

  • Renégociation radicale des traités européens et organisation d’un référendum sur la sortie de l’Europe en cas d’échec

Bon, connaissant les idées du FN, on peut penser que les négociations n’aboutiront pas et donc, que le FN souhaite que l’on sorte de l’Europe, histoire d’être bien de notre côté, seuls, isolés monétairement, politiquement, bla bla bla…

J’aimerais d’ailleurs savoir comment un seul pays pourrait s’imposer, face à 26 autres…

  • Renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’Europe (notamment méditerranéennes) pour lutter contre l’immigration clandestine

Ah, voilà le cœur du problème. « (notamment méditerranéennes) ». Discrimination, quand tu nous tiens ! Juste pour savoir, si un Syrien essaye d’arriver en France parce qu’il fuit le régime d’Assad, on le renvoie chez lui ? Et qui le fera ? La France ?

A nouveau, le débat porte sur des personnes qui sont parfois allé jusqu’à risquer leur vie pour venir en France, il serait peut-être préférable d’encadrer cette immigration clandestine afin d’éviter ou de réduire le nombre de  morts.

Immigration (là, y a du lourd)

  • Préférence nationale pour les prestations sociales (Allocations familiales notamment) avec augmentation des cotisations d’assurance Maladie et de l’assurance Chômage pour les étrangers
  • Le RMI ainsi que l’AME seront supprimés pour les étrangers

Donc, déjà qu’on veut augmenter les cotisations des étrangers, on veut AUSSI augmenter les cotisations sur le chômage et sur l’assurance Maladie… L’idée, c’est quoi ? De foutre tous les étrangers à la porte ?

Bien sûr, on me dira que non, mais augmenter (and again & again & again…) les cotisations et tout le reste, c’est défavoriser les étrangers en France, et donc, les mettre à la porte.

Ici aussi, c’est super malsain, parce que ça n’est pas fait directement, ce sont plein de petites mesures qui font le drame. Tenir le point de vue que je tiens ici reviens donc à dire que j’interprète, que le FN n’a jamais eu cette idée-là, que je conspire contre le FN … oui, évidemment, c’est vrai que le FN ADORE les étrangers. Bref.

  • Réforme du droit de la nationalité avec notamment suppression de la bi-nationalité et déchéance de la nationalité pour les délits grave commis par des personnes naturalisées depuis moins de 10 ans

Merde, que faudra-t-il choisir alors ? Imaginons une personne qui est Britannique et Française et qui a la double nationalité, elle fait comment ?

Ah! On me souffle dans l’oreillette que si elle reste Britannique, elle devra justifier sa situation en France. Je suis désolé, mais je ne me vois pas justifier une situation totalement légitime et encore moins choisir entre deux nationalités que j’ai.

Ah! Mais, anglais et français, ça ne dérange pas ? On me dit que c’est plus Français – Tunisien/Marocain/Algérien/Libyen/Syrien/, je n’avais pas compris que c’était une réforme de merde.

A l’heure ou de plus en plus de gens sont issus de deux pays différents sur au moins deux générations, le fait que le FN s’oppose à la bi-nationalité, c’est un peu comme s’il demandait de choisir une de ses racines et de la couper. Laquelle ? Être français et renier une partie de ses racines ou ne pas les renier mais devenir expatrié ?

  •  Expulsion des délinquants multi-récidivistes étrangers

Non, parce que, vous voyez, les délinquants mult-irécidivistes français, c’est moins grave. C’est quoi cette proposition, je veux dire, c’est sérieux ?

Proposer cela, c’est dire aux délinquants multi-récidivistes français que, s’ils sont Français, c’est moins grave. C’est traiter un même comportement de deux façons différentes en fonction d’une origine. Plus raciste, tu peux pas faire.

Sécurité

  • Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre faisant usage de la Force

Alors, déjà qu’en ce moment, les forces de l’ordre font usage de la force à toute les sauces (Botzaris, la défense, les indignés, … aucune mention inutile, ne rien rayer), je n’ose imaginer ce que cela sera avec la légitime défense.

  • Fermeture des mosquées sous la coupe d’obédiences intégristes

Plaît-il ? Mais, un instant, les catholiques intégristes, ça existe aussi vous savez ? Et pourtant, le FN ne parle pas de les fermer… Encore une fois, c’est malsain car le FN ne dit pas « Les arabes sont dangereux, saydleurfote, dehors » mais il cherche à le sous-entendre.

Soit on traite tout le monde de la même façon, catholiques, protestants, musulmans, etc. Soit on ne fait rien. Avec cette proposition, le FN vise une religion mais pas les autres.

J’en passe un peu, histoire que le billet reste un peu buvable.

Santé

  • Limitation du nombre de médecins à diplôme étranger

Comme Cyprien pourrait le dire : « POUR-QUOI » ? Ils ont des diplômes, ils sont compétents, ils cherchent du travail… c’est encore une mesure discriminante pour les étrangers. D’ailleurs, pour info, la médecine, cela ne vient pas de France, les meilleurs médecins à l’époque des templiers restaient des hommes du Moyen-Orient (sauf si mes livres et mon professeur d’histoire m’ont menti).

Étrangement, lorsque quelqu’un est malade, il est bien content d’être soigné … étranger ou non.

Justice

  • Rétablissement la peine de mort

Alors, ÇA, c’est fort.

Je vous explique la raison de ce billet : une personne que je qualifierais de « Mega Pro-FN » m’a expliqué que le FN, c’était les gentils, qu’ils avaient de belles idées et que c’était un parti progressiste.

Je vous laisse juger par vous-même de ses idées… mais un parti qui souhaite rétablir la peine de mort, pour moi, ce n’est pas progressiste du tout.

Je vous conseille d’ailleurs de (re)voir le discours de Robert Badinter à l’Assemblée nationale le le 17 septembre 1981 :

Morceaux choisis :

Citation N°1 :

« Voici la première évidence : dans  les pays de liberté l’abolition est  presque partout la règle ; dans  les pays où règne la dictature, la  peine de mort est partout pratiquée. Le partage du monde ne résulte pas d’une simple coïncidence, mais  exprime une corrélation. La  vraie signification politique de la peine de  mort, c’est bien qu’elle  procède de l’idée que l’Etat a le droit de  disposer du citoyen jusqu’à  lui retirer la vie. C’est par là que la  peine de mort s’inscrit dans les systèmes totalitaires. 

C’est  par là même que vous retrouvez, dans la réalité judiciaire, et  jusque  dans celle qu’évoquait Raymond Forni, la vraie signification de  la  peine de mort. Dans la réalité judiciaire, qu’est-ce que la peine de   mort ? Ce sont douze hommes et femmes, deux jours d’audience,   l’impossibilité d’aller jusqu’au fond des choses et le droit, ou le   devoir, terrible, de trancher, en quelques quarts d’heure, parfois   quelques minutes, le problème si difficile de la culpabilité, et,   au-delà, de décider de la vie ou de la mort d’un autre être. Douze   personnes, dans une démocratie, qui ont le droit de dire : celui-là  doit  vivre, celui-là doit mourir ! Je le dis : cette conception de la   justice ne peut être celle des pays de liberté, précisément pour ce   qu’elle comporte de signification totalitaire. »

Citation N°2 :

«  Je sais qu’aujourd’hui et c’est là un problème majeur – certains voient  dans la peine de mort une sorte de recours ultime, une forme de   défense extrême de la démocratie contre la menace grave que constitue  le  terrorisme. La guillotine, pensent-ils, protégerait éventuellement  la  démocratie au lieu de la déshonorer.

Cet  argument procède d’une méconnaissance complète de la réalité. En  effet  l’Histoire montre que s’il est un type de crime qui n’a jamais reculé  devant la menace de mort, c’est le crime politique. Et, plus   spécifiquement, s’il est un type de femme ou d’homme que la menace de  la  mort ne saurait faire reculer, c’est bien le terroriste. D’abord,  parce  qu’il l’affronte au cours de l’action violente ; ensuite parce  qu’au  fond de lui, il éprouve cette trouble fascination de la violence  et de  la mort, celle qu’on donne, mais aussi celle qu’on reçoit. Le  terrorisme  qui, pour moi, est un crime majeur contre la démocratie, et  qui, s’il  devait se lever dans ce pays, serait réprimé et poursuivi  avec toute la  fermeté requise, a pour cri de ralliement, quelle que  soit l’idéologie  qui l’anime. le terrible cri des fascistes de la  guerre d’Espagne : « Viva la muerte ! », « Vive la mort ! » Alors, croire  qu’on l’arrêtera avec la mort, c’est illusion. 

Allons  plus loin. Si, dans les démocraties voisines, pourtant en  proie au  terrorisme, on se refuse à rétablir la peine de mort, c’est,  bien sûr,  par exigence morale, mais aussi par raison politique. Vous  savez en  effet, qu’aux yeux de certains et surtout des jeunes,  l’exécution du  terroriste le transcende, le dépouille de ce qu’a été la  réalité  criminelle de ses actions, en fait une sorte de héros qui aurait  été  jusqu’au bout de sa course, qui, s’étant engagé au service d’une  cause,  aussi odieuse soit-elle, l’aurait servie jusqu’à la mort. Dès  lors,  apparaît le risque considérable, que précisément les hommes d’Etat  des  démocraties amies ont pesé, de voir se lever dans l’ombre, pour un   terroriste exécuté, vingt jeunes gens égarés. Ainsi, loin de le  combattre, la peine de mort nourrirait le terrorisme. (Applaudissements sur les bancs des socialistes et sur quelques bancs des communistes.) 

A cette considération de fait, il faut ajouter une donnée morale : utiliser contre les terroristes la peine de mort, c’est, pour une  démocratie, faire siennes les valeurs de ces derniers.  Quand, après  l’avoir arrêté, après lui avoir extorqué des  correspondances terribles,  les terroristes, au terme d’une parodie  dégradante de justice, exécutent  celui qu’ils ont enlevé, non seulement  ils commettent un crime odieux,  mais ils tendent à la démocratie le  piège le plus insidieux, celui d’une  violence meurtrière qui, en  forçant cette démocratie à recourir à la  peine de mort, pourrait leur  permettre de lui donner, par une sorte  d’inversion des valeurs, le  visage sanglant qui est le leur. 

Cette  tentation, il faut la refuser, sans jamais, pour autant,  composer avec  cette forme ultime de la violence, intolérable dans une  démocratie,  qu’est le terrorisme. »

Nous n’avons pas le droit de vie ou de mort sur nos semblables. Badinter le dit d’ailleurs bien mieux que moi.

Pour finir, je trouve facile d’exécuter quelqu’un, de lui ôter la vie. S’il à volé une vie en étant parfaitement conscient de cet acte (et maître de lui-même), le tuer, c’est se mettre à son niveau. Qui tuera le bourreau ? (Référence : http://www.perspectives-gorziennes.fr/public/images/FranquinInoires_1_.jpg ) Il faudrait aussi faire la part des choses entre le crime conscient et celui qui ne l’est pas, lors de troubles psychologiques par exemple. Une peine de prison pour une personne troublée, cela ne résoudra rien, bien au contraire.

Edit : puisque le militant du FN me dit que j’ai menti, que c’est un mensonge par omission et que Mme Le Pen n’est pas pour… comment expliquer ceci alors :

http://www.dailymotion.com/video/xbv7vn_peine-de-mort-marine-le-pen-pour-un_news (passage aux alentours de 0.46, « donc, vous-êtes pour la peine de mort? Oui. »)

http://www.frontnational.com/2011/11/meurtre-d%E2%80%99oceane-la-peine-de-mort-existe-encore-en-france-mais-seulement-pour-les-victimes/

http://www.sondages-election.com/programmes/programme-front-national.htm

Pour finir : autre

  • Refus du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par des homosexuels

Pardon mais : « putain de bordel de mentalité de merde ». Il est où le problème ?

Cher FN, l’homosexualité n’est pas une maladie, ce n’est pas une erreur, ce n’est pas un comportement étrange, ce n’est pas une connerie, ce n’est pas une défaillance mentale, ce n’est pas une tare, ce n’est pas dangereux, ce n’est pas … une maladie (retirée en 1992 de la nomenclature des maladies mentales de l’OMS).

Votre point de vue progressiste s’envole définitivement à la lecture de ce point. En QUOI deux hommes ou deux femmes qui s’aiment sont différents d’un couple hétéro ?

En rien. Pourtant, ils n’ont pas le droit de se marier. Ça n’est pas tant pour le mariage que certains le demendent, c’est surtout pour être considérés, être « comme tout le monde », et cela passe par le droit de potentiellement faire foirer son couple en se mariant si on veut.

Je ne parle pas de l’acte religieux, mais bel et bien de celui de la mairie. L’Etat est censé être laïque, qu’une Eglise refuse un mariage homo, je ne l’accepte pas mais je le conçois, les textes anciens, les règles, bla bla…

Qu’une mairie le refuse, non, je ne suis pas d’accord, ou qu’on ne parle plus de l’Etat laïque dans ce cas-là.

On parle de sentiments, de choses qui sont au plus profond de nous, pourquoi est-ce mal d’avoir des sentiments pour quelqu’un du même sexe ? Un sentiment, cela ne se contrôle pas, ça se vit, ça se ressent et si c’est une personne du même sexe, qu’est-ce que ça fait.

Cette mesure est stupide, pour ne pas dire complètement conne. Laissez les gens vivre, bordel !

Alors, mon cher ami, ce programme que vous défendez, est-il aussi ouvert d’esprit et progressiste que ça ?

A mon avis, non, mais ceci n’engage que moi. Cordialement.

Un troll s’est infiltré dans les locaux du Monde et publie sur la #Hadopi.

Ce qu’il y à de magnifique avec Internet, c’est que tout le monde peut s’exprimer. Le problème avec cela, c’est que certains n’ont pas des propos argumentés et tirent à vue sur un peu tout le monde. Ces personnes là s’appellent des trolls et manifestement, un troll de compétition s’est infiltré dans les locaux du monde.

La raison de mon billet, c’est cet article : « Hadopi : attendre avant de cliquer poubelle » publié dans les colonnes du Monde web.

Le monde web nous à habitué à des articles de qualité, factuels, argumentés…et là, c’est tout l’inverse, je me fends donc d’un « droit de réponse » que je trouve légitime.

Premier point : l’article n’est pas signé. Le monde, une explication ?

Personnellement, je vois deux raisons : soit le « journaliste » (excusez moi, mais c’est un torchon, pas un travail digne de journaliste, même si l’article est très bien sourcé) savait qu’il allait s’en manger plein la tête à écrire ce tas d’infâmes conneries (oui, je ne vais pas prendre de pincettes pour ce billet), soit c’est une tribune d’un politique ou de l’exécutive de chez Orange, Mme Albanel.
Blague à part, les propos tenus sont dignes d’un troll de droite et je me demande sincèrement si l’auteur n’est pas un Copé, un Riester ou une Albanel. C’est préjudiciable pour le monde, puisque l’article n’est pas signé, c’est eux qui prennent tout dans la tête… d’ailleurs cet article est en édito. Dois-je comprendre que Le Monde rejoint ce point de vue ?

Edit (suite à un commentaire sur ce billet) : C’est, comme indiqué ci-dessus, un édito, c’est l’éditorial. Cela signifie qu’a un instant T c’était « la position du journal face au monde. » Cela ne signifie pas pour autant « qu’elle est unanime » « ça ne veut pas dire que c’est la « ligne du parti ».» Cet éditorial est paru à la Une de la version papier du Monde. Tenant compte de ces éléments, je trouve cela encore plus dommage.

Second point : un journaliste se doit (normalement) d’être neutre, hors…(je cite)

« régulièrement violée dans l’espace cybernétique. »
« Le choix français a été très français »
« On cambriole allégrement sur le Net »
« Royaume absolu de la gratuité » (Séguéla aurait pu dire cela)
« et continué à télécharger – à piller – en paix »
(Alerte, troll en vue, je répète, troll-en-vue)
« Les technolâtres, as du clavier et rois du téléchargement clandestin »
« elle est un outil intéressant – certes un peu cher »

Je ne cite pas tout, mais ces petites remarques sont le reflet d’un parti pris dans cet article, ce qui ne devrait pas exister lorsque l’on a affaire à « un journaliste ».

Passons les petits pics que l’auteur à distillé au fil de l’article, il n’y à pas grand-chose à en dire, hormis qu’ils sont assez pathétiques et qu’ils soulèvent à nouveau la question suivante : « qui à rédigé cet article, wtf !? »

L’auteur indique que la HADOPI poursuit le débat passionnant ouvert en 2009. C’est passionnant certes, mais ce n’est pas un débat, la HADOPI n’étant pas à l’écoute de ceux qui réfléchissent différemment d’elle.

On remarque également le parti pris dans la phrase suivant, ou l’auteur parle de l’importance d’Internet dans la vie démocratique (ce qui est totalement vrai). Il exprime cet avis « selon le Conseil Constitutionnel » mais n’exprime pas la suite par un intermédiaire.
Est-ce un point démontrant que l’auteur n’adhère pas à un point ? Je pense que oui, on se retrouve donc dans une tournure qui décrédibilise l’avis du Conseil Constitutionnel.

Je passe un peu la suite pour arriver à ce point : « On cambriole allégrement sur le Net »

Mais what the fuck ? Je prends cette phrase comme la confirmation que ce n’est pas un journaliste qui à rédigé cet article car, comme ils le savent tous maintenant, on ne cambriole pas sur Internet…on copie. Le délit de copie sur Internet, c’est de la contrefaçon, pas du vol, pas du cambriolage. Je peux joindre également le « et continué à télécharger – à piller – en paix ». Cambrioler ou piller est assimilé à du vol, hors le délit condamné par la Hadopi est la contrefaçon. Les vils pirates qui tuent les artistes copient, ils dupliquent à l’infini des données et ne laissent pas le propriétaire de l’original sans rien, donc, ce n’est pas du vol. CQFD. L’utilisation de ces deux termes démontre au mieux que l’auteur ne connait pas la loi, au pire que c’est un troll velu, encore une fois. Pour terminer avec ce point : la loi fait bien la part des choses entre le vol et l’acte de contrefaçon [PDF], les peines étant différentes.

Au passage : Internet n’est pas le royaume de la gratuité, il existe déjà un ensemble d’offres payantes (aussi pauvres soient-elles) et un ensemble de lois qui régissent le fonctionnement d’Internet.

« On peut en déduire que le système des avertissements est dissuasif dans une majorité des cas. »… comme dirait Norman : Faux!

Cher auteur, j’ai envie de vous dire non. On peut en déduire que l’utilisation du P2P à réduit au bénéfice d’autres solutions de téléchargement comme le téléchargement direct ou le streaming, ce n’est pas pour rien que la HADOPI s’intéresse d’ailleurs au filtrage du direct download ou au blocage du streaming.

Avant dernier point avant le gros what the fuck : « Ce serait une erreur, nous semble-t-il…

Car, que l’on observe ce qui se passe dans des pays comparables ou que l’on se tourne vers les propositions de l’opposition socialiste en France, on aboutit au même constat : une volonté partagée de protéger la propriété intellectuelle, par la loi, par un système de licence et de redevance – en réformant Hadopi, s’il le faut. »

Relisez bien ce passage, allez, encore une fois… maintenant, traduction N°1:

« Les propositions de l’opposition socialiste en France » : l’UMP. « Une volonté partagée de protéger la propriété intellectuelle, par la loi » = le Parti Socialiste ne cherche pas à protéger la propriété intellectuelle.

Je reprend l’idée…les éléments de langage et shake shake shake… :

« Ce serait une erreur, nous semble-t-il. Car, que l’on observe ce qui se passe dans des pays comparables ou que l’on se tourne vers les propositions de l’UMP, on aboutit au même constat : une volonté partagée de protéger les maisons qui se font déjà un max de blé, mais pas les artistes. »
Cher auteur, vous êtes encarté UMP ? Je me pose sérieusement la question. La tournure de phrase que vous empruntez est d’ailleurs assez subjective et mesquine, puisque vous faites comprendre que le PS est contre la propriété intellectuelle mais sans le dire explicitement, c’est assez bas.

Traduction N°2 : autre interprétation possible : celle ou l’opposition socialiste ne représente pas l’opposition aux socialistes mais le Parti Socialiste directement. Dans cette traduction, le PS n’est pas opposé à la propriété intellectuelle et peut aller jusqu’a une réforme de la loi Hadopi (chose annoncée par la majorité des élus PS dont Aubry et Hollande). Dans ce cas, je suis d’accord avec l’auteur : il convient d’assurer aux créateurs d’oeuvres (musiques, films, livres …) une juste rémunération pour leur travail, pour résumer : adapter le code de la propriété intellectuelle à l’ère du numérique (et si on pouvait éviter les idées de Mme Albanel au passage, genre le droit de lecture …)

Dernier point qui m’a fait bondir : « Les technolâtres, as du clavier et rois du téléchargement clandestin »

Si je n’avais pas d’argument (un peu comme vous quoi), je répondrais juste : allez vous faire foutre. (J’avais prévenu, je ne prends pas de pincettes).

Doit-on comprendre que les technolâtres sont des personnes qui ne respectent pas la propriété intellectuelle. Vous faites un dangereux amalgame indigne d’un journaliste. Vous mettez tout le monde dans le même panier (signe que vous êtes de l’UMP ?) et réduisez les gens qui comprennent le fonctionnement du réseau à des « as du téléchargement clandestin ».

Pourtant, n’est ce pas l’UMP qui à eut des soucis avec la propriété intellectuelle (chansons piquées pour des campagnes) ? Le Lipdub (bonjour les jeunes pop’), des photos prises sans le consentement de l’auteur, une police d’écriture piquée à Orange (bonjour HADOPI), des publications non sourcées piquées à des auteurs (sur le site de l’Elysée à l’époque)… sans les citer ?

Doit-on comprendre que l’UMP est un as du téléchargement clandestin ?

Ou doit-on comprendre que cet article est un torchon sans fondements avec un parti pris, qu’il n’est pas factuel et qu’il condamne ceux qui pensent différemment de ce que vous écrivez ?

La prochaine fois que vous faites un article, ayez au moins la décence de le signer, cela évitera d’aller taper sur Le Monde et… par pitié, soyez plus neutre que ça, faudra pas vous étonner si je publie un nouveau billet avec des morceaux de Flamby sur les murs.

Cordialement, Numendil.

Edit : concernant le « un peu cher », nous n’avons manifestement pas la même échelle de valeurs car pour moi, plus de 11 millions d’euros, ce n’est pas « un peu cher », c’est jeter de l’argent par les fenêtres.

Complément d’information sur une Interview

Hier, j’ai été contacté par un journaliste de RTS (http://www.rts.ch) afin de réaliser une « interview » téléphonique sur les Anonymous (interview entre guillemets, je ne remets pas en cause les capacités du journaliste de RTS (bien au contraire), simplement,  je n’aime pas énormément ce mot. J’ai l’impression de me la raconter un peu et, oui, je supporte pas ça).

Je viens d’avoir le lien pour télécharger l’interview, qui dure approximativement 5 minutes: http://download.rsr.ch/la-1ere/programmes/le-journal-du-matin/2011/le-journal-du-matin_20110817_standard_1er-developpement_eb1bdeb6-194f-4fc4-ba16-a18f5a76200e-128k.mp3

L’interview (au total) à duré environ 25 minutes, ce qui est trop long (normal) pour aborder un sujet d’actualité. RTS à donc choisi un ensemble de morceaux pour refaire quelque chose qui dure approximativement 5 minutes (ce qui ne me dérange absolument pas). De ce fait, des parties d’informations ne sont pas présentes et je profite de mon blog pour les ajouter (et contredire deux points, non liés au journaliste).

1er point (qui fait déjà débat) : le terme de hacker. L’interview me classe comme un hacker mais, pour replaçer les choses comme je pense qu’elles devraient l’être, je n’en suis pas réellement un, je m’explique : le simple fait d’utiliser un logiciel afin de réaliser du DDOS (je ne reviens pas sur l’aspect légal, ou non, de cette pratique) ne fait pas de moi un hacker, un kiddies tout au plus. Le hacking est un Art vaste (oui, un Art) et je n’en connais qu’une minuscule partie. Je préfère donc le terme d’hacktiviste (et encore) au terme de hacker. Les gus du Chaos Computer Club, oui, ce sont des hackers.

second point: les Anonymous sont présentés comme un groupe, une sorte d’entité dans laquelle tu peux rentrer, de laquelle tu peux faire partie…je ne suis pas totalement d’accord sur ce point. Pour vulgariser la chose : est Anonymous qui veut l’être. Il existe plusieurs représentation de l’idée Anon, sur le web et IRL (dans la vie réelle) mais, sur le web, il suffit d’une connexion à Internet, d’un logiciel et…roulez jeunesse! On ne peut pas dire « lui, il est chez les Anonymous » ou « lui il n’est pas chez les Anon », dans des échanges entre Mr Raphael Grand (le journaliste de RTS) et moi, c’est un point que j’avais précisé, pour des raisons de timming il n’est pas présent dans l’interview.

Ma philosophie: Anonymous est bulletproof. Anonymous est une idée, Anonymous est un idéal et les idées sont à l’épreuve des balles ;-). Chacun peut rejoindre ces idées, cet idéal, chaque personne est libre de s’identifier à ces idées, ou pas.

Les faits: oui, je vais être clair et jouer le carte de la transparence. Oui, j’ai été de ceux qui ont attaqués les sites du gouvernement tunisien, égyptien et libyen. Oui, j’ai été de ceux qui ont DDOS certains sites (et je sais que c’est illégal, ne me parlez pas de la loi, je sais précisément ce que je risque).

J’ai mes raisons : lorsque l’on coupe la parole à un peuple, lorsque l’on fait taire un massacre ou lorsque la Liberté d’expression disparait, si je peux faire quelque chose, je le fais, légal ou pas, je m’en contrefous. Je ne parle pas de légalité ici, je parle d’un peuple qui s’est fait massacrer et qui n’avait plus les moyens de s’exprimer (et si c’était à faire, je recommencerais). Je n’ai pas participé aux attaques d’#OpPayback avec Wikileaks, même si je suis d’accord avec le concept. Avouez que c’est étrange de couper les revenus de Wikileaks tout en laissant Kadhafi gérer ses comptes comme bon lui semble, n’est ce pas…

Dernier point: oui, je cautionne le fait que parfois, il faut franchir les barrières de la légalité, lorsque la situation l’impose. Est-ce légal de faire taire un peuple, un site d’information ou encore un blogueur parce que ce qu’il dit déplait à son gouvernement? Non. Pourtant, c’est ce qu’il s’est produit…alors, s’il faut, pour aider, faire quelque chose reconnu comme illégal, soit.

PS : mes paroles dans l’interview ne sont pas totalement justes et je donne l’impression que c’est Anonymous qui à sauvé la vie de personnes en Tunisie ou en Egypte, ce n’est pas le cas. « Nous » avons donné à ces peuples un moyen de s’exprimer lorsqu’ils n’en avaient plus, ni plus, ni moins (et les Telecomix ont fait bien plus, mais hélas, peu de gens parlent de de groupe alors que je pense qu’ils méritent notre plus grand respect).

Je pense avoir fait le tour de ce petit complément que je souhaitais ajouter /-).

PS (²) : petit message personnel. Je remercie Mr Raphaël Grand pour cette interview, son travail et son professionnalisme. Au global, mes propos ne sont pas déformés (ce qui m’a un peu fait peur, je dois l’avouer). Je regrette simplement le fait que le timming de l’interview simplifie les Anonymous à « un groupe » de hackers, l’ensemble – comme vous le savez 😉 – est plus complexe.

L’anonymat en ligne remis en question.

 

Blizzard avec son idée de forum, Facebook, certains politiques… et Google lui même sont en train de se pencher sur la question suivante : « Faut-il, ou non, permettre l’anonymat sur Internet? »

Analyse…

Avec plus de 750 millions d’utilisateurs, Facebook peut se vanter d’être la plus grosse plate-forme d’informations sur ses utilisateurs, ne serait-ce que parce que votre nom + prénom y figure, la plupart du temps.

Les récentes déclarations d’une directrice commerciale de Facebook confirment la volonté du réseau social à « tuer » l’anonymat sur Internet:

« Je pense que l’anonymat sur Internet doit disparaître. Les gens se comportent beaucoup mieux lorsque leur véritable nom est visible. Je pense que les gens se cachent derrière l’anonymat et ont le sentiment de pouvoir dire ce qu’ils veulent derrière des portes closes »

Même constat du côté de Google, ou Eric Schmidt (patron de Google) pense que l’anonymat sur Internet, c’est dangereux. Google+ est l’exemple parfait : les profils qui ne comportent pas de nom/prénom sont automatiquement suspendus. Google a depuis annoncé qu’il allait lâcher un peu de lest sur cette chasse aux pseudonymes.

Côté politiques, une proposition de loi de 2010 (et du député Jean-Louis Masson) proposait d’interdire l’anonymat sur les blogs, allant même jusqu’a demander, par exemple, une adresse postale ou un numéro de téléphone pour s’enregistrer…autant dire, la fin complète de l’anonymat.

Mon avis sur la question

Bien que je comprenne les points de vue de Google, Facebook & Co… je suis contre la levée de l’anonymat, il faut préserver la possibilité d’être anonyme en ligne. Certes, l’anonymat aide à délier les langues sur Internet et certains s’en servent pour tenir des propos injurieux, insultants, pour troller, … mais d’autres s’en servent pour parler de sujets sensibles ou de sujets qu’ils n’aborderaient pas s’ils n’étaient pas anonymes.

Imaginez un site parlant de drogue, de sexe, de votre travail (avec votre obligation de confidentialité) ou plus encore, imaginez être obligé de publier sous votre vrai nom dans un pays ou la censure politique fait rage? Difficilement concevable.

L’anonymat, même si je suis conscient qu’il pose parfois problème, c’est un vecteur de la liberté d’expression (et pas des moindres), sans lui, le contenu disponible fondrait comme neige au soleil.

Dernier point : le droit à l’oubli. Si vous avez un pseudonyme, ce dernier peut être lié à des choses parfois peu glorieuses, ou des mots clés étranges…et avec votre vrai nom? Un pseudonyme peut se changer, votre identité non.

Articles liés à ce billet : [Le blog du ma-gni-fi-que JCFrog] – [Numérama]

[Source de l’image]

Ignorés…

Ce blog qui ne devait parler que technologies à bien changé et le billet qui suit en est une énième preuve. D’avance, vous pouvez classer ce billet dans la catégorie « trolls » si vous voulez. Je vous invite tout de même à le lire, vous pourriez vous identifier à quelques passages.

La démocratie (telle que vous la connaissez) est bientôt condamnée. J’en suis conscient, ces propos sont lourds de sens, mais c’est un constat que beaucoup de gens partagent.

Pourquoi?

La réponse est simple : cela n’a jamais été une démocratie. Je sais…don’t feed the trolls, mais…

étymologiquement, démocratie est la fusion de dêmos (le peuple) et krátos (le pouvoir), donc la souveraineté du peuple ou le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple.

Si le peuple était seul à gérer, nous sommes d’accord, ce serait un bordel sans nom (et je suis gentil), les uns voulant ceci, les autres voulant cela…il faut donc un organisme « leader », représentatif du peuple et de ses envies. C’est d’ailleurs ce point qui pose problème.

Afin que le peuple puisse s’exprimer, lors de la création de cette « démocratie », des lieux ont été eux aussi crées pour permettre aux gens de s’exprimer…on appelle cela l’espace public, un espace qui appartient à tout le monde et personne à la fois, un espace ou chacun est libre de s’exprimer et d’exprimer ses opinions. Ce point pose aussi problème.

Les démocraties ont donc choisi la représentativité, la possibilité d’avoir un élu représentant le peuple en portant sa voix dans les hautes sphères du gouvernement. Nous avons des députés. Ce point, encore une fois, pose problème.

Je parle de problèmes, c’est bien beau, mais qu’est ce que cela signifie? Pour moi, cela signifie que  notre système est en panne.

La démocratie n’est pas une idée qui date d’hier, elle date du temps des grecs (si mes souvenirs d’histoire sont exacts). Depuis, l’idée à fait un sacré bout de chemin et s’est transformée.

Premier point : les médias.

Les premières transformations ont commencé dans les espaces d’expression : les informations. Le système des journaux est en panne. Le travail d’un journaliste est de relayer (ou relater) une information « vraie », un fait (difficilement contestable), ils doivent vérifier leurs informations, doivent s’assurer qu’elles soient justes…mais ce n’est plus le cas.

Nos médias ne donnent plus d’information, ils donnent du scoop ou à l’inverse nous endorment. D’un côté, on essaye d’être le premier à parler de telle ou telle information, même si elle n’est pas exacte…de l’autre, on évite de parler des sujets qui fâchent, qui dérangent le train train quotidien. C’est ainsi que l’on ne parle pas de mouvements contestataires en France, par exemple (ou alors le soir, très tard, l’espace de deux minutes histoire de dire).

La vraie information, maintenant, on la trouve de plus en plus sur Internet, des visions alternatives de ce que les médias disent, des démentis directement sur Internet ou encore des sujets totalement inconnus des médias (volontairement? peut-être). C’est ainsi que l’on ne parle pas, ou très peu, de l’affaire du 36 rue Botzaris à Paris. Un drame humain sous couvert du « non respect de la loi » est en train d’arriver. Mais que vaut la loi face à la vie d’Hommes?

Sous prétextes d’une infraction à la loi et de documents compromettants pour beaucoup de personnes, on fait le silence autour de la vie d’Hommes. Le problème qui va bien au delà de tout ca c’est que tout ceci se fait dans l’indifférence générale.

Second point : la représentativité.

Nos hommes politiques ne pensent plus à ce qui est bon pour vous, mais à ce qui pourra être bon pour eux (même s’il faut vous ôter, à vous, quelques droits). Dans certains cas, ils ne pensent plus : on leur demander de voter pour ou contre, ils s’exécutent, dossier clos.

Nos politiques ne nous représentent plus, ils le savent et vous le savez. Je ne peux pas leur en vouloir d’essayer de nous la faire à l’envers…on ferait quoi, nous, assis sur un putain de siège en cuir rouge avec un salaire conséquent qui tombe tout les mois? On essaierait de ne pas se faire prendre le siège…quitte à faire tout les coup possibles.

Ils savent tout ceci et ils ont peur, ils ont peur parce qu’ils savent que sur Internet, nous nous exprimons assez facilement et que beaucoup d’avis sont contre ce qu’ils font. Cela change la donne : nous pouvons maintenant (nous pouvions avant aussi, mais c’était plus compliqué) accéder à tout ce qui se décide au sein de l’assemblée nationale par exemple (et le tout, en quelques clics). Nos politiques ont compris quelque chose que certains ne réalisent peut être pas encore en fait…

Nos politiques ont compris que nous voulons une vraie démocratie, pas un semblant de démocratie donnant au peuple l’illusion qu’il est représenté…et ils ont compris qu’Internet est un outil qui contribue à cette volonté de réelle démocratie.

Que font-ils alors? la réponse est simple, ils cherchent à contrôler Internet, à le faire taire, à faire peur, à appliquer les lois d’un pays sur un monde qui n’a aucune frontière…en cela, les lois LOPPSI, Hadopi et tout ce que le gouvernement fait actuellement sont de bons exemples. On critique Internet, à grand coups de clichés (Internet = voleurs, violeurs, pirates, pédophiles, mangeurs de petits chats toussa) pour mieux le faire plier. C’est plus facile de justifier la volonté de contrôle du Net lorsque on arrive à faire croire qu’il est dangereux.

L’espace public n’est plus si public que cela : des manifestants, s’exprimant pour la chose suivante : « une réelle démocratie, maintenant »…un concept simple, neutre, sans violences… sont maintenant interpelés, arrêtés.
Pourquoi? Qu’on t’ils fait? En soi, rien d’autre que manifester. Tout ceci, c’est pour faire peur, pour faire taire le vent de la contestation et ne pas alimenter celui de la révolution.

Notre système « démocratique » (plutôt ploutocratique en fait) à compris que ça commençait à sentir un peu la mer** pour eux, que nous n’étions pas content et que, manque de bol, nous étions capables de réfléchir, de s’organiser, de communiquer entre nous et de se mobiliser en manifestant « contre le système ». (plutôt pour une système différent pour être exact).

Des citoyens ont tenté de participer au débat démocratique, ils ont été ignorés (ou à défaut, la seule réponse qu’ils ont reçu, c’était une visite au poste de police). D’autres ont contacté leur représentant, mais rien n’a changé. D’autres, les barbus du Net, ont essayé d’alerter le gouvernement sur les dangers des lois qu’il était en train de faire voter…mais sans succès.

Nous avons essayé de nous faire entendre, de travailler ensemble dans un but commun : faire évoluer les choses dans le bon sens…mais tout ceci s’est soldé par un refus total de nous écouter…

Personnellement, j’en ai ma claque, je suis fatigué de tout ceci, de tout ces projets ou le peuple n’est pas consulté, de toutes les fois ou le peuple n’est pas écouté, de tout ce qu’il se passe en ce moment sans qu’aucun membre du gouvernement ne dise quoi que ce soit (et même pire, sans que parfois, aucun citoyen ne dise quoi que ce soit…)

Mes propos seront un peu extrémistes, je vous l’accorde, mais qu’importe…à force de ne pas être entendus, pas écoutés, pas réellement consultés, mis à l’écart…à force d’essayer de nous faire croire que tout ceci, c’est « pour notre bien »… nous allons finir par vous envoyer balader.

Nous avons besoin de changement, à ce dernier, vous ne répondez pas et n’avez en maigre compensation que la répression. Cher gouvernement, la seule chose que vous être en train de faire en vous comportant de la sorte, c’est nous indigner, nous donner raison d’être ainsi et nous donner l’envie de continuer encore plus.

Tu sais, cher gouvernement (oui, on se connait un peu quand même), s’il faut retourner dans les rues, s’il faut continuer à hurler sur la toile ou contre les forces de l’ordre qui usent et abusent de la force…je le ferais. Peu importe ce qu’il arrivera après, le fait est que la situation actuelle, cette fausse démocratie, doit s’arrêter.

Tu as le choix de nous écouter ou celui de nous faire taire…manifestement, tu as choisi de nous faire taire par tout les moyens possibles…

Tu peux m’arrêter moi, tu n’arrêtera pas une idée qui est en train de germer dans l’esprit de plus en plus de gens : il faut que les choses changent.

La Hadopi n’est pas chouchoutée à l’ONU.

Don’t fuck with the Internets!

C’est en quelque sorte l’avis qu’a rendu l’ONU il y à bientôt une semaine, dans un langage plus soutenu, cela donne :

 » Le Rapporteur Spécial considère que couper des utilisateurs de l’accès à Internet, quelle que soit la justification avancée, y compris pour des motifs de violation de droits de propriété intellectuelle, est disproportionné et donc contraire à l’article 19, paragraphe 3, du Pacte International relatif aux Droits Civiques et Politiques »

Le rapport, consultable à cette adresse [PDF] vise les pays qui seraient tentés de déconnecter ses citoyens du monde de l’Internet.

Ce n’est pas tout, le rapporteur (et donc le rapport) s’oppose également aux mesures de filtrage ou censure disproportionnées, le rapporteur se dit « profondément préoccupé par les mécanismes de blocage et de filtrage de plus en plus sophistiqués utilisés par les Etats pour la censure. » Le rapport s’oppose aussi aux lois ACTA et directement à la loi HADOPI, qui vend la coupure de l’accès Internet comme ultime sanction contre un internaute français qui aurait téléchargé et partagé des œuvres protégées par le droit d’auteur.

Jugeant ces mesures obscures et disproportionnées, le rapporteur demande aux états plus de transparence (explication des raisons du blocage, publication de la liste des sites filtrés) et invite sin die les gouvernements à retirer les lois qui permettraient la suspension de l’accès a Internet.
Le rapport fait déjà effet, en Australie la quasi totalité des lobbys ont changé de position et renoncent à demander la suspension de l’accès à Internet pour les abonnées incriminés. [Source : Numérama]

En France, la loi à déjà tranché, expliquant que seul un juge pouvait déconnecter un Internaute…cependant, de plus en plus (et d’ailleurs, d’une façon de plus en plus étrange, voir dangereuse) de politiques souhaitent rendre la suspension de l’accès à Internet sans le contrôle d’un juge possible, il en va de même pour le blocage de sites, comme nous l’a démontré la proposition de loi de Mr Frédéric Lefebvre : .

Je trouve que c’est une début de grande victoire pour Internet, l’ONU qui explique noir sur blanc qu’il ne faut pas déconnecter les citoyens du monde numérique, c’est une grande claque au G8, à la LOPPSI, à la HADOPI etc. etc.

Merci donc à l’ONU pour ce signal fort 🙂