Si vous tournez sous Arch Linux et que vous piochez vos paquets dans l'AUR, lâchez ce que vous faites 2 minutes et lisez mon article. Car plus de 400 paquets de l'Arch User Repository ont été vérolés ce 11 juin, et le truc qu'ils embarquent ne rigole pas du tout. En effet, des chercheurs de Sonatype ont repéré une campagne baptisée Atomic Arch où un seul attaquant a réussi à glisser un stealer (un voleur d'identifiants quoi) dans des centaines de paquets d'un coup.
Mais bonne nouvelle avant de paniquer quand même, les dépôts officiels d'Arch (core, extra, multilib) ne sont pas concernés. C'est l'AUR, et uniquement l'AUR.
Si vous avez installé ou mis à jour un paquet AUR ces derniers jours, vous devez donc vérifier si vous n'êtes pas infecté. Des noms comme alvr, gnome-randr-rust ou ipfs-desktop-bin font partie de la liste, et elle est sacrément longue. Le signe qui doit vous mettre la puce à l'oreille, c'est par exemple un paquet qui n'a rien à voir avec du JavaScript et qui se mettrait pourtant à lancer un npm install durant son installation.
Pour sortir la liste de tout ce qui vient de l'AUR sur votre machine, un petit pacman -Qm fera le job, et
le forum de CachyOS
propose également un script qui compare vos paquets à la liste des vérolés connus. Méfiez-vous quand même, car ce script repère juste les noms de paquets piégés, et ne vérifie pas l'intégrité de votre système. Un résultat propre veut dire qu'aucun paquet connu n'est installé chez vous, mais pas que vous êtes tiré d'affaire, alors on reste concentré.
Alors comment ce malware s'est retrouvé dans autant de paquets ?
Hé bien l'attaquant n'a même pas eu besoin de pirater quoi que ce soit puisque l'AUR permet à n'importe qui "d'adopter" les paquets orphelins, c'est à dire ceux que leur mainteneur d'origine a laissés tomber. Il a donc récupéré la propriété de centaines de ces paquets abandonnés via la procédure normale, puis modifié leur PKGBUILD pour qu'à l'installation, un hook télécharge en douce un paquet npm piégé du genre atomic-lockfile. Ce paquet déploie ensuite un binaire baptisé deps, et ce deps, c'est une vraie saloperie.
Parce que ce deps, comme je vous le disais, c'est un voleur d'identifiants mais vraiment taillé pour cibler les développeurs. Dans le dos de la victime, il récupère vos clés SSH privées, vos tokens GitHub, vos identifiants npm, Docker et Podman, vos tokens HashiCorp Vault, les cookies et mots de passe de vos navigateurs, vos sessions Slack, Discord ou Telegram, vos configs VPN et même tout votre historique de commandes shell. En clair, toutes les clés de votre vie de dev qui, une fois dans la nature, ouvrent grand la porte vers d'autres systèmes.
Et si vous avez lancé le paquet en root, il installe en prime un rootkit eBPF qui se planque carrément dans le noyau pour masquer ses processus. Le fonctionnement même de ce truc fait alors qu'il est quasi impossible de détecter à l'œil nu si on est infecté ou pas. On est sur la même logique que le ver Shai-Hulud planqué dans des paquets , sauf qu'ici l'échelle a pris une autre dimension.
Alors que faire pour se protéger ?
Hé bien si vous avez le moindre doute, partez du principe que la machine est compromise, surtout si le paquet a tourné avec les droits root. Et supprimer le paquet ne suffira pas car le rootkit, lui, reste planté.
Donc on fait comme d'hab, on régénère tous ses secrets, nouvelles clés SSH, révocation et régénération des tokens GitHub, npm, Docker et Vault, changement des mots de passe stockés dans le navigateur et compagnie... Et pour la suite, comme d'hab, faites attention à ce que vous installez et prenez l'habitude de lire les PKGBUILD avant de valider, parce qu'un script post-install qui fait autre chose qu'un simple echo, ça doit vous faire tiquer direct.
Quoiqu'il en soit, l'AUR n'a jamais été audité, c'est même l'un des principes du truc et tout le monde le sait... mais 400 paquets piégés d'un coup avec un rootkit qui vise vos accès, ça change fortement l'échelle du problème.
Bref, vérifiez vos paquets et faites tourner vos secrets aussi bien que vous faites tourner les serviettes quand c'est le jour du beaujolais au taf !
Et un grand merci à Maximilien pour le lien !
7 dollars, c'est le prix d'une bague connectée chinoise sur AliExpress, et c'est surtout tout ce que Saksham Bhutani a payé pour se bricoler un coach santé privé. Son truc s'appelle PulseLoop , et c'est une app iPhone open source qui transforme ce gadget à deux balles en tracker de fréquence cardiaque, de sommeil et d'activité, sans abonnement ni cloud à la con.
Le principe, c'est de prendre une bague avec capteurs vendue trois fois rien (la même qui traîne sur AliExpress sous le nom de SMART_RING et en un peu plus cher sur Amazon ) et de la débrancher complètement de son app d'origine, la fameuse JRING. À la place, vous clonez le projet, vous compilez ça dans Xcode, et hop, votre iPhone causera alors directement à la bague en Bluetooth.
Fréquence cardiaque, nombre de pas, calories brûlées et kilomètres sont relevés par la bague, ainsi que le parcours par le GPS du téléphone (si vous avez votre smartphone avec le GPS actif dans la poche), et tout est agrégé et stocké en local sur le téléphone et nulle part ailleurs.
Côté sommeil, on peut grâce à ça, suivre jour après jour la qualité de la nuit qu'on vient de passer et ainsi essayer d'atteindre plus de régularité pour améliorer son score de sommeil. Pour ma part, ce genre de trackers d'activité ne sont jamais restés bien longtemps à mon poignet, mais j'avoue que bidouiller le sien change un peu la donne et me fait reconsidérer la chose.
Et là où ça devient du vrai boulot de bidouilleur, c'est que rien de tout ça n'était documenté. Saksham a donc sorti Wireshark et un dongle Nordic nRF52840 pour renifler les échanges Bluetooth de la bague, puis il a tout reconstruit. Résultat,
un second repo
qui documente le protocole de A à Z, avec une petite CLI Python où vous tapez des commandes du genre hr run 45 ou spo2 run 45 pour déclencher une mesure. Y'a même un mode selfie planqué dedans, vous serrez le poing et la bague déclenche la prise de photo sur le téléphone !
Le truc marrant (enfin, marrant... je me comprends), c'est ce qu'il a trouvé en chemin... Car OUI la bague balance tout en clair sur un service maison avec 0 chiffrement. ou signature. Vos battements de cœur transitent donc à poil sur le Bluetooth ! D'ailleurs, on a vu avec l'affaire Strava que ces données de tracking peuvent révéler bien plus que prévu, alors une bague à 7 balles qui cause sans aucune protection, ça craint un peu...
En tout cas, c'est ça qui a énervé Saksham au départ. Il avait acheté un Google Fitbit, il aimait l'idée, mais pas le reste. A 100 balles l'appareil + 10 balles de plus par mois d'abonnement, et une app bourrée d'IA à tous les étages, sans oublier ce flux continu de son rythme cardiaque, de son sommeil et de ses déplacements envoyé non-stop chez Google pour qu'ensuite ils les revendent... Ça commençait à faire un peu trop pour lui. Chez Whoop, Oura ou d'autres, c'est tout pareil, vos données SONT le produit.
C'est pour cela qu'avec PulseLoop il a décidé de casser ça...
Au-dessus, il a même collé un coach IA plutôt malin qui lit vos mesures en local et vous sort des trucs du style "ton rythme au repos a grimpé les trois nuits où tu as dormi moins de 6 heures". Il fait des graphiques, repère des tendances, retient vos objectifs. Après ce coach-là tourne sur l'API d'OpenAI avec VOTRE clé du coup dès que vous lui posez une question, vos données partent chez OpenAI et vous payez à l'usage. Mais bon, même sans ça, le reste de l'app marche très bien.
Après, faut pas rêver sur la qualité de l'appareil car une bague à 7 dollars c'est pas un capteur Oura... les capteurs valent ce qu'ils valent et le décodeur de sommeil est encore expérimental (il ne choppe même pas les phases REM pour l'instant). On est dans l'esprit d' AsteroidOS , sauf qu'ici on "libère" une bague plutôt qu'une montre.
Mais bon je me dis que les capteurs vont évoluer, ils vont en devenir de mieux en mieux et cet outil sous licence libre sera toujours là pour en reprendre le contrôle. Pour moi c'est un projet à suivre, même s'il est encore ultra jeune (et uniquement sur iPhone pour le moment).
Comme beaucoup d'âmes en peine, vous utilisez les messages enregistrés sur Telegram comme un gros dépotoir pour stocker tous vos fichiers en vrac ?
C'est pas con, mais pour retrouver un PDF précis ou streamer une vidéo là-dedans, c'est vite la galère... Mais no stress, aujourd'hui, on va voir comment s'en sortir.
L'idée c'est d'utiliser l'infrastructure de Telegram pour transformer votre compte en un espace de stockage personnel organisé. Et pour cela, il existe une application, développée en Tauri avec du Rust et du React, qui se nomme Telegram Drive et qui se connecte directement à votre compte et affiche une interface d'explorateur de fichiers classique. Vos canaux privés et vos messages enregistrés deviennent alors de simples dossiers et voilà comment Telegram devient enfin une alternative intéressante aux solutions de stockage en ligne traditionnelles.
Gardez cependant en tête qu'il s'agit d'une zone grise. En effet, l'utilisation de l'API de Telegram pour du stockage massif enfreint en théorie leurs conditions d'utilisation, et vous risquez de voir votre compte suspendu en cas d'abus.
Côté fonctionnalités, l'outil propose donc du drag-and-drop pour uploader vos fichiers, une grille capable de gérer des milliers d'éléments sans ramer, et de l'affichage de vignettes pour vos images.
Le truc sympa, c'est surtout la possibilité de streamer vos vidéos et vos fichiers audio directement depuis l'application sans les télécharger, ou encore de lire vos PDF grâce à un lecteur intégré. Notez que le système respecte la limite classique imposée par Telegram, à savoir 2 Go par fichier pour les comptes gratuits et jusqu'à 4 Go si vous êtes abonné Premium.
Maintenant, pour organiser vos dossiers, il vous faudra créer un canal privé pour chacun d'eux afin de structurer au mieux le bazar. Et pour les bidouilleurs qui aiment automatiser leurs flux de travail avec des scripts, l'outil propose même une API REST locale sécurisée.
Niveau réseau, l'application intègre des optimisations pour les connexions instables ou lentes, notamment un module spécifique pour régler la taille des blocs de transfert, sans oublier le support des proxys SOCKS5 et MTProto, donc ça fonctionnera au top, que vous soyez en 4G dans le métro ou sur un Wifi pourri.
Pour faire tourner le client sur votre ordi, le projet propose des exécutables pour Windows, macOS et Linux. Ah et y'a même une version pour Android. Maintenant, si vous préférez compiler les sources à la main, il faudra installer Rust avant de lancer la compilation via npm.
Ensuite, pour connecter l'application au réseau, il faudra récupérer vos propres identifiants API (API ID et API Hash) auprès de Telegram et ensuite, cette configuration restera stockée localement sur votre machine dans un bon vieux fichier config.json.
Perso, je trouve que détourner Telegram en espace de stockage personnel est une idée plutôt cool. L'avantage, c'est que vos données transitent directement de votre machine vers les serveurs de la messagerie, sans passer par un serveur tiers ou un conteneur Docker hébergé ailleurs. Mais après, c'est comme d'hab, ça ne vous appartiendra plus vraiment... Poutine va kiffer vos photos de vacances ^^
Mais le mieux pour se faire un avis reste de l'essayer, comme d'hab !
Merci à Camille Roux pour le lien !
Vingt et un ans après sa création par Linus Torvalds, Git amorce pour de bon son changement de langage. La première version de test de Git 2.55, publiée hier, active par défaut le code Rust dans le gestionnaire de versions le plus utilisé au monde, celui qui héberge l'historique d'à peu près tous les projets logiciels de la planète.
Jusqu'ici, il fallait réclamer explicitement le Rust au moment de compiler le logiciel, c'est-à-dire de le fabriquer à partir de son code source, via une option baptisée WITH_RUST ou via le système de build Meson. Git 2.55 inverse la logique : le Rust est désormais supposé présent, et c'est pour s'en passer qu'il faut lever la main, avec une nouvelle option NO_RUST.
Pour situer, Rust est un langage de programmation conçu pour éliminer toute une famille de bugs mémoire, ceux-là mêmes qui font le bonheur des pirates depuis quarante ans. Git, lui, est écrit en C depuis 2005, un langage qui laisse au développeur l'entière responsabilité de ne pas se tirer une balle dans le pied.
Le chantier ne date pas d'hier. L'an dernier, Patrick Steinhardt, un des mainteneurs du projet, proposait d'introduire Rust dans le cœur de Git et d'en faire à terme une dépendance obligatoire pour fabriquer l'outil.
Git 2.52 avait franchi le premier pas fin 2025 en convertissant un petit module, varint.c, chargé de décoder des entiers à taille variable. Du code volontairement modeste : l'idée était de roder la chaîne de compilation, pas de réécrire Git.
Avec la 2.55, le rythme change. L'équipe prépare d'ailleurs le portage de xdiff, le moteur qui calcule les différences entre deux versions d'un fichier, autrement dit le cœur du métier de Git.
Et le calendrier est déjà là : à partir de Git 3.0, Rust sera obligatoire, sans aucune possibilité de le désactiver. Aucune échappatoire. L'option NO_RUST de la 2.55 n'est donc qu'un sursis.
Pour vous, rien ne change : les binaires fournis par votre distribution Linux, par Apple ou par GitHub arrivent déjà compilés. Ce sont les empaqueteurs et les plateformes un peu spéciales qui vont devoir installer la chaîne d'outils Rust.
Sauf que voilà, tout le monde n'a pas un compilateur Rust sous la main. La proposition de Steinhardt avait déclenché de longs débats autour des plateformes exotiques, comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust ne tourne tout simplement pas aujourd'hui. Le projet compte sur les progrès de gccrs, le support Rust en cours d'intégration dans GCC, le compilateur historique du monde libre, pour boucher ces trous avant l'échéance.
Le reste de la version est plus classique, avec des optimisations, des corrections de bugs et de petites améliorations sur différentes sous-commandes, détaillées dans l'annonce de Junio Hamano, le mainteneur en chef du projet.
Voir Git, monument du C, basculer sur Rust par défaut, c'est le signe le plus clair que le vieux langage perd du terrain.
Source : Phoronix
Détourer un sujet filmé sur un fond vert, c'est le cauchemar classique du compositing. Entre les cheveux rebelles, le flou de mouvement et cette satanée frange verte sur les bords, on y passe vite des heures. Faut dire que la plupart des outils de détourage automatiques actuels c'est de la merde, puisqu'ils se contentent d'extraire des masques binaires un peu brutaux qui massacrent les détails fins.
Et c'est là qu'intervient CorridorKey , un outil dont le code est disponible sur GitHub et développé par Niko Pueringer de l'équipe Corridor Crew . Au lieu de bêtement découper la silhouette, ce réseau de neurones fait un travail de dé-mélange de couleurs (unmixing) hyper précis. Cela lui permet de reconstruire la couleur d'origine de chaque pixel en retirant le fond vert, tout en générant un canal alpha linéaire très propre... et c'est dingue parce que ça change tout en terme de qualité de rendu !
L'interface de EZ-CorridorKey après traitement
Pour les pros du VFX qui bossent sur Nuke, Resolve ou Fusion, l'outil gère nativement le format EXR en 16 et 32-bit linéaire. Ça conserve également toute la dynamique des couleurs pour l'intégration finale. Du coup, ça vaut le coup d'oeil si vous voulez intégrer ça proprement. D'ailleurs au passage, si vous cherchez un éditeur libre plus classique, jetez un oeil à Shotcut , je l'avais testé y'a pas longtemps et c'est vraiment cool.
Maintenant, attention avec CorridorKey car si traiter des images pour vos projets commerciaux est autorisé, la revente, les API payantes ou l'intégration logicielle ne marchent pas sans accord écrit préalable. Pour les repères de détourage (les alpha hints), je préfère BiRefNet car c'est plus léger mais autrement, le système s'appuie sur des modèles comme Generative Video Matting (GVM) ou VideoMaMa qui sont super quand même.
Côté matériel, Niko a développé le projet avec une NVIDIA RTX Pro 6000 de 96 Go de VRAM (en gros, une machine de guerre). Mais heureusement, la communauté qui a moins de sous a optimisé tout ça. Du coup, la version actuelle tourne aujourd'hui sur des GPU de 6 à 8 Go de VRAM, mais n'oubliez pas qu'il faut CUDA 12.8 sous Windows pour faire tourner le bouzin.
Comparaison de qualité de détourage
Les utilisateurs de Mac ne sont pas oubliés non plus puisque le soft tourne aussi sur les puces Apple Silicon M1+ grâce à la mémoire unifiée. L'installation est facilitée également par l'usage du gestionnaire de paquets uv, qui s'occupe d'installer Python, de créer l'environnement virtuel et de récupérer les dépendances sans que vous ayez à lever le petit doigt.
Et si la ligne de commande vous donne des boutons, il existe un fork fort sympathique baptisé EZ-CorridorKey . Ça ajoute une interface graphique simple, ce qui rend l'outil accessible aux artistes qui préfèrent cliquer sur des boutons. Et si vous aimez les effets analogiques, vous pouvez aussi le coupler avec ntsc-rs pour donner un look rétro à vos vidéos.
Bref, CorridorKey est un excellent moyen de tester la puissance de l'IA appliquée au détourage VFX pro sans se ruiner en logiciels propriétaires.
A vous de jouer maintenant !
Plus de 1 000 tokens par seconde sur une seule carte H100, l'accélérateur que Nvidia vend aux centres de données, et environ 700 sur une RTX 5090, sa carte gaming haut de gamme. C'est le débit que Google DeepMind annonce pour DiffusionGemma, son nouveau modèle d'IA ouvert, à peu près quatre fois ce que produisent les modèles Gemma classiques de taille comparable.
Toute la différence se joue dans la façon de générer le texte. Les modèles de langage habituels sont autorégressifs : ils écrivent de gauche à droite, un token à la fois, le token étant le petit morceau de mot que manipule une IA. DiffusionGemma fait tout autrement.
Il travaille comme les générateurs d'images, qui partent d'un nuage de bruit et le débruitent petit à petit jusqu'à la photo demandée. Le modèle pose un canevas de 256 tokens fictifs, repasse dessus plusieurs fois pour affiner ses estimations, puis finalise le bloc entier d'un coup.
Sous le capot, on a un Mixture of Experts de 26 milliards de paramètres, une architecture où seule une petite partie du modèle se réveille à chaque calcul, 3,8 milliards ici. Du coup le tout tient dans 18 Go de mémoire vidéo en version compressée, soit une grosse carte graphique grand public.
L'intérêt en local, c'est que cette approche déplace le goulot d'étranglement de la bande passante mémoire, la vitesse à laquelle la carte lit ses propres données, vers le calcul pur. Dans le cloud, les serveurs mutualisent les requêtes de milliers d'utilisateurs et leurs puces tournent en permanence, alors que votre GPU à la maison passe le plus clair de son temps à attendre les données. La diffusion occupe ces cycles perdus.
Et puis il y a les tâches non linéaires, où l'ordre d'écriture ne suit pas l'ordre de lecture. Google a même affiné une version sur le Sudoku, un casse-tête réputé impossible pour les modèles classiques puisque chaque case dépend de cases pas encore écrites. DiffusionGemma, qui corrige son canevas en continu, atteint 80% de réussite en faisant tomber les étapes de calcul de 48 à 12.
Tout n'est pas rose pour autant. Dans une image, un pixel raté passe inaperçu. Un token mal prédit, lui, peut rendre un paragraphe entier incohérent et forcer à tout recommencer. Et pour une réponse de cinq mots, dégrossir un canevas complet gaspille du calcul. C'est d'ailleurs pour ça que les gros Gemini du cloud n'y passent pas.
Le modèle est expérimental, mais il sort sous licence Apache 2.0, la même que le reste de la famille Gemma 4, donc utilisable commercialement sans restriction. Les poids se téléchargent dès maintenant sur Hugging Face, la plateforme de référence des modèles ouverts, avec une optimisation menée main dans la main avec Nvidia. MLX, l'outil d'Apple pour faire tourner l'IA en local, est aussi de la partie, les Mac sont donc servis.
Si vous voulez mon avis, c'est sur ces modèles locaux que Google est le plus intéressant en ce moment, bien plus que sur Gemini.
Source : ARS Technica
Si vous voulez mixer vos sources audio sous Windows sans y passer vos nuits en mode David Guetta, vous allez kiffer SteelSeries Sonar et enfin dire adieu à l'interface imbuvable de Voicemeeter et la configuration ultra-pénible d'Equalizer APO !
Ce logiciel de mixage virtuel, totalement gratuit, vient en effet se greffer directement sur le système Windows pour y créer des cartes son virtuelles indépendantes. Cela vous permet alors de piloter d'un coup de curseur le volume d'un jeu, de votre chat Discord, de vos musiques Spotify ou de votre navigateur. C'est super pratique pour baisser les copains qui hurlent sans couper le son du jeu lors de vos parties nocturnes.
Le système d'App Routing permet surtout d'assigner chaque application ouverte à un canal spécifique par un simple glisser-déposer. Plus besoin donc d'aller fouiller dans les paramètres enterrés de Windows que même Microsoft a oublié, pour dire que Spotify doit sortir sur le canal "média" et Discord sur le canal "chat". Tout se gère comme ça depuis l'interface centrale en quelques clics, c'est super agréable.
Et le truc cool, c'est que ça ne demande aucun matériel de la marque (et heureusement !). N'importe quel casque USB, jack ou Bluetooth fonctionne nickel. Avec un casque lambda, ça tourne impeccable, même si par contre, c'est packagé dans la suite SteelSeries GG, qui pèse son poids et vous obligera à vous créer un compte. Hé oui, "on ne peut pas tout avoir dans la vie" comme aime à vous le rappeler constamment votre mèèère.
En interne, l'égaliseur paramétrique 10 bandes est un modèle du genre. Ce n'est pas juste un égaliseur classique car on peut ajuster précisément chaque fréquence et créer des profils très pointus. D'ailleurs, si vous cherchez à améliorer le rendu sonore global de votre matériel, c'est un excellent complément à des projets comme AutoEq pour peaufiner vos courbes. Y'a d'ailleurs plus de 200 presets de jeux pros qui sont dispos si vous voulez vous amuser.
Pour le micro, la fonction ClearCast AI nettoie aussi le signal à la volée, ce qui permet d'éliminer le souffle de vos ventilateurs, de votre gros nez ou le tapotage infernal sur votre clavier mécanique de hipster en manque d'affection. Le traitement consomme bien sûr un peu plus de ressources CPU si on le pousse à fond, mais c'est redoutable pour éviter de casser les oreilles des autres. On y trouve aussi une spatialisation audio en 360 degrés avec réglage de la distance pour ceux qui aiment.
Bref, pour les joueurs et les créateurs qui veulent peaufiner leur setup de streaming Twitch sans investir dans des licences payantes ou du matériel physique coûteux, c'est une excellente surprise que nous offre la SteelSeries. C'est propre, bien complet et ça fait le taf !
Attention toutefois, le logiciel n'est disponible que pour Windows 10 et 11. Les utilisateurs sur macOS ou Linux devront passer leur chemin ou trouver d'autres alternatives. Vous pouvez télécharger l'application gratuitement en vous rendant sur le site officiel .
Vous connaissez le duo Prometheus et Grafana ? C'est le grand classique pour surveiller ses serveurs, mais configurer tout ce bazar et le garder propre, c'est vite l'enfer. Alors pour ceux qui veulent juste garder un oeil sur leur homelab plutôt que de perdre le peu de cheveux qu'il leur reste à configurer Grafana durant des heures, j'ai trouvé pour vous Beszel .
Beszel est un outil de monitoring de serveurs ultra-léger et surtout super simple à mettre en place. Le projet est tout récent et développé en Go, ce qui permet d'avoir des binaires minuscules et une consommation de ressources ridicule
Donc si vous cherchez un outil de monitoring Linux self-hosted aussi simple à prendre en main que Kula dont je vous ai déjà parlé, ça vaut le coup d'aller jeter un oeil.
La mécanique de Beszel repose sur deux morceaux, à savoir le hub et l'agent. Le hub, c'est l'interface web construite au-dessus de PocketBase, qui sert de tableau de bord centralisé quant à l'agent, lui, il tourne discrètement sur chaque machine à surveiller et remonte les métriques au hub. "Discrètement", ça veut dire qu'il consomme à peine 10 à 15 Mo de RAM donc c'est parfait pour le faire tourner sur une vieille machine ou un tout petit Raspberry Pi sans que ça tousse-tousse !
Le truc vraiment cool aussi, c'est la gestion native des conteneurs Docker. Au lieu de simplement suivre l'état général comme avec un outil de suivi des processus classique (je pense à pstop par exemple), il liste chaque conteneur et affiche sa consommation individuelle en CPU, mémoire et réseau. Donc pour tous ceux qui auto-hébergent des dizaines de services, c'est un pur bonheur.
Côté métriques, y'a aussi tout ce qu'il faut pour ne rien louper. L'outil permet de suivre la consommation CPU, la mémoire (incluant le swap et le ZFS ARC), l'espace disque, les entrées/sorties réseau, la moyenne de charge et même la température des composants. En 15 secondes, tout s'affiche proprement.
Il gère aussi des trucs plus poussés comme la santé des disques via les données S.M.A.R.T., l'état de la batterie et même la consommation de vos cartes graphiques Nvidia, AMD ou Intel. Attention, pour le S.M.A.R.T. et le GPU par contre, il faudra que vous installiez les utilitaires système correspondants sur la machine hôte (smartmontools, nvidia-smi...) pour que l'agent puisse remonter les infos.
Et la configuration ? Hé bien c'est un simple fichier docker-compose.yml et voilà c'est plié !
Lors du premier lancement du hub, vous devrez vous créer un compte administrateur, puis cliquer sur "Ajouter un système", et l'interface vous génèrera une clé publique. Il suffira ensuite de filer cette clé à votre agent via sa variable d'environnement (dans son docker-compose.yml, par exemple) et les deux copains commenceront à causer. C'est pas plus compliqué que ça ! Même un notaire pourrait le faire ^^.
Le hub intègre également une gestion multi-utilisateur bien foutue puisque chaque utilisateur peut avoir accès à ses propres machines, tandis que l'administrateur peut décider de partager certains systèmes. Si vous voulez sécuriser le tout, l'outil supporte aussi de nombreux fournisseurs OAuth2 et OIDC comme Google, GitHub ou Keycloak, et vous pouvez même couper complètement la connexion par mot de passe.
Beszel s'occupe aussi des sauvegardes automatiques de vos données de surveillance, en local ou directement sur un stockage compatible S3. Et pour les alertes, pas de panique, car l'outil est compatible avec Shoutrrr . Cela vous permettra de configurer des notifications par Discord, Telegram, Teams ou mail si le CPU s'affole ou si un disque commence à saturer.
Par contre, si vous cherchez un outil d'analyse de logs complet ou de détection de bug réseau ultra-précis, laissez tomber car c'est pas la "mission de vie" de Beszel. Sauf si bien sûr, vous le couplez avec un autre outil. Après pour le reste, c'est parfait.
Vous pouvez tester la version v0.18.7 en vous rendant sur le site officiel .
eMule ? Sérieusement ?
Hé bien oui les amis, le célèbre mulet du P2P n'est pas encore mort de sa belle mort et en ce moment y'a un petit revival de cette bestiole du début des années 2000. C'est logique car les abonnements de streaming se fragmentent de plus en plus et coûtent un bras, les forums de torrents ferment les uns derrière les autres, alors c'est tout naturellement que certains dinosaures du partage de fichiers s'offrent un petit lifting.
Prenez aMule , le célèbre clone multiplateforme d'eMule. Hé bien le projet vient de sortir en version 3.0.0 après 5 ans de silence radio. Et c'est pas une petite mise à jour esthétique puisque les développeurs ont réécrit entre autres toute la gestion des entrées/sorties sur le disque pour sortir ça du thread principal. Résultat, sur un Mac Studio Apple Silicon, le débit de téléchargement P2P explose !
Côté Windows, le client d'origine bouge encore lui aussi, puisque la communauté maintient le navire avec des versions comme eMule 0.70b Community et prépare la suite avec la bêta 0.72a. Ces moutures corrigent la compatibilité avec Windows 11, intègrent TLS 1.3 pour l'interface d'administration et supportent l'architecture ARM64. J'ai testé, ça trace mais la vraie nouveauté qui va vous plaire les fans d'eMule, c'est Mularr .
Ce projet open-source qui s'installe via Docker permet de "supercharger" le mulet. Ça permet d'avoir une interface web responsive au look nostalgique très Windows XP (ou Windows 11 pour les p'tits jeunes), tout en proposant des APIs compatibles qBittorrent et des indexeurs Torznab. Du coup, vous pouvez connecter l'âne directement à vos outils d'automatisation comme Sonarr ou Radarr. Il gère même les notifications de fin de téléchargement via Telegram et s'intègre avec le VPN Gluetun. C'est la classe à Arras comme disent les ch'ti.
Je sens que j'ai touché votre corde sensible avec tout ça. Je vous rassure, à moi aussi parce j'ai commencé ce blog justement parce que j'étais à fond dans le milieu du P2P à l'époque.
Alors si vous voulez relancer la machine (les nostalgiques apprécieront également macMule ), quelques règles de sécurité s'imposent.
Tout d'abord, les listes de serveurs par défaut sont souvent blindées de mouchards et de faux serveurs malveillants qui vous balancent des contenus bourrés de virus. Pensez donc à nettoyer tout ça et à récupérer un fichier de serveurs server.met propre chez
emule-security.org
ou
peerates.net
. Activez aussi Kademlia, le fameux réseau décentralisé Kad, pour vous passer de serveurs centralisés. Ah et puis gaffe à Hadopi hein...
lol, ça va, j'rigole !
Et même après tout ce temps, la règle d'or reste la même : ne lancez jamais un fichier suspect de 700 Mo qui prétend être un film mais se termine par une extension d'exécutable genre un bon vieux .exe ou .scr, hein ^^. Pensez aussi à configurer un IP filter (comme celui d'emule-security ) pour bloquer les serveurs hostiles et tout ira bien.
Voilà, si vous cherchiez des fichiers rares introuvables sur Torrent, c'est le moment de relancer l'âne car au pire, vous choperez de vieux fichiers nostalgiques et au mieux, vous monterez une Seedbox de l'espace.
Amusez-vous bien et bon courage avec votre Low-ID ^^.
ReactOS, le système d'exploitation libre qui recopie Windows brique par brique, fait désormais tourner Half-Life ( et oui, décidément c'est la journée ! ), le jeu de tir que Valve a sorti en 1998 et qui a propulsé toute une génération de joueurs dans les couloirs du complexe de Black Mesa. Et là, fini l'écran-titre figé qui narguait les développeurs depuis des années. La partie démarre. On y joue.
Pour mesurer l'exploit, il faut savoir ce qu'est ReactOS, parce que ce n'est ni Linux, ni un émulateur, ni une surcouche posée par-dessus un vrai Windows. C'est une réécriture intégrale de Windows, repartie de la page blanche, sans une seule ligne du code source de Microsoft, dans le seul but de faire avaler les programmes .exe et les pilotes pensés pour Windows comme s'ils tournaient sur l'original.
Le terme exact, c'est la compatibilité binaire. Vous prenez un logiciel conçu pour Windows, vous le lancez, il s'exécute, point final. Le premier commit remonte à 1996, à l'époque sous le nom de FreeWin95, et le projet vient tout juste de souffler ses trente bougies.
Half-Life qui s'initialise sur ReactOS, ce n'est pas tout à fait neuf. Dès 2018, une vidéo montrait déjà la séquence d'entraînement, le fameux Hazard Course, jouable sur la version 0.4.8, en rendu logiciel, c'est-à-dire avec chaque image calculée par le processeur faute de carte graphique reconnue pour s'en occuper à sa place.
Sauf que voilà. Jusqu'ici ça toussait, ça plantait, ça s'affichait trois secondes avant de rendre l'âme. Cette fois, les développeurs montrent une vraie partie qui tient la distance, sur la dernière mouture 0.4.15 publiée il y a peu.
Et c'est là que le bât blesse. Trente ans. Le projet en est toujours à une version 0.4, un numéro qui hurle "ce n'est pas fini", pour faire enfin tourner un jeu qui affiche lui-même vingt-huit ans au compteur.
Réécrire Windows à l'identique sans en avoir la recette, c'est un travail de dingue où la moindre application un peu gourmande réclame des centaines de fonctions système reproduites au détail près, et Half-Life, avec son moteur GoldSrc qui va fouiller jusque dans les entrailles de la machine, fait précisément partie de ces logiciels qui ne pardonnent pas la moindre approximation.
L'année a quand même été dense pour l'équipe. ReactOS gère maintenant les puces ARM64, a musclé l'accélération 2D et 3D sur les cartes NVIDIA GTX, et lorgne le support de l'UEFI et de machines plus récentes. Reste un détail qui calme l'enthousiasme : tout ça respire surtout à l'aise dans une machine virtuelle, beaucoup moins sur un vrai PC posé sur le bureau.
Bref, personne ne va troquer son Windows contre ReactOS pour bosser demain matin. La cible est ailleurs : ressusciter de vieux logiciels et de vieux jeux sur un socle libre, gratuit, débarrassé de la laisse tenue par Microsoft.
En tout cas, trente ans pour lancer Half-Life, c'est pas rapide. Mais un Windows entièrement libre qui exécute un vrai jeu culte, ça force le respect.
Source : Phoronix