Je ne suis pas un voleur.



Ce billet fait suite à un long débat (si on peut l’appeler débat), démarré d’une part par une chanson des rois de la Suède et, ensuite, par Alexandre Astier (le roi Arthur dans Kaamelott).

Je vous invite à passer sur la « Timeline » (le fil conducteur de Twitter) du sieur Astier, vous pourrez croiser des choses dans ce genre :

https://twitter.com/#!/sgtpembry/status/175503175846084609

https://twitter.com/#!/sgtpembry/status/175362048195170304

https://twitter.com/#!/sgtpembry/status/175517218476527616

Vous auriez pu également croiser des tweets qui parlent de vol et de baguette de pain (je le sais, puisque j’ai eu une réponse de M. Astier lorque je lui ai dit que ses arguments étaient pourris) :

https://twitter.com/#!/sgtpembry/statuses/175963282178441217

Alors, parce que parfois Twitter, c’est trop court pour s’expliquer, j’en fais un billet qui va remettre en place deux ou trois choses, donner ma vision sur deux trois autres points et, potentiellement, être un peu trollesque.

Dans un premier temps (et M. Astier, c’est pour toi également), il convient de revenir sur un point qu’on rabache depuis déjà des années mais qui ne semble pas rentrer dans le crâne des gens :

Le téléchargement, ce n’est pas du vol.

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la loi. Elle fait la différence entre le vol (article 311-1 du code pénal) et la contrefaçon (article L335-3 du code de la propriété intellectuelle).

Donc, ne serait-ce que dans un contexte légal et juridique, le téléchargement ce n’est pas du vol. M. Astier, retiens-le, ça fait déjà cinq ans qu’on s’efforce d’expliquer ce point pour répondre à cet argument stupide qui consiste à dire que le téléchargement, c’est du vol. Bisous.

Dans un second temps, je parle rapidement de la fameuse « baguette de pain ».

Pour ceux qui n’ont encore jamais croisé cet argument, il consiste à dire que télécharger, c’est comme voler une baguette de pain.

Mr Astier, vous êtes (je pense) loin d’être stupide mais cet argument, vraiment, il aurait fallu éviter. D’une part parce que ça fait 30 000 fois qu’on le dit : le téléchargement ce n’est pas du vol, d’autre part, parce que cet argument a été sorti, re sorti, re re sorti, re re re… et qu’au final, c’est se tirer une méchante balle dans le pied que d’oser s’en servir.

Pour être exact, il faudrait d’ailleurs dire : qu’une personne rentre dans la boulangerie, utilise les outils du boulanger pour fabriquer la même baguette de pain (copie conforme, attention).

Le téléchargement, et le numérique de façon générale, sont l’exact opposé de l’économie matérielle et la copie est une très bonne représentation de ce fonctionnement :

  • Dans la vie physique, si je soustrais le bien, un bien à quelqu’un, c’est du vol. L’utilisateur ne dispose plus du produit et il ne peut plus s’en servir ou en tirer profit.
  • Dans la vie numérique, la copie duplique un fichier, c’est à dire qu’à la fin, l’utilisateur possède toujours l’original, peut toujours s’en servir ou le vendre, simplement, une personne dispose d’une copie du dit fichier. C’est ce que l’on appelle l’économie de l’abondance. Elle échappe encore à pas mal de monde, surtout aux majors, qui refusent de s’adapter à ce nouveau système qu’ils ne comprennent pas, ni ne contrôlent.

Je vais vous dire un truc. La théorie de l’évolution de Darwin s’applique également à Internet. Si on ne s’adapte pas, on meurt. C’est brutal mais c’est vrai, que vous le vouliez ou non (il suffit d’observer le cas de MySpace pour s’en rendre compte).

Nous traversons une période relativement houleuse en ce moment, la HADOPI d’un côté, une volontée de criminalisation des échanges non marchands de l’autre, ce n’est pas franchement la fête… et le pire c’est que cela s’est déjà produit, il y a des siècles.

A l’époque, il était question de la reproduction d’écrits, de livres. Ce savoir appartenait aux moines copistes du corps religieux, détenteurs du savoir. Ils recopiaient sans cesse des livres… puis l’imprimerie est arrivée et ce fût la catastrophe, l’apocalypse même.

Les moines copistes se sont opposés à l’ère de l’imprimerie car il devenait facile de recopier des livres, encore et encore, ceci dans le but de diffuser rapidement et massivement le savoir contenu dans ces écrits. Les moines copistes ont refusé cette évolution et, par ce choix, se sont mis au placard seuls avant de disparaitre.

L’évolution est une chose qui ne peut-être arrêtée, on peut mettre du temps pour s’y adapter mais qu’on la refuse ou non, personne ne peut la stopper. Internet est une évolution aussi importante que l’imprimerie, si ce n’est plus.

Alors bien sur, penser que toute la culture doit être gratuite, c’est une utopie. Il faut que les artistes puissent vivre, manger, que le personnel soit rémunéré et le matériel qui sert à faire un film ou une musique payé. Pour autant, criminaliser l’échange non marchand, c’est tout aussi stupide :

  • Un téléchargement ne signifie pas une vente en moins, bien au contraire. De nombreuses personnes n’achèteraient pas si elles ne pouvaient pas télécharger.
  • Le téléchargement non marchand est, par nature… non marchand. Personne ne se fait de bénéfice, tout est partagé dans le but de diffuser la culture.
  • Le téléchargement est, parfois, la seule possibilité pour accéder à des contenus.

Un téléchargement ne signifie pas une vente en moins : à l’heure actuelle, il n’existe aucune étude démontrant que le téléchargement illégal génère un manque à gagner pour l’industrie de la culture. La HADOPI constate dans un rapport (http://www.hadopi.fr/actualites/agenda/presentation-de-l-etude-hadopi-a-cannes-lors-du-midem-23-janvier-2011.html (page 45 de la version longue)) que même ceux qui déclarent téléchargent illégalement déclarent acheter, un poil plus que les autres.

Une autre étude, réalisée en 2010 par l’Université de Rennes 1, (http://www.marsouin.org/IMG/pdf/NoteHadopix.pdf ) explique que ceux qui téléchargent sont ceux qui achètent, en disant la chose suivante :

Enfin, les « pirates numériques » se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur Internet). Couper la connexion Internet des utilisateurs de réseau Peer-to-Peer pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques.

Des exemples : Le plus gros succès de l’année 2011, à savoir Avatar, à également été le film le plus téléchargé. Nous pouvons également citer « Bienvenue chez les ch’tis », énorme succès et pourtant, nombre énorme de téléchargements. Pour 2012, nous pouvons citer Intouchables qui a fait un carton au box office et qui, pourtant, a été énormément téléchargé.

Je télécharge parce que je suis curieux, parce que j’ai envie de découvrir, parce que moi aussi j’ai le droit d’accéder à la culture, même si je n’en ai pas toujours les moyens.

Lorsque j’apprécie ce que j’ai téléchargé et que j’ai les moyens de me le payer, je n’hésite pas à le faire, mais c’est rarement le cas. Le téléchargement m’a fait découvrir plein de choses, de beaux films ou d’excellents artistes et leurs albums, que j’ai acheté par la suite.

Qu’on se le dise, en ce qui concerne la musique, je n’achète pas du commercial. De plus en plus, les majors nous vendent du son et pas de la musique, les paroles ne sont pas recherchées, le clip non plus, la musique à la même saveur que toutes les autres : elle est fade.

Exemple personnel : j’ai découvert récemment « The Petebox », c’est un jeune artiste anglais qui fait un travail exceptionnel et qui s’implique vraiment dans son travail, c’est beau à voir et à entendre, j’ai téléchargé ses musiques et il est clair que j’achète l’album dès qu’il sort. Son album est d’ailleurs à 15 £ (soit 18 €) pour la version CD avec la version numérique jointe.

Le prix est d’ailleurs un autre problème : comment peut-on aller voir un film lorsque la séance coûte 13 € (ce qui est le cas dans ma ville), comment peut-on acheter un album qui en coûte 25 ou une musique qui coute 1 € alors que c’est un fichier numérique.

Prenons une famille qui veut aller au cinéma, les parents et deux enfants (ou trois), vous calculez, avec une séance à 13€, ça fait minimum 52€. Autant attendre que le DVD sorte, mais celui-ci ne sort pas directement, chronologie des médias oblige.

Que faire alors ? Attendre là et se priver d’accès au film ou manger du pain et de l’eau tout le mois pour aller voir un film ? Le téléchargement sert aussi dans ces cas-là car c’est un moyen d’accéder à quelque chose que l’on a pas forcément les moyens de se payer.

Dans le cas « Astier », je peux également parler de Kaamelott : pour le regarder, il faut avoir la télévision (donc payer une redevance), ce que beaucoup n’ont pas ou plus les moyens de se payer. Solution : passer par son FAI pour avoir la télévision… sauf que sans petit écran, certaines chaines ne sont pas disponibles et M6 en fait partie.

Ici, pas de solutions (si ce n’est le site http://www.kaamelott.info/ ) mais qu’en est-il pour les autres programmes indisponibles ?

D’ailleurs, il n’y a pas que ça, comme programme indisponible, nous pouvons également parler de l’offre légale qui n’a quasiment pas évoluée et qui propose encore un catalogue bien léger. Il n’est pas rare de chercher de la musique sur un site qui n’est pas en France et donc, de l’importer. Personnellement, je télécharge avant d’acheter, parce que l’import coûte cher.

Dernier point, qui me semble important. De plus en plus, certains artistes s’opposent à leur public. Puisque l’on parle d’industrie de la culture, il faut voir la chose sous un angle économique : une industrie qui tape sur ses clients les perdra, ils iront ailleurs.

Les récentes altercations entre clients-consommateurs et artistes ne sont bénéfiques à personne, surtout pas aux artistes et il serait temps de leur rappeller que nous ne sommes pas des ennemis et encore moins la cause de leur prétendu manque à gagner (prétendu, en l’absence de preuves entre téléchargement et baisse des ventes).

Le fait est qu’un ensemble de groupes, les fameuses majors, sont posées sur un énorme tas d’or depuis des années, et, bousculées par Internet qui vient changer nos pratiques de consommation, elles se sentent menacées, elles et leur énorme tas d’or.

Ces dernières refusent cependant de bouger, de s’adapter et elle en arrivent même à criminaliser le téléchargement.

Criminaliser le téléchargement, c’est osé tout de même. Télécharger ne tue pas, un pirate (mot mal utilisé, qui sert ici à définir une personne qui télécharge) ne tue pas, il découvre, il partage et surtout, il s’adapte aux outils qui lui sont offerts.

Darwin le disait dans sa théorie de l’évolution… « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. »

L’évolution continuera donc, avec ou sans les majors.

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38 commentaires to “Je ne suis pas un voleur.”

  1. avatar

    Tu penserais donc que si chaque artiste proposait sur son site d’acheter ses albums au format numérique, et pas blindé de DRM, pour 5-10€ disons; tu serais partant ?

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      sincèrement : oui. J’aime les artistes et ce qu’ils font, pas les intermédiaires qui font que clients et artistes sont en train de se taper dessus.

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      Je dirais que Radiohead à dit au gens l’album
      et en téléchargement libre ensuite donner ce que vous voulez, tu peu très laissez ton album ne libre service et te rattraper sur les concerts et le merchandising pour peu que tu bosse à coté c’est tout à fait possible de vivre plus que décemment surtout si t’autoproduit.

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        Faut pas craquer non plus, c’est les grands groupes qui ont les moyens de s’autoproduire et de gagner suffisamment en concert et grâce à la vente de TShirt et Mugs pendant les concerts.

        Je suis d’accord pour payer (je le fais régulièrement), mais il faut que ce soit numérisé, en FLAC minimum, sans DRM, avec l’artwork complet, que je puisse le télécharger de manière illimitée sur le site ou j’ai acheté. L’ancien modèle économique est pourri, et a fait son temps, vivement que les majors le comprennent.

  2. avatar

    Radiohead on mis leur album en indé sur le net, on pouvait le dl en payant la somme que l’on voulait, gratuitement si on voulait.
    Résultat des courses les gens ont payé 8e en moyenne et ils se sont fait beaucoup plus d’argent qu’en passant par des majors.

    Nuff said.

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      Radiohead s’est lancé dans l’expérience et cela leur réussit bien (et c’est tant mieux pour eux)

      Preuve, s’il en fallait, que ça peut fonctionner.

  3. avatar

    L’un des problèmes, c’est que vous analysez les choses dans leur globalité. Ok, les pirates achètent pas mal des œuvres qu’ils ont auparavant téléchargé, mais qu’advient-il de l’artiste dont vous n’avez pas aimez le produit ? Ne trouvez-vous pas normal qu’il mérite tout autant d’être payant pour quelque chose qu’il a mis en vente et que vous avez tout de même consommé ?

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      Le fait est que l’artiste que j’ai téléchargé, si je ne l’avais pas téléchargé, je n’aurais pas acheté, ne sachant pas si c’était bien ou non, et si cela ne me plait pas, je n’achète pas.

      Donc, au final, il ne gagne ni ne perd de vente.

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        Si, il perd ce que t’as consommé, même si tu n’a pas aimé…

        • avatar

          Il perd quelque chose qui était disponible sur la toile sans qu’il ait payé pour que cela y soit, s’il avait perdu, il aurait fallu qu’il paye pour que ça y soit, que je visionne et que je n’aime pas.

          Là, ça n’aurait pas été sur le net, je n’aurais pas testé avant, j’aurais pas acheté pour tester.

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      « qu’advient-il de l’artiste dont vous n’avez pas aimé le produit ? »
      =
      Je me suis fait enfuler de 15€ à la FNAC. Non merci.

  4. avatar
    Dédé le clodo Répondre 03/03/2012 at 23:46

    Voila un billet qui explique exactement ma façon de penser ! Je ne suis pas dans l’optique du « tout gratuit », je souhaite juste la culture au prix juste et acceptable! Pour la soirée cinéma dont tu parle tu as compter 52€ avec une petite famille , un petit repas « tranquilou » et tu t’en sors pour 80€ facilement soit 1 journée de taf pour un citoyen (minable, je sais j’ai raté ma life :p) comme moi !

    • avatar

      Non, tu sais, je suis dans la même problématique, à la différence que je n’ai « que » 13€ à débourser, mais même pour 13€ c’est compliqué chez moi.

    • avatar

      Cher Dédé le clodo !

      Je m’associe à ton désespoir, je sais ce que tu vis, moi aussi j’ai râté ma vie, je ne gagne même pas 80 euros pour une journée de boulot, du coup, je ne me reproduis pas, ça ne me rapporterai pas assez d’allocations familiales lol

  5. avatar

    Merci pour ce billet qui résume aussi ma pensée.

    Le téléchargement permet aussi de choisir la version dans laquelle on veut voir l’œuvre (film ou série) : VO, vf, avec sous titres, sans sous titres…
    Perso, je suis une accro à la VO sans sous titres. Et sur certains DVD, en général des « petits » films, je me retrouve avec des sous titres fr incrustés et impossibles à enlever de la VO. Et ce, sans que ce soit explicitement indiqué sur le coffret.
    Pour moi, ces sous titres squatteurs sont aussi désagréables et énervant qu’un inconnu qui va ronfler dans ton oreille dans un vol Paris/Rio en classe éco.
    En l’absence d’une norme internationale qui obligerai les éditeurs à mettre toutes les options possibles en matière de VO, VF et sous titres ou pas sous titres, sans oublier un sous titrage « sourds et malentendants » (un mot à mot des dialogues), et bien je me tourne soit vers le téléchargement, soit vers l’import depuis l’UK (sauf que là, c’est plus cher avec les frais de port et en plus je perds mes amis parce que je n’ai du coup plus de VF du tout sur mes DVD ^^ ).

    Bref, /mylife.

  6. avatar

    Bonsoir à tous !

    Merci pour ce très bon billet. J’ose prendre humblement la parole pour tenter d’expliquer ce qui me scandalise.
    Voir l’album de mes artistes préférés au même prix chez mon disquaire que sur les plateformes de téléchargement légal est, je trouve, scandaleux.
    J’imaginais que le fait de se priver du CD, de la pochette, etc… aurait permis à l’internaute de payer un peu moins cher cet album dématérialisé.
    Comme ce billet l’a évoqué, les majors n’y croyaient pas à ce format révolutionnaire qui s’est imposé au début des années 2000 : le MP3. À ce jour je ne trouve pas que ces majors proposent des offres « sérieuses » et « adaptées » à Internet.
    J’ose également rappeler que la compression des musiques pour le téléchargement a pour conséquence la perte de qualité (sauf le format FLAC qui permet la compression audio sans perte, utile pour les mélomanes, très intéressant pour la musique classique).
    Pour répondre à Sora : Si j’obtiens le titre d’un artiste d’une manière illégale, et que ce titre ne me plait pas, en toute logique je ne vais pas garder le fichier. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais payer. Que l’artiste soit rémunéré oui, mais uniquement pour les ventes réalisées par sur les « consommations » de son titre. Je ne suis pas un mécène qui va payer que le titre me plaise ou non…
    Dernier petit coup de gueule : certains titres, à l’unité, à 1,29 € même d’anciens titres d’artistes décédés. Je trouve ça juste abusé.
    Encore toutes mes félicitations pour ce billet.

    Kristien

  7. avatar

    C’est vrai que c’est cher mais on ne peut pas DL un iphone ni d’autres produits de consommation « palpables » n’est ce pas ?

    Je peux pas reprocher à un artiste de gueuler quand il voit son boulot téléchargeable gratuitement…

    Je peux pas lui en vouloir qu’ils veuillent que son produit soit disponible que comme un produit « palpable »

    Et ce même si le téléchargement gratuit peut générer plus de vente…c’est juste impossible à calculer
    Ils préfèrent croire en quelque chose de plus logique et ce quitte à perdre de l’oseille
    C’est aussi une question de respect

    Et la dessus ils ont tous bien raison.

    • avatar

      Je comprend en partie certains artistes, mais tu le dis : c’est juste impossible à calculer. Aucune étude tend à prouver que le téléchargement nuit à la consommation légale et, dans mon cas, c’est tout l’inverse.

      Si un jour une vraie étude indépendante sort et démontre par a+b que c’est le cas, alors mea culpa.

      • avatar

        Ah mais je te rejoins complétement la dessus de toute façon, juste je fais l’avocat « du diable »..

        Ils ont quand même des arguments qui tiennent plus la route juste sur le principe que nous avec nous croyances non prouvées

        Il ne faut pas se leurrer, c’est aussi obligé que beaucoup de gens DL et n’achètent pas du tout (et ne penses pas a mal j’en suis sur aussi)

        Pour ce qui est de Kaamelott par exemple:
        -Le format (épisodes de 3min)
        -La quantité (100 épisodes par saison)
        Ont joués pour moi un rôle capital pour générer plus de ventes malgré la diffusion sur internet

        Pourquoi?
        Et bien tu visionne une poignée d’épisodes par ci par la tu aime et t’as juste envie de te le payer pour ne serait-ce que par exemple être sur que tu ne rate pas un épisode, de les avoir dans l’ordre et aussi par le packaging (AA s’est pas foutu de nous)

        Perso je crois ni au DL gratuit ni a faire tout payer et que ce soit indisponible sur le net…
        Un bon compromis permettrai des prix moins chers, plus de vente, tout le monde content…

        • avatar

          Je te rejoins complètement, d’ailleurs, c’est ce que j’explique dans le billet : un accès gratuit à tout, partout, tout le temps, ce n’est pas concevable. La situation actuelle n’est plus adaptée au modèle de consommation, cela doit évoluer, les prix ne sont pas franchement tenables pour de plus en plus de personnes. J’aimerai juste, qu’un jour, tout le monde se mette vraiment à bosser sur une vraie solution parce qu’actuellement, les ayants droits ne travaillent sur rien d’autre que la répression.

  8. avatar

    Moi je commence à me dire que toute cette histoire ne va que faire du bien aux vrais amateurs de culture, les PAUVRES, les nous, les libres d’esprit.
    Ce qu’il va se passer? Demain, il y aura la mass culture des riches, celle qui passe à la télé (celle qu’on ne pourra plus se payer), celle des beaux et des bien pensants, celle de ceux qui se croient intelligents en écoutant les mêmes musiques avec les mêmes « quatre accords magiques ».
    Et puis la culture libre des 98% de la population restante, la vraie créativité, gratuite et intelligente.
    Logiquement, les riches vont continuer à perdre des neurones et à s’autoconformer aux mêmes standards. Les pauvres, eux, s’ouvriront l’esprit et continueront à réfléchir en créant une contre culture gratuite et généreuse.
    Alors moi je dis, si grâce à cela on pouvait laisser les riches dans leur ghetto culturel de merde, cela me plairait bien.
    Darwin effect, ils vont tomber tout seuls (consanguinité, big brother attitude, moutonnisme aigu).
    Encore une centaine d’année à attendre, le système se mord la queue. Pour le meilleur! Restez confiants!

    • avatar

      J’ai lu sur twitter quelque chose a propos de ca qui m’a fait reflechir:
      « Je croirai en ce « besoin de culture » lorsqu’on se marchera dessus au Louvre le premier dimanche du mois »

      • avatar

        Ouaip, d’ailleurs A. Astier l’a retweet… simplement, la culture ce n’est pas seulement le Louvre, elle est partout, cet argument était et est toujours un poil trollesque.

  9. avatar

    je vois pas le rapport avec la baguette ?GNÉ?

    cher M.Alexandre ASTIER il n’y a pas de COPYRIGHT sur les recettes de cuisines (boulangerie/pâtisseries/charcuterie/confiserie/chocolaterie et autres que j’ai dû oublier) seulement des IGP.

    Je ne connais pas beaucoup de restaurants/boulangerie/pâtisseries/charcuteries/confiseries/chocolateries qui ont fermés parce que Madame MICHU faisait un repas pour sa famille le dimanche midi.

    Je suis patron d’un petit resto où je fabrique/transforme des produits pour les servir à mes clients, je ne suis pas avare de donner mes recettes à mes clients et je n’ai pas encore mis la clef sous la porte.

    [mode_TROLL_ON] Si le cœur vous en dit, vous pouvez venir prendre des cours de cuisine en échange d’un coffret de l’intégrale de Kaamelott dédicacé, pour éviter que je le télécharge [mode_TROLL_OFF]

  10. avatar

    Un exemple fictif à mettre en oeuvre :

    http://bit.ly/zZaAMM

    (faites pas attention à l’URL débile, je n’ai pas de vrai site web)

  11. avatar

    Ok. Et que fais-tu des 30 à 40% de français qui n’ont pas accès à internet, ordinateur, etc. ?

  12. avatar

    Bon alors, ça me démange alors je le dis :

    Je VEUX que les artistes que j’aime soient correctement rémunérés pour leur travail.

    Parsque faut pas non plus croire que les « vrais » artistes ne font pas ça pour l’argent contrairement aux « faux » artistes qui sont plébiscités par les médias… c’est con…

    Même le plus obscur des DJ Underground qui crée des mix HardSpeedCore dans sa cave/squat en vivant du RSA sauterais sur la première occasion de se faire un max de thunes en vendant son album chez Virgin ou la Fnac.

    Mr Alexandre Astier ne fais pas exception, c’est un (grand) artiste, il s’est donné les moyens d’exercer son art, et d’en tirer de quoi vivre. Quoi de plus normal ?

    Depuis 1946, on nous vend DES DISQUES VINYLES pas de la musique mais bien le SUPPORT car celui ci est rare pas facile à produire.
    Les vinyles ont ensuite fait progressivement place, à partir de 1982, aux disques compacts, un support plus facile à produire, à conserver et de meilleure qualité audio. (WikiPedia inside)

    Encore une fois le prix de la musique est indexé sur la valeur du SUPPORT sur lequel elle se trouve, car dans les années 80-90 les CD c’est le Tip-Top du hype pour les plus fortunés (une sorte d’Ipad de l’époque).

    Le même titre pouvais voir son prix multiplié par 10 suivant le support sur lequel on l’achetais (Vinyl / K7 / CD), ce prix étais sensé être proportionnel à la qualité du service proposé (qualité de son du support)

    Jusque là tout allais bien, en achetant un musique on payait 4 choses :
    (1) Avant tout le SUPPORT PHYSIQUE (Disque,K7,CD).
    (2) Ensuite le DISTRIBUTEUR (Fnac) pour le service rendu de nous mettre tout ça à disposition.
    (3) LA MAISON DE DISQUE pour le service rendu de produire et nous faire de la pub pour qu’on sache que ce disque est en vente.
    (4) et enfin en dernier … L’ARTISTE … qui touche entre 3 et 10% du prix de vente final.

    MAIS ! Et là c’est le drame, pendant que l’industrie se reposait sur ses lauriers en or massif, quelque chose de nouveau est arrivé : Internet et le MP3.

    >>>> Le format MP3 offre une qualité de service infiniment plus élevée que tout ce que l’industrie a pu nous offrir jusqu’à aujourd’hui <<<> Crier au VOL tout en calculant combien de brouzouf potentiels ils auraient fais si tout ce qui s’est téléchargé avais été payé au prix fort.

    – Nous, geeks informés, savons que ce raisonnement est TOTALEMENT ERRONÉ (c’est pas du VOL c’est de la CONTREFAÇON, et on aurais jamais payé tout ce qu’on a téléchargé même si c’était la seule solution pour se le procurer)

    >> Les Majors ont un autre position maintenant : Ils ne nous vendent pas le SUPPORT mais bien le DROIT d’écouter la musique, le support (CD) étant une sorte d’outil bonus qui est vendu avec pour exercer son droit d’écoute.

    – Les « Ayant Droit » ne nous vendent donc pas un CD mais bien un peut de ce « Droit » d’écoute … le CD appartiens légalement à Sony, Universal, BMG, etc etc, même dans votre armoire chez vous… vous voyez l’arnaque ?

    Quel est la réaction des Internautes consommateurs de multimédia face à cela ?
    >> Les Majors c’est des voleurs faudrait que tout ce qui est culturel soit gratuit !

    – Oui mais si les artistes ne sont plus rémunérés … y aura plus d’art à partager.

    Quel est la seule véritable solution pour payer les artistes, tout en garantissant l’art et la culture libre pour tout le monde ?

    >>>>> LA LICENCE GLOBALE ! <<<<<

    Comme déjà fais pour la TV avec la REDEVANCE AUDIOVISUELLE qui IMPOSE à tout possesseur de TV de participer au financement de France Télévision. (qu'on regarde Plus Belle La Vie ou pas).

    Comme déjà fais avec la REDEVANCE POUR LA COPIE PRIVÉE qui nous IMPOSE une taxe sur chaque CD, DVD, Disque Dur, Ordinateur, Tablette ou Clef USB vendus (qu'on y stock de la musique ou pas).

    Comme déjà fais avec la SÉCURITÉ SOCIALE qui nous IMPOSE des prélèvements sociaux (qu'on soit malade ou pas).

    Comme déjà fais avec les POMPIERS que tous les contribuables financent (qu'on aie le feux chez nous ou pas).

    Bref … en France, tout ce qu'on considère comme vital pour le bien des individus et de la société a été mutualisé/nationalisé pour que chaque citoyen puisse en profiter sans pour autant faire travailler les pompier gratuitement…

    Pour moi, l'Art et la Culture c'est de nos jours clairement vital pour le bien des individus et de la société donc on sait ce qu'il nous reste à faire …..

    désolé pour ce long post, et encore j'ai tranché plusieurs paragraphes à la relecture ^^

  13. avatar

    ARGH les problèmes de mise en page qui font sauter tout un bout du texte à cause des « >> <<" :(

    recollage à partir du 'bug' :

    (……..)

    —- Le format MP3 offre une qualité de service infiniment plus élevée que tout ce que l'industrie a pu nous offrir jusqu'à aujourd'hui —-

    Majors :
    – Artistes mal référencés (la pub concerne toujours le mêmes artistes)
    – Musique mal distribuée (Faut de déplacer à la fnac qui n'a de toute façon que le dernier album de Madonna ou Johnny)
    – Support de mauvaise qualité (Qualité sonore et résistance à l'usure limité)
    – Répartition des profits TRÈS MAUVAISE : Plus t'es gros plus tu te goinffre et l'artiste n'a qu'a prendre ce qu'on veux bien lui laisser.

    Internet+MP3 :
    – La quasi totalité des artistes du monde entier sont référencés. Le coût est nul pour l'artiste.
    – Musique disponible 24h/24 7j/7 365j/an partout sur terre et même au delà (y a le net dans l'ISS International Space Station)
    – Support offrant une qualité audio réglable allant de bon à absolument parfait (flac).
    – Répartition des profits … égalitaire car pas de profits donc personne n'a rien.

    Et c'est bien sûr ce tout dernier point qui pose un vrais problème : Personne ne gagne rien y compris l'artiste, et c'est bien dommage.

    Parsque un artiste qui travaille son art mais qui n'en tire pas de quoi vivre vas vite faire comme tout le monde et se retrouver à bosser dans une mine ou derrière un bureau à la con pour un boss à la con et perdre ses neurones et sa créativité définitivement.

    Quel est la réaction des Majors encore aujourd'hui ?
    }} Crier au VOL tout en calculant combien de brouzouf potentiels ils auraient fais si tout ce qui s'est téléchargé avais été payé au prix fort.

    – Nous, geeks informés, savons que ce raisonnement est TOTALEMENT ERRONÉ (c'est pas du VOL c'est de la CONTREFAÇON, et on aurais jamais payé tout ce qu'on a téléchargé même si c'était la seule solution pour se le procurer)

    (……..)

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      Merci d’avoir pris le temps d’une longue réponse :D

      Pour ce qui est de la répartition des revenus entre ayants droit, majors, maisons et artistes, déjà chez moi ça pose problème : pourquoi quelqu’un qui à crée une oeuvre (l’artiste), qui à eu cette idée, qui l’a chanté, ne touche pas plus de 10% (sauf cas exceptionnels des « sommités » genre Hallyday)

      Alors, on pourra rabâcher que les pirates sont des voleurs, en attendant, pour avoir lu le rapport financier de la sacem et d’une major 2010 + ouverture 2011, elles ont l’air en très bonne santé et leurs actionnaires également.

      Pour ce qui est de la licence globale, je ne suis que partiellement d’accord, elle me pose quelques problèmes. Effectivement, nous payons tous le service public et les pompiers, via nos impôts… mais tu peux très bien avoir un feu chez toi. Lorsque tu n’as pas Internet ou pas d’ordinateur, tu ne devrais pas être taxé, d’ailleurs, le simple fait que ce soit un taxe supplémentaire me dérange, en fait.

      Alors que faire ? Bien, dans un premier temps, se dire qu’un modèle alternatif c’est possible, que passer de l’artiste au client c’est possible aussi, pourquoi pas même que le client aide l’artiste dans son financement ? (à l’image des projets de kickstarter http://www.kickstarter.com/projects/66710809/double-fine-adventure)

      Ensuite, arrêter de se taper sur le coin de la tronche serait également une bonne idée, histoire que tout le monde participe à la réflexion générale, ayants droit, artistes et société civile… encore faut-il que les ayants droit acceptent de bouger.

  14. avatar

    Un truc qui va faire plaisir à Numendil:
    « 215 millions d’entrées au cinéma en France en 2011 record depuis 45 ans (1966 avec 234,17 millions) »
    En bref, ça monte ça monte mais on ne parvient pas à battre le record de 1966.

    Le telechargement c’est style depuis 1994-1995

    Mais moi j’aurais tendance à dire que c’est pas normal de ne pas avoir déjà battu ce record vue comment le cinéma à changé depuis…
    Sans téléchargement aurions nous fait au moins 19 millions d’entrées de plus ?

    Si on DL on va pas au cinéma après (ca pourrait marcher pour un DVD mais pour une place de cinoche c’est moins sur)

    Pas facile de se faire une idée

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      Pour moi le cinéma devient un produit de luxe, quand tu vois que pour quelques euros de plus tu as un DVD, les sorties avec mes amis sont de plus en rares car malheureusement ces derniers ne veulent plus investir autant pour une place de cinéma. Seule chose positive entre guillemets, c’est l’innovation de la 3D qui poussent mes amis à payer un peu plus cher pour un ticket de cinéma qui propose quelque chose en plus.
      Le record en terme de nombre de places n’a pas été explosé mais les retombées économiques et les bénéfices de l’industrie cinématographique n’ont jamais été aussi importants.

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      perso, j’ai déjà téléchargé des films que je suis allé voir au cinéma ensuite, parce que la qualité du film téléchargé n’était pas géniale dans un permier temps et parce que le film était génial dans un second temps, donc cinéma, si les moyens me le permettent.

      Après, DL ou pas DL, partant du fait qu’il n’y a aucune étude véritablement indépendante, je ne me prononce pas.

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    un pirate (mot mal utilisé, qui sert ici à définir une personne qui télécharge) ne tue pas, il découvre, il partage et surtout, il s’adapte aux outils qui lui sont offerts.
    /##########/
    absolument pas, le mot pirate convient très bien pour quelqu’un qui cherche à découvrir et partager.
    Piraeia, chercher l’aventure en gros.
    Alors après y a l’image dépinal du pirate, mais ça c’est comme l’image d’épinal de l’anarchiste.
    Allé bon article btw o/