Handala, un groupe de hackers liés à l'Iran, vient d'annoncer qu'il aurait pu couper l'eau de 2 millions de Californiens. Le groupe a en effet piraté California Water Service et balancé 5 Go de données pour le prouver.... Mais bon, peu importe ce qu'ils disent, la vérité c'est que non, il n'aurait pas pu.
Et c'est tout l'intérêt de cette histoire que je m'en vais vous conter....
Tout d'abord, quand on regarde ce qu'ils ont vraiment chopé, je vous avoue, on est trèèèèès loin du robinet. Leur point d'entrée, visiblement, c'est un serveur RTKBase, un outil open-source de correction GPS pour les équipes de terrain. Le truc traînait sur Internet, accessible en HTTP sur le port 10000, avec les identifiants admin et les mots de passe en clair. Comme à peu près tous les sites de l'administration française quoi... loool #troll # dataleakasaservice .
Et il tournait comme ça depuis plus de 780 heures d'affilée, soit plus d'un mois en libre accès. A partir de celui-ci, les attaquants ont alors pu sauter vers les systèmes de facturation, parce que rien ne séparait correctement le réseau GPS des données sensibles. Et ça leur a permis de récupérer les infos clients d'au moins 7 districts (Bakersfield, Chico, Salinas, Stockton, Visalia, San Mateo...) : noms, adresses, téléphones, numéros de compte, historiques de paiement.
Cela veut dire que ce qu'ils ont chopé en réalité, ce sont des fichiers clients, mais pas du tout un accès à une valve ou une pompe, ni même au moindre petit robinet qui goutte... snif...
Donc oui, grosse fuite de données perso, mais pas une seule ligne du système de traitement ou de distribution de l'eau n'a été touchée ! Pas de SCADA, pas d'automate, rien de ce qui pilote physiquement ce qui sort de votre robinet. Les analystes qui ont épluché les données sont très clairs là-dessus : Rien là dedans ne prouve que Handala peut couper l'eau d'une ville américaine. Le groupe n'a d'ailleurs aucun historique connu de sabotage de système de traitement d'eau. Le "j'aurais pu faire pire", c'est de l'intimidation et rien de plus...
Pour comprendre la différence, faut voir à quoi ressemble une vraie attaque sur une infra. Quand on pense sécurité et systèmes industriels, le premier truc qui vient à l'esprit, c'est en général le SCADA en place dans les usines, qu'on peut parfois croiser au détour d'un Shodan ou autre.
Une vraie attaque, c'est ça qu'elle vise. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en décembre 2015, environ 230 000 Ukrainiens ont été plongés dans le noir à cause d'un malware qui ciblait directement les systèmes de contrôle électrique. Ou Stuxnet , qui a physiquement détruit un millier de centrifugeuses iraniennes. Ou Oldsmar en 2021, où quelqu'un a brièvement fait grimper le taux de soude dans l'eau potable d'une petite ville de Floride. Ça, c'est toucher l'OT, la partie qui commande les machines pour de vrai.
Désolé Handala.... lol
Maintenant, faut pas non plus les ranger au rayon des script kiddies parce qu' Handala, c'est en réalité la façade "hacktiviste" de Void Manticore, un groupe rattaché au renseignement iranien, avec notamment tout un arsenal de wipers maison pour effacer des disques.
Par exemple en mars dernier, ils ont lancé une attaque destructrice chez Stryker, un géant de l'équipement médical. Leur mode opératoire, c'est de voler les données d'abord, puis de revenir ensuite pour tout casser. D'ailleurs ils sont loin d'être les seuls puisque dès 2023, un autre groupe iranien, CyberAv3ngers, avait piraté 75 automates Unitronics dans des stations d'eau et d'autres infras aux États-Unis, au point que la CISA a dû tirer la sonnette d'alarme. En clair, des hackers iraniens qui s'en prennent aux stations d'eau américaines , c'est devenu la routine....
Bref, Handala n'a pas coupé l'eau mais le jour où un groupe avec un vrai accès SCADA débarquera, faudra pas venir dire qu'on n'était pas prévenus.
Si vous faites un peu de reverse engineering sous Android, vous savez que les malwares modernes font absolument tout ce qu'ils peuvent pour planquer leurs mauvaises intentions, un peu comme vos parents toxiques... Code obfusqué, chargement dynamique, packing...etc, etc.
Mais c'était sans compter sur une équipe de chercheurs italiens menée par Giorgio Giacinto ont carrément changé de stratégie avec RAMwavDroid qui au lieu de désassembler le code , permet de le transformer en son et ensuite, laissent une IA l'écouter. Et cela permet d'obtenir un niveau de 98% de détection des malwares.
J'vous explique la sorcellerie de ce truc...
En effet, d'habitude, pour analyser une appli Android, on décompile l'APK et on récupère le code, notamment des fichiers smali, un équivalent lisible par un humain du code bas niveau Dalvik.
Mais avec leur RAMwavDroid, vous prenez le fichier, et chaque octet, qui vaut une valeur entre 0 et 255, devient directement une amplitude sonore. Pas de normalisation, ni de désassemblage mais simplement une forme d'onde, stockée dans un vrai fichier WAV ou MP3 + des réseaux de neurones qui apprennent à reconnaître la texture sonore d'un malware.
Le transformer utilisé, c'est Wav2Vec2, qui était même à la base entraîné sur de la voix humaine.
Comment RAMwavDroid transforme les octets d'une appli en forme d'onde
Mais alors pourquoi passer par le son ?
Hé bien parce que les antivirus classiques s'appuient sur le "sens" du programme, ses permissions, ses appels API, la structure de son code...etc. Or c'est exactement ça que les vrais malwares un peu filous brouillent pour passer entre les mailles. Alors que la texture brute des octets, elle, reste la même, peu importe l'habillage que son concepteur a donné à son malware.
Et ça, une oreille artificielle finit par le repérer.
Mais le vrai coup de génie c'est que plutôt que d'analyser le fichier au repos, RAMwavDroid lance l'appli dans un émulateur et prend un instantané de sa mémoire vive juste après le démarrage. Ça permet de parcourir les fichiers chargés en mémoire, les processus, et surtout le code que le packing a déjà déchiffré pour pouvoir s'exécuter. Cette analyse forensique de la mémoire fait alors grimper la précision de près de 94% en statique à jusqu'à 98% en dynamique.
Le spectrogramme d'une appli malveillante, vu comme un son
Sur un extrait de dataset de malwares utilisé pour leurs tests, composé de 600 applis (moitié saines moitié vérolées), RAMwavDroid tape jusqu'à 98% de bonnes réponses, avec dans sa meilleure configuration quasiment aucun faux positif.
Un faux positif, c'est quand il n'y a pas de malware, mais que l'antivirus clignote quand même en rouge, donc ça montre bien l'efficacité de leur technologie. On est au même niveau que VirusTotal qui fait bosser des dizaines de moteurs de détection en parallèle.
Bien sûr, c'est un résultat de laboratoire sur un échantillon limité d'apps, et le code source n'est pas encore disponible publiquement, donc on ne peut que les croire sur parole. Surtout que leur système fonctionne uniquement dans un émulateur (pour accéder à la RAM) et ça c'est un truc typique que les malwares sont capables de détecter... Donc bon, à voir...
En plus ce système se fait avoir par les applis bourrées de gros SDK légitimes qui noient également le signal, et par les malwares minimalistes trop simples pour faire du bruit. Bref, la robustesse face à l'obfuscation avancée, ce sera pour plus tard mais j'ai trouvé cette façon de faire plutôt originale.
Peut-être qu'à terme, les créateurs de malware mixeront leur binaire avec un MP3 de Jul ou Gims pour tromper ces futurs détecteurs audio ^^.
Si vous êtes sous macOS, vous avez peut-être une petite app en tête, un truc tout bête que vous cherchez depuis des années sur Korben.info ou ailleurs sans jamais le trouver. Par exemple une app pour renommer des dossiers de captures par date et titre de fenêtre, ou pour splitter régulièrement des PDF page par page pour votre comptable qui n'a pas de molette sur sa souris, ou virer les paramètres de tracking des URL que vous copiez... Bref, tout un tas de petits usages qui ne valent pas forcément le coup d'installer une usine à gaz pour en bénéficier.
Heureusement, il existe un outil génial pour macOS qui est peut-être le "futur" de ce que sera le logiciel plus tard. Ça s'appelle Ironsmith , c'est signé Jade Westover, et ça permet à partir d'un prompt, de se fabriquer une app macos native correspondant à votre besoin précis.
Et quand je dis native, c'est native puisque chaque app qui sort de là, est codée en Swift + SwiftUI, ce qui permet de récupérer à la fois les sources et un vrai .app.
Ironsmith se loge dans la barre de menu de macOS et offre ainsi de quoi créer une nouvelle app, relancer les anciennes, éditer le code, ou restaurer une version précédente quand votre dernière idée a tout cassé.
Mais le meilleur se situe du côté de l'IA locale, pensée dès le départ. Ollama est supporté d'origine, et vous pouvez brancher n'importe quel endpoint compatible OpenAI , genre LM Studio ou llama.cpp avec le modèle de votre choix genre Gemma de Google ou Qwen d'Alibaba. Ah et il y a même Foundation Model planqué dans votre Mac via Apple Intelligence pour les trucs les plus basiques...
C'est peut-être à ce genre de truc que ressembleront tous les appstore dans le futur... Qui sait ? Chacun va pouvoir créer ses propres outils privés directement sur son ordi, sans avoir à payer quoi que ce soit, ou à passer par le cloud.
Vous pouvez aussi utiliser vos propres clés API OpenAI, Anthropic ou Gemini. Ou alors vous vous connectez à Ironsmith sans aucune clé, avec 10 crédits offerts pour tester. Avec un gros modèle genre GPT-5.5 ou Opus 4.8, on dépasse alors vite le simple gadget et on arrive à faire des apps étonnamment sophistiquées.
Un éditeur SVG natif sorti d'une simple description
Côté coulisses, le bouzin réclamera uniquement Xcode Command Line Tools qu'on installe avec un petit xcode-select --install. Et quand le code généré ne se compile pas du premier coup, l'app sait lire les erreurs du compilateur et tente alors de les réparer toute seule, d'abord avec des correctifs déterministes, puis en redemandant un diff au modèle. En gros, elle débugge sa propre merde avant de vous la mettre dans l'assiette. Miam !
Et niveau sécu, c'est assez carré même si je vous recommande TOUJOURS de relire le code avant de lancer des trucs random sur votre ordi. En tout cas, les dev ont bien pensé le truc en vous permettant de garder chaque app signée, sandboxée et lancée en "hardened runtime" par défaut, et autoriser explicitement l'accès à la caméra ou au micro.
Voilà, en fonction du modèle, vous n'aurez pas forcément les mêmes résultats. C'est assez expérimental, mais moi j'aime beaucoup voir ça parce que je me dis une fois encore, que c'est peut-être l'avenir. Permettre à tout un chacun de répondre à des besoins précis sans avoir besoin de mettre les mains dans le code ni de se battre avec des outils de dev, c'est chouette !
Voilà, si vous tournez sous macOS 26 et que vous avez une petite app en tête, vous pouvez télécharger le soft sur sa page GitHub ou sur le site, c'est gratuit et open source !
Je ne sais pas si vous avez déjà joué à Pac-Man parce que c'est quand même un bon vieux jeu de boomer, mais si c'est le cas, vous avez peut-être déjà ressenti un peu de peine pour ces petits fantômes qui se font avaler tout cru par ce déglingot de Pac-Man.
Non ? Bah Garrit Franke, oui. Du coup il a codé pac-hunt, un petit jeu où vous incarnez ENFIN le fantôme qui traque le glouton jaune dans son labyrinthe, au lieu de vous faire bouffer bêtement.
C'est jouable directement depuis votre navigateur , sans rien installer. Vous déplacez votre fantôme avec les flèches de votre clavier ou les touches WASD, et votre boulot c'est de coincer ce "Gentil p'tit bonhomme" (vous l'avez ?) avant qu'il ne nettoie tout le labyrinthe de ses pastilles. Sauf que Garrit a gardé le pire souvenir de ses parties d'enfance, ce sale moment qui ruinait tout : Pac-Man gobe une super-pastille, et les rôles s'inversent !!! Hiiii tous aux abris, car pendant ces quelques secondes, c'est lui qui vous court après et c'est vous qui détalez.
Le tout tient dans un seul fichier HTML , sans le moindre framework, sous licence MIT et le glouton rond comme un ballon (vous l'avez ? lol oui j'aime le comique de répétition) n'est pas piloté au pif, puisqu'il a sa petite IA qui cherche les pastilles les plus proches et qui prend ses jambes à son cou dès que votre fantôme approche à moins de 7 cases. Et si vous le trouvez trop malin ou trop bête, les réglages de vitesse et de comportement sont dispo en haut du script, donc n'hésitez pas à bidouiller ça.
J'avoue que ça me donne des idées parce que des classiques à retourner comme une crêpe, y'en a un paquet. J'imagine par exemple un Mario où vous jouez le Goomba qui voulait juste traverser tranquillou le niveau pour aller faire ses courses au marché et qui se fait ratatiner le crâne par un gars amateur de champi en roues libres. On pourrait aussi jouer à un niveau de Donkey Kong où vous êtes le tonneau, avec comme seul objectif dans votre vie : rouler droit ! Et puis Space Invaders vu par l'alien du fond de la troupe qui regarde ses potes se faire dégommer rangée par rangée. Gloups !
Et Flappy Bird où vous êtes le tuyau, et vous ne faites rien... Juste vous attendez, et vous gagnez quand même ! lol... Et mon préféré, Pong où vous jouez la balle, qui rebondit d'un bord à l'autre sans fin, à vous poser de vraies questions sur le sens de la vie.
Voilà, si vous aimez le rétro-gaming autant que vous détestez prendre une douche, alors vous allez kiffer Pac-Hunt. Ça vous occupera durant cette loooongue semaine de bullshit job en attendant la mort (oui, je suis très positif en ce moment), et si l'envie vous prend de creuser le mythe, le vrai Pac-Man cache un bug bien connu des fans, et côté classiques recodés pour le navigateur, Pokémon en JavaScript vaut aussi le coup d'œil.
Bref, pac-hunt c'est 5 minutes de plaisir vengeur dans votre navigateur, et zéro install. Blinky compte sur vous les amis !
Source : Le blog de Garrit Franke
CrankGPT vous connaissez ? Elle fait tourner un assistant vocal complet, reconnaissance de la voix comprise, sans prise murale, sans batterie et sans serveur distant, et pour l'alimenter vous tournez une manivelle dont la résistance grimpe quand le modèle réfléchit.
Derrière, deux anciens de Google. Katrin Tomanek, informaticienne, et Alex Kauffmann, passé par le laboratoire ATAP, la division des projets un peu fous. Ils ont monté Squeez Labs ensemble.
Leur conviction tient en une phrase : des modèles d'IA minuscules, privés et spécialisés suffisent pour une bonne partie de nos usages, sans datacenter ni abonnement, à condition d'accepter du matériel modeste.
Le matériel en question ne paie vraiment pas de mine. Un Raspberry Pi 5 avec 8 Go de mémoire, ce petit ordinateur à 80 euros qu'on colle un peu partout. Un chargeur USB à manivelle de 20 watts, vendu comme matériel de survie. Et une carte de condensateurs maison qui garde 20 secondes de réserve, histoire que rien ne s'éteigne quand vos bras lâchent.
Côté logiciel, tout tourne sur le processeur du Pi, sans puce d'accélération. Moonshine transcrit votre voix. Piper répond avec la sienne. Entre les deux, un modèle de langage Liquid LFM2 de 1,2 milliard de paramètres, la même famille d'outils que ChatGPT en version lilliputienne, fabrique les réponses, et un Gemma 3 de Google s'occupe au passage de la traduction.
Le Linux embarqué, un DietPi taillé au plus court, démarre en 3 secondes. Il faut 30 secondes entre le premier tour de manivelle et la conversation. Ensuite, chaque réponse demande entre 0,8 et 2,9 secondes selon le modèle chargé.
Au repos, la machine tire 4 watts. 8 pendant la reconnaissance vocale. 15 quand le texte sort. Un cycliste entraîné tient 120 watts avec les jambes, et vous n'aurez que les biceps. Bon courage.
Le plus chouette : la résistance de la manivelle varie avec la charge de calcul, et quand l'IA réfléchit c'est physiquement plus dur à tourner. Kauffmann raconte qu'on sent littéralement l'inférence, ce moment où le modèle fabrique sa réponse. Le même résume d'ailleurs sa philosophie d'une formule : demander à Claude d'additionner deux nombres, c'est écraser une mouche avec une boule de démolition.
Squeez vise des usages très concrets. La reconnaissance vocale des personnes avec un accent prononcé. Une IA de jardinage ou de mécanique qui n'a quand même pas besoin d'un centre de données entier.
Le prototype coûte environ 300 dollars de matériel, contre 150 pour la toute première version. Les plans et schémas doivent être publiés prochainement, et l'agent vocal est déjà disponible sur GitHub si vous voulez bricoler le vôtre.
Si vous voulez mon avis, une IA qui fait transpirer à chaque question est le meilleur cours d'éducation énergétique jamais inventé.
Source : The Register
Si vous faites un peu de renseignements (OSINT) et que ce que vous cherchez, c'est des pseudos de cybercriminels, spmedia a un truc qui devrait vous plaire. Son repo GitHub Threat-Actor-Usernames-Scrape rassemble environ 773 000 pseudos uniques récupérés sur des forums de cybercriminels. C'est gratuit, en accès libre. Et ça peut vous faire gagner pas mal de temps si vous faites de l' OSINT .
Son délire, c'est de scraper les sections "Who's Online", les threads et les réponses de forums comme HackForums, DarkForums, BreachForums, XSS.pro, Dread, OGUsers et une vingtaine d'autres, ou de récupérer des extraits de fuites. L'intérêt de ce genre de truc, c'est de capter ces données pour ensuite les réutiliser dans vos propres projets. Ça vous permet par exemple de préparer un fichier texte propre par forum, qui est prêt à être ingéré dans un TIP (Threat Intelligence Platform) ou croisé avec vos données.
Au total, y'a environ 820 000 noms d'utilisateurs dans ce repo, dont ~46 000 en double. Les plus gros forums actifs sont Cracked.sh (~226 000 pseudos collectés), DarkForums.su (~75 000) et Altenen.is (~74 000). Côté forums morts, BreachForums.st domine avec ~57 000 entrées, devant la fuite Nulled (~42 000) et BreachForums.as (~39 000).
Il y a de quoi fouiller, quoi...
Spmedia a monté ce projet parce qu'il en avait marre des boîtes de threat intel qui facturent 5 à 6 chiffres par an pour accéder au même genre de données. On peut donc lui dire merci, même si ça ne remplace pas un vrai service CTI avec contexte et analyse. C'est juste des noms d'utilisateur sans autre enrichissement. Faudra donc croiser ça avec d'autres sources mais pour du pistage de pseudo ou une wordlist ciblée, ça peut aider.
Vous pouvez par exemple utiliser ces listes pour repérer un même pseudo sur plusieurs forums, constituer des wordlists ou simplement suivre quels sites ressortent après un takedown. Certains disparaissent, d'autres reviennent 48h plus tard sous un nouveau TLD (ambiance hydre de lerne, quoi).
Chaque fichier contient un pseudo par ligne et l'import dans un SIEM ou un script Python vous prendra 2 minutes. N'oubliez pas non plus qu'une bonne partie de ces comptes sont des kiddies ou des curieux, donc croisez toujours avec d'autres sources avant de pointer du doigt qui que ce soit...
Bref, si la chasse aux cybercriminels vous branche, vous pouvez récupérer les listes sur GitHub et voir ce que ça donne.
Amusez-vous bien !
Grasp , c'est une alternative décentralisée à GitHub, signée DanConwayDev, le dev derrière ngit. Ça carbure à Nostr , le protocole décentralisé de fiatjaf, et l'idée avec ce truc, c'est que votre identité de dev, ce n'est plus un compte avec un email et un mot de passe, mais juste une paire de clés cryptographiques qui ne dépend de personne. Vous publiez votre code depuis le terminal, sans avoir à vous inscrire nulle part et pi c'est tout !
Vous me connaissez, j'adore fureter à la recherche de petits outils cools à partager avec vous, et niveau décentralisation, celui-là vaut le détour. Pour tester, ça se passe avec l'outil nak . Vous créez votre dépôt, vous le synchronisez, vous poussez comme ceci :
nak git init --owner <votre-clé-npub> --identifier mon-projet --name "Mon Super Projet" --description "Mon premier repo Grasp"
nak git sync
nak git push
Pour cloner le dépôt de quelqu'un d'autre, c'est nak git clone <npub-du-maintainer>/mon-projet, et pour lui envoyer un patch, nak git patch send HEAD^. Pas de fork ni de pull request à remplir dans une interface pour contribuer au code des autres... C'est beau non ?
Derrière, tout repose sur Nostr et sa spec NIP-34 qui transforme un dépôt, une issue ou un patch en messages signés que n'importe quel serveur peut relayer. Du coup chaque état de votre code est signé par votre clé, et comme ça, vos dépôts migrent d'un serveur à l'autre sans rien perdre. Impecc si vous ne faites pas confiance aux hébergeurs.
La vraie différence avec un Forgejo ou un Gitea que vous auto-hébergez, c'est donc que vous ne créez pas un compte sur chaque instance. Votre identité Nostr vous suit partout, une seule clé pour tous les serveurs ! À ne pas confondre par contre avec Radicle , qui fait du P2P local-first avec son propre protocole gossip et Git en natif (et pas sur IPFS, contrairement à ce qu'on lit souvent, le vrai GitHub-sur-IPFS ce serait plutôt GitLike ).
Grasp, lui, parie sur l'interopérabilité : plusieurs clients, plusieurs serveurs, un seul standard, et tout communique.
Et l'écosystème est déjà bien debout avec ngit-grasp comme serveur de référence, pyramid pour gérer une communauté, viewsource.win pour visualiser le code dans le navigateur, et gitworkshop.dev pour une interface complète façon GitHub.
Maintenant ce n'est pas non plus la solution miracle, car c'est encore un peu trop jeune à mon goût... Mais c'est à tester car le jour où l'un de ces frontends web deviendra vraiment carré et grand public, il pourrait bien venir taquiner GitHub, et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle...
Si, comme moi, vous êtes un grand fan de la série Stargate , accrochez-vous bien parce que la Porte des Étoiles secoue plutôt pas mal ces derniers jours.
J'sais pas si vous saviez mais en novembre dernier, Amazon avait annoncé une nouvelle série, confiée à Martin Gero (un vétéran de la franchise). J'étais super content puisqu'en plus ça se présentait bien avec profond respect du lore, travail avec les showrunners des séries originales, séances d'écriture lancées durant 20 semaines, tournage prévu en Angleterre à la fin de l'année... Bref, ça partait plutôt pas mal !
Sauf que les execs qui avaient validé le projet chez Amazon sont partis entre-temps. Et une personne, arrivée en février, a tout simplement annulé le projet le 2 juin ! Motif invoqué : la série aurait séduit les fans existants mais pas assez le grand public. Ouiiiiiinnnnn !
Joseph Mallozzi, producteur exécutif et scénariste de SG-1, a confirmé la nouvelle sur X en expliquant que l'équipe était pourtant "ever mindful" de créer un show accessible aux nouveaux spectateurs.
Du coup les fans ne comptent pas se laisser faire. Un mouvement Save Stargate s'est mis en place avec pas mal d'actions : pétition sur Change.org, hashtag #SaveStargate sur les réseaux, un GoFundMe lancé par James Kerfoot pour faire voler une bannière publicitaire au-dessus des studios Amazon à L.A. (4 500 $ l'objectif initial, et si ça dépasse 8 000 $, ils envisagent un 2e vol au-dessus du Comic-Con en juillet). Y'a même des templates d'emails et de courrier papier pour écrire directement à Amazon MGM Studios.
Et les acteurs se mobilisent aussi. Michael Shanks (le Dr. Daniel Jackson dans SG-1), Rachel Luttrell (Teyla dans Atlantis), Peter Williams (Apophis)... tous ont pris la parole sur X pour demander aux fans de se manifester.
Bref, si vous avez un jour kiffé traverser la Porte des Étoiles depuis votre canapé, c'est le moment de faire du bruit. Signez la pétition, balancez le hashtag, partagez le site... chaque voix compte !
Merci à Sam00 pour le partage !
Vendredi soir, vers 23h heure de Paris, Anthropic a reçu un courrier du gouvernement américain. Trois heures plus tard, ses deux modèles d'IA les plus avancés étaient hors ligne. Partout. Pour tout le monde.
Anthropic, c'est le concurrent direct d'OpenAI, la boîte derrière l'assistant Claude. Le 9 juin, elle lançait Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, ses IA les plus puissantes à ce jour. Elles auront tenu trois jours.
Le déclencheur, c'est un jailbreak. Une entreprise cliente a réussi à contourner les garde-fous de Mythos, ces blocages censés empêcher l'IA de répondre aux demandes dangereuses. Quelqu'un a trouvé la faille, l'a fait remonter, et ça a fini sur le bureau du secrétaire au commerce Howard Lutnick.
Sa réponse : ranger ces deux modèles dans la case "contrôle des exportations", soit le même régime que les technologies militaires sensibles. Interdiction d'y donner accès à tout ressortissant étranger, où qu'il soit sur la planète, y compris les propres employés non-américains d'Anthropic.
Sauf qu'un service d'IA dans le cloud, ça ne demande pas votre passeport à l'inscription. Anthropic explique ne pas pouvoir trier ses utilisateurs par nationalité du jour au lendemain. Du coup, plutôt que de bricoler un filtre impossible, la boîte a tout coupé pour absolument tout le monde.
C'est là que ça pique. Un modèle utilisé par des centaines de millions de personnes peut s'éteindre en une nuit, sur un courrier reçu un vendredi à 17h, sans même que les motifs précis soient expliqués.
Anthropic conteste et parle d'un malentendu, tout en promettant de rétablir l'accès au plus vite. La boîte prévient surtout que si cette règle devenait la norme, plus aucune IA de pointe ne pourrait sortir aux États-Unis sans risquer le débranchement à la première faille trouvée.
Pour rappel, Fable 5 était la version grand public, déjà bridée sur la cybersécurité et, nouveauté, sur les risques d'armes biologiques ou chimiques. Mythos 5, lui, était la version sans muselière réservée aux entreprises, pensée pour repérer et exploiter des failles de sécurité à toute vitesse.
Anthropic l'avait d'ailleurs dévoilée en avril en annonçant dans la foulée qu'elle en limitait l'accès à quelques partenaires triés sur le volet. En France, Orange et le Crédit agricole étaient justement en discussion pour y goûter. À l'époque, certains accusaient déjà la boîte de faire du marketing de la peur en agitant la dangerosité de sa propre techno.
Le vrai enseignement est ailleurs. Quand votre outil tourne sur les serveurs de quelqu'un d'autre, l'interrupteur n'est jamais dans votre poche.
Source : Le Monde
MÀJ du 12 juin : quand j'ai publié cet article, on en était à 400 paquets vérolés. Sauf que le chiffre n'a pas arrêté de grimper dans la journée. Quelques heures plus tard on parlait de 900, puis en fin de journée la liste recensait déjà 1579 paquets touchés, et les devs d'Arch précisent eux-mêmes que cette liste contient "beaucoup, mais pas tous" les paquets concernés. Bref, le décompte bouge en permanence, et il a même été suivi d'une seconde vague d'attaque encore plus sophistiquée. Donc si vous voyez circuler 400, 1500 ou 2000, c'est juste que chacun a pris la photo à un instant différent. La bonne nouvelle, c'est que les développeurs d'Arch ont depuis supprimé tous les commits malveillants qu'ils ont identifiés et estiment l'incident sous contrôle.
Si vous tournez sous Arch Linux et que vous piochez vos paquets dans l'AUR, lâchez ce que vous faites 2 minutes et lisez mon article. Car plus de 400 paquets de l'Arch User Repository ont été vérolés ce 11 juin, et le truc qu'ils embarquent ne rigole pas du tout. En effet, des chercheurs de Sonatype ont repéré une campagne baptisée Atomic Arch où un seul attaquant a réussi à glisser un stealer (un voleur d'identifiants quoi) dans des centaines de paquets d'un coup.
Mais bonne nouvelle avant de paniquer quand même, les dépôts officiels d'Arch (core, extra, multilib) ne sont pas concernés. C'est l'AUR, et uniquement l'AUR.
Si vous avez installé ou mis à jour un paquet AUR ces derniers jours, vous devez donc vérifier si vous n'êtes pas infecté. Des noms comme alvr, gnome-randr-rust ou ipfs-desktop-bin font partie de la liste, et elle est sacrément longue. Le signe qui doit vous mettre la puce à l'oreille, c'est par exemple un paquet qui n'a rien à voir avec du JavaScript et qui se mettrait pourtant à lancer un npm install durant son installation.
Pour sortir la liste de tout ce qui vient de l'AUR sur votre machine, un petit pacman -Qm fera le job, et
le forum de CachyOS
propose également un script qui compare vos paquets à la liste des vérolés connus. Méfiez-vous quand même, car ce script repère juste les noms de paquets piégés, et ne vérifie pas l'intégrité de votre système. Un résultat propre veut dire qu'aucun paquet connu n'est installé chez vous, mais pas que vous êtes tiré d'affaire, alors on reste concentré.
Alors comment ce malware s'est retrouvé dans autant de paquets ?
Eh bien l'attaquant n'a même pas eu besoin de pirater quoi que ce soit puisque l'AUR permet à n'importe qui "d'adopter" les paquets orphelins, c'est-à-dire ceux que leur mainteneur d'origine a laissés tomber. Il a donc récupéré la propriété de centaines de ces paquets abandonnés via la procédure normale, puis modifié leur PKGBUILD pour qu'à l'installation, un hook télécharge en douce un paquet npm piégé du genre atomic-lockfile. Ce paquet déploie ensuite un binaire baptisé deps, et ce deps, c'est une vraie saloperie.
Parce que ce deps, comme je vous le disais, c'est un voleur d'identifiants mais vraiment taillé pour cibler les développeurs. Dans le dos de la victime, il récupère vos clés SSH privées, vos tokens GitHub, vos identifiants npm, Docker et Podman, vos tokens HashiCorp Vault, les cookies et mots de passe de vos navigateurs, vos sessions Slack, Discord ou Telegram, vos configs VPN et même tout votre historique de commandes shell. En clair, toutes les clés de votre vie de dev qui, une fois dans la nature, ouvrent grand la porte vers d'autres systèmes.
Et si vous avez lancé le paquet en root, il installe en prime un rootkit eBPF qui se planque carrément dans le noyau pour masquer ses processus. Le fonctionnement même de ce truc fait alors qu'il est quasi impossible de détecter à l'œil nu si on est infecté ou pas. On est sur la même logique que le ver Shai-Hulud planqué dans des paquets , sauf qu'ici l'échelle a pris une autre dimension.
Alors que faire pour se protéger ?
Eh bien si vous avez le moindre doute, partez du principe que la machine est compromise, surtout si le paquet a tourné avec les droits root. Et supprimer le paquet ne suffira pas car le rootkit, lui, reste planté.
Donc on fait comme d'hab, on régénère tous ses secrets, nouvelles clés SSH, révocation et régénération des tokens GitHub, npm, Docker et Vault, changement des mots de passe stockés dans le navigateur et compagnie... Et pour la suite, comme d'hab, faites attention à ce que vous installez et prenez l'habitude de lire les PKGBUILD avant de valider, parce qu'un script post-install qui fait autre chose qu'un simple echo, ça doit vous faire tiquer direct.
Quoi qu'il en soit, l'AUR n'a jamais été audité, c'est même l'un des principes du truc et tout le monde le sait... mais des centaines voire plus d'un millier de paquets piégés d'un coup avec un rootkit qui vise vos accès, ça change fortement l'échelle du problème.
Bref, vérifiez vos paquets et faites tourner vos secrets aussi bien que vous faites tourner les serviettes quand c'est le jour du beaujolais au taf !
Et un grand merci à Maximilien pour le lien !