Proposition de loi contre la haine en ligne, l’avis d’un jeune vieux con des Internets

Hier soir, jeudi 04 juillet 2019, se terminaient les débats de l’Assemblée Nationale sur la proposition de loi contre la cyber haine, rebaptisée « proposition de loi visant à lutter contre la propagation des propos haineux sur Internet » par les députés, dans les derniers amendements discutés.

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Privacy-by-design, la clef entre Blockchain et RGPD ?

Nous avons vu dans un premier article ce qu’était la blockchain, quelques points propres au RGPD, l’interaction nécessaire entre la technologie et la réglementation,… Nous sommes entrés, ensuite, dans le détail des incompatibilités entre la loi et la technologie. Nous allons maintenant nous attarder sur les mesures à mettre en place afin de gérer les problèmes et les écarts entre la loi et la blockchain.

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Blockchain et RGPD, des incompatibilités insurmontables ?

La semaine dernière, nous avons commencé à parler du RGPD dans le secteur de la Blockchain. L’objectif était de « poser le décor », afin d’avoir les éléments nécessaires pour comprendre les risques de non-conformité liés à la technologie. Cette semaine, nous entrons dans le détail des incompatibilités entre RGPD et Blockchain.

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Blockchain et RGPD, est-ce compatible ?

Depuis quelques années, nous assistons à un déploiement massif de la blockchain un peu partout. Qu’elle soit publique ou privée, ses avantages sont indéniables : traçabilité de l’information, non répudiation de cette dernière, facilités de déploiement sont autant d’éléments qui participent à son succès. Cependant, son principe de fonctionnement pourrait représenter un défi majeur pour assurer sa conformité au règlement européen n°2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données … plus connu sous le doux nom de RGPD.

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La ligue du lol est la manifestation d’un problème plus large : « nous ».

Avant toute chose, il convient de définir deux choses : « nous » et « la ligue du lol ». Nous, ce sont les hommes, des hommes blancs et hétérosexuels, dont je fais partie. Ce billet n’a pas vocation à être excluant, mais les propos tenus sont destinés à des personnes en particulier, j’espère que vous le comprendrez.

La ligue du lol, quant à elle, était un groupe, initialement crée sur Facebook, par un jeune journaliste à l’époque, Vincent Glad. Ce groupe très majoritairement composé d’hommes issus du même milieu journalistique avait pour attraction favorite de se déchainer majoritairement sur des femmes, via plein de choses toutes plus dégueulasses les unes que les autres : spam sur les réseaux sociaux, insultes, commentaires sexistes et misogynes, photo montages, ragots, intimidations, canulars téléphoniques, harcèlement en ligne, harcèlement dans la vie physique et autres joyeusetés. Selon leurs excuses, toutes plus pourries les unes que les autres, ils n’étaient pas conscients des impacts que leurs actions pouvaient avoir sur leurs victimes d’un matin, d’un jour, d’une semaine ou plus. Aujourd’hui encore, des personnes sont marquées par les agissements de cette ligue, certaines ont mis des années à se reconstruire. Bref, la ligue du lol, c’était un boy’s club abject et dégueulasse.

Ces précisions étant faites, passons à la raison qui me fait écrire ces lignes. D’avance, mes excuses, c’est un billet un peu décousu, qui s’écrit d’une traite, « one shot » comme on dit, je veux que mes idées soient restituées telles qu’elles viennent et pas retravaillées pour former un billet plus conventionnel.

La ligue du lol était et est un problème. Un problème toujours d’actualité. Car des ligues du lol, il en existe plein, dans de très nombreux milieux, sous de très nombreuses formes, avec de très nombreux non. La mise en lumière de cette ligue devrait nous faire réfléchir, nous, les hommes, à nos comportements. En réalité ce n’est même pas cette ligue qui devrait nous faire réfléchir à nos comportements, nous devrions le faire naturellement, mais il faut croire qu’une bonne partie des hommes ne sont pas foutus de le faire, sauf avec un électrochoc. J’ose croire que la ligue en question est un électrochoc qui va permettre de remettre à plat un sacré paquet de choses.

Ce billet s’adresse principalement à ce nous, donc. Et que les personnes derrière ce nous se sentent concernés ou non, ils le sont. Messieurs, d’avance, si vous vous braquez à la lecture de ce billet, conseil : laissez votre égo de mâle là, et reprenez votre cerveau pour réfléchir à la portée de vos actes et de vos paroles comme à la portée vos inactions et de votre silence.

Premièrement, messieurs, nous sommes des privilégiés. Oui nous sommes, par rapport aux femmes, aux personnes racisées, aux personnes des communautés GRSM (LGBT+ pour résumer et tenter de n’exclure personne sans en arriver à un LGBTQI-je-suis-désolé-je-ne-sais-plus-la-suite), des personnes privilégiées.

Nous n’avons pas besoin de nous battre pour prouver notre légitimité, nous n’avons pas besoin de faire trois fois plus d’efforts pour convaincre, on ne nous manque pas de respect 50 fois par jour, on ne se fait pas siffler dans la rue pour un oui pour un non, on ne se fait pas traiter de pute ou autre parce qu’on refuse de donner notre numéro de téléphone, on ne se fait pas (oui cette phrase va être TRES longue) dévisager de la tête aux pieds lorsqu’on rentre dans un endroit quelconque, on ne se fait pas insulter de salopes ou autre quand on a eu de nombreuses partenaires sexuelles dans notre vie, et les gens ne se disent pas « il en a baisé des nanas, il doit en vouloir plus, forcément », on ne nous apprend pas à avoir peur dans la rue parce qu’un mec peut surgir de nulle part et te faire du mal, on ne nous dit pas que ne pas se raser c’est moche, à poste et compétences équivalentes, nous sommes payés plus que les femmes dans bien des secteurs d’activité, on ne se moque pas de nous quand nous ne comprenons pas quelque chose mais on nous explique, on ne nous dit pas « mais t’as pas baisé » quand on réagit mal à une blague prétendument drôle. On ne nous impose pas un culte du corps, de la beauté, et bien d’autres dictats. Nous, on a des poches de jean qui servent à quelque chose, et si tu rigoles à cet exemple, tu vas aller te renseigner. Nous, on ne viendra pas nous insulter ou nous casser la gueule parce qu’on aime quelqu’un du même sexe ou parce qu’on en a changé. On ne nous dira pas que nos pratiques sexuelles sont déviantes, on ne nous stigmatisera pas, on ne nous montera pas du doigt, on ne se sentira ni mal, ni sales, quand les gens parleront de nous. Nous, les gens vont d’abord regarder nos compétences avant de regarder notre visage ou nos formes.

La liste pourrait être encore plus longue, mais vous avez compris, j’espère, que oui, nous sommes des personnes privilégiées, hautement privilégiées. Ce n’est ni en mal ni en bien que je dis cela, ce n’est ni sale, ni péjoratif et vous n’êtes pas responsables de l’acquisition de ces privilèges, mais ils sont là.

Vous les avez. Même si vous n’en êtes pas conscients.

Que vous le vouliez ou non. Vous devez en prendre conscience et reconnaitre cela, sans quoi jamais vous ne serez capables de comprendre le problème que nous représentons.

Nos comportements, nos actions, nos paroles ou au contraire, l’absence d’actions, ou de paroles, doit nous questionner. Pourquoi voyons-nous des choses anormales, sexistes, déplacées, sans y réagir ? Pourquoi entendons-nous des choses abjectes, sans s’interposer ? Vous vous demandez quoi ? Petit florilège, entendu de mes oreilles dans ma vie :

  • « Cette nana c’est une crevette, tout est bon sauf la tête »,
  • « elle est p’tet compétence, mais elle est moche, dommage »,
  • « elle n’est pas très intelligente, mais elle est bonne, moi ça me va »,
  • « Hey, la nouvelle, tu lui donnes combien sur 10 ? »,
  • « La nouvelle, c’est une BAB » (ndlr : bonne à baiser),
  • « Bon, j’ai que des mecs dans mon équipe, je pourrais pas avoir des nanas pour avoir un peu de beauté dans mon équipe ? »
  • « C’est une femme, elle aura plus de mal avec la technique »,
  • « l’informatique, c’est un truc de mecs »,
  • « je suis toujours étonné quand je vois une nana streameuse jouer correctement »,
  • « tu joues bien pour une salope »,
  • « On va pas la recruter, elle va nous pondre un gamin un jour »,
  • « putain cette meuf pue le sexe »,
  • « ses yeux crient braguette »,
  • « Vu son sourire, elle a dû en avaler des kilomètres… »,
  • « elle porte une robe, putain l’allumeuse »,
  • « j’aide ma femme à faire les tâches ménagères »,
  • « pupute », …
  •  » Elle est agressive, cette mal-baisée »

Qui n’a jamais entendu ça ? Vous l’avez déjà prononcé ? Et vous trouvez ça normal ? Spoiler : ça ne l’est pas.

Ce comportement n’est pas acceptable.
Ni ces paroles
Ni cet état d’esprit abject.

Et pourtant, la plupart du temps, nous ne disons… rien. Voire pire, on participe, pour participer au phénomène du groupe social, en adopter les code, être « à la mode », bien vu, accepté par le groupe.

En quoi l’acceptation d’un groupe d’hommes au comportement à ce point déplorable est-elle une bonne chose ?

Nombreuses sont les raisons, mais la seule qui me semble à la limite acceptable, c’est la peur. Parce que c’est une peur, donc l’estimation pas totalement consciente d’un risque induit par une situation donnée. « Je n’irai pas dire au géant hyper costaud et très con que ce qu’il dit est déplacé, sexiste ou insultant, car il va me frapper. » Je n’ai pas dit qu’il fallait laisser faire, mais que je comprenais le sentiment de peur généré face à cette situation.

Ce ne rend pas ce silence acceptable pour autant, pour cette raison comme pour n’importe quelle autre raison.

La ligue du lol a horrifié bien des gens et fait remonter des souvenirs à la surface, pour beaucoup de monde. Des hommes ont été horrifiés, et ce qui m’horrifie, moi, c’est que des gens savaient, ont vu les choses se faire, certains en détails, d’autres en surface, mais étaient là, auraient pu dire quelque chose, auraient pu intervenir… mais n’ont rien dit. Comme beaucoup d’autres personnes, d’hommes, de « nous », qui, chaque jour voient des choses se passer, entendent des choses qui ne devraient pas être prononcées, et ne disent rien.

Votre silence condamne les victimes et vous rendent au moins en partie coupable. Je n’ai pas la volonté de vous culpabiliser, là n’est pas mon but, mais il faut utiliser les bons termes. En laissant les choses se faire, au prétexte d’une inclusion sociale au sein d’un groupe, ou que sais-je encore, vous vous rendez coupable.

Et cette culpabilité devrait vous revenir comme une claque en pleine figure, pour vous faire prendre conscience que le monde ne changera pas du jour au lendemain, et pas sans vous.

Vous n’allez pas vous réveiller, un beau matin, et « paf », plus d’injustice et de commentaires haineux. La question est : dans quel monde on veut vivre demain ? Dans un monde ou des ligues du lol continuent d’exister, ou dans un monde où Égalité signifie vraiment quelque chose, pour tout le monde ?

Alors, messieurs, nous, il est peut-être venu le temps de nous asseoir, de réfléchir et de remettre à plat bien des choses.

Une dernière note : si vous venez vous déchainer dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux, souvenez-vous qu’il y a une personne derrière l’écran, et qu’il n’y a que l’écran qui est insensible et qui ne se fissure pas.

Lettre ouverte aux députés afin de défendre le droit à l’anonymat

Mesdames et messieurs les députés, les orientations politiques actuelles me laissent penser que, d’ici peu de temps, une proposition de loi arrivera pour « réguler l’anonymat en ligne ». Trois de vos collègues, députés du groupe La République En Marche, Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon et Gabriel Serville, ont déjà sollicité le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des finances et du ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé du Numérique, M. Mounir Mahjoubi, sur ce sujet. (source : https://www.nextinpact.com/news/107564-des-deputes-lrem-veulent-forcer-twitter-a-recueillir-piece-didentite-a-creation-dun-compte.htm)

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