La centralisation, c’est mal.



Petit billet qui rebondit sur l’affaire « Mega-ce-que-vous-voulez » :

Le passé nous a déjà demontré le danger de la centralisation des données, il faut croire que personne n’a tiré de conclusions de tout ceci.

C’est un fait, n’en déplaise aux adorateurs du « cloud computing » (terme commercial qui, selon moi, définit quelque chose qui existe déjà depuis des années), faire confiance à une société, un système, un groupe … (rayez la mention inutile), c’est s’exposer à une censure rapide, simple et efficace.

Même s’il n’est pas question de censure dans Megaupload (ou, éventuellement la censure d’une offre plus intéressante que l’offre légale), il faut analyser correctement ce qu’il s’est passé.

Beaucoup de personnes hurlent au scandale parce que Megaupload a fermé ses portes (enfin, le FBI a fait fermer MU) et, comble de l’ironie, ces derniers cherchent à basculer sous une solution alternative comme Fileserve & Co.

Fileserve & Co. fonctionnent sous le même principe, à savoir une grappe (ou plus) de serveurs centralisés. Tout d’abord géographiquement, ces serveurs sont (assez souvent) au même endroit, ou à plusieurs endroits s’il y a vraiment beaucoup de données (exemple de Megaupload qui avait des serveurs en Virginie, à Hong Kong, en Europe …), faire confiance à ces systèmes, c’est accepter que les mêmes évènements puissent se reproduire.

Que cela soit dans un contexte d’échange de fichiers ou un cadre professionnel (applications utilisées dans le « cloud », par exemple), le simple fait que toutes ces données soient centralisés me pose quelques problèmes.

Tout d’abord : la confidentialité de mes données. Puisque mes données sont dans le cloud, gérées par une société qui s’occupe de tout ceci, qu’est-ce qui peut me garantir, à moi, que la dite société n’ira pas fouiller dans mon système ou dans mes données ?

Non, la déclaration de bonne intention de l’hébergeur ne suffit pas, je suis désolé.

Ensuite : d’un point de vue sécurité. Qu’est-ce qui me garantit que mon système dans le cloud sera toujours disponible ? Qu’est-ce qui me garantit que mon hébergeur ne fera pas disparaître des données au nom de je ne sais quelle loi ?

Rien, et c’est bien là le problème. Rien ne peut garantir que mon système ne disparaîtra pas, un jour. Rien ne peut me garantir qu’il sera toujours disponible, même si vous avez une solution en béton, même si elle vous coûte 15 000 € par jour, rien ne peut vous garantir que votre système ou vos données seront toujours là, disponibles quand vous en avez besoin.

Pourquoi ? Parce que c’est l’informatique (je sais, c’est facile comme réponse) : personne n’est à l’abri d’un serveur qui tombe ou d’une connexion qui se casse la figure.

… Et personne n’est à l’abri d’une nouvelle loi, pondue en douce, qui rendrait vos données illégales.

Bref, la centralisation, c’est l’anti-Internet pour moi, anti parce que les Internets ne sont pas basés sur des solutions centralisées justement. Il suffit de regarder le fonctionnement d’un torrent, d’un système P2P ou autre pour s’en convaincre (même si certains point sont centralisés / à moitié centralisés, exemple des DNS …)

Vous voilà prévenus, lorsque fileserve tombera, n’allez pas pleurer qu’on ne vous l’aura pas dit.

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4 commentaires to “La centralisation, c’est mal.”

  1. avatar

    Je ne suis pas tout à fait d’accord : la puissance du cloud ne peut pas être négligée. Il serait dommage de négliger une technologie qui abolit les limites des plateformes et de l’espace. Le cloud m’a été bien utile par le passé pour accéder à mes documents n’importe où (je n’ai pas d’ordinateur personnel). Sans lui, j’aurais tout simplement beaucoup de difficultés à travailler : je ne veux pas revenir en l’an 2000. Je ne connais aucune alternative de qualité. Sauf peut-être à posséder son propre cloud, ce qui serait génial (on ferait tourner des applications sur son serveur et on les contrôlerait).

    Mais je reconnais les énormes dangers du cloud. On en devient facilement dépendant. C’est pourquoi il faut poser une condition fondamentale avant d’utiliser un service « dans les nuages » : peut-on, à tout moment, en retirer ses données et vivre sans ? Si c’est possible, alors le problème de la dépendance ne se pose plus. Le Data Liberation Front de Google me semble être un excellent premier pas (http://www.dataliberation.org/).

    • avatar

      Bonjour,

      Je suis tout à fait d’accord avec toi, il est idiot selon moi de négliger les énormes avantages du cloud computing. C’est quelque chose qui facilite énormément le travail et nous n’avons plus besoin d’avoir 200 000 données avec nous.

      En revanche et comme tu le soulignes, il ne faut pas non plus nier ses dangers et, malheureusement, l’actualité démontre qu’ils sont bien réels.

      Ps : très bon exemple pour Google 🙂

  2. avatar

    Salut,
    ouaip chuis bien d’accord et j’ai juste googleisé pour trouver quelqu’un qui en parlait comme /me ^^
    Par contre, désolé pour les DNS, mais y’a déjà des tentatives pas mal du tout :
    42registry.org 😉

Rétroliens/Pings

  1. De si vilains mots ? | La Mare du Gof - 18 février 2012

    […] cette « centralisation » mafieuse d’œuvres protégées, contraire à tout l’esprit d’échange des réseaux. Mais après des années de fonctionnement où beaucoup de sociétés ayant pignon sur […]