Pixellibre, vous, moi, nous quoi…

Billet très, disons, personnel. Qu’on se le dise, j’écris ce billet pour moi, pas pour justifier quoi que ce soit, ni pour m’excuser de quelque chose (enfin, si, peut-être). J’avais envie de vous parler un peu, pas d’actualités, pas de nouvelles, pas d’un coup de gueule sur la bonne utilisation d’un mot ou pas d’un coup de gueule sur la dernière sortie de piste d’un politique. Juste vous parler, comme ça, pour faire un peu le point. Ah, et c’est écrit en « one shot » avec peut-être une relecture pour les fautes quand-même

Comme vous l’avez vu et comme certains me l’ont fait remarquer, je n’écris pour ainsi dire plus. Les écritures quotidiennes sont devenues hebdomadaires, puis mensuelles et en ce moment il y a des mois entiers ou je n’écris simplement plus.

Je remercie énormément les personnes qui sont venues me dire en public, en privé, en face à face comme au Festival PSESHSF de cette année, qu’ils aimaient ce que j’écrivais, qu’ils aimaient ce que je pouvais faire, c’est peut-être bête mais ça fait du bien.

Je n’écris plus beaucoup plus deux raisons : la première c’est qu’écrire, c’est chronophage. Entre le travail et mes envies, je ne trouve que trop peu de temps pour le blog. Si vous suivez mes aventures sur Twitter, je me suis mis au violon et j’ai repris la photo et ces deux activités mangent pas mal de temps. Je m’en veux parfois, de ne pas plus écrire, parce qu’il y a des sujets où j’ai plein de choses à dire, où j’ai envie de dire plein de choses…

La seconde raison, c’est la multitude de sources, de journaux, qui parlent de ce dont je voudrais parler. Je ne suis pas journaliste, je suis un tout petit blogueur du dimanche et parfois, je voudrais parler d’un sujet mais d’autres l’ont déjà fait, je pense là aux copains de Next Inpact ou à Numerama, à Tonton Korben ou à d’autres, qui écrivent bien mieux que moi, qui ont un contenu plus riche, plus sympa.

Du coup, à ce moment-là, généralement, je me dis « à quoi ça sert d’écrire, je ne vais rien dire de plus que ce qu’ils ont déjà dit »… et je n’écris pas. J’ai essayé de me forcer un peu, en me disant que c’est en écrivant que ça viendrait… mais ça ne vient pas. J’ai des brouillons à ne plus savoir quoi en faire, sur de nombreux sujets, mais ils sont nuls, pourris, je n’ai pas d’autres mots.

C’est bête hein, je sais, mais c’est ainsi. Je n’ai pas envie de vous servir quelque chose que vous auriez pu lire ailleurs, j’ai envie que vous trouviez une valeur ajoutée dans ce que j’écris, j’ai envie de ce petit plus, pourquoi écrire si c’est pour vous proposer un contenu identique à untel ou untel ?

Je ne sais pas combien vous êtes à passer sur mon blog, combien de personnes sont là depuis le début, combien d’autres ont découvert l’aventure en cours de route et sont restées. Vous êtes peut-être 5, ou 10, ou 100, peut-être même plus si ça se trouve… mais même avec un seul lecteur, j’aurais ce même problème.

Je n’ai pas envie de vous servir un contenu qui ne me plait pas, comment ça pourrait vous plaire si même moi je trouve ça pourri ?

De l’autre côté, j’ai envie d’écrire, ça me manque mine de rien, j’ai dû commencer en 2009 avant d’arriver en 2011 sur pixellibre, et l’envie est toujours là : écrire pour donner mon point de vue, ou pour expliquer, renseigner, en espérant à chaque fois vous avoir donné un petit plus, un sourire ou une information, donné une vision différente d’une actualité. Bref j’ai envie d’écrire, sur plein de choses, mais « ça marche plus ».

Voilà, comme expliqué, je vous parle de ça parce que, quelque part, j’ai besoin de le dire je pense. Ce n’est pas pour m’excuser mais juste pour vous expliquer que c’est un peu compliqué parfois. Et puis, c’est peut-être encore plus con, mais je n’ai pas envie de décevoir qui que ce soit. Qu’on soit clair, je ne fais aucune rentrée d’argent sur ce blog, je refuse la publicité, les billets sponsorisés et les OP spé, même si on ne m’en propose pas chaque jour non plus hein. Je suis un tout petit blogueur de rien du tout MAIS… je suis un peu déglingué dans ma tête et je me colle une pression à chaque fois que j’écris, « est-ce que j’ai pas dit n’importe quoi ? Est-ce que ce billet a réellement une valeur ajoutée par rapport au reste ? Est-ce ça plaira ? », combiné au fait que je sois un perfectionniste… et non, ce n’est pas forcément une qualité… ça devient vite compliqué.

Donc j’ai envie d’écrire, mais quand j’écris je ne suis pas content, du coup je suis frustré, et je bloque, donc je me force, mais c’est encore pire… et ainsi de suite. Je n’apporte plus grand-chose à la communauté qui a vu Numendil grandir, qui m’a vu grandir, en fait. Je pense que certains me prêtent des qualités que je n’ai pas forcément, ce qui fait que je me sens, je ne sais pas comment dire… illégitime, voilà, c’est le bon mot. Illégitime car en soi je ne fais pas grand-chose comparé aux hordes de petits mains qui font La Quadrature Du Net, qui font les cryptos parties, les chiffro-fêtes, les formations, bref qui font de la communauté ce qu’elle est, un bel endroit plein d’idées, plein d’énergie et plein d’envies toutes plus folles les unes que les autres, toutes plus impossibles les unes que les autres, et c’est parce qu’on dit que c’est impossible que cette communauté le fait. Ouais, en relisant un peu, illégitime c’est le bon mot, imposture aussi, c’est pas mal quelque part.

Soyez rassuré.e.s, dans l’ensemble ça va, j’ai l’impression de dépeindre un gugus en pleine dépression mais ce n’est pas le cas hein. Je veux juste être moi, clair et transparent avec vous, pas la grande gueule qui fait genre, mais juste moi, le gugus derrière.

Voilà, je ne sais pas si un jour ça va reprendre, si j’écrirais plus souvent ou si je n’écrirais plus du tout, même si ça me semble improbable vu que j’ai toujours tendance à la ramener. Je voulais juste prendre le temps de ce billet pour vous parler un peu, parce que j’en ressens le besoin depuis pas mal de temps et que je ne sais pas, là, je me suis dit que j’avais le droit.

Alors évidemment, vous être libres de rester, de partir, de vous lâcher dans les commentaires, je peux concevoir que ce genre de billet déclenche quelque chose et conscient que je peux m’en prendre un peu dans la tête parce que je viens pleurer alors qu’en soi, je n’ai pas à me plaindre. Enfin, je peux comprendre que certains vont peut-être penser ça, mais ce n’est pas mon intention, j’avais juste envie de vous parler un peu …

Voilà, dans tous les cas, je voulais aussi vous remercier, pour les retours que vous faîtes parfois, pour les choses que j’ai pu vivre sans doute grâce à ce blog, pour les gentilles choses que j’ai pu entendre ou lire sur ma personne ou sur ce blog, c’est toujours touchant, alors merci.

Allez, relecture rapide quand-même…

Hackers (lol) et canular à Paris, le nawak

J’ai essayé d’éviter les informations stupides, mais celle-là m’a fait réagir… Deux adolescents ont « piraté » la ligne téléphonique d’une église parisienne pour faire un canular. Particulièrement con, surtout en ce moment, mais un canular. Et depuis quelques jours, je lis çà et là « deux hackers » ceci, « deux hackers » cela. Et bordel, ça m’énerve.

Pourquoi ?

Entrons dans le vif du sujet d’emblée : ça me gonfle profondément qu’on utilise le terme « hacker » à toutes les sauces et ce depuis des années. Certains diront qu’il ne faut pas s’emporter pour ça, d’autres que c’est ainsi et d’autres s’en fichent éperdument. Ce n’est pas mon cas.

Aujourd’hui, lire « hacker » dans un article quelque part, généralement, ça me déprime. On qualifie rapidement tout et tout le monde de hacker, si bien qu’au final, « hacker » ne signifie plus vraiment grand-chose. Tour à tour, c’est un méchant pirate informatique, un cybercriminel, un héros du printemps arabe, un bidouilleur, un manipulateur.

C’est même lui, ce vilain hacker, qui est responsable de la faim dans le monde et de la guerre. Tant qu’à faire, autant pousser l’absurde jusqu’au bout.

Alors non, lecteurs, lectrices, copains, inconnus, journaux, médias, un hacker, ce n’est PAS, à la base, quelqu’un de mauvais, quelqu’un de méchant, quelqu’un qui veut détruire la planète. Ce n’est pas non plus un asocial sociopathe dangereux qui mange des petits chats enroulés dans des câbles RJ45.

Ce terme est malmené depuis déjà fort longtemps et tout le monde gagnerait à utiliser les bons mots. Parce qu’il ne faut pas croire que ce glissement sémantique soit sans conséquences, ce n’est pas qu’un mauvais usage du terme. Lorsque ce mot est utilisé à tort, il dégrade l’image déjà bien fragile dudit hacker. Dans l’esprit des gens, du moins selon moi, on imagine le hacker comme quelqu’un qui n’a aucune vie, qui pirate des comptes Facebook, qui reste le cul posé sur sa chaise sans jamais voir personne, qui « casse » et « vole » des choses.

Sauf que dans les faits, ce n’est pas ça, un hacker. Ici, on peut parler d’une personne qui a des problèmes sociaux, on peut parler de criminel, de cybercriminel, de pirate informatique à la limite ou tout simplement, de con. Mais pas de hacker.

Hacker, c’est neutre comme mot. Du moins ça devrait l’être. Hacker – le verbe cette fois – c’est « bricoler », bidouiller un système, essayer de le comprendre, essayer d’en comprendre le fonctionnement, les limites et parfois essayer de s’en affranchir. La meilleure explication que je puisse avoir est celle des baguettes chinoises… elles servent à manger mais si vous vous en servez pour faire tenir un chignon ou un abat-jour, vous avez hacké son fonctionnement, vous l’avez détourné de son fonctionnement initial.

Est-ce que cela fait de vous une mauvaise personne ? Non. Du moins tant que détourner un objet de son usage principal n’est pas interdit.

C’est un sujet à débat, même au sein des communautés de hackers, mais le vrai combat n’est pas sur l’usage du mot, pas comme dans « chiffrer » au lieu de « crypter », il n’y a pas le même impact derrière.

Bref, vous l’aurez compris, je suis fatigué de voir ce mot utilisé dans tous les sens, de n’importe quelle façon.

Le cas des deux ados

Sans avoir le détail de ce qui s’est passé et de la façon dont ils ont procédé, usurper un numéro de téléphone, c’est relativement simple. Parole de moi, qui a travaillé plus de 10 ans dans le domaine.

Ce n’est pas forcément mauvais, certaines entreprises s’en servent pour utiliser le même numéro partout, que ce soit Pierre, Paul ou Jacques qui contacte monsieur ou madame untel. Le principe dans ce cas-là, c’est d’avoir un numéro de désignation de l’installation, qui sera le numéro connu des clients, 01 23 45 67 89 par exemple. On configure l’installation pour que chaque personne qui appelle affiche ce numéro. Rien de mauvais donc, comme beaucoup de choses, cette technologie est neutre, c’est ce qu’on en fait qui est bon, ou mauvais dans le cas de nos deux ados.

Monter un canular en usurpant un numéro de téléphone c’est donc très simple, à condition de chercher un peu. Des solutions existent sur Internet, pour quelques euros ou quelques neurones à y consacrer, et le tour est joué.

Pour déjouer ça, ça peut être aussi simple : rappeler le numéro de téléphone suffit parfois. On tombe alors sur la bonne personne, la vraie personne, celle à qui appartient vraiment le numéro et c’est terminé. J’imagine que les forces de l’ordre l’ont fait dans ce cas, j’espère du moins…

D’autant plus que les deux ados ne semblaient pas experts dans la protection de leurs données personnelles puisque des informations les concernant ont été publiées.

Bref, nous avons affaire à deux ados, un peu (très) cons sur ce coup, qui ont fait un canular débile et dangereux, mais pas à des hackers.

Si des journalistes me lisent, de grâce, utilisez les bons mots, cybercriminel dans ce cas, mais pas « hacker ».

[Perso] Réponse au coup de gueule politique, suite et fin

J’étais parti pour répondre à Ace, qui m’a laissé un commentaire suite à mon gros coup de gueule… et j’ai pensé que d’autres se posaient les mêmes questions, alors voici la réponse à Ace, sous forme d’un billet.

Merci de garder à l’esprit que je suis peut être naïf, innocent, bête ou rigolo de ridicule… mais que c’est un peu de ça dont nous avons besoin, du moins… moi j’en ai besoin. Si j’arrête d’y croire, autant arrêter tout de suite de se battre.

Je suis on ne peut plus d’accord avec ton coup de gueule. Toutefois, je m’interroge sur la fin de ton billet et sur le message que tu souhaites faire passer. Tu sembles vouloir inciter ton lecteur à se bouger. Mais pour faire quoi ?

Ace, effectivement, je t’invite et j’invite mes lecteurs à se bouger, d’abord en prenant conscience qu’il est possible de faire changer les choses, d’abord en prenant conscience tout court que ce n’est pas en continuant de se plaindre sans réellement tenter de changer les choses que les choses changent. J’en conviens, c’est très cliché, comme point de vue… mais je suis convaincu qu’il faut une réelle prise de conscience avant même de penser à faire quelque chose.

C’est une très bonne chose que de vouloir éveiller les consciences, et je ne peux que féliciter tous ceux qui participent à cela. Mais pousser une gueulante est une chose, proposer des moyens d’actions/des alternatives, en est une autre.

Absolument, je me permets donc de te répondre et de te proposer mes idées de citoyen comme tout le monde, elles ne sont peut-être pas révolutionnaires, peut-être trop idéalistes… mais je pense qu’il nous faut au moins ça pour atteindre un cap de non retour vers un réel changement.

Que penses-tu qu’un lecteur qui débarque ici puisse se dire en fin de lecture ? Il peut très bien se dire « ok, il a raison, je suis en colère moi aussi, et il met des mots sur des choses que je ne parvenais pas à exprimer. Mais qu’est-ce que je peux faire, moi, pour faire évoluer les choses ? »

Très sérieusement, rien que se poser des questions est déjà un acte, le premier que je tente, à chaque fois, de créer : la remise en question, ou le fait de s’en poser. Ce n’est évidemment pas suffisant, qu’une première étape… mais elle est fondamentalement la plus importante.

Ce paragraphe en particulier, sonne un peu comme une accusation : « Il serait bon que toi, oui toi là, l’internaute en pleine lecture de ce billet, tu te dises la même chose : si ton gouvernement existe et fait ce qu’il veut, c’est parce que tu le laisses faire. Je sais que tu as ton quotidien à gérer, tes galères, ton travail, les fins de mois difficiles… comme nous tous. Tu n’en as pas ras le bol, à un moment ? Je sais, ça demande énormément d’efforts de s’opposer à tout ceci, puis tu te dis que tout seul, bah, ça ne sert à rien. »

Tu as raison sur le fond, nous sommes tous responsables de l’état actuel des choses. Mais que proposes-tu ? Que pouvons-nous encore faire ?

Ce paragraphe sonne effectivement comme une accusation, puisque c’était le principe dudit paragraphe. C’est un point de vue très personnel, comme tout ce que je peux écrire, mais je suis triste et parfois fatigué de voir des gens, chaque jour, se plaindre de la situation x ou y, sans essayer ne serait-ce que de changer un petit quelque chose, pour plein de raisons, parfois justes, parfois non.

Une fois de plus, je suis d’accord avec tes propos, et je ne poste pas ce commentaire dans un but de dénigrement. Mon interrogation est sincère : que proposes-tu ? Que fais-tu/que comptes-tu faire toi, personnellement, pour modifier cet état de choses ? Signer la pétition contre la loi El Khomri ?

Sois rassuré, je ne prends jamais un commentaire aussi bien construit comme un dénigrement, tu as pris le temps de construire ta réponse, de participer, de donner ton point de vue, il serait très triste de prendre le moindre commentaire comme un quelconque dénigrement. C’est tout l’inverse.

Qu’est-ce que je compte faire, pour modifier les choses ?

La première chose me semble évidente, déformation d’activiste peut-être : ne rien laisser passer. Strictement rien. Pas un seul écart de conduite. Pas une seule parole déplacée. Pas une seule dépense publique qui ne soit pas équilibrée et justifiée. Et le faire savoir.

Le corps politique donne un nom à ces gens qui, comme moi, ne laissent rien passer : des menaces.

Ça demande du temps et des efforts, très clairement. Je comprends que tout le monde ne puisse pas le faire, que tout le monde n’ait pas envie de le faire, la vie est déjà bien assez compliquée comme ça.

En pratique, ça passe par la diffusion de l’information et la demande de justifications. Donc des coups de téléphones, des courriers, des mails, que la personne soit député, ministre ou tout autre fonction du corps politique. Certains lisent et me répondent, d’autres non, d’autres ne lisent sans doute même jamais ce que je peux envoyer. Mais ils savent que quelque part, quelqu’un regarde ce qu’ils font.

Et c’est ça, déjà, qu’il nous faudrait : re « politiser » les gens, leur faire prendre conscience qu’il est de notre devoir de veiller au bon fonctionnement de la politique dans notre pays, tout partis politiques confondus. Leur faire prendre conscience qu’être citoyen, ce n’est pas simplement avec un petit bout de papier pour aller voter à des élections où nous avons le choix entre la peste et le choléra.

Dans certains pays de notre Europe, les dépenses publiques sont très strictes et très observées… par le peuple, la Norvège est un bon exemple qui n’hésite pas à crier au scandale si un denier de l’argent public est dépensé d’une façon… bien française. Certains rapports financiers sont publics, les députés et ministres et autres doivent se rendre compte qu’ils sont des gens normaux et… ils sont manifestement incapables de s’en rendre compte seuls, alors on devrait les aider un peu. Cela ne sera ni agréable, ni facile, ni rapide, mais c’est nécessaire. Et ça existe, certains font figure d’exemple dans le paysage politique, j’ai au moins un nom en tête. C’est pour ainsi dire rien, mais c’est une preuve que ce n’est pas impossible.

Inutile, on a bien vu ce que ça donnait avec les referendums avant, et on a, je pense, tous lu la réponse de la « ministre ». Descendre dans la rue ? On est en état d’urgence, et de toute façon, qui tient encore compte des manifestations ? Participer au mouvement #OnVautMieuxQueCa ? Ça me paraît tellement inutile que c’en est risible (même si l’intention de départ, bien sûr, est honorable ; un tel mouvement n’aurait de chance de succès que dans un démocratie) ; on s’adresse quand même à des gens qui oppriment la population qu’ils sont sensés protéger, les populations chez qui ils font couler le sang en vendant des armes aux « terroristes » (leurs amis) dont ils nous rebattent les oreilles – ces mêmes gens qu’ils refusent d’accueillir sur un territoire qui ne leur appartient pas. Et il y en a pour penser que leur opposer un # va faire bouger les choses ? Je voudrais pouvoir y croire, mais j’ai bien peur que le monde des Bisounours ne reste à jamais une utopie. Je pense par contre que tous ces pourris doivent bien se marrer en discutant de ça à la cantine Fouquet’s, entre deux parties de golf ; si tant est qu’ils soient même au courant.

Je t’avoue que je n’ai, personnellement, aucune fichue idée de ce que nous pouvons bien faire contre ces gens, notre gouvernement et le monstre union européenne. J’ai clairement la sensation que nous ne pouvons rien. Que la seule solution qu’il nous reste, c’est une insurrection, mais que ce sera seulement un sacrifice, un beau geste, qui ne nous tirera pas d’affaire. Une autre idée ?

S’ils rigolent… et certains rigolent effectivement, c’est parce qu’il se sentent immortels, intouchables. Au pire il la presse parlera d’une mise en examen ou d’un petit scandale, mais la presse, ce n’est pas le peuple.

Ces gens là ont BESOIN de nous, ils cherchent une légitimité à nos yeux, pour pouvoir continuer d’exister. La politique actuelle se nourrit de la confiance qu’on décide de lui accorder et continue de survivre une fois la confiance perdue… parce qu’on ne fait rien.

Alors, ce n’est peut-être pas grand-chose à mon échelle, mais si nous étions plus à le faire, m’est d’avis que certains rigoleraient déjà beaucoup moins. Il faut s’informer, nous réapproprier nos devoirs de citoyens pour pouvoir jouir pleinement de nos droits et … ne rien laisser passer, « leur » faire savoir que nous les observons attentivement.

Une fois que ce premier point sera intégré, le paysage politique sera, à mon avis, déjà bien plus sain qu’aujourd’hui.

[Humeur] Surveillance : le chat et les souris

Nous avançons peu à peu vers une société très portée sur la surveillance, de tout, de tout le monde ou du moins, du plus de gens possible. L’armada de surveillance s’étoffe un peu plus chaque jour, de nouvelles armes viennent le renforcer, qu’elles soient légales, législatives ou purement techniques.

Minority Report.

Notre société ne ressemble pas à 1984 et l’évolution de cette dernière non plus, pas totalement en tous cas. De plus en plus de fichiers secrets sont créés, on place l’outil informatique au cœur de tout, de la détection de comportements suspects à la collecte massive d’informations en passant même, parfois, par des ordinateurs qui prennent des décisions.

Non, notre société ne ressemble pas à 1984 car dans cette œuvre d’Orwell, la propagande est partout, l’histoire est réécrite sans arrêt, les gens sont interpellés s’ils ne pensent pas correctement, toute la panoplie d’outils de contrôle et de surveillance est déployée, plus ou moins aux yeux de tous.

Nos sociétés se rapprochent plus d’un modèle type « Minority Report », la dystopie de Philip K. Dick, la seule différence est que les précogs sont ici remplacés par des machines. Mais de nombreuses choses sont là, dont, en premier lieu, le dangereux – et compréhensible – objectif de nos nations : arrêter un criminel avant qu’il ne commette ledit crime.

Nous sommes filmés par des caméras de surveillance dispersées aux quatre coins du territoire, toujours plus nombreuses. Nous sommes géo localisés avec nos petits espions de poche, nous sommes ciblés par la publicité qui en connait plus sur nous que nous même, nous sommes captés par une ribambelle de trackers sur Internet en permanence… et toutes ces données sont agrégées, traitées, regroupées et classées pour tenter d’établir une sorte d’identité numérique qui, parfois, ne correspond absolument pas à la réalité.

Le chat ?

Il tente de toujours en savoir plus, toujours en avoir plus, le moindre détail de notre vie l’intéresse car il pense pouvoir le recouper avec d’autres éléments. Pour lui, nous sommes des méchants en puissance et si nous ne le sommes pas, nous allons le devenir… et si nous ne le devenons pas, nous connaissons forcément quelqu’un qui pourrait le devenir. Du moins c’est ce qu’il pense et c’est son argument phare pour justifier la moindre mise sous surveillance.

Il donne des pouvoirs incommensurables à sa meute de chats, tous en ordre de bataille. Il ne se rend pour ainsi dire pas compte des dérives envisageables avec ces pouvoirs-là, surtout lorsqu’un autre chat dominant viendra prendre sa place.

Les souris…

…elles, s’en moquent. Pas toutes, mais la très grande majorité s’en moque, elle ne se sent pas concernée et les quelques souris concernées sont bien tristes et démotivées à force de s’esquinter.

Puis il y a les autres souris, celles qui ont toujours un coup d’avance, celles qui savaient déjà se protéger de nombreuses choses, celles qui devraient être les uniques cibles du chat et qui, in fine, sont les seules épargnées.

Cet éternel jeu se terminera-t-il un jour ? Le chat, mécontent de ne pas trouver les « bonnes » souris, entame une énième course à l’armement technologique, au risque de sacrifier bien des droits sur l’autel de la surveillance.

Les « bonnes » souris, elles, rigolent car avant même que l’arsenal soit étendu, elles savent déjà ce qu’il faut faire pour passer sous les radars. Elles s’amusent de voir que le chat ne change pas de stratégie et continue de foncer dans le mur, cette fois en faisant des signes et en criant pour que le mur se pousse.

Dans les dessins animés ou les bandes dessinées, ce petit jeu me fait sourire. Les voleurs échappent toujours à la police, qui essaye de les attraper épisode après épisode, BD après BD. Dans « la vie vraie », c’est nettement moins drôle car au final, toute la population souffre d’un arsenal complètement hallucinant qui ne devrait s’abattre que sur quelques personnes.

Le danger qui en découle, plus grand encore que celui de la surveillance, est d’avoir d’ici quelques années une société totalement aseptisée, neutralisée, une société qui n’ose même plus s’exprimer, de peur d’être entendue et mal comprise. C’est de voir notre société s’autocensurer toute la journée, jusqu’aux prochaines générations qui n’auront plus besoin de s’autocensurer, qui se comporteront naturellement comme de doux agneaux … ou comme des chats.

Pixellibre et vous : on fait le point.

Bonjour à vous, c’est rare, je sais, mais j’écris ce billet pour faire un petit point d’étape. Puisque cela concerne le blog et les décisions que je prends, j’ai trouvé normal de partager tout ceci avec vous.

Merci !

Tout d’abord, je souhaite vous remercier pour vos retours, vos commentaires, pour vos mails de remerciements et même pour ceux où je me fais descendre en flèche, c’est toujours bon de se remettre en question.

Je vous remercie également d’être fidèles à mes billets, mes humeurs et mes quelques coups de sang, çà et là. Je ne publie pas de façon régulière, il peut se passer des semaines sans qu’aucun billet ne soit publié et pourtant, vous êtes toujours là. Merci.

Pourquoi des semaines sans rien ?

On m’a posé la question un certain nombre de fois : pourquoi ne pas publier de façon régulière ?

Les raisons sont multiples, je vais faire un résumé :

  • J’exerce une activité professionnelle assez chronophage et mentalement épuisante, je n’ai parfois pas le courage d’écrire, surtout lorsqu’il faut traiter un sujet avec du Bernard Cazeneuve dedans, c’est décourageant d’avance.
  • Parfois, il faut mieux partager un excellent article que de tenter d’en écrire un pour redire la même chose.

De la même façon, on m’a demandé pourquoi je n’essayais pas de faire de mon blog une activité à plein temps ?

Premièrement parce que je n’ai pas les épaules et les finances assez solides pour me permettre de le faire. De plus, se lancer dans ce type d’aventures demande des compétences que je n’ai sans doute pas et des sacrifices que je n’ai pas envie de faire (générer assez de revenus sur un blog demande à passer par des régies publicitaires, potentiellement du Google, accepter parfois quelques billets sponsorisés, ce que je rejette avec la plus grande des forces).

Ensuite parce que j’aime écrire, c’est une passion, j’aime pouvoir écrire quand et dès que j’en ai envie. Je n’ai pas envie d’être obligé d’écrire assez pour générer assez de visiteurs pour avoir assez de revenus. J’aurais peur que la passion devienne une contrainte et que cela se ressente. Alors, même si c’est évidemment tentant, je ne vais pas franchir ce cap.

Et les billets sponsorisés ?

Je profite de ce billet d’étape pour aborder un autre point : les billets sponsorisés.

Mon blog a beau être tout petit et faire, en soi, peu de lectures, il reste une cible intéressante pour en faire un espace de pub, c’est ainsi que depuis quelques mois, j’ai deux à trois demandes par jour d’articles « en collaboration », « pour une grande marque », « rémunérés », « en partenariat », avec des cabinets missionnés ou avec des escrocs qui font plus d’une ligne par faute, dans des mails mal traduits.

Que cela soit clair, je m’adresse tant à ceux qui liront ceci et qui sont concernés qu’à vous autres, chers lecteurs et lectrices : je n’adhère pas à cette pratique sur mon blog.

Si je la comprends parfaitement pour un blog pro, un site d’actualité ou pour un blog qui fait manger un blogueur, ce n’est pas mon cas.

Je n’ai pas envie d’écrire quelque chose « commandé », d’autant plus que cela me forcerait à engager des démarches administratives dont je n’ai pas envie si je venais à être rémunéré pour des articles sponsorisés.

A ceux qui comprennent le refus à la première fois, je vous remercie.

A ceux qui, malgré 18 mails de refus, 11 messages privés de refus et 5 messages de refus sur Facebook, continuent d’insister, la réponse sera moins « diplomatique » : achetez-vous un dictionnaire.

Non : mot utilisé pour apporter une réponse négative. Il marque le désaccord sur une question affirmative et l’accord sur une question négative.

Ce petit mot de trois lettres ne semblant pas être connu de tous et toutes, j’ai trouvé utile de rajouter la définition.

Enfin, pour terminer ce billet, si vous souhaitez échanger, discuter, vous pouvez me retrouver sur Twitter (@numendil) ou par mail : numendil at pixellibre point net, si vous passez par Reims un jour, prévenez-moi, ça sera l’occasion de prendre un thé, un café ou une bière.

[PERSO] Twitter, pourquoi toujours prendre la mauvaise décision ?

Depuis quelques jours, Twitter a décidé de tuer le « fav’ ». Est-ce réellement une bonne nouvelle et un pas en avant ?

Dans une récente décision, Twitter décidait d’enterrer le fav’, cette fonctionnalité qui avait au moins autant de significations et d’usages que d’abonnés au service.

Certains s’en servaient pour mettre des articles de côté, comme moi, pour les consulter plus tard, une fois installé confortablement devant un écran.

D’autres s’en servaient pour réellement « aimer » un contenu, ou pour faire un petit coucou, un clin d’œil, pour faire passer des messages en douce, une sorte de « je suis là, poke »

Très clairement, il y avait un problème avec cette fonction de mise en favoris, son rôle n’était pas clair, pas assez défini.

Pour répondre à ce problème, Twitter a fait simple, comme à son habitude. Il a complètement bousillé une partie de son propre service, au grand désarroi d’une partie non négligeable de ses utilisateurs.

Ce changement est simple : plus de favoris, mais des « j’aime », suivis d’un cœur et de tout ce qui peut aller avec.

Pour certains, ce n’est qu’un détail sans aucune importance, pour d’autres c’est un problème.

Le favori était assez flou et c’était, selon moi, son principal atout, il n’engagerait pas réellement, il n’y avait aucune notion d’amour ou d’affection dedans, il était très neutre, en soi.

Le cœur, par définition, ne l’est pas. D’autant plus que ce cœur s’accompagne d’un « untel a aimé votre tweet », ce qui est nettement plus engagé qu’une toute petite étoile.

Je prends l’exemple d’un de mes contacts, journaliste, qui travaille sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’EI, l’Etat Islamique : un fav’ n’était pas dérangeant, voir des cœurs sur chaque tweet en lien avec l’EI, ça l’est déjà beaucoup plus, tellement qu’il n’ose plus s’en servir, au risque de sacrifier une partie de sa veille de journaliste.

Comme toujours, Twitter décide mal, et brutalement, à grand coup de hache presque. J’aimerais voir le retour de ce favoris, quitte à ce que le « j’aime » et le fav’ puissent coexister, ce qui ne me semble pas spécialement aberrant.

Reste à voir ce que Twitter décidera dans l’avenir… et à espérer qu’il ne se transforme pas en Facebook.