Analyse d’un discours politique de François Fillon

J’ai choisi d’observer une partie du discours de François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite et du centre et candidat de la droite à la présidence de la république française.

Le discours choisi est disponible à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=F24XwRMXxb4, sur la chaîne officielle de François Fillon. C’est son discours au palais des congrès de Paris. D’avance, bonne lecture.

Comme dans l’exercice précédent, qui portait cette fois sur un discours de Manuel Valls, j’ai tenté de décortiquer les paroles et de parler de la forme, des éléments de langage, plus que du « fond », si fond il y a, ce qui n’est pas toujours le cas.

Dans cette analyse, je vais également parler de « marqueurs », je ne sais pas si c’est le bon terme mais je trouve qu’il convient plutôt bien. Un marqueur peut être de gauche ou de droite.

Dans un discours politique, sans savoir qui parle, on peut relever un certain nombre d’éléments et d’idées qui nous disent si c’est un discours de gauche ou un discours de droite, ces éléments là, ce sont les marqueurs en question. Exemple : libéralisme, c’est plutôt un marqueur de droite. Social, c’est plutôt un marqueur de gauche, ainsi de suite.

Nous commençons à 0’44 avec : « je ne me fie pas aux sondages, je me fie aux français ».

Comme beaucoup d’autres, Manuel Valls également, il se présente comme le candidat « anti-système », anti-sondages, qui n’est pas là car les chiffres lui donnent raison. Le fait de se poser comme un candidat anti-système est important, puisque nous ne supportons plus le système. Il faut nous montrer ou nous faire croire que lui, il est différent.

A 0’56, François Fillon enchaîne avec « la volonté de nos compatriotes de construire une vraie alternance ».

On retrouve l’idée de la différence, la « vraie » alternance, pas celle que vous avez l’habitude de voir. Volontairement, il vient planter une petite graine de trois fois rien dans votre inconscient, et suggère l’idée que les autres possibilités sont des illusions.

Indirectement, il vient « taper » sur les autres candidats, sans les mentionner. C’est pratique de ne pas les mentionner, ainsi ils ne peuvent pas se sentir visés et ne peuvent donc pas se défendre.

A 2’23, M. Fillon déclare « certains s’érigent en candidats du peuple, moi je ne prétends rien, le peuple est là ».

Deux idées sont présentes dans ce passage. La première rejoint le passage précédent : « certains s’érigent… », il tape sur une masse difforme, sur « on-ne-sait-pas-vraiment-qui », pratique car de cette façon, il peut viser la gauche, la droite, tout le monde et n’importe qui sans pour autant avoir de problèmes.

Seulement, les tournures impersonnelles sont généralement des marqueurs d’extrême droite, « LE » parti qui se veut « anti-système » et qui va donc taper sur « eux », « ils disent que », « certains pensent que ».

La second point est « le peuple est là ». Je ne savais pas que le palais des congrès de Paris pouvait accueillir jusqu’à 66 millions de personnes. Le peuple n’est pas là, il n’y a que 7000 personnes, soit 0,010 % de la population française. D’un coup, ça fait sacrément moins que « le peuple », non ?

C’est aussi une façon de dire « vous représentez le peuple », de faire croire, donc, que son public est représentatif de l’opinion publique, ce qui est évidemment faux.

Vers les 4’04, il déclare «  aux internautes je demande d’envahir les réseaux sociaux ».

Le mot important ici est envahir. Envahir peut avoir beaucoup de significations, pas nécessairement violentes. Le fait est, et vous allez le lire après, qu’il puise beaucoup de mots dans le jargon militaire, dans la bataille, on choisira donc la définition suivante pour envahir :

Entrer en nombre et par la force dans un pays, une région, s’en emparer militairement.

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve cette image et cette demande assez violente.

A 4’39, François Fillon déclare « Autour de nous beaucoup ont pensé et espèrent encore que cette primaire serait jouée d’avance ».

On retrouve encore cette opposition entre, d’un côté, le « nous » et de l’autre le « beaucoup ont», la fameuse masse indéfinie, dont on ne sait pas grand-chose. C’est encore un marqueur plutôt utilisé par l’extrême droite. Un discours politique ne s’improvisant pas, ce passage a été choisi, on peut donc imaginer que Fillon commence, avant même sa victoire à la primaire, à chasser sur les « terres » de l’extrême droite.

On retrouvera ce marqueur à 4’42 avec « ils avaient mis le rouleau compresseur en marche », puis à 4’51 avec «  mais nous sommes un peuple libre », qui vient s’opposer à ce « ils » dit juste avant.

Nous sommes sur une approche historiquement très utilisée par l’extrême droite… l’approche manichéenne du « c’est nous qu’on est les gentils et eux les méchants », sans jamais définir lesdits méchants. L’usage a dévié et quasi toute la classe politique s’en sert maintenant, extrêmes, droite, gauche…

Une phrase creuse mérite d’être soulignée, à 5’50 : « je vous fais une confidence : nous nous battons pour gagner. ».

Personnellement, j’ai rarement vu quelqu’un se battre pour perdre, et vous ? La déclaration est creuse, elle ne signifie rien, cela n’a rien d’une confidence, c’est une évidence. Toute personne se battant espère gagner.

Mais les phrases vides, ça marche bien, preuve en est, à la fin de ce passage il est applaudi par son auditoire, qui scande « on va gagner » juste après.

Arrive ensuite un long passage, le premier, jusqu’à 5’57.

Fillon attaquera assez durement Hollande, la personne, la fonction, le mandat, le bilan, bref, une bonne grosse attaque bien brutale… à l’exception de Nicolas Sarkozy, à droite, c’est peu commun. Enfin, avant, c’était peu commun. Initialement, l’attaque directe comme ça est un marqueur d’extrême droite, encore plus lorsqu’on attaque la personne derrière la fonction.

Les attaques de ce type sont généralement des marqueurs… d’extrême droite. Et ils sont présents tout le long du discours. Dès lors, il ne faut pas trop s’étonner de la montée de l’extrême droite, puisque gauche comme droite piochent dans le champ lexical de l’extrême droite.

Cela permet aussi de se faire de la publicité gratuite sur le dos d’un absent : descendre l’adversaire permet de ne pas avoir besoin de mettre en avant son propre programme. Sarkozy était expert sur ce sujet là, il démontait le programme de l’adversaire et parlait rarement du sien. Pour information, les premières traces de ses propositions apparaissent … 10 minutes plus loin. Ce qui est long.

Have a break

Je marque une première pause pour faire un focus particulier sur quelques mots plus que sur d’autres : envahir, affronter, vaincre, honneur, battre sont des mots utilisés dans le discours de François Fillon. Ces mots appartiennent à nouveau au registre de la guerre, du combat. Cela peut sembler insignifiant mais c’est loin d’être le cas. La forme laisse entendre qu’il est en guerre et forcément… avec ce registre là, martelé à chaque phrase ou presque, on transforme peu à peu les gens en soldats. Ils ne réfléchissent plus, ils adoptent une posture d’attaquant ou de défenseur d’un leader, bref une petite armée. Le champ lexical choisi transforme l’auditoire et à force d’être dit et redit, encore et encore, il finit par réellement avoir un impact très important sur les personnes ciblées. Je referme ce petit aparté.

A 6’47, on retrouve d’ailleurs ce champ lexical du combat « Nous nous battons pour redresser notre pays ».

En replaçant ce passage dans le contexte de la phrase, voici ce que cela donne : « Mais, mais la victoire n’est pas une fin en soi, nous nous battons pour redresser notre pays, et ce devoir m’apparaît si urgent, si vital, que sans compromis j’ai fait de la vérité, fût elle inconfortable, l’axe de notre sursaut collectif ».

Et François Fillon de rajouter « cette vérité la voici, l’État d’urgence est partout ».

Prenons le temps de détailler cette phrase, volontairement longue, pour ne pas laisser le loisir d’une réelle réflexion et pour tomber en accord avec l’affirmation plus facilement.

Les tournures de la phrase demandent du temps pour être comprise mais il n’en laisse pas, il enchaîne et on se dit qu’avec le mot « vérité » dedans, c’est forcément quelque chose de bien. Et si votre cerveau n’a pas eu le temps de traiter l’information, il traitera le mot vérité, qui est un mot assez fort pour marquer, donc on se dira « roh, c’est sans doute vrai oui ».

Mais en soi, que dit-il vraiment ?

« Gagner c’est bien, mais ce n’est pas assez. Nous voulons redresser le pays et c’est tellement urgent que j’ai décidé de dire la vérité afin qu’on se réveille enfin ».

D’un coup, cette phrase bien… elle ne veut plus dire grand-chose. En quoi dire la vérité va permettre de redresser le pays ? Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec le mensonge et pourtant ça ne m’aide pas à redresser quoi que ce soit…

Derrière cette phrase se cache aussi quelque chose de plus mesquin : « c’est la vérité qui nous réveillera », dit-il, pour résumer. Donc avant, le « peuple » dormait et était dans le mensonge. Lui propose d’apporter la vérité et part donc du principe que nous ne l’avons pas et que personne d’autre ne l’a. C’est une façon d’attaquer le « on » dont nous avons parlé tout à l’heure, sans le nommer.

Vers les 7’41, M. Fillon revient sur cette notion d’état d’urgence et dit que c’est « bien notre destin qui se joue, entre déclin ou sursaut ».

Cette annonce est à nouveau très manichéenne, binaire, et les propos sont assez pragmatiques. Soit nous allons sombrer, soit nous allons nous réveiller. Je vous laisse imaginer ce qu’il faut faire, selon lui, pour se réveiller. On se sent comme « enfermés » dans un monde où nous n’avons que deux options possibles. D’ailleurs, quelques instants plus tard il rajoutera « il n’y a pas d’échappatoire », histoire de bien enfoncer le clou.

François Fillon déclarera « La politique française ne se fait pas à la corbeille, s’exclamait le général de Gaulle ».

Deux choses : la première est un marqueur typiquement de droite, l’expression signifiant, en gros, que le monde de la finance ne saurait dicter sa loi à un état. Nous sommes donc dans une forme de logique libérale, donc, à droite. C’est raccord.

Deuxième point, tant de gauche de droite : la citation du général de Gaulle. Reprendre « le général », comme beaucoup aiment le dire, c’est bien. La France est attachée à son passé et cette référence parle à tout le monde : à ceux qui se souviennent de leurs cours d’histoire et à ceux qui connaissent le personnage, à la droite comme à la gauche car le gaullisme dépasse les clivages gauche / droite. Ainsi, en le citant, il tente lui aussi de dépasser ces clivages là et de rallier à sa cause beaucoup de plus de monde. Bref, citer De Gaulle, ça fait marquer des points.

Et Fillon de rajouter, à 8,40, « non mon Général », faisant ici autant référence au passage précédent qu’au jargon militaire qu’il utilise depuis le début de son discours.

Autre marqueur de droite, à 8’55, il parle de travailler plus, de dépenser moins. Là encore, c’est un marqueur de droite, c’est raccord. La droite est centrée sur la force de travail comme moteur de l’économie, travailler plus pour gagner plus… c’est de droite, on retrouve l’idée ici également.

A 9’26, Fillon déclare « l’élection présidentielle de 2017 ne peut pas être celle de la revanche. Elle ne peut pas être celle d’une alternance classique. Elle doit être le point de départ d’un peuple qui par tous ses instincts de vie se met à l’offensive et à l’action ».

Décortiquons ce passage : « L‘élection présidentielle de 2017 ne peut pas être celle de la revanche. » est à remettre en perspective avec ses attaques contre François Hollande.

Sa déclaration devient alors contradictoire, puisqu’il dit qu’il ne faut pas être revanchard mais frappe fort contre l’actuel président.

« Elle ne peut pas être celle d’une alternance classique. » est là pour vous faire croire que ce qu’il propose, ce n’est pas une alternance « gouvernement de gauche, gouvernement de droite » comme d’habitude.

Il se pose de cette façon en candidat « anti-système », encore une fois, comme tous les autres dans cette élection d’ailleurs.

Il est tellement le candidat anti-système qu’il prononce un discours de droite, avec des marqueurs traditionnels de droite, en citant des références de droite, avec un vocabulaire de droite.

Effectivement, c’est vraiment différent des autres … enfin, tant qu’il y croit lui, c’est déjà ça.

François Fillon déclare, ensuite, « Elle doit être le point de départ d’un peuple qui par tous ses instincts de vie se met à l’offensive et à l’action. ».

On retrouve « offensive », qui est dans le champ lexical du combat, brutal encore une fois. Quand à la phrase, elle est certes jolie, mais elle est assez vide.

Un élément est intéressant à analyser, aux alentours de 9’41 : « moi je ne parle de pas de réforme, j’en appelle à une transformation économique et sociale »

Une transformation économique et sociale, à l’échelle d’un pays, cela doit passer par des projets de loi, donc, ça doit passer par du changement, donc par une reforme. Donc, François, tu te fous de ma gueule.

En français et sans langue de bois, sa phrase devient : moi je ne parle pas de réforme, j’en appelle à une réforme économique et sociale » mais bon, là, c’est peut-être un peu trop gros pour ne pas se faire griller en plein foutage de gueule.

Oui, il tente de vous prendre pour des abrutis. Après avoir déclaré, peu de temps avant, « j’ai fait de la vérité, fût elle inconfortable, l’axe de notre sursaut collectif », ça passe assez mal.

Cet élément là, typiquement, c’est de la bonne grosse langue de bois, une manipulation linguistique destinée à vous faire croire qu’il fait différemment alors qu’il fait exactement la même chose.

C’est comme le passage de « pauvre » à « défavorisé », c’est un euphémisme certes, mais, avec beaucoup d’ironie, un défavorisé, ce n’est pas un pauvre ma bonne dame, non ! C’est une personne qui n’a quand-même pas eu de chance, la faute à pas de bol quoi. Alors qu’un pauvre, lui, peut trouver un coupable.

Ou le passage de réfugiés à migrant. Un migrant, on peut dire que c’est chiant, que c’est envahissant, que c’est indésirable. On peut le renvoyer chez lui parce que bordel, des migrants il y en a plein.

Essayez de dire ça d’un réfugié. Genre un réfugié politique syrien tiens. Vous allez voir, ça passe beaucoup moins bien, pourtant c’est la même chose.

C’est juste une question de langage et d’enfumage collectif donc, vous avez compris le principe, on passe à la suite.

L’autre bonne blague arrive vers 9’45, avec « je suis celui qui propose les solutions les plus cohérentes, les plus radicales ».

L’idée ici est de nous faire croire que les solutions les plus cohérentes sont les idées les plus radicales. Ce qui est absurde.

Prenons un exemple : renvoyer les réfugiés chez eux, c’est une solution radicale. Est-elle pour autant cohérente ? Non. Vous avez compris le principe je pense.

A 9’51, il déclare « Je suis celui qui s’adresse à tous les français, à leur lucidité, à leur courage. ».

Ici, la tournure de la phrase est également importante : il déclare s’adresser à tous les français, dépasser les clivages gauche / droite, on rejoint l’idée du gaullisme citée précédemment. Jusque là, ça va.

Il déclare s’adresser à tous les français donc, et à leur lucidité et leur courage. Comprenez par-là que ceux qui ne sont pas pour lui ne sont ni lucides, ni courageux. Évidemment, il est obligé de le déclarer ainsi car dire « ceux qui ne votent pas pour moi ne sont pas lucides et sont lâches », cela ne passe généralement pas très bien dans l’opinion publique.

Bref, si vous avez décidé de voter pour une autre personne, bien… vous êtes stupide, en gros.

Aux alentours des 10’10, Fillon nous offre (encore) un long passage : « Je ne fais pas de la pêche électorale et des combinaisons, moi je trace mon sillon avec mon projets », qui doit être mise en perspective avec la suite qui débute à 10’28 : « je vais vers tous les français pour les entendre », puis avec le passage à 10’31 « les agriculteurs, les médecins, les enseignants, les policiers, les artisans, les entrepreneurs et tant d’autres encore ».

Fillon n’a pas le même style de communication de Valls, dont j’ai parlé dans un billet précédent, bien qu’on retrouve des sujets similaires dans les deux discours. Il fait de longues phrases, détaillées, avec des idées qui s’étendent sur de longs passages. C’est encore le cas ici.

Il ne fait pas de la pêche électorale mais quelques instants après, il déclare s’adresser à tous les français et va jusqu’à citer certaines professions. Ce qui, techniquement, ressemble quand-même à de la pêche électorale… du coup, il déclare ne pas en fait mais il en fait. On retombe sur la construction de ses autres passages, comme celui sur la réforme. D’ailleurs, en parlant de passages longs…

10’52 : « je veux incarner l’orgueil d’une nation qui ne se laisse pas abattre. Je veux être leur porte parole dans un monde qui a besoin de la France, c’est mon combat et je viens vers vous porté par la confiance que fait naître en moi cette incroyable aventure d’un pays qui par sa bravoure, par sa culture, par son goût du progrès, a réussi à se placer parmi les 5 plus grandes puissances du monde. »

S’en suit une vague d’applaudissements.

Nous sommes dans une approche classique du discours politique ici : clairement, parler pour ne rien dire. Il dit qu’il veut être notre porte parole, comprenez notre président. Puisqu’il est en campagne, nous pouvons nous en douter.

Puis, comme depuis le début, il utilisera de grandes et longues tournures sans fin pour décrire une situation. La France est dans les cinq plus grandes puissances du monde (note personnelle et non neutre : merci au continent africain soit-dit en passant, exploité depuis des années par notre si joli pays, maintenant « indépendant », et donc les pays sont encore sous le Franc CFA… qui initialement signifiait Colonies Française d’Afrique et qui peut maintenant signifier Communauté financière d’Afrique… avouez que ça passe mieux, n’est-ce pas ? Tout est dans le langage, s’il est dit, redit, répété et martelé, il devient la réalité, mais passons…)

En résumé, sa longue – et chiante, avouons-le – phrase signifie juste qu’il trouve son inspiration dans notre histoire. Présentée ainsi on se demande bien quelle est la valeur ajoutée de ladite phrase, la réponse est assez simple : aucune.

L’analyse de la suite du discours pourrait s’avérer très intéressante, on obtient la confirmation qu’il se déclare gaulliste, on retrouve des marqueurs très de droite type  nous avons une histoire, un passé, 2000 ans d’histoire, la révolution, une belle épopée et il faut la prolonger, comprenez par là « on fait n’importe quoi maintenant, c’était mieux avant », marqueur de droite, du parti des conservateurs, du « c’était mieux avant », en historique opposition avec la gauche, considérée comme plus progressiste, plus « vous verrez ça sera pas mal après »

L’analyse pourrait continuer, donc, mais je pense que moins de 5 % des lecteurs sont arrivés jusqu’ici.

J’ai détaillé environ 11 minutes d’un discours qui en fait 63 et je ne suis que moyennement tenté d’écrire un article qui ferait passer The Blah Story, Roman en 23 volumes, pour un livre de chevet.

Comme d’habitude, n’hésitez surtout pas à partager vos avis et impressions dans les commentaires et, si vous avez une idée d’un discours à analyser, n’hésitez pas, partagez 🙂

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