Cookie wall : quand vont-ils arrêter de nous prendre pour des abrutis ?

Fin mars 2021, le délai pour mettre en conformité les sites web et les applications mobiles aux nouvelles règles en matière de cookies expirait. Cette expiration s’est manifestée par un changement des pratiques des sites internet, comme vous l’avez sans doute constaté, non sans énervement. Beaucoup de questions découlent de ce changement : est-ce légal ? Est-ce normal de nous faire payer 2€ (ou plus) pour ne pas subir de publicité ciblée ? Et le RGPD dans tout ça, il dit quoi ? Entre malhonnêteté intellectuelle et flou juridique, je vous explique tout ça.  

Un cookie wall, c’est quoi ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques rappels utiles. Un cookie wall est un dispositif technique par lequel un éditeur va pouvoir conditionner l’accès à son contenu au fait que vous consentiez au dépôt de cookie sur votre terminal (ordinateur, mobile, tablette, …) à différentes fins, généralement publicitaires ou de suivi. C’est donc une barrière sur un contenu, qui limite l’accès aux personnes qui refusent le dépôt des cookies.

L’avis de la CNIL sur le sujet

En 2019 dans sa recommandation sur les cookies, la CNIL considérait que le cookie wall était contraire au RGPD car il entravait l’utilisateur à consentir librement à donner, ou non, ses données à caractère personnel. Dans une décision rendue par le Conseil d’État, sur laquelle j’ai déjà pu écrire, le passage spécifique au cookie wall de cette recommandation était annulé, le Conseil d’État jugeait que la CNIL avait outrepassé ses capacités en déclarant cette pratique illicite.

Pour résumer : un gros bordel juridique est né de tout ceci.

Bordel dans lesquels les éditeurs, publicitaires et autres acteurs s’engouffrent.

Remettons un peu de clarté dans tout ceci, en repartant de la base (légale).

Le consentement

On ne sait pas (à cette étape de l’article) si la pratique du cookie wall est licite ou pas… on sait cependant qu’elle repose sur le consentement. Que dit le RGPD pour qu’un consentement soit considéré comme valide ?

Le règlement dit qu’il doit satisfaire quatre critères :

  • Il doit être libre : le consentement ne doit être ni contraint par quoi que ce soit, ni influencé d’une quelconque manière.
  • Il doit être spécifique : le consentement doit correspondre à un seul traitement. S’il existe plusieurs traitements qui reposent sur le consentement, alors il doit y avoir plusieurs consentements.
  • Il doit être éclairé : le consentement doit être accompagné d’informations pour qu’elles puissent savoir exactement ce à quoi elles consentent.
  • Il doit être univoque : le consentement doit être donné par un acte positif et il ne doit exister aucune ambiguïté (exemple : le fait de continuer à naviguer sur un site ne doit pas être considéré comme un consentement univoque).

Et … le cookie wall respecte ces points ?

En résumé : c’est compliqué.

En détail… Le consentement est univoque car il est nécessaire d’appuyer sur un bouton pour manifester son accord. Sur ce point donc, pas de problèmes.

Il est aussi éclairé puisqu’on sait – normalement – ce à quoi on va consentir, à savoir la publicité et le partage des informations avec les partenaires en charge de cette publicité.

Il est également spécifique, puisqu’il correspond à un seul traitement et que lorsque ce n’est pas le cas, il y a une granularité plus fine pour qu’on consente ou non à certains traitements.

Ici, trois finalités différentes (analytique, marketing et relative aux préférences), donc trois actes positifs clairs auxquels il est possible de consentir.

Est-il libre ?

On peut se contenter de dire que non, cette pratique est totalement illégale et « basta » mais, dans ce cas, pourquoi autant d’éditeurs ont décidé de procéder ainsi ?

La réalité est un peu plus complexe. Dans quelle mesure le fait de mettre en place un cookie wall constitue une entrave au caractère libre du consentement ?

Libre ou pas libre selon vous ?

Alors, est-ce qu’un cookie wall, c’est légal ?

Tentons d’y voir plus clair et reformulons… est-ce conditionner l’accès à un contenu et demander un paiement (en données personnelles ou en argent), est-ce légal ?

Sur ce point, pas de débat. La directive 2019/770 relative à certains aspects concernant les contrats de fourniture de contenus numériques et de services numériques reconnaît l’existence de contrats de service dans lesquels le consommateur s’engage à fournir des données à caractère personnel (article 3.1)

Seulement, la directive ne prévaut pas sur les autres textes (article 3.7) donc, en cas de conflit entre cette directive et une autre disposition d’un autre acte de l’Union, c’est la seconde qui prévaudra.

Autrement dit, le RGPD prime sur cette directive. On peut donc avoir un contrat où le consommateur s’engage à fournir des données à caractère personnel mais ce dernier doit impérativement respecter le RGPD.

En résumé, le principe de « paiement avec des données personnelles » est donc légal, tant qu’il respecte d’autres dispositions de l’Union.

Que dit le RGPD, alors ?

L’article 7 du RGPD est consacré au consentement…seulement, il ne donne pas de définition relative au caractère libre du consentement. Le considérant 43, en revanche, donne un peu plus de détails : « Le consentement est présumé ne pas avoir été donné librement si un consentement distinct ne peut pas être donné à différentes opérations de traitement des données à caractère personnel bien que cela soit approprié dans le cas d’espèce, ou si l’exécution d’un contrat, y compris la prestation d’un service, est subordonnée au consentement malgré que celui-ci ne soit pas nécessaire à une telle exécution. »

Le passage mis en gras nous dit la chose suivante : un consentement n’est pas considéré comme ayant été donné librement s’il a été nécessaire de consentir à un traitement autre pour obtenir l’objet de la prestation initiale.

Autrement dit : lorsque vous vous voulez accéder à un contenu sur un site (un article, le contenu initial), le fait que ce dernier vous demande de consentir avant d’accéder au contenu représente une entrave à la liberté de consentement et donc, contrevient au RGPD.

Ah ! Enfin une piste intéressante.

Cette piste est confirmée par le Comité Européen de la Protection des Données, qui écrit, dans sa ligne directrice (en anglais) relative au consentement (page 12, point 39) : Pour considérer qu’un consentement est librement donné, l’accès au service et aux fonctionnalités ne doit pas être conditionné au consentement de l’utilisateur pour le stockage d’informations ou pour obtenir un accès aux informations déjà stockées dans l’équipement terminal d’un utilisateur (les dénommés cookie walls) (attention : traduction non officielle).

Le CEPD dit également que, tant que la fourniture d’un service ou d’une prestation n’est pas soumis à l’acception d’un consentement à d’autres finalités (la publicité, au hasard), il n’y a pas de problèmes.

On peut donc sérieusement s’interroger sur la licéité d’un cookie wall… puisqu’il faut impérativement le passer pour obtenir du contenu.

Mais pourquoi les publicitaires continuent de faire ça, si ce n’est pas légal ?

La version courte : parce que la loi ne l’interdit pas explicitement.

La version détaillée : les lignes directrices de la CNIL et du CEPD n’ont pas valeur de loi mais d’interprétation de cette dernière, c’est ce que l’on appelle du droit souple. Ce sont des documents, des textes complémentaires qui permettent d’expliquer une vision, d’apporter des interprétations complémentaires de la loi, qu’elle soit nationale ou européenne.

Le constat est donc le suivant : d’un côté le CEPD s’oppose au cookie wall, il considère que c’est contre le RGPD. La CNIL et d’autres autorités de supervision, en Europe, s’y opposent également… mais cette opposition ne fait pas loi.

De l’autre, une directive explique qu’il est possible de conditionner l’accès à un service en « payant » en données personnelles, tout en disant que les autres dispositions européennes prévalent sur ce point… mais les autres dispositions, comme le RGPD par exemple, n’interdisent pas explicitement les cookie walls.

Il en résulte une sorte de flou juridique, de “tolérance”, faute d’avoir une loi interdisant explicitement toute forme de cookie wall… et les publicitaires – avec une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle – se sont engouffrés dedans, puisque ce n’est pas explicitement interdit (et pour rappel : globalement, tout ce qui n’est pas explicitement interdit par la loi est, par définition, autorisé).

Les publicitaires, les régies, les éditeurs et les autres acteurs du secteur profitent de la situation pour imposer leurs désirs et leurs visions, tout en flirtant avec les limites de la légalité, en l’absence de consensus clair et précis.

C’est un peu comme si une personne avait fait une chose très désagréable devant vous et était en train de vous narguer, mais que vous ne puissiez rien faire contre car ce n’est pas illégal.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Tant qu’à faire, autant essayer de comprendre le problème à sa source : pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à cette situation ?

La raison est simple, selon moi : le modèle économique de beaucoup d’acteurs du secteur est mauvais. Qu’ils soient éditeurs de presse, sites généralistes ou spécialisés, diffuseurs de vidéos ou autre, le modèle économique le plus répandu est celui de la publicité programmatique (et ciblée) pour générer du revenu. Si cela vous intéresse, je vous renvoie à mes articles sur la publicité en ligne, pour tout comprendre.

Ce modèle économique, qui échappe totalement aux éditeurs qui ne peuvent plus contrôler la publicité “à l’ancienne” est devenu la norme, il faut la faire passer à tout prix. Avec l’arrivée de ce modèle est arrivé le bloqueurs de publicité … on a donc vu naître des « anti anti-trackers »

Source : https://www.davduf.net/Quand-un-site-veut-me-faire

Puis des anti-trackers d’anti-trackers, etc… Puis plus récemment des approches plus brutales : les cookies walls avec une impossibilité d’accéder au site sans accepter au préalable le dépôt de ces derniers.

Pas d’accord ? Tu n’auras pas accès au contenu.

La suite, vous la connaissez et la subissez sans doute de nombreuses fois par jour. On vous demande – au mieux – d’accepter le dépôt de cookie, quand ils ne sont pas – au pire – déjà déposés sur votre terminal avant même d’avoir accepté ou refusé leur dépôt. Bref, les internautes bloquent, les éditeurs bloquent les bloqueurs et ainsi de suite, c’est le jeu du chat et de la souris. On pourrait également parler de l’univers de la publicité sur mobile, mais ce sujet mérite à lui seul un article entier….

Je vois se profiler un problème de société dans les cookie walls qui proposent d’accepter d’être traqué ou alors de payer pour ne pas l’être : les personnes dans des situations précaires n’auront pas nécessairement la capacité financière à payer 2€ par site, ou plus, pour ne pas être traquées. Cela signifie que le respect de la vie privée devient une chose monnayable et réservée à celles et ceux qui peuvent se l’offrir. Bref… une grosse rupture d’égalité liée à des décisions purement arbitraires, décidées par des opérateurs privés et, sans entrer dans le détail, un bon nombre de problèmes au regard du respect des droits fondamentaux.

Les éditeurs et publicitaires sont parfaitement conscients de la situation, pour beaucoup d’entre eux, cela se résume à un simple calcul économique, comme on peut le lire dans le Journal du Net, où globalement tout est affaire d’argent. Les éditeurs préférant perdre des internautes qui refuseraient les publicités ciblées plutôt que de proposer un modèle plus vertueux… j’aurais sans doute l’occasion d’aborder ceci dans un prochain billet.

Mais, des mauvais élèves… il y en a tant que ça ?

On trouve très difficilement un éditeur qui respecte les règles du jeu… Je vous laisse en déduire que oui. Petit florilège des (pires) sites en la matière.

Exemple : « la CNIL recommande que l’interface de recueil du consentement ne comprenne pas seulement un bouton « tout accepter » mais aussi un bouton « tout refuser ».

Démonstration de ce respect chez…

Les échos
Le Figaro
La Croix
Ouest France

Vous ne voyez pas le bouton « tout refuser » ? C’est normal, il n’existe pas. Pour refuser, il faut cliquer sur « Continuer sans accepter » … Pourtant la CNIL déclarait qu’afin de ne pas induire en erreur les utilisateurs, les interfaces de recueil des choix ne devraient pas intégrer de pratiques de design qui mettent visuellement plus en valeur un choix plutôt qu’un autre…

Libération ne semble pas non plus avoir compris
France Info – (C’est pire ici, le continuer sans accepter étant encore moins visible)
La FNAC

Magique, puisqu’ici le bandeau dit « En poursuivant la navigation, vous acceptez la politique Cookies, le dépôt de cookies et technologies similaires … » alors que le fait de continuer de naviguer n’est pas une manifestation explicite du consentement et donc… n’est pas conforme au RGPD.

Coté maison – Oui, la recommandation de la CNIL a tout simplement été ignorée.
Verif.com (appartient au groupe BFM)
Marmiton, version mobile
L’internaute, version mobile
Ici, le refus semble pris en considération… mais l’expérience de navigation est, disons, fortement dégradée.

Ça fait déjà beaucoup d’exemples, si vous en voulez plus, c’est par ici que ça se passe, merci à @pixeldetracking à qui j’ai pris quelques copies d’écran

Il serait possible de détailler les mauvais élèves, mais ça fera potentiellement l’objet d’un autre billet. En résumé : certains jouent sur le design (on parle alors de dark patterns), d’autre sur la tournure et les pires sont ceux qui vous proposent d’accepter ou de refuser le dépôt de cookies… alors qu’ils ont déjà déposé les cookies. Si vous vous posez la question, oui ! C’est parfaitement contraire au RGPD, nous ne sommes absolument pas dans une zone floue ici.

Que faire pour faire changer les choses ?

On brûle tout. Et les publicitaires avec.

Plus sérieusement, je pense qu’il existe des solutions pour assainir tout ceci. Premièrement, il est tout à fait possible de mettre en place des publicités non ciblées, contextualisées au contenu du site, voire de l’article quand tout est correctement paramétré. Les éditeurs ne souhaitent pas faire cela car les espaces de publicité non ciblée rapportent moins, se vendent moins… mais ça reste possible.

Entendons-nous bien : je conçois que les sites cherchent un modèle économique viable. Ce modèle était précédemment basé sur la publicité ciblée, la revente d’espaces publicitaires et de données à caractère personnel. La loi change, le monde change et évolue, il serait temps de réfléchir à un modèle plus sain.

Chers éditeurs publicitaires, vous devriez passer plus de temps à chercher de nouvelles solutions plus vertueuses, et moins à essayer de garder le marché malsain tel qu’il est, au détriment des internautes, des expériences de navigation, de la loi et de tout le reste.

Étant convaincu que ces éditeurs ne joueront jamais le jeu, je pense que d’autres solutions sont envisageables, à commencer par la sanction. Il serait bon que la CNIL tape un très grand coup sur la tête de ces éditeurs, malhonnêtes pour certains, qui se moquent de tout.

On pourrait enfin imaginer quelque chose de beaucoup plus brutal : inscrire, de façon claire et intelligible, ce qui représente une entrave au consentement libre et ce qui est dans les clous, on pourrait, au niveau européen, avoir une mesure de « droit dur » (la loi, pour généraliser), contraignant, qui interdise une bonne fois pour toutes les cookie walls et l’ensemble de ces pratiques.

Tout ceci n’étant pas encore d’actualité… que faire dès maintenant ?

Deux solutions semblent s’offrir à nous : celle de s’adresser à la CNIL… cette dernière est débordée, coule sous les plaintes et il faudra sans doute prendre votre mal en patience, mais c’est possible. Cela serait cohérent car, au niveau européen, les autorités néerlandaise, britannique, espagnole et italienne considèrent les cookie walls illégaux… on peut décemment imaginer un consensus entre l’ensemble des autorités européennes.

L’autre solution consiste à porter l’affaire devant la justice, au tribunal. Cela ira probablement plus vite qu’à la CNIL, mais cela ne résoudra pas tout, comme le bilan d’application du RGPD a pu le décrire.

La seule solution que je vois actuellement est mauvaise, car technique et non accessible à chacun : utiliser des bloqueurs de scripts et de cookies. Cela permet de bloquer le cookie wall d’une part et, de l’autre, d’accepter uniquement ce qu’on souhaite accepter… en somme, ce que les éditeurs devraient proposer.

Je pense qu’il faudra encore quelques mois, au mieux, pour assainir cette situation malsaine et clivante.

Et vous, quel est votre avis ? Qu’en pensez-vous ?

38 réflexions au sujet de « Cookie wall : quand vont-ils arrêter de nous prendre pour des abrutis ? »

  1. Hello !

    J’espérais te contacter avant que tu publies ton article sur les cookie walls mais tu as été très rapide !

    Je souhaitais te faire part d’un élément de contexte dont tu n’as pas forcément connaissance : lors d’un webminar il y a quelques semaines, la CNIL, conviée par l’IAB, a été amenée à se prononcer sur plusieurs propositions de cookie walls et paywalls.
    Lorsqu’il leur a été présenté un exemple de wall “cookie or pay”, une juriste de la CNIL a dit clairement que “ça cochait toutes les cases” (de la licéité ; à savoir le fait de proposer une alternative sans cookie, offerte par le même éditeur). Elle a seulement tempéré en disant qu’il ne fallait pas que le prix soit disproportionné et que c’était justement un point encore en discussion au niveau du CEPD.
    Et c’est pour ça que les éditeurs, qui jusque là avaient assez peu d’espoir en la matière, se sont engouffrés dans la brèche et ont quasi tous adopté un modèle cookie or pay sans aucune finesse, alors que des alternatives plus complexes étaient à l’étude jusqu’alors.
    Si la CNIL s’est autant avancé, c’est à mon avis parce que les discussions qui ont eu lieu dans le cadre du CEPD ont bien avancé et on effectivement validé cette approche, même si elle me semble aller totalement à l’encontre de leurs précédentes guidelines et du RGPD en général.

    Bref, my 2c… n’hésite pas si tu veux davantage d’infos.

    1. Hello,

      Merci pour ton commentaire, si tu le souhaites, on peut échanger (numendil at pixellibre . net) mais, ma position résumée : le sujet, au sein de la CNIL, fait débat. Le pole sanction est opposé, le financier (enfin, à minima une personne représentante du financier) est pour. Le problème est que l’avis d’une personne de la CNIL n’est pas l’avis de la CNIL et il devient urgent, voire nécessaire, qu’elle se prononce (ou que le CEPD le fasse, ou la Commission EU) sur le sujet pour avoir une position ferme et tranchée sur le sujet.

      Je n’ai pas eu l’ensemble des échos de ce webinar, mais j’ai eu écho de ce point oui…

      Je te laisse revenir vers moi par e-mail si tu es d’accord pour échanger 🙂

  2. La possibilité de « Continuer sans accepter » est explicitement présentée en figure 5 des recos de la CNIL… même s’il apparaît incompatible avec la reco 34 juste en desssous… Est-ce que ça ne devrait pas être à la CNIL de clarifier ce point ?

    1. Bonjour,

      Merci pour ce commentaire. La reco 34 de la CNIL ne me semble pas incompatible avec la figure 5 dès lors que tout est respecté, à savoir, comme le dit la recommandation : “l est recommandé d’utiliser des boutons et une police d’écriture de même taille, offrant la même facilité de lecture, et mis en évidence de manière identique.”

      La critique ici ne porte pas tant sur le fait que ce “Continuer sans accepter existe”, mais sur le fait qu’il soit respecté de façon partielle, certains réduisant la police pour rendre le bouton difficile à localiser, d’autres mettant en évidence l’acceptation, etc. Bref c’est davantage l’usage de dark patterns qui pose problème. J’espère cependant que la CNIL fera effectivement le point pour dire qu’il n’y a pas que le texte qui compte, mais aussi la visibilité du choix.

      1. Oui, ce qui m’embête, c’est justement la forme : “il est recommandé d’utiliser des boutons et une police d’écriture de même taille, offrant la même facilité de lecture, et mis en évidence de manière identique” mais, sur la figure juste au-dessus, ce n’est pas un bouton et il est en bas de casse alors que le bouton accepter est en maj… Du coup, je ne suis pas sûr qu’on puisse dire que, visuellement, la mise en valeur des 2 choix soit la même.

        Et si c’est déjà tangent dans la reco de la CNIL, comment espérer que les éditeurs de site ne poussent pas encore un peu plus le curseur ?

  3. « Le CEPD dit également que, tant que la fourniture d’un service ou d’une prestation n’est pas soumis à l’acception d’un consentement à d’autres finalités (la publicité, au hasard), il n’y a pas de problèmes.

    On peut donc sérieusement s’interroger sur la licéité d’un cookie wall… puisqu’il faut impérativement le passer pour obtenir du contenu. »

    Bah du coup, il n’est pas techniquement nécessaire de donner son consentement pour accéder au contenu, puisqu’il est aussi possible de payer pour y accéder. N’est-ce pas là toute l’ambiguité des cookies wall ?

    1. Si, précisément, et le tout fait suite à la décision du CE quant à la capacité de la CNIL à dire que la pratique est illégale. S’ajoute à cela des échanges où des membres de la CNIL semblent avoir déclaré que c’était possible (comme en Allemagne) et résultat…

      La question (une question majeure plus précisément) qui devra être tranchée sera : est-ce que le fait de demander une contrepartie financière représente une entrave à la liberté du consentement ou, au contraire, vient vicier de dernier…

  4. Article intéressant qui regroupe bien les inquiétudes du moment, mais qui contient une inexactitude : le fait de proposer de la publicité contextualisée nécessite bien l’utilisation de cookies (pour le capping et la lutte contre la fraude-exemple : AdSense AdWords ), et c’est pour cela que des sites mettent en place des solutions nulles pour essayer de survivre (proposer ici une offre inacceptable pour obliger à accepter). S’il y avait une solution sans cookies, cela aiderait sans doute beaucoup.

    1. On est, sur le plan technique, d’accord. Reste que sur le plan juridique, l’absence de solution n’est pas acceptable, la Cour de Justice de l’Union Européenne a eu l’occasion de l’exprimer pour dire que l’absence d’une technologie ne justifiait pas des choix qui ne respectaient pas la loi. (Mais on est en phase, la pub contextualisée nécessite, par définition, des cookies.)

      1. Mais si on est sur des cookies first-party purement techniques et qu’ils ne manipulent pas de données personnelles ne pourraient-ils pas à ce moment là entrer dans la catégorie des cookies de fonctionnement pouvant s’affranchir de consentement ?

        1. Bonjour,

          Merci pour le commentaire 🙂

          Je vois deux sujets, les cookies 1st part d’un côté et, de l’autre, l’aspect de manipulation de données personnelles liées au consentement

          Sur les cookies 1st part : la technique existe déjà, ça s’appelle du Cname Cloaking, on fait passer le domaine d’un tiers pour son propre domaine, de facto, les cookies passent en 1st part. La pratique est discutable car on capte des données sans que le navigateur puisse bloquer (ce n’est plus tellement vrai d’ailleurs, des mécanismes bloquent la pratique depuis).

          Ce qu’il faut comprendre en revanche, c’est qu’on ne peut s’affranchir du consentement, explication : le RGPD impose que tout traitement repose sur une base légale (le contrat, l’intérêt légitime, le consentement, etc…). La publicité n’est pas le traitement premier d’un site, donc on ne peut pas utiliser la base de la fourniture d’un service (un contrat) pour faire de la publicité et, pour résumer, les deux seules bases restantes sont l’intérêt légitime de l’organisme à faire de la pub ciblée et le consentement. Dans la mesure où il faut demander l’accord à l’utilisateur pour déposer des cookies (c’est la loi), le consentement est la seule base sérieuse envisageable. Un organisme qui s’affranchit (ou tente de) du consentement se trouve directement du mauvais côté de la barrière, donc.

          1. Merci de votre retour. Intéressant.
            Personnellement, si j’étais assuré à 100% qu’un cookie pour de la pub était TOTALEMENT anonyme je ne serais pas choqué qu’il soit posé par défaut (un peu comme le mode exempt d’AT Internet).

            Ne pourrait-on pas considérer que le modèle pub (sans donnée perso) fasse partie de l’intérêt légitime (il faut de la pub pour vivre) ou du contrat (un contenu vs de l’affichage pub) ?

    1. Déjà dans le cas de l’article scientifique, on peut l’acheter à l’unité. Ce qui pourrait convenir à beaucoup d’utilisateurs pour les sites de presse vs devoir s’abonner au site en général.

      Ensuite, il me semble que dans le cas d’AlloCiné et consorts, le soucis n’est pas tant de faire payer mais plus de dire, “tu paies ou tu donnes tes données perso”. Je pense que le débat est plus sur “le chantage aux données perso”.

      Mais je peux me tromper.

      1. Je suis d’accord sur l’achat à l’article, mais cela ne règle pas le problème d’une grande majorité de site de contenu.

        Pour le problème que tu évoque de “tu paies ou tu donnes tes données perso”, pour être franc, tu préfères qu’à l’écran il y ai trois choix ? “tu paies ou tu donnes tes données perso ou tu as rien” ? Cela serai encore plus ridicule que cela ne l’est…

        Ce qui je trouve est hallucinant, c’est que les gens s’étonnent, s’offusquent et s’énervent de devoir payer pour un travail… La production d’AlloCiné (puisque l’on parle d’eux) coûte en maintenance, innovation, production de contenu, je trouve cela normal de payer un service.

        Les gens sont prêt à avoir Netflix, Disney Channel, Spotify, Amazon Prime, etc, en payant, mais dès qu’un service qui historiquement monétise son activité par de la publicité (pour ne pas faire payer les gens à la base…) et qu’il change son modèle, on s’acharne.

        1. Pour moi on ne peut pas comparer Netflix (et tous les autres) et AlloCiné (et tous les autres).

          Netflix est payant par principe. Personne ne remet çà en cause.
          Dans le cas d’AlloCiné, à ma connaissance, il a toujours été gratuit et se basait donc sur les recettes pub.
          Personne de sérieux ne demanderait à AlloCiné de ne pas afficher de pub. Le RGPD demande juste à ce que soit clairement expliqué quelles données perso tu donnes, à quoi elles sont utilisées et que tu puisses refuser.
          Là AlloCiné ne dit pas, “si tu refuses la pub tu n’as rien” il dit “si tu refuses de filer tes données perso tu n’as rien”.
          Je serai bien moins dérangé qu’on interdise l’accès aux navigateurs avec bloqueurs de pubs.

          Bref, pour résumer, le problème n’est pas la pub mais la pub ciblée sur des données perso.

          1. Ok avec ton raisonnement mais je trouve cela assez abscons de vouloir qu’elle apparaisse. L’option que tu veux “si tu refuses la pub tu n’as rien”, est de facto celle de fermer l’onglet avant d’aller plus loin.

            Pour ce qui est de la pub ciblée et en regardant les audiences de FB, Amazon, Google (et les infos que les gens donnent volontairement à ces plateforme), je trouve ca juste hilarant de faire polémique sur des acteurs comme AlloCiné ou autre, qui sont juste “le c** entre deux chaises” pour continuer de produire du beau contenu.

            Bref, long débat sans fin xD

            Bonne journée 😉

          2. Ils sont autant acteurs que victimes d’un modèle économique qu’ils utilisent et, pour certains, défendent, au point de trouver des techniques discutables pour continuer à pousser de la publicité ciblée. Je conçois très bien qu’ils ont besoin de générer du chiffre, c’est le propre d’une entreprise, mais il y a des modèles plus vertueux que d’autres et ce modèle de ciblage combiné à une forme de chantage à la donnée perso ne me semble pas en faire partie. On est d’accord également sur le fait que nombre de personnes donnent leurs données perso sans se soucier mais, ce n’est pas parce qu’ils le font que c’est une bonne pratique et qu’elle ne doit pas être discutée voire remise en question, surtout lorsqu’une loi est venue chambouler un peu tout ça et à fait prendre conscience aux gens que leurs données perso étaient précieuses.

    2. Bonjour, merci pour le commentaire. La différente est “toute bête” : l’un semble contrevenir à la loi, l’autre est un choix éthique/moral hautement discutable mais qui ne contrevient pas à la loi.

      Sur le plan moral, à mes yeux, il n’y a que très peu de différences, mais la morale n’est pas la loi.

    3. La différence est flagrante : dans le cas de la revue scientifique, le paiement EST le service, dans le cas de Allociné tu paies pour éviter **LA PUB** et non pas pour accéder au service.

    1. Certes, mais ce n’est tout simplement pas le propos. Oui, rien ne nous oblige à utiliser quoi que ce soit… mais on parle d’un pratique qui potentiellement contrevient à la loi, et ce n’est pas en laissant couler que ça se règle.

      1. certes, mais je suppose que ce se règlera tout seul quand le ouaibmastere ira consulter ses 18 dashboards analytics et verra 0 visites

  5. Personnellement, moralement (pas la loi donc), je trouve qu’il faut juste considérer AlloCiné comme un site payant. Il accèpent deux monaies : les euros et les données.
    Si on ne paye pas, on n’a rien. Ça ne me semble pas si étrange que ça.

    Personne n’aurait râlé si ils avaient juste dit «paye des euros ou rien». Le fait qu’ils ajoutent l’option «paye des données» rend tout compliqué/innaceptable, etc.

    La grande différence entre les euros et les données est la pression sociale.
    Dire «je n’ai pas accès à ça parce que c’est payant», c’est socialement accepté. Personne ne répondra «t’es idiot ? t’as qu’à payer»
    Par contre dire «je n’ai pas accès à ça parce que je ne veux pas donner mes données», c’est pas socialement acceptable. Les gens répondent «tu t’en fous; t’as qu’à accepter».
    Pendant longtement, j’ai refusé Skype en disant aux personnes qui voulaient me l’imposer que «Skype est trop compliqué à installer : je ne parviens pas à cliquer sur “j’accepte les conditions” : trop long à lire et à comprendre». Ce genre de discours passe assez mal en société.

    Du coup, comme certains commentateurs le disent ici, il y a un «chantage aux données personnelles», mais pas de «chantage aux euros». Mais en y réfléchissant de plus près, tout commerçant fait un «chantage aux euros». Tu donne pas d’euros, t’as rien.

    Tout cela dit, je suis bien d’accord avec Numendil sur beaucoup de points :
    – il y a une loi, et il faut soit la respecter; ce n’est pas en laissant couler que les choses s’arrangent
    – AlloCiné et consors sont probablement autant des victimes que des coupables dans toute cette affaire.

  6. Article très interessant. Je te donne mon avis en temps que dev qui bosse pour Marmiton, Gamekult, LesNums, Docti.
    Les publicités ciblées ne rapportent quasiment rien. Les campagnes directes rapportent plus mais nécessitent des cookies pour la fraude et le capping. Si demain 50% des internautes refusent tous les cookies, les sites ne sont plus rentables. Certains sites qui ont des audiences jeunes ne le sont pas, en raison du taux d’adblock important. La solution de trouver d’autres modèles de rémunération est un voeux pieux. Plusieurs trucs sont tentés mais n’arrivent pas aux niveaux de rémunération des publicités ciblées. Si demain on a des solutions pour gagner autant ou plus d’argent sans cibler les utilisateurs on basculera vite dessus. La mise en place des paywall n’a fait plaisir à aucune des personnes avec qui je bosse. Il y a des questions d’argent car tout simplement si un site n’est pas rentable, comme n’importe quel business il aura tendance a mourrir plus ou moins rapidement. Le modèle publicitaire actuel permet d’avoir accès à du contenu gratuit en échange d’informations personnelles. Les gens pensent que leurs données personnelles sont précieuses et qu’on sait tout d’eux mais en réalité on apprend plus d’une personne en allant lire son compte Twitter/Facebook que via les cookies publicitaires.
    Au début du Web il n’y avait pas de pub. En revanche la plupart des contenus étaient issus de contributeurs individuels et leur accès fastidieux. Tout dépend du point de vue de chacun mais je suis content aujourd’hui de pouvoir me faire gratuitement un avis sur un produit ou trouver une recette facilement sans rien payer. Je sais aussi que si demain, faute de revenus suffisant des sites disparaissaient et que d’autres deviennent totalement payant, je ne serais pas prêt à payer pour. Entre un abonnement Internet un abonnement téléphonique, un abonnement à un service de musique un autre pour un site de streaming, je ne me verrais pas prendre un abonnement pour un site de recette un autre pour un site de comparateur de produit et un dernier pour un site d’information.
    Le dernier levier que je vois pour qu’un internaute ne soit ni traqué et qu’il ait un accès gratuit a du contenu ce serait de développer des solutions peer to peer ou de credits de consultations (un peu comme les newsgroup ou le logiciel de torrent) pour qu’un maximum des contraintes d’hebergement du site soit supporté par les internautes eux-mêmes via leur connection Internet ou leur puissance de calcul.

  7. @Yohan : pour Allociné, ils parlent bien de publicitées ciblées, pas de la simple publicité.
    Ensuite, si les sites n’abusaient pas avec la publicité il n’y aurait pas autant de bloqueurs de pub, j’ai mis le mien quand j’ai commencé a avoir en plus des encarts publicitaires statiques sur les cotés, des pubs en milieu de page, des pubs vidéos, 3 pubs avant mon contenu + les popups… etc… donc je veux bien de la pub, mais faut pas qu’il n’y ai que ça plutôt que du contenu et que ma machine doivent devenir surpuissante juste pour les lire avant de lire mon contenu… Mais j’enfonce des portes ouvertes

    Sinon je trouve ce sujet intéressant : d’abord, oui on peut leur montrer qu’en fait leur site on s’en passe très bien en ne continuant pas notre visite et en ne payant pas. Et on ira jouer dehors plutôt que rester collé le nez sur nos ordis 🙂
    Ensuite, il y a bien un problème avec le sens du gratuit sur internet (et dans le numérique en général), si ça pouvait permettre d’en prendre conscience et de mieux penser les choses, ça serait chouette.

  8. “Est-ce normal de nous faire payer 2€ (ou plus) pour ne pas subir de publicité ciblée ?”

    “Je vois se profiler un problème de société dans les cookie walls qui proposent d’accepter d’être traqué ou alors de payer pour ne pas l’être”

    Ben ces sites doivent faire rentrer de l’argent (pour payer les infras et les “journalistes”).
    Donc la publicité (ciblée ou non) rapporte de l’argent, s’ils fournissent un moyen sans pub, faut bien que quelqu’un paie à la place.

    Les gens veulent lire des articles sur internet, et le tout gratuitement. On ne peut pas tout avoir.
    C’est comme si on allait au marché et qu’on se servait gratuitement car on considère que ça doit être gratuit .. Non les maraichers doivent être payé pour leur travail. C’est exactement la même chose sur les sites qui proposent de payer (et si on considère que le site ne vaut pas l’argent demandé, il suffit de faire Ctrl-w).

    Et comme toutes les règles, il y a des flous, ceux-ci sont exploités, c’est “normal”.
    Si tu n’as pas de TV chez toi, tu coches pas la case “redevance TV” pour payer la redevance pour le plaisir, c’est pareil pour les entreprises.

    1. Hello, merci pour le commentaire 🙂

      “Ben ces sites doivent faire rentrer de l’argent (pour payer les infras et les “journalistes”)” → Je ne dis pas le contraire, il y a des ressources à payer et des personnes à payer également.

      “Donc la publicité (ciblée ou non) rapporte de l’argent, s’ils fournissent un moyen sans pub, faut bien que quelqu’un paie à la place.” → Oui, mais .. non. C’est s’enfermer dans une logique avec un choix A et un choix B et laisser croire qu’il n’en existe pas d’autres. Il en existe une myriade d’autres, qui génèrent de l’argent : le paiement d’un article à l’acte, celui du visionnage d’une publicité pour regarder l’article, celui de déposer des pub ciblées en cas d’acceptation et des publicités contextualisées en cas de refus, etc…

      “C’est comme si on allait au marché et qu’on se servait gratuitement car on considère que ça doit être gratuit .. Non les maraichers doivent être payé pour leur travail. C’est exactement la même chose sur les sites qui proposent de payer (et si on considère que le site ne vaut pas l’argent demandé, il suffit de faire Ctrl-w).”

      Oui, mais non… tu peux difficilement faire une comparaison avec un produit comme ça… Le maraicher vend des fruits et légumes… pour que ta comparaison tienne la route, il faudrait qu’avant de voir les fruits et légumes du maraicher, on accepte de donner 3-400 détails sur notre vie, nos habitudes, etc, pour après pouvoir payer pour les produits achetés. La comparaison ne tient pas la route, encore moins lorsqu’on est face à un choix de paiement en données personnelles ou en argent (ce qu’un maraicher ne fera jamais).

      (et si on considère que le site ne vaut pas l’argent demandé, il suffit de faire Ctrl-w) → On est d’accord…. pour l’instant. Si ce modèle aux contours flous s’invite partout, tu vas tout fermer partout ? L’objectif est d’agir et de réagir avant qu’on en arrive à un tel état, pour nous afin d’éviter de subir ça, mais aussi pour les éditeurs qui ont le c** entre deux chaises entre les internautes qui s’en vont et leur besoin de générer du chiffre, Google qui menace et l’IAB qui force le passage, etc…

      1. “Oui, mais non… tu peux difficilement faire une comparaison avec un produit comme ça… Le maraicher vend des fruits et légumes… pour que ta comparaison tienne la route, il faudrait qu’avant de voir les fruits et légumes du maraicher, on accepte de donner 3-400 détails sur notre vie, nos habitudes, etc, pour après pouvoir payer pour les produits achetés. La comparaison ne tient pas la route, encore moins lorsqu’on est face à un choix de paiement en données personnelles ou en argent (ce qu’un maraicher ne fera jamais).”

        C’est pourtant ce qui est fait. On appelle ça des cartes de fidélités et étonnamment, ça ne chope personne qu’un commerce sache tout de nous et puisse envoyer des publicités/promotions ciblées sur la base de ses données. Pourtant, ils savent vos noms, prénoms, adresse, tel, mail, si vous êtes seul ou non, avec enfant ou non, habitude d’achat que ça soit fréquence, type de produits, de marques etc, Que vous ayez des rapports protégés 1 fois par mois parce que vous achetez un paquet de capotes 1 fois par an, ou 12 par semaine etc.

        Et je le répète, ça ne choque personne.

        1. J’aimerais que cette comparaison tienne la route, mais hélas ce n’est toujours pas le cas. La carte de fidélité n’est pas obligatoire, d’une part : elle n’est pas requise pour pouvoir faire ses courses dans un magasin. A la différence des cookies walls, qui imposent une forme de paiement pour accéder au contenu. Il faudrait, pour que la comparaison tienne, qu’à l’entrée d’un magasin, on donne le choix entre payer une somme de x ou se faire capter l’ensemble de ses données avant de pouvoir faire ses courses, pour qu’on puisse avoir des exemple comparatifs similaires / représentatifs.

          Quant au fait que cela ne choque personne, pareil, pas vraiment d’accord : entre reportages, investigations (et passages à la TV sur les grandes heures d’audimat), coupures de presse et j’en passe (en 2 clics et une recherche : tout compte fait (émission france 2) y a consacré un épisode, LCI également, ainsi que des articles, etc). Lorsque tu dis que cela ne choque personne, sur quelles études tu te bases ? Quels chiffres / enquêtes (terrain, d’opinion, etc) permettent d’affirmer ceci ? (des études de l’observatoire de la fidélité montrent que nombre de gens n’en prennent pas pour des raisons de … confidentialité…)

  9. J’ai remarque il y a peu cette absence de bouton “Refuser” remplacé par un bouton “Payer”. Je trouve ça scandaleux !
    Personne ne va payer 2 euros par mois pour un site qu’il visite occasionnellement. Il s’agit donc dans ce cas uniquement de forcer l’acceptation. C’est donc très proche d’un retour aux anciens bandeaux uniquement informatifs “En continuant sur ce site, vous acceptez blablabla…”
    Le fait de vendre un service ne me choque pas. Le fait de vendre une navigation sans publicité non plus. Mais le fait de vendre du non-traçage me choque énormément ! Les RGPD sont censés nous donner plus de liberté sur le sujet, mais ces sites en profitent pour essayer de nous vendre cette liberté…

    Alors personnellement, j’accepte systématiquement tous les cookies… car je navigue à 90% du temps en navigation privée. Ainsi je ne suis tracé que pendant ma session de navigation, une fois la fenêtre fermée tout est oublié (ou presque).
    Paradoxalement je trouve complètement c** ces popups cookies qui nous sont maintenant proposés sur la quasi totalité des sites. Et je comprend tout à fait que les sites n’aient pas envie de mettre le bouton “Tout refuser” en avant.

    J’ai une idée toute personnelle (probablement mauvaise, ça parait trop simple) c’est qu’il aurait été tellement plus simple d’imposer la gestion de cette popup d’acceptation de cookies aux navigateurs plutôt qu’aux sites eux-mêmes !! Il n’existe que quelques dizaines de navigateurs, alors qu’il y a des dizaines de millions de sites, je n’ose pas imaginer le temps et l’argent gaspillé au total pour cette mise en conformité RGPD… Sachant que pour les petits sites il est impossible à un non connaisseur de vérifier que ses choix sont vraiment respectés. Alors qu’un blocage au niveau du navigateur est impossible à contourner.

  10. Bonjour, pour info, même des publicités non ciblées nécessitent de poser un cookie avec Adsense et la plupart des régie, car il faut au moins ça pour éviter la fraude (clic en pagaille sur les pubs). Donc même dans ce cas il faut le consentement de l’utilisateur.

    Je ne comprends pas le raisonnement des opposants aux cookie walls, quand je vais au restaurant je paie l’addition, et je suis au courant que je vais payer à l’avance, les prix sont indiqués. Certains visiteurs veulent le beurre et l’argent du beurre.

    Je suis éditeur de plusieurs sites, environ 70K€ de CA par an, 2 salariés. Mes sites rendent services aux visiteurs, avec du contenu rédigé par les rédacteurs. Depuis 4 mois j’ai mis en place une CMP qui gère les consentement des cookies. On est passé de 90% d’acceptation au début à 80% en 4 mois. Et rien n’indique que cela se stabilise. J’ai donc 20% de baisse de revenus car 20% de visiteurs veulent manger gratos. Et je dois trouver ça normal ? Je pense sérieusement à mettre en place un cookie wall. J’ai bien conscience que la plupart des utilisateurs accepteront le dépôt des cookies, mais j’ai l’impression que c’est le seul moyen pour qu’ils comprennent que ba oui, il y a des vrais gens qui bossent derrière avec des familles à nourrir. Je vois pas au nom de quoi je vais continuer à laisser des gens circuler gratuitement sur mes sites.

    Et le “ba faut changer de modèle économique mon bon monsieur”, je suis désolé ça ne marche pas, il n’y a que très peu de contenu pour lequel les visiteurs sont prêt à payer.

    Vous paieriez pour aller sur Facebook ? Pour avoir une recette ? Un coloriage ? Des horaires d’ouverture ? Une citation ? La conjugaison d’un verbe ? La traduction d’une phrase ? Des conseils sur un forum ? Le cours du Bitcoin ? Un tuto pour faire une carte pour la fête des mères ? Je peux continuer des centaines de lignes comme ça. J’ai la réponse, non personne n’est prêt à payer pour ces contenus, et pourtant vous voulez tous un jour ou l’autre y avoir accès, gratos, ou du moins que ça paraissent gratuit. Alors oui la publicité ce n’est pas parfait, mais au moins ça fait tourné la machine. On a voulu régler un problème en ne s’y attaquant pas par le bon bout.

    Un éditeur fatigué

    1. Bonjour,
      Reprenons les arguments que vous présentez :
      1° Le dépôt de cookies à des fins légales. Personne, je pense, de n’y oppose. D’autant plus que dans la mesure où ces cookies sont des obligations légales afin d’éviter la fraude, ils ne sont donc pas, de facto, des cookies qui devraient être soumis à un consentement… La publicité non ciblée (donc la plupart du temps contextualisée) ne posant absolument pas les mêmes problèmes/contraintes que la programmatique, en termes de protection des données à caractère personnel.

      2° La comparaison avec le restaurant. Désolé de le dire tel quel mais cette comparaison est foireuse. Dans un restaurant, j’ai une carte, un prix indiqué, je sais précisément ce qui va se passer, comment, quand, etc. Je n’ai pas de mauvaises surprises quant au prix ni de mauvaises surprises quant à ce qu’il adviendra de mes données par la suite.

      Comparer la programmatique à un restaurant, c’est comparer des choux et des carottes. Le restaurant ne commercialise pas mes données à caractère personnel, il fait preuve de transparence (carte, menu, prix, services, …) et une fois la prestation terminée bah… C’est terminé. Lorsque je ferme un site internet, avec de la programmatique, ce n’est pas terminé, mes données continuent de circuler, sont recroisées, transmises, vendues … Avec un restaurant, je sais où tout s’est passé. Avec de la publicité programmatique, je ne sais pas : si le site fait appel à sa régie, qui pose une enchère via une SSP, qu’une DSP remporte l’enchère, je ne sais pas qui est la DSP ou l’éditeur publicitaire, ni ce qu’il va faire de mes données. Bref, la comparaison avec le restaurant est un non sens.

      3° La “gratuité” vs. le besoin de générer de l’argent. Entendons-nous bien : je comprends que vous ayez besoin de générer des revenus, du CA, etc. Seulement, il existe un cercle vertueux et respectueux de tous et de la protection des données à caractère personnel de tous, que nombre d’acteurs de la publicité programmatique ne respectent pas et s’efforcent de contourner, nous n’en serions pas là si ces acteurs jouaient le jeu.

      La gratuité, c’est lorsqu’il n’existe aucune forme d’échange en contrepartie : transmettre ses données à caractère personnel en vue d’une exploitation commerciale, c’est déjà payer (et c’est l’Europe qui le dit). Donc, on ne peut pas (ou très rarement) parler de réelle gratuité sur Internet. D’autant plus que la plupart des éditeurs ayant mis en place un cookie wall continuent de capter les données à caractère personnel des personnes… Puisque vous êtes éditeur, je ne vais rien vous apprendre en vous disant que nombre d’éditeur ne font aucun hook sur les cookies avant la CMP, ils sont déposés avant même que l’user fasse son choix, c’est trompeur (pour parler poliment).

      Je ne pense pas qu’il soit question de changer de modèle économique, mais davantage d’assainir ledit modèle, pour qu’il soit plus respectueux (et donc sans doute davantage toléré/accepté) que le modèle actuel…

      “Alors oui la publicité ce n’est pas parfait, mais au moins ça fait tourné la machine. On a voulu régler un problème en ne s’y attaquant pas par le bon bout.”

      Alors, oui, mais en fait non : le “bon bout”, comme vous dites, il a déjà été tenté. Il y a eu des échanges, des conférences, des lois, des directives, de la régulation, des premières lois qui concernaient la publicité en ligne à SAPIN II sur la régulation des flux financiers relatifs à la publicité en ligne, de son fonctionnement à ses problèmes en passant par des solutions plus vertueuses et tout aussi viables, il y en a eu, des tentatives. En plus de 15 ans, j’en ai vu passer des choses, et ce n’est pas abusé de dire que le très grande majorité des éditeurs publicitaires ont absolument tout tenté pour échapper à cela, pour être très borderlines, pour adopter des mécaniques trop obscures et dans des flous juridiques afin d’être “conformes”, faute de clarté… Donc l’Europe à décidé de taper sur ce qu’elle pouvait, non sans mal, le lobbying des éditeurs publicitaires a été phénoménal sur l’écriture du RGPD (des millions d’euros dépensés, littéralement, plus de 1500 amendements proposés par les géants que sont Google, Amazon, etc..)

      Alors le bon bout…

    2. les recettes, les tutos pour la fête des mères ou même les articles tech sont la plupart du temps proposés par des personnes passionnées et bénévoles, car oui, des gens qui partagent leur savoir et leur temps gratuitement et sans essayer d’enfumer le visiteur, il y en a encore des tas sur le net. On n’essaie pas tous de se faire de l’argent sur le dos des visiteurs quand on partage nos connaissances, et fort heureusement.

      En témoignent le nombre de ressources parfaitement gratuites et échangées librement sur les blogs et les plateformes spécialisées, sans extorsion de données personnelles et sans dark patterns. Dans mon métier (dev), je consomme chaque jour des ressources sur le net et j’en partage tout autant. C’est un échange sain. Lorsque j’écris des articles techniques, je partage mon contenu librement et sans imposer ni pub ni cookies à mes lecteurs. Peut être qu’il serait simplement temps de revoir notre vision des choses et de passer du modèle basé sur l’argent et la “data” (qui reste flou et obscur pour les internautes non tech, et qui essaie légèrement de nous soutirer notre consentement de force) à celui qui est dans le partage communautaire libre et respectueux.

      De toute manière, si les sites monétisés continuent à nous imposer violemment leur pub et à essayer de nous enfumer pour obtenir nos données, ça va finir par se tasser tout seul. Les gens qui en ont assez de se faire harceler par plus de pub que de contenu vont créer des alternatives réellement libres, et ce sera la fin du modèle “qui rapporte”. Franchement, faire payer pour obtenir des recettes qui sont partagées par des utilisateurs bénévoles (coucou Marmiton), c’est un peu se foutre du monde quand même… Ça me fait penser à ces magasines de presse qui s’engraissent sur le dos des blogueurs DIY, ils font écrire les articles par les blogueurs contre de la “visibilité”, et ils vendent le magasine en kiosque pour 5 ou 6€. Tout bénef !

      Les “vrais” journalistes encore, je comprends et le modèle presse web payante revient à payer son journal papier, ça ne me choque pas. Mais faire payer un contenu qu’on a obtenu de l’implication et du partage communautaire, heu…?

      Perso, devant de telles pratiques, je quitte le site illico (pour trouver la même info partagée de manière libre deux clics plus loin). Si les gens refusent de payer, c’est possiblement que le contenu n’a pas tant de valeur que ça (qui va payer un abonnement mensuel pour un lire article doctissimo tous les 36 du mois?)… et qu’il faut peut être commencer à remettre ce système en question pour aller vers quelque chose de plus qualitatif ?

  11. Vu le chantage emis par marmiton, je n,irai plus sur ce site, la seule solution c,est de frequenter des sites qui ne prennent pas les internautes pour des imbeciles ce qui est le cas de marmiton. ADIEU MARMITON , encore un site qui va mourir et que nous ne regretterons pas car cela va laisser la place a d’autres sites plus vertueux et nous souhaitons plus performant…
    PHILIPPE

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