Chiffrez qu’on vous dit, bordel.



Ou l’histoire insolite d’une personne considérée comme dangereuse à cause d’une mauvaise traduction de SMS.

Dans ce billet, j’ai découvert une histoire un peu insolite.

Pour celles et ceux qui ont la flemme de lire le court article, petit résumé :

Un homme était accusé par la police de Copenhague de trainer dans, ou près, d’une organisation terroriste. Un SMS intercepté par les forces de l’ordre fait état d’une demande de réunion dans le but de financer le parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme organisation terroriste par les États-Unis.

La police a utilisé Google translate pour traduire le message, ce dernier était en turc et c’est là que se situe l’erreur : la traduction Google était erronée et l’innocent s’est retrouvé coupable.

Arrêtez d’avoir la flemme et allez lire le billet car ce que je souhaite aborder, c’est l’envers du décor de tout ceci :

Il faut se poser les bonnes questions et la première qui me vient en tête est la suivante : cette personne était-elle déjà observée par la police ?

Si oui, cela pourrait expliquer l’interception de messages mais, si ce n’est pas le cas, comment ce SMS a pu se retrouver dans les mains de la police ?

Tout ceci n’est que supposition mais il n’est pas inconcevable le SMS ait été intercepté car il contenait des mots particuliers ou une suite de mots qui, dans l’ordre, déclenchent une alerte sur un serveur quelconque.

Cette histoire me fait penser à celle d’un homme arrêté pour avoir blagué, de mémoire, sur un train qui allait sauter. Le message a également été intercepté et la personne arrêtée.

Cette réflexion m’amène à revenir sur un point déjà abordé ici et dans bien d’autres lieux, physiques comme numériques : la protection de la vie privée.

Afin d’éviter que des yeux indiscrets se posent sur des messages qui ne leur sont pas destinés, il existe des applications, la plupart fonctionnent sous un grand nombre de systèmes, de Windows à Apple en passant, évidemment, par un système GNU/Linux :

GNU PG (GPG) est un système permettant le chiffrement de vos communications, il est possible de le gérer via un client de messagerie comme Thunderbird par exemple, ce dernier s’installant sans problème sous Windows, pas d’excuses d’incompatibilités.

Pour chiffrer vos sms, il existe également une application selon votre système. Sous Android par exemple, TextSecure répondra à vos attentes, une application similaire existe pour l’Iphone mais je ne parle pas de ce que je n’ai pas pu essayer, quand à Windows Phone, je n’ai pas cherché à savoir si une application existait.

Je vois certains d’entre vous arriver : « oui, mais si on utilise ces applications, alors c’est qu’on à quelque chose a cacher. »

Ma réponse sera simple : lorsque vous envoyez un courrier postal, vous aimez qu’on l’ouvre à votre insu pour vérifier ce qu’il contient ? J’imagine que non, il en va de même pour un mail, ou un SMS.

D’autres répondront sans doute que ces outils sont utilisés par des terroristes, à ces derniers je répondrai qu’Einstein n’a jamais voulu que l’aboutissement de travaux de recherche fassent naitre une arme de destruction massive.

Bref, une invention n’est pas bonne ou mauvaise. C’est l’utilisation que l’Homme en fait qui l’est : on peut chiffrer ses messages pour avoir un peu de vie privée ou alors chiffrer pour planifier une attaque terroriste, oui.

Voilà, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas essayer.

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Un commentaire to “Chiffrez qu’on vous dit, bordel.”

  1. avatar

    Bonjour Numendil,

    Je suis tout a fait d’accord avec toi, lorsque tu dit qu’il faut protéger ses données personnelles.

    J’utilise depuis quelques temps déjà textsecure, mais peu de mes contacts ont accepter de l’utilisé (pour ne pas dire quasiment personne), ce qui annule toute tentative de protection des messages SMS…

    J’espère que ton billet incitera plus de personne à se préoccupé de la sécurité de leur vie privé.

    J’ai lu la phrase suivante (mais je ne sais plus qui est l’auteur) : « Ceux qui accepte de perdre une part de leur liberté au profit de la sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre et finiront par perdre les deux. »