Pourquoi revendre ses données personnelles est une énorme c…

Le Think-tank Génération Libre vient de publier un rapport sur les données personnelles. Dans ce dernier, particulièrement libéral, les auteurs proposent « d’instaurer une patrimonialité des données personnelles », un « droit de propriété sur les données », afin de pouvoir vendre, ou non, ses données personnelles.

Nous allons nous demander si l’idée de monétiser ses données personnelles est bonne ou pas. Spoiler : c’est une aberration.

Données personnelles, c’est-à-dire ?

Pour commencer, il est nécessaire de se demander à quoi « données personnelles » se réfère. La réponse, vous allez le voir, n’est pas si simple.

On retrouve la définition des données personnelles « réglementaire », à savoir « toute donnée qui permet directement ou indirectement d’identifier un individu ». Pêle-mêle, on parle de votre âge, votre sexe, du lieu de naissance, de votre adresse, de tout ce qui a un rapport direct ou indirect à vous.

Indirect signifie qu’il est également question des métadonnées, qui sont, pour rappel, « toutes les données qui gravitent autour du contenu principal, de la donnée » : l’heure d’envoi d’un sms, le temps passé à un endroit, la fréquence de contact avec une personne, le temps d’un appel, la destination d’un message, vos données de navigation, etc. Ces éléments permettant une identification indirecte.

Le caractère indirect des données personnelles doit nous faire prendre conscience d’une chose : certaines données « personnelles » sont davantage des données « communes », reliées à d’autres personnes que vous.

Partant de ce principe, revendre des données personnelles revient, parfois, voire souvent, à vendre aussi celles des autres. Or, vous n’êtes pas en droit de décider pour d’autres personnes, encore moins quand-il est question de revente…

Une donnée personnelle, ça vaut combien ?

C’est une question à laquelle il n’y a pas de réponse. Certains s’accordent à dire que la revente de vos données personnelles rapporterait une dizaine d’euros par ans, au mieux.

Il faut comprendre que vos données, seules, et sauf votre respect, ne sont pas intéressantes. Non pas qu’on se fiche de votre vie, mais c’est la somme des données et le croisement de ces dernières qui est intéressant, rien d’autre. Un système devient intéressant s’il est basé  sur des milliers de données, alors bon, vos données et uniquement vos données, « on s’en moque ». Pensez global et non individuel.

Définir la valeur d’une donnée personnelle est d’autant plus compliqué qu’en fonction de l’usage ou de l’instant, elle peut avoir plus ou moins de valeur : votre géolocalisation n’intéressera que très peu un acteur X, mais énormément un acteur Y.

Faudrait-il vendre deux fois ses données, à deux prix différents, à deux entreprises différentes ?

On commence à entrevoir l’énorme problème technique créé par cette idée de revente des données personnelles.

Qui dit revente, dit contractualisation de l’échange, donc acte inscrit « dans le marbre ». Or, qui rédigera le contrat ? Sera-t-il possible de le modifier ? Existera-t-il des clauses permettant de revenir en arrière et, si oui, seront-elles vraiment efficaces ? Et que faire si je ne veux plus que mes données soient utilisées ?

Il est encore possible de se demander si la cession des données personnelles à, disons, Facebook, ne vas pas aussi concerner Instagram ou WhatsApp.

Que faire si je décide de vendre mes données à Facebook mais pas à Instagram ou WhatsApp ?

Bref, un gros problème insoluble, si ce n’est en multipliant les contrats partout, en direct ou via des intermédiaires, avec les marques et les GAFA.

N’oublions pas non plus que contractualiser cette revente signifie lire des documents. La majorité des utilisateurs ne lisent pas les conditions générales d’utilisations, faute de temps et parfois, de capacité, certaines CGU étant imbuvables.

Pourquoi cela serait différent avec un contrat qui ne sera sans doute pas à notre avantage ?

Clôturons cette partie en parlant de la valeur « morale » ou « sentimentale » d’une donnée : la vie privée, l’intimité, est composée d’un ensemble de facteurs et de données personnelles.

Chaque personne accorde une importance différente aux pans ce cette intimité. Ainsi, certains ne voient pas de problèmes à exposer leurs scores dans des jeux vidéo, là où d’autres si. Certains ne voient pas de problèmes à exposer des aspects extrêmement intimes de leurs vies, là où d’autres s’y opposent fermement.

Un contrat, par définition, ne s’attache pas à la valeur qu’on donne à une donnée. Il est impensable que les GAFA (ou les autres) éditent des contrats sur-mesure, donc individuels. Un prix sera fixé par donnée, probablement arbitrairement, point.

Une boite de Pandore à ne pas|jamais ouvrir

Si ces idées de monétisation venaient à devenir la norme, la loi, alors il y a fort à parier que d’autres s’engouffreraient dans le précédent créé par ce changement.

Pour illustrer le propos, parlons un peu des assurances : le principe des assurances et la mutualisation des risques. En tant qu’assuré, vous payez une cotisation, ou prime d’assurance.

Cette cotisation vous protège financièrement des risques ou des dommages qui touchent ce qui est assuré (maison, voiture, etc.). Ce sont les cotisations qui font que vous êtes remboursé, non pas en fonction de qui vous êtes, mais en fonction du contrat auquel vous avez souscrit. Vous payez donc pour les autres, et les autres payent pour vous pour que, le jour venu, l’assurance puisse vous aider. C’est un principe de solidarité fondamental dans le monde de l’assurance.

Seulement, il y a fort à parier que les assurances seraient extrêmement intéressées par la revente des données personnelles, qui pourrait les conduire à un principe d’individualisation des assurances.

Vous pensez que c’est une bonne chose ? Détrompez-vous.

Votre hygiène de vie n’est pas exemplaire 24h/24 et l’information est transmise par votre montre connectée ? L’assureur pourrait vous faire payer plus cher. Vous vous appelez Mohamed et pas Julien ? L’assureur pourrait également vous faire payer plus cher, comme le démontre cet exemple. C’est une rupture franche de l’égalité que nous avons dans ces systèmes assurantiels.

On peut certes se dire que le principe n’est pas mauvais, puisqu’il tend à prendre « soin » de nous… mais en faisant cela, il mène aussi à une forme très violente d’autocensure, où (ne pas) faire certaines activités reviendrait à prendre des risques. Comme je l’ai dit de nombreuses fois ici, avoir quelqu’un qui vous observe constamment modifie obligatoirement votre comportement, même inconsciemment.

Ce n’est pas un problème d’argent

Enfin, et surtout, ce rapport laisse penser que l’exploitation des données personnelles n’est, au final, qu’un banal problème de rémunération des producteurs de données, à savoir nous.

L’exploitation des données personnelles, l’intrusion brutale dans les composantes de nos vies privées, n’est pas un problème d’argent. C’est un problème éthique et éminemment politique. La vision de Génération Libre est partielle, voire erronée. En ne solutionnant que l’aspect financier dans la gestion des données personnelles, on ramène l’utilisateur final, nous, à une simple question d’acceptation ou de refus de signer. Et Génération Libre de confirmer le propos en filigrane, dans son rapport :

« Mais au regard des faits actuels, est-ce que la soi-disant non patrimonialisation des données empêche une quelconque exploitation abusive de ses données ? Voyons-nous une baisse du nombre d’usurpations d’identité ? Force est de constater que non. On voit au contraire que le cyber-citoyen est désapproprié de son droit d’abusus. »

Nous sommes désappropriés de nos droits, nos données ne nous appartiennent déjà plus, fin du game ?

Exit les combats politiques, les propositions de loi, amendements, les luttes sur le terrain, les appels et les mails, les billets de blog, les personnes expertes, tout cela ne sert à rien puisque le combat est déjà perdu ?

Je ne peux être qu’en désaccord avec la vision de Génération Libre, la simple existence de ce billet exprime la force de mon désaccord.

Effectivement, le contrôle de nos données personnelles est de plus en plus difficile, les menaces qui pèsent sur notre intimité sont de plus en plus nombreuses et il n’y a pas une semaine sans une nouvelle découverte d’un abus, d’un problème ou d’une faille relative à nos données personnelles. Pour autant, quitte à marteler, la réponse à cela n’est pas, et ne peut pas être, purement et simplement financière.

Je vous invite à lire, et à partager, l’excellent billet « Revendre ses données « personnelles », la fausse bonne idée », de Mais où va le WEB. Son analyse est détaillée, avec des sources et elle est bien plus neutre que la mienne, bien que nos points de vue se rejoignent.

Je vous invite également à lire le tout aussi excellent article d’Olivier Ertzscheid, sur son blog : Faut pas prendre les usagers des GAFAM pour des Datas sauvages.

Et vous, vous en pensez quoi ?

PS : le rapport est téléchargeable… en échange d’une adresse mail. A qui j’envoie la facture ?

10 réflexions au sujet de « Pourquoi revendre ses données personnelles est une énorme c… »

  1. Moi, personnellement je ne pense pas un jour vendre mes données personnelles.
    Mais si certains veulent les vendre. Pourquoi pas. Comme je sais qu’il y a énormément de personnes qui ne sont pas prêt à les vendre je ne pense pas que donner la possibilité à certaines personnes de les vendre empiéterait sur ma liberté de ne pas les vendre.

    « Le caractère indirect des données personnelles doit nous faire prendre conscience d’une chose : certaines données « personnelles » sont davantage des données « communes », reliées à d’autres personnes que vous.

    Partant de ce principe, revendre des données personnelles revient, parfois, voire souvent, à vendre aussi celles des autres. Or, vous n’êtes pas en droit de décider pour d’autres personnes, encore moins quand-il est question de revente… »

    Cette démonstration est fausse. Si on prend l’exemple de Facebook. Si une personne décide d’accépter de vendre ses données personnelles dont les relations « amis ». Si un de ces amis refuse de vendre ses données, Facebook ne pourra utiliser cette relation.

    « C’est une question à laquelle il n’y a pas de réponse. Certains s’accordent à dire que la revente de vos données personnelles rapporterait une dizaine d’euros par ans, au mieux. »
    Je suis vraiment pas sûr du chiffre. Des données réelles et à jour tel que le nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, et age se vendent assez cher à l’unité. Si vous multiplié ces données par le nombre de sociétés à laquelle vous les vendez, plus toutes les autres associées, ça peut rapporter beaucoup plus par an.

    « Il faut comprendre que vos données, seules, et sauf votre respect, ne sont pas intéressantes » C’est faut. Certaines sociétés en achètent déjà, même si c’est sur que les métadonnées rattachées à ces données ont plus de valeur.

    « Faudrait-il vendre deux fois ses données, à deux prix différents, à deux entreprises différentes ?

    On commence à entrevoir l’énorme problème technique créé par cette idée de revente des données personnelles. »
    Je vois pas trop la différence avec le droit à l’image ? Et c’est la même logique que pour ceux qui produisent du contenu et qui le revende et/ou le partage. C’est pas forcément à la portée de tous, mais ce n’est pas nom plus techniquement impossible. Charge à celui qui veut le faire de prendre ces dispositions.

    « Bref, un gros problème insoluble, si ce n’est en multipliant les contrats partout, en direct ou via des intermédiaires, avec les marques et les GAFA.
    N’oublions pas non plus que contractualiser cette revente signifie lire des documents. La majorité des utilisateurs ne lisent pas les conditions générales d’utilisations, faute de temps et parfois, de capacité, certaines CGU étant imbuvables. »
    Bin non pas du tout. C.F droit à l’image.
    Tous les contrats que tout le monde signe pour utiliser les GAFA disposent déjà de ces termes dans les contrats. Y rajouter une valeur ne changera pas grand chose.

    « Une boite de Pandore à ne pas|jamais ouvrir »
    Dans ce paragraphe vous vous trompez aussi. Les assurances disposent déjà de nos données personnelles. Mais elles sont aussi déjà encadrées pour savoir ce qu’elles peuvent utiliser à des fins de gestion des comptes et des prix qu’elles fixent. Ce qui ne les empêche cependant pas d’utiliser des donneés personnelles à d’autres fins et même de les revendre. Donc c’est déjà le cas aujourd’hui. Donc je ne pense pas que cet argumentaire tienne la route.

    « Ce n’est pas un problème d’argent »
    Je suis d’accord en partie sur ce paragraphe (vu que je ne suis pas prêt à vendre les miennes). Cependant, ce n’est pas parce que des individus seraient prêt à vendre leurs données personnelles, comme le font d’ailleurs en toute légalité beaucoup d’entreprises aujourd’hui (sont Laposte par exemple), que cela empêche le combat sur l’utilisation et la conservation de nos données personnelles.

    1. Bonjour et merci pour ce riche commentaire 🙂

      Je vais reprendre point par point les éléments exposés :
      « Mais si certains veulent les vendre. Pourquoi pas. Comme je sais qu’il y a énormément de personnes qui ne sont pas prêt à les vendre je ne pense pas que donner la possibilité à certaines personnes de les vendre empiéterait sur ma liberté de ne pas les vendre. »

      Si c’était un accord facultatif et individuel, ma foi, pourquoi pas (même si je trouve que c’est mettre ses pieds dans un environnement qui devient difficile à gérer). La problématique ici est globale et non individuelle, que faire si ce principe est inscrit dans la loi, auxquelles il est nécessaire de se conforter ?

      Pour votre premier point : Cette démonstration est fausse. Si on prend l’exemple de Facebook. Si une personne décide d’accepter de vendre ses données personnelles dont les relations « amis ». Si un de ces amis refuse de vendre ses données, Facebook ne pourra utiliser cette relation.

      Sans parler de l’aspect financier des données, le fait qu’on considère des interactions et des liens (la liste d’amis dans l’exemple) comme des données à caractère personnel, c’est un problème : ce ne sont pas des données qui vous concernent exclusivement, et d’autres personnes que moi tendent à penser qu’il serait judicieux de parler de données communes, ou données reliées. Je ne parle pas encore de l’usage de la donnée mais de la propriété : si la donnée est vendue à Facebook, Facebook détient pour une durée indéterminée le fait que Pierre est ami avec Paul. Et Ni l’un ni l’autre ne disposeront de recours, les données ayant été vendues.

      Pour l’aspect contractuel enfin, Facebook ne va pas aller demander à l’ami de Pierre s’il accepte la revente des donnée du principal intéressé, ni au xx(x) amis du contractant. Les GAFA ne vont pas se plier à ce jeu, cela serait une « usine à gaz » en termes de gestion, c’est juste impensable. Facebook n’ira pas non plus dans le détail de la vente d’un lien entre une personne X et Y, ce qui me ramène au propos initial : céder ses droits sur sa liste d’amis (en considérant que cela arrive, évidemment) revient à décider pour une autre personne, et Facebook se fera une joie de déclarer le contractant responsable de la vente, car il avait à s’assurer de l’accord des amis en amont.

      Votre second point (sur le prix des données personnelles) : Je suis vraiment pas sûr du chiffre. Des données réelles et à jour tel que le nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, et age se vendent assez cher à l’unité. Si vous multiplié ces données par le nombre de sociétés à laquelle vous les vendez, plus toutes les autres associées, ça peut rapporter beaucoup plus par an.

      Je maintiens. Je ne connais pas vos activités, cependant, les mienne m’ont menées à devoir connaître ces prix là, en moyenne, un profil intégralement qualifié, sur un bon tarif, tourne aux alentours de 15€. Votre nom et prénom n’ont clairement pas de valeur dans une base en revente. Votre profession en a davantage plus, et pour l’anecdote, le fait que l’on sache que vous soyez une femme, enceinte, vaut plus cher que le reste. Et je souligne une dernière fois : généralement, les données qui ont le moins de valeur sont justement le nom et le prénom. Parce que ce que je déclare ne repose que sur mes constatation durant 12 années de travail, je vous invite à consulter les travaux de l’Essec ou d’Antonio Casilli sur le sujet, voire les sujets traités chez BNP Paris Bas ou chez les analyses des data brokers.

      Votre troisième point : « Il faut comprendre que vos données, seules, et sauf votre respect, ne sont pas intéressantes » C’est faut. Certaines sociétés en achètent déjà, même si c’est sur que les métadonnées rattachées à ces données ont plus de valeur.

      Je vous retourne votre remarque : vos propos sont hors sujet. Je parle des données individuelles, pas des données et des métadonnées. Vos données à vous et à vos seul, qu’elles soient données ou métadonnées, ne sont pas intéressantes. Pas plus que les miennes ou que celles de chaque individu pris individuellement. C’est la somme de ces données, le fait d’avoir des milliers de données, qui intéresse les entreprises. Pour établir des statistiques, faire du prédictif, pour le marketing ou bien d’autres secteurs, c’est le collectif qui est intéressant, et pas l’individuel. Si vous êtes revendeur de données et que vous arrivez avec une base de 100 utilisateurs qualifiés, vous ne ferez pas le poids face à une base de 1 000 000 d’utilisateurs, même si elle est moins qualifiée.

      Votre point suivant : Je vois pas trop la différence avec le droit à l’image ? Et c’est la même logique que pour ceux qui produisent du contenu et qui le revende et/ou le partage. C’est pas forcément à la portée de tous, mais ce n’est pas nom plus techniquement impossible. Charge à celui qui veut le faire de prendre ces dispositions.

      Oui, mais non. Le droit à l’image s’applique dans un cadre précis, sur un type de donnée défini, dans un temps défini (une photo, pour telles finalités, sur tant de temps) et il est possible d’opposer ce droit à l’image, ce n’est pas un contrat. Je ne vous ferai pas le détail complet entre un contrat et une cession de droit à l’image, ma réponse va déjà être bien longue. Simplement : le droit à l’image, c’est une donnée, uniquement une donnée, pas une métadonnée, pas d’autres métadonnées. Les deux exemples ne sont en aucun point similaires.

      Votre point suivant : Tous les contrats que tout le monde signe pour utiliser les GAFA disposent déjà de ces termes dans les contrats. Y rajouter une valeur ne changera pas grand chose.

      Faux. Vous ne signez pas de contrat : vous lisez et acceptez des conditions générales d’utilisation, qui, si elles s’apparentent à un contrat, n’en sont tout de même pas. J’attire votre attention sur le fait que, ces fameuses CGU, personne ne les lis en entier, c’est pour cela que des services comme ToS;Dr existent d’ailleurs. Ces GCU ne sont clairement pas en votre faveur, il est possible de prendre l’exemple des GAFA : certains termes des conditions peuvent changer sans que l’utilisateur n’en soit averti (« xxx se réserve le droit de modifier, à tout moment, tout ou une partie des présentes conditions générales », pour l’exemple). Facebook & Co ne feront pas d’avenants aux contrats en cas de modification, cela serait trop compliqué et ingérable, ils doivent donc avoir un contrat qui sera très, très large.

      Votre point suivant : dans ce paragraphe vous vous trompez aussi. Les assurances disposent déjà de nos données personnelles. Mais elles sont aussi déjà encadrées pour savoir ce qu’elles peuvent utiliser à des fins de gestion des comptes et des prix qu’elles fixent. Ce qui ne les empêche cependant pas d’utiliser des donneés personnelles à d’autres fins et même de les revendre. Donc c’est déjà le cas aujourd’hui. Donc je ne pense pas que cet argumentaire tienne la route.

      Bien, je n’apprécie pas l’affirmation systématique constituant à dire que je suis dans l’erreur, mais je me permets de vous la renvoyer une seconde fois. Je vous invite à vous renseigner sur les pratiques de certaines assurances, AXA par exemple, ou d’autres, le choix est large. Ces assurances proposent des offres avec application de tarifs personnalisés, en fonction de vos activités, via des objets connectés type bracelet FitBit, ou des boitiers connectés aux voitures. La CNIL s’est d’ailleurs penchée sur le sujet pendant un temps. Si le code des assurances & Co. est relativement strict (heureusement), on voit, depuis 2013-2014, des offres apparaître, ça et là, offres qui se basent sur vos données personnelles, l’exemple d’AXA et du FitBit ne sont pas donnés au hasard, renseignez-vous. La seule chose qui retient les assurances de ne pas généraliser le système, c’est justement le cadre réglementaire, qui empêche, dans une moindre mesure, ces pratiques. Votre compagnie d’assurance dispose de données vous concernant, oui, mais vous n’avez pas idée, je crois, à la lecture de vos propos, de l’ensemble colossal qu’elles pourraient récupérer (activités sportives, repas, rythme cardiaque, déplacements, interactions sociales et j’en passe). De la même façon que dans l’ensemble du commentaire, je vous invite à vous documenter sur le sujet, une recherche sur votre moteur préféré devrait déjà grandement vous éclairer.

      dernier point : les entreprises qui vendent des données personnelles sont tout de même contraintes de respecter un certain cadre légal, qui plus est, elles indiquent dans leurs CGU qu’elles revendent leurs données, et vous l’acceptez, puisque vous acceptez les conditions générales, n’est-ce pas ?

      Globalement, je vous invite à réfléchir en plus de dimensions : collectivement et d’un point de vue réglementaire, loi, si vous préférez. Si une telle loi passe, se battre contre l’utilisation et la conversation de nos données personnelles sera bien plus complexe, voire vain, il suffira de répondre aux opposants « mais, il a signé le contrat, il nous vendu ses données, elles sont à nous » (et soyez-en malheureusement sûr : ledit contrat ne sera pas lu et sera imbuvable, comme les actuelles CGU peuvent l’être). Vos exemples ne tiennent pas, ou difficilement, et lorsqu’ils sont appliqués au collectif et non à une vision individuelle, ils tiennent encore moins. Sans critique aucune ni mépris, pensez collectif, car la loi, c’est la loi, elle s’applique à tout le monde.

  2. Merci pour votre réponse très complète également. Je vais tenté de répondre point (en essayant de pas trop faire de longueur)

     » La problématique ici est globale et non individuelle, que faire si ce principe est inscrit dans la loi, auxquelles il est nécessaire de se conforter ? »
    Inscrire dans la loi qu’une personne a le droit de vendre ces données personnelles n’oblige pas tout le monde à les vendre ? Parallèle avec le droit à l’image : on peut vendre son image, la protégé, ou la céder.

    « si la donnée est vendue à Facebook, Facebook détient pour une durée indéterminée le fait que Pierre est ami avec Paul. Et Ni l’un ni l’autre ne disposeront de recours, les données ayant été vendues. »
    Aujourd’hui Facebook détient déjà ces données. Proposer un contrat qui définit un cadre précis en lieu et place des CGU d’aujourd’hui et pour moi un plus. que les données soient vendues ou non.

    « Facebook & Co ne feront pas d’avenants aux contrats en cas de modification, cela serait trop compliqué et ingérable, ils doivent donc avoir un contrat qui sera très, très large. »
    Çà c’est le problème de Facebook et compagnie, ce n’est pas le notre. Pour moi ce type d’initiative permet de prendre conscience que l’on peut inverser la tendance : CGU imposés vs Contrat choisi (données vendues ou non).

    « un profil intégralement qualifié, sur un bon tarif, tourne aux alentours de 15€. »
    Donc si c’est multiplié par le nombre de société à laquelle la personne vend les données, elle gagnera plus que quelques dizaines d’euros par an. non ?

    « Bien, je n’apprécie pas l’affirmation systématique constituant à dire que je suis dans l’erreur, mais je me permets de vous la renvoyer une seconde fois. Je vous invite à vous renseigner sur les pratiques de certaines assurances, AXA par exemple… »
    Je suis au courant de ces pratiques. Je ne connais pas les textes de loi en détail, mais je sais qu’ils tendent à nous protégé de ces abus.
    Mais ce que je veux dire encore une fois c’est que cette situation existe déjà. Et rien ne permet d’affirmer que prendre le contrôle de nos données (remplacer les CGU par un contrat) remettrait en cause la situation actuelle.

    Pour le dernier point on est d’accord, mais c’est la même problèmatique que le droit à l’image. C’est pas parce que Mme Michu a décider de vendre ses données à Facebook que ça m’oblige à vendre les miennes.

    Je pense que vous avez trop d’à priori sur la question. Vous devriez prendre un peu de recul par rapport à ce think tank de droite et voir en quoi cette aspect libéral permettrait de faire prendre conscience à beaucoup de monde que l’on peut renverser la tendance concernant l’utilisation, la gestion et l’appropriation des données personnelles. Je suis plutôt d’extrême gauche avec une tendance libéral (au niveau des mœurs seulement). Je ne pense pas non plus que monétiser les données personnelles, soit une bonne idée. Pourtant cette « idée à la con » permet à mon point de vue l’inversion des rôles entre Gafa et les individus.

  3. L’axiome de base de l’argumentaire de Génération libre c’est tout seul je vaut (au sens littéral) plus que comme élément d’un groupe, qu’un contrat individuel a plus de force qu’un contrat collectif.

    Cela au contraire renforcerait les GAFA

  4. L’axiome de base de l’argumentaire de Génération libre c’est tout seul je vaut (au sens littéral) plus que comme élément d’un groupe, qu’un contrat individuel a plus de force qu’un contrat collectif.

    Cela au contraire renforcerait les GAFA.

  5. heu … je vaux ? plus c’est moderne, plus je fais de fautes. Quoique je préfère çà aux fautes de raisonnement de certains qui se donnent le droit de penser pour les autres…

    Et puis chaque fois que j’entends parler d’un « think tank » j’ai l’image d’un vieux sketche de « nulle part ailleurs » : « la boite à cons ».

  6. Le fait de pouvoir revendre tes données, ouvre aussi la possibilité de les réglementer, voir de les contrôler. Tu cites l’exemple de l’assurance, mais ton exemple est totalement décalé, du simple fait que cela se passe en Angleterre : législation différente, monétisation de tes données différente, et surtout, culture web à l’opposé de la notre ..
    Par ailleurs tu sembles croire, qu’une entreprise qui exploite tes données est forcément mauvaise .. perso soit tu es parano, soit tu n’as jamais bossé dans le web. Si on reprend ton exemple en assurance, c’est justement grâce à l’exploitation de tes données que le consommateur moyen va pouvoir espérer baisser ses cotisations, tout en restant couvert, puisque comme tu l’as si bien fais remarquer l’assurance repose sur la mutualisation des risques pour les assurés.

    Enfin bref, je suis « tombé » sur ton article et franchement .. je comprends toujours pas que google fasse remonter ce genre de m–de ..

    Tchous!

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