Cher François…

Bonjour à tous,

En cette période électorale ou la totalité des politiques se sont transformés en prêcheurs, laissant leur grand discours pour de belles paroles, annonçant la fin de la crise et de tout les maux du monde s’ils deviennent président(e) et essayant de violer votre mémoire politique en 3 grandes phrases, il en est un qui à particulièrement attiré mon attention : Mr François Hollande.

(oui, ce billet respire un poil l’énervement, et aussi la déception)

Si vous suivez mon blog, vous avez alors entendu parler de l’affaire “Botzaris”, à défaut, je vous invite à lire ce billet : J’accuse. #Botzaris36 qui vous en apprendra d’avantage.

La situation n’est toujours pas arrangée, bien au contraire, plus le temps passe, plus les choses sont compliquées et plus les tunisiens sont abandonnés par tout…oh Wait!, par presque tout le monde.

A force de “crier” sur la toile, des petits messages sur Botzaris sont arrivés sur l’écran de Mr Hollande, qui s’est fendu de deux réponses sur le dossier :

La première, le 20 juillet, sur Twitter.

La seconde, le 29 juillet, sur son blog : La démocratie, le meilleur rempart qui soit contre tous les extrémismes.

Comme vous pouvez le constater, Mr Hollande s’est engagé à se déplacer à Botzaris, pour constater de lui même la situation…et nous attendons toujours.

Puisque j’ai la capacité de m’exprimer sur la toile, je me fends moi aussi d’une réponse, mais pour Mr Hollande:

Mr Hollande,

Nous avons tous observé votre tweet sur Botzaris, au delà de 140 caractères, un message fort y figurait : “Je m’y engage.”

Je ne peux que constater votre absence et commence à sincèrement douter de votre engagement. Nous sommes beaucoup à ne plus boire les belles paroles de nos politiques, en ne tenant pas cet engagement, vous vous classeriez dans la même catégorie que tout les autres : de beaux parleurs, sans actions derrière.

Je ne vous demande pas de vous déplacer illico presto sur les lieux mais par exemple d’annoncer une date de passage dans un premier temps, ce qui serait un signe fort pour beaucoup de gens qui espèrent que vous tiendrez cet engagement.

Vous et moi avons manifestement une notion relativement différente des “prochains jours” : si vous comptez passer dans un an, permettez moi de vous dire que cela sera un poil trop tard.

En vous déplaçant, vous prouveriez qu’un homme politique, qui plus est présidentiable, peut tenir ses promesses et s’inquiéter du sort de personnes dans le besoin, qu’elles soient françaises ou non,  (la tendance actuelle n’est pas celle la).

Vous vous êtes engagé à vous déplacer, vous vous êtes engagé à rencontrer, sur le terrain, des gens qui travaillent dans une optique commune : la solidarité.

Vous avez beaucoup à gagner de vous déplacer à Botzaris et de tenir vos engagements…vous avez selon moi tout autant à perdre si vous ne les tenez pas. La confiance est une chose qui ne se récupère pas, Monsieur (et croyez moi, la perdre, c’est douloureux).

Démarquez-vous, tenez vos engagements, montrez qu’au moins un homme politique les à tenu.

Cordialement, J.M aka Numendil – Pixellibre.net

 

Pays des droits de l’Homme…pas au 36 rue Botzaris.

03h30 ce matin: je décide de commencer un article pour faire un peu le point sur la situation de Botzaris, sur l’aide apporté à ceux qui sont sur place, à ceux qui redonnent un peu de dignité à ces tunisiens perdus dans cette affaire politique au “pays des droits de l’Homme”.

04h00: le sommeil l’emporte mais j’ai le temps de remercier Ms Teshi, Paul Da Silva et toute la clique ( @Ooouups, @Menilmuche et @Leclown en particulier ainsi que tout le monde) pour leur actions, l’aide physique et matérielle apportée aux tunisiens.

Du fond du cœur, merci. Je ne connais pas ces tunisiens personnellement, mais ce sont des Hommes, des humains…et quasi tout les médias ainsi que les politiques n’en ont strictement rien à foutre…sans vous, sans tout le monde, cette affaire n’aurait jamais été ce qu’elle est. Vous avez gagné mon profond respect et démontrez à tout le monde que l’entraide, cela existe.

Mon article devait parler de la pression continue que les forces de police infligent aux tunisiens, des patrouilles toutes les 10 minutes, des réveils par la police au petit jour, des expulsions que les tunisiens ont du subir alors qu’ils n’ont RIEN et, clou du spectacle, du massacre du camp de fortune établi pour Botzaris36, avec du matériel fourni, de la découpe des tentes et des sacs de couchage, du massacre de la trousse de premiers soins…enfin bref, d’un traitement indigne d’une vie humaine.

Tout ceci, c’était avant le nouveau drame humain de ce midi.

En effet, les tunisiens ont été cernés par les CRS, au minimum quatre fourgons et deux voitures étaient présentes, comme le montre la photo du blog de Menilmuche. Premier point : tout ce monde pour 20 tunisiens qui survivent, épuisés de dormir sous la pluie et dans le froid, était-ce vraiment nécessaire? Second point : certains tunisiens arrêtés ont eu le droit à des pinces…ils étaient inoffensifs, épuisés et bien incapables de quoi que ce soit je crois tant leur état de fatigue semblait avancé.

Les personnes qui les soutenaient sur place ont été mises à l’écart, interdiction de communiquer avec les tunisiens, Paul explique sur twitter qu’il a à peine eu le temps de donner le numéro d’un avocat aux forces de l’ordre, sans garantie qu’il sera transmis aux interpellés…

Sous le choc, j’ai contacté l’ambassade, le cabinet du préfet et le commissariat du XIXème, à chaque fois la même réponse : on m’a raccroché au nez. Aucune explication n’a été donnée. Après quelques heures, la préfecture à indiqué qu’une plainte avait été déposée par les riverains. Des tunisiens ont également été arrêtés pour “infraction à la législation sur les étranger”.

Troisième point : Mais c’est quoi tout ce bowdel? On parle de dignité humaine, on parle d’aide, on parle de mobilisation citoyenne…et des riverains portent plainte contre des gens qui n’ont pas de quoi manger et dormir, on parle de gens qui ont fuit un pays, qui n’ont plus rien. Chers riverains, j’espère que vous aurez honte de votre acte, moi j’ai honte de vous.

A l’heure ou j’écris ces lignes, beaucoup ont été relâchés, tous? Je ne sais pas. Je sais cependant quelque chose : beaucoup se sont indignés d’un tel traitement sans AUCUNE solution durable derrière. D’abord citoyen, le soutien à Botzaris36 est devenu peu à peu politique au fur et à mesure des dernières journées, d’abord avec Pascal Terasse, député de l’Ardèche

Le conseil de Paris ensuite, avec madame Danielle Simonnet, secrétaire nationale du parti de gauche, puis Roger Madec, maire du XIXème arrondissement. Madame Nadège Abomangoli, conseillère régionale socialiste, c’est indignée elle aussi sur twitter

Mais tout ceci reste bien léger par rapport au besoin de Botzaris36…il n’y à pas eu de réelles solutions proposées, pas de solutions tout court d’ailleurs en fait.

Nous parlons d’Hommes de tout âges qui ont fuit leur pays, passés par Lampedusa ils sont ensuit arrivés chez  nous, en France, pays des droit de l’homme. Manifestement, ces tunisiens n’ont aucun droit : pas le droit à de l’aide, des difficultés pour manger, dormir, ne pas se faire harceler par les forces de l’ordre…pourtant, ces tunisiens sont avant tout des hommes, non?

La France est donc le pays des droits de l’homme…tant qu’il est blanc, riche et qu’il à ses papiers (et surtout que ses papiers ne sont pas étrangers!).

La France n’est donc plus le pays des droits de l’Homme, cqfd.

Comment, pour de simples combinaisons de “01010010100101”, pour de simples documents, pour de simples archives…comment est ce possible d’en arriver à la? La dignité humaine serait elle inférieure à des documents? Je ne peux m’absoudre à le penser et encore moins à le croire.

Ce soir, Paul et Elisabeth (MsTeshi) dorment chez eux, les deux ayant reçu des menaces dans la soirée d’hier et des menaces de mort aujourd’hui. Une solution de protection serait envisagée, les menaces étant très sérieuses, comme l’indique Paul sur twitter

Ce soir, c’est indigné et  furieux que j’écris ces lignes, il n’y a toujours pas de solutions, nous restons mobilisés mais les services de l’ordre de la mairie de Paris ont manifestement envie de casser le mouvement…

… et nous parlons de 20 personnes, perdues au “pays des droits de l’Homme”.

PS : à tout ceux qui m’insultent directement par mail depuis bientôt 3-4 jours, c’est votre droit le plus strict, le mien, c’est de choper vos IP, et de porter plainte si vous continuez. NON, je n’oublie pas la misère du monde, NON, je n’oublie pas les SDF, mais la, on parle de personnes dans la rue, quasi sans aucune aide et qui sont dehors pour des raisons politiques, pour des documents qui dérangent…et qui plus est, qui dorment devant le lieu ou ils étaient avant d’être expulsés.

J’accuse. #Botzaris36

Depuis bientôt quelques semaines, des réfugiés tunisiens « errent » dans Paris. Depuis peu, ils occupent (occupaient) les locaux du 36, rue Botzaris, Paris XIXème. Cette adresse, c’est celle du QG, en France, des membres du RCD. Le RCD, c’est le parti politique du dictateur tunisien déchu, Zine el Abidine Ben Ali.

Les sources sur ce drame humain expliquent que des données « qui pourraient déranger » se situent dans les locaux du 36 rue Botzaris, je précise que c’était le siège de la police politique de Ben Ali en France.

Depuis quelques jours, les CRS, les forces de police, la sécurité & co. évacuent bon gré mal gré les réfugiés du 36 rue Botzaris, dans la quasi indifférence de l’ensemble de nos politiques et des médias.

Les premiers ont peut-être peur que des données qui dérangent soient trouvées, les second préfèrent parler de ces données plutôt que du drame humain de #Botzaris36.

Maintenant, passons au coup de gueule. J’accuse :

J’accuse la mairie de Paris et son résident, Mr Delanoé, de ne pas venir en aide à des Hommes qui sont dans le besoin. J’accuse cet homme d’être parfaitement au courant de la situation et de laisser dormir dehors des victimes du régime Ben Ali. J’accuse la mairie de Paris de prendre peur et de préférer l’inaction ou l’évacuation du 36 rue Botzaris à Paris afin de ne pas faire de vagues plutôt que de protéger la vie et la santé d’Hommes. Certains ne parlent pas un mot de français, j’accuse la mairie de Paris de laisser ces Hommes livrés à eux-mêmes en pleine ville, en France, “le pays des droits de l’Homme.”

J’accuse certains médias de préférer le croustillant et le scoop à l’information essentielle : à cette heure-ci, des Hommes sont dans le froid, en pleine rue, issus d’un pays qu’ils ont dû quitter. Les voici livrés à eux même, sans soutien autre que celui de quelques citoyens, @MsTeshi et @Paul_Da_Silva campent cette nuit avec les tunisiens en signe de soutien.

J’accuse certains hommes politiques d’être au courant de tout ceci et de ne rien faire, auraient-ils peur de voir leur nom figurer quelque part dans les archives de Botzaris36 ?

Nous ne parlons pas de barbus, de neutralité des réseaux, du net, nous parlons d’Hommes qui ont dû fuir leur pays et qui sont maintenant livrés à eux même dans des conditions déplorables, dans la plus grande indifférence d’un maire et d’un Etat qui préfère faire taire l’affaire plutôt que d’apporter le moindre soutien à ce peuple.

En tant que citoyen, cette situation m’est insupportable. En tant qu’Homme, elle l’est tout autant. Comment peut-on laisser des Hommes ainsi, sans la moindre aide, la moindre couverture, le moindre logement décent, allant même jusqu’à refuser clairement d’apporter un soutien aux réfugiés (oui, il semble que la mairie ait refusé d’apporter de l’aide, malgré des relances de la part de citoyens)

Messieurs, mesdames, politiques, médias, avant d’exercer votre métier, souvenez-vous que vous êtes des hommes et des femmes, des humains et que, dans de telles conditions, vous n’espéreriez qu’une chose : de l’aide.

Aidons les, aidons les tunisiens, aidons ces Hommes, aidons Botzaris 36. Relayez l’information, faites passez le message, indignez-vous !

(Ps : oui, j’accuse, oui, j’assume mes propos, contestez les, cela ne fera qu’amplifier le bruit autour de l’affaire Botzaris36 !)

C’est avec cette dernière phrase et le cœur retourné que je vous invite à relayer l’info.