Vous ouvrez une de vos notes écrite en Markdown pour corriger 3 lignes et PAF vous voilà dans un éditeur qui met 3 siècles à se charger, à mater des balises tout en pestant contre le bouton de prévisualisation que vous ne trouvez pas... Bref, vous êtes grognon !
Hé bien Wander retire ce choix et vous propose de travailler uniquement en WYSIWYG même si derrière, ce sont toujours des fichiers .md stockés bien au chaud dans votre dossier "Plan de conquête du web". (Quoi y'a que moi qui ait un dossier comme ça ?)
Dans cet éditeur d'un nouveau genre, les tableaux, les images et les listes de tâches se manipulent comme des blocs. Les raccourcis Markdown restent là pour ceux qui les ont dans les doigts, avec une barre de mise en forme pour les autres. Vous corrigez donc une note longue en gardant son rendu sous les yeux, sans refaire l'aller-retour entre le texte brut et l'aperçu pour chaque tableau de travers.
L'interface de Wander à côté du Markdown et du diff correspondant
Le dossier peut être un simple tas de .md ou un coffre Obsidian déjà trop rempli, c'est pas grave puisque Wander conserve les wikiliens, les pièces jointes, les tags et le front matter, et ajoute même la recherche plein texte et les backlinks. Vous circulez ainsi dans les notes sans import ni conversion, et leur organisation actuelle ne bougera pas.
Les commentaires, de leur côté, vivent dans un dossier caché .wander à côté des fichiers. Comme ça, tout l'historique de versions reste sur votre Mac et permet de comparer ou restaurer une note sans avoir à vous monter un serveur Git juste pour récupérer un paragraphe effacé bêtement la veille. Si vous mettez tout ça sur iCloud ou Dropbox, vous serez tranquille. Les commentaires peuvent également être suivis via Git si vous préférez.
Wander est gratuit sur l' App Store et il vous faut iOS ou iPadOS 17, ou un Mac Apple Silicon sous macOS 15 au minimum pour le faire tourner. L'app est encore toute jeune mais si votre matériel suit et que vous voulez garder la main sur vos .md, je pense que ça peut coller à votre usage !
Un développeur du nom d' Artem Lytkin a réussi à faire tourner DOOM sur une machine dont la seule et unique opération est un chercher-remplacer, le même que celui de votre traitement de texte, appliqué en boucle sur un énorme fichier texte. Le projet s'appelle doom-regex et son code est public depuis quelques jours.
Une expression régulière, c'est un motif de recherche un peu évolué, capable de repérer par exemple tous les groupes de chiffres suivis d'une virgule dans un texte pour les remplacer par autre chose. Les développeurs s'en servent tous les jours pour nettoyer des fichiers ou valider des adresses mail, jamais pour lancer un jeu vidéo.
Ici, tout l'ordinateur vit dans une seule chaîne de caractères d'environ 96 Mo, dans laquelle les registres du processeur, la mémoire, l'image affichée à l'écran, le moteur du jeu et ses données sont posés sous forme de texte. Un jeu de 544 règles de remplacement, toujours appliquées dans le même ordre, simule un petit processeur 32 bits maison baptisé RVM-1.
Il n'y a aucun interpréteur ni aucun calcul en dehors de ces règles. Quand le jeu additionne deux nombres, c'est une substitution qui réécrit des caractères au bon endroit dans la chaîne, et rien d'autre.
Le prix à payer est quand même salé, puisqu'il faut près de 14 millions de substitutions pour produire une seule image du premier niveau, à un rythme d'environ 80 000 remplacements par seconde. Trois minutes par image. Une petite séquence de 100 images représente du coup plus d'un milliard d'opérations.
Le résultat n'est pourtant pas une vague approximation, car les images produites sont identiques à l'octet près à celles du vrai DOOM compilé normalement, vérification par empreinte cryptographique à l'appui.
Tom's Hardware, le média spécialisé qui a relayé la trouvaille, résume bien l'expérience : y jouer tient plus "des échecs par correspondance avec un fusil à pompe" que du jeu de tir nerveux. Une démo pour Windows est malgré tout téléchargeable pour les plus patients.
DOOM a déjà tourné sur des tests de grossesse et des tracteurs, mais on est ici un cran au-dessus, avec la preuve qu'un outil de bureautique détourné suffit à construire un ordinateur qui marche. Hackaday, le site des bidouilleurs, reconnaît d'ailleurs que la valeur pratique du truc est à peu près nulle.
Totalement inutile, et c'est exactement pour ça qu'on adore : ce genre de bidouille obsessionnelle et gratuite vaut tous les produits à abonnement du moment.
Source : Tom's Hardware
Même les hackers ne veulent plus voir les lunettes connectées de Meta. Les organisateurs de la DEF CON, la plus grande convention de hackers au monde qui se tient chaque été à Las Vegas depuis 1993, ont annoncé sur leurs réseaux sociaux l'interdiction pure et simple des "lunettes de style Meta dotées de capacités d'enregistrement" dans l'enceinte de l'édition qui ouvre le 6 août.
Et la règle ne souffre aucune exception, pas même pour ceux qui ont fait monter des verres correcteurs sur leur monture connectée. "Pensez à emporter des lunettes conformes si vous en avez besoin", préviennent les organisateurs. Le message est clair.
Pour situer, la DEF CON attire chaque année plus de 30 000 participants, chercheurs en sécurité, agents fédéraux et bidouilleurs de tout poil, dans une ambiance où la paranoïa est presque une politesse. Le règlement photo, en place depuis 2023, interdit déjà de photographier qui que ce soit sans son accord, à l'exception des intervenants sur scène.
Sauf que voilà, les lunettes conçues par Meta avec EssilorLuxottica, le géant franco-italien de l'optique, sous les marques Ray-Ban et Oakley, ressemblent à s'y méprendre à des montures classiques. La caméra se niche dans la branche et seule une petite diode signale que ça tourne.
Du coup, impossible pour votre voisin de savoir s'il est filmé, et filmer quelqu'un en douce constitue une violation du code de conduite de la conférence. Dans un événement où une partie du public paie encore son badge de 520 dollars en liquide pour ne pas laisser de trace, on comprend que ça coince.
Eva Galperin, directrice de la cybersécurité à l'EFF, la grande association américaine de défense des libertés numériques, a applaudi des deux mains : "ravie de voir une politique "pas de lunettes de voyeur" à la DEF CON". Le surnom anglais, "pervert glasses", littéralement des lunettes de pervers, colle au produit depuis un bon moment.
Meta a bien senti le vent tourner, puisqu'une mise à jour déployée en juillet désactive désormais la caméra quand la diode témoin est masquée ou cassée. Visiblement, ça n'a pas suffi à rassurer grand monde.
La DEF CON n'est d'ailleurs pas seule, un organisateur britannique de Comic Cons et même une compagnie de ferries écossaise ont pris des mesures comparables. En 2013, les casinos de Las Vegas avaient déjà banni les Google Glass, autrement plus voyantes avec leur écran vissé sur la monture.
Quand les spécialistes de l'espionnage des machines refusent eux-mêmes d'être filmés à leur insu, le grand public aurait tort de ne pas se poser les mêmes questions.
Source : The Register
Août est arrivé. Vous avez posé vos congés, votre valise est prête, et vous vous apprêtez à partir en mode déconnexion totale (oui parce que tout le monde sait que les vrais, eux, déménagent à cette période). Sauf que votre VPN, lui, il bosse. Et franchement, entre le WiFi de l'aéroport, celui de l'hôtel bidon à trois étoiles sur Booking, et la 4G capricieuse à l'étranger, vous allez bien avoir besoin de lui.
Surfshark vient de sortir deux grosses mises à jour cet été, et si vous partez en vacances sans les connaître, vous ratez quelque chose.
On commence par la grosse annonce de juillet 2026. Surfshark a étendu sa techno FastTrack à plus de la moitié de son réseau de serveurs. Ça veut dire plus de 2 000 serveurs optimisés sur les 4 500+ disponibles. Et le truc ouf ? Des gains de vitesse allant jusqu'à 70% par rapport à une connexion VPN classique.
Alors comment ça marche ? En gros, au lieu de vous envoyer bêtement vers le serveur le plus proche géographiquement, FastTrack analyse en temps réel tous les chemins possibles via l'infrastructure Nexus de Surfshark. Des sondes réparties dans le monde entier testent en permanence la latence et les perfs de chaque route. Résultat : même si le chemin optimal est plus long physiquement, il peut être bien plus rapide parce qu'il emprunte des câbles sous-marins plus récents ou des routeurs plus performants.
Karolis Kaciulis, l'ingénieur système en chef chez Surfshark, explique que "si un chemin plus long peut améliorer les performances grâce à de meilleures conditions, des routeurs plus avancés ou des câbles à plus haute capacité, FastTrack le sélectionnera".
Le seul hic (et c'est un gros hic pour certains) c'est que FastTrack n'est disponible que sur macOS pour l'instant. Les utilisateurs Windows et Android crient déjà au scandale sur Reddit, et Surfshark a promis d'étudier les retours pour décider sur quel OS se focaliser ensuite. Mais si vous avez un MacBook dans votre sac de voyage, vous êtes déjà dans le futur.
La deuxième grosse news, c'est la mise à jour du protocole Dausos en juin 2026. Pour rappel, Dausos est le protocole propriétaire de Surfshark, sorti en avril 2026, qui promet jusqu'à 30% de vitesse en plus que les protocoles standards tout en intégrant du chiffrement post-quantique.
Mais le vrai problème que cette mise à jour résout, c'est la connectivité sur les réseaux verrouillés. Vous savez, ces réseaux d'école, d'université ou d'entreprise qui bloquent les VPN à coups de pare-feu draconiens ? Eh ben Dausos vient de se faire une beauté pour passer à travers. Surfshark a implémenté des "specialized network fixes" qui permettent à Dausos de se connecter même sur les réseaux les plus stricts.
Pourquoi c'est cool pour les vacances ? Parce que si vous êtes en séjour linguistique, que vous travaillez depuis un campus universitaire à l'étranger, ou que vous êtes en déplacement pro dans une boîte qui verrouille tout, Dausos vous permettra quand même de vous connecter. Le protocole randomise les ports à chaque connexion, ce qui rend la détection quasi impossible. Et avec son chiffrement AEGIS-256X2 et sa sécurité post-compromission, même si un attaquant choppe une clé, il ne pourra pas en déduire les futures.
Bon, les nouveautés sont cool, mais Surfshark a déjà une pile de features qui rendent les vacances bien plus tranquilles :
NoBorders : vous arrivez dans un pays où internet est bridé ? Chine, Iran, Émirats arabes unis, Russie ? NoBorders s'active automatiquement quand l'app détecte une restriction réseau. Elle se connecte au serveur le plus proche capable de contourner le blocage. Pas besoin de chercher quoi que ce soit, ça se fait tout seul.
GPS Override : vous voulez accéder à du contenu géobloqué sur une app qui vérifie aussi votre position GPS ? Surfshark propose le GPS Override sur Android. Ça modifie les coordonnées GPS que votre téléphone envoie aux apps, pas juste votre IP. Vous pouvez être physiquement à Paris mais faire croire à Pokémon GO que vous êtes à Tokyo. Ou accéder à YouTube TV américain depuis votre transat en Grèce.
Alternative ID : votre fausse identité de vacances. Vous réservez un hôtel, une location de voiture, un tour en bateau ? Ces sites demandent toujours votre email et votre numéro. Avec Alternative ID, Surfshark génère une identité complète (nom, adresse, email, numéro de téléphone virtuel) que vous utilisez à la place de la vôtre. Les emails sont forwardés vers votre vraie boîte, mais vous pouvez supprimer l'alias à tout moment. Fini les spams de "votre hôtel préféré" qui vous harcèlent six mois après votre séjour.
CleanWeb : en vacances, vous êtes souvent en roaming ou sur des forfaits data limités. CleanWeb bloque les pubs, les trackers et les malwares directement au niveau DNS. Ça réduit votre consommation de data et ça accélère le chargement des pages. Sur une connexion 4G étrangère à 15€ le Mo, chaque kilo-octet compte.
Kill Switch : l'arrêt d'urgence. Vous êtes au bord de la piscine, le WiFi de l'hôtel coupe, et votre VPN tombe. Sans Kill Switch, votre vraie IP est exposée pendant quelques secondes. Avec, votre connexion internet est coupée net. Pas de fuite, pas de panique. Vous reconnectez le VPN et c'est reparti.
Entre deux lignes de code et des mises à jour de protocoles, Surfshark a publié son Impact Report 2025 début juillet (fichier PDF). Et franchement, c'est pas du greenwashing à deux balles. Leurs bureaux de Vilnius et Kaunas fonctionnent à 100% d'énergie renouvelable avec des certifications BREEAM "Excellent". Ils ont planté plus de 9 000 arbres en Lituanie via un défi marche entre employés.
Mais le plus cool, c'est leur Emergency VPN program : en 2025, ils ont fourni un accès VPN gratuit et sécurisé à plus de 2 500 journalistes, activistes et représentants d'ONG opérant dans des régions avec de lourdes restrictions internet. Access Now, la Global Encryption Coalition, l'International Press Institute & co ... Surfshark collabore avec les bonnes personnes.
Leurs serveurs sont 100% RAM-only, un reboot et tout s'efface, zéro trace sur disque dur. La politique no-logs reste auditée par Deloitte, les apps passent les tests de Cure53 et SecuRing, et l'app Android a obtenu la certification MASA. Bref, c'est pas juste du marketing, c'est du concret.
Pourquoi Surfshark reste un des meilleurs VPN du marché ? (voir mon top des meilleurs VPN )
Vous partez en vacances ? Bien. Vous laissez votre cerveau en mode off ? Pourquoi pas. Mais votre sécurité numérique, elle, ne prend pas de vacances. Le WiFi de l'aéroport, celui de l'hôtel, la 4G étrangère, tout ça est un terrain de jeu pour les attaquants.
Avec les dernières mises à jour de Surfshark, vous avez un VPN qui va plus vite, qui passe partout même là où c'est bloqué, qui vous protège de la censure, qui trompe les apps GPS et qui génère des fausses identités pour vos réservations. Dans le doute, chiffrez. Et si vous devez chiffrer en vacances, autant le faire vite, bien, et sans que personne ne le sache.
Actuellement le Starter Pack vous offre 7 jours d'essai gratuit, puis vous paierez 80.68€ TTC pour 27 mois (abonnement 2 ans + 3 mois offerts).
Si vous avez eu la chance d'avoir, plus jeune, une Nintendo 64, mais que malheureusement celle-ci est cassée et qu'il ne vous reste plus que les cartouches, la question qui va se poser à vous aujourd'hui c'est de savoir si ça vaut le coup d'investir 248,95 € pour la remettre en route !
Et comment on fait ça ? Hé bien avec la ModRetro M64 qui est une console neuve qui lit ces cartouches d'origine et envoie l'image en HDMI. Elle détecte la définition de l'écran et sort en 720p, 1080p, 1440p ou 4K à 60 images par seconde, avec des filtres CRT et des scanlines en option pour ceux qui préfèrent le grain d'époque. Et surtout, aucun ROM à mettre là-dedans, c'est bien votre cartouche physique qui tourne.
Dedans, il y a une puce FPGA signée AMD, et pas un émulateur. Cela permet de reconstruire exactement le circuit pour lequel ce jeu a été écrit, sans l'émuler. Mise au point par Palmer Luckey, le co-fondateur d'Oculus, cette machine démarre en moins de 5 secondes et fonctionne avec n'importe quelle cartouche, qu'elle soit PAL, NTSC ou japonaise, même si la base de compatibilité que ModRetro met en ligne pour vérifier un titre précis ne couvre que les sorties nord-américaines.
De plus, l'Expansion Pak et le Controller Pak sont intégrés au boîtier, donc plus besoin de chasser les modules d'époque pour les jeux qui les réclamaient. Les 4 ports acceptent aussi les manettes N64 d'origine, si vous les avez encore.
Après comme dirait Yoda, une autre voie existe toujours si vous tenez à votre vraie console et qu'elle marche encore (Je sais, Yoda n'a jamais dit ça, mais osef ^^). Par exemple, un scaler comme le PixelFX Morph 2K récupèrera le signal analogique sans souci et le ressortira en HDMI propre, sans rien avoir à remplacer.
Le FPGA n'a rien de neuf dans le rétrogaming. La Game Bub dont je vous ai parlé s'en sert pour la Game Boy, et sur des machines simples, ça marche très bien.
La N64 a la réputation d'être la console la plus retorse à reproduire et je vous avoue que j'en fait justement les frais en ce moment avec mon outil de recompilation. Je pense que je vais la mettre de côté, parce que je n'avance pas.
Voilà, si vos cartouches dorment quelque part et que vous avez du pognon à pas savoir qu'en faire, cette machine les rejouera vraiment, PAL comprises. Après aucun développeur ne l'a passée au banc de tests donc la fidélité annoncée... reste une annonce.
Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI sur les modèles d'IA, a publié hier un billet de recherche qui a fait pas mal de bruit : son modèle Claude Mythos Preview a trouvé en 60 heures une faiblesse dans HAWK, un schéma de signature post-quantique que deux ans de relecture humaine n'avaient pas repérée.
La cryptographie post-quantique, ce sont ces nouveaux algorithmes conçus pour résister aux futurs ordinateurs quantiques, qui pourraient un jour casser une partie du chiffrement actuel. Le NIST, l'organisme américain qui normalise ces standards, organise depuis des années un concours public, et HAWK y concourt au troisième tour pour les signatures numériques, ce mécanisme qui prouve qu'un message vient bien de vous.
Sauf que voilà, ce que l'IA a réellement cassé, c'est HAWK-256, un paramètre de défi mis à disposition des chercheurs pour être attaqué, pas les versions HAWK-512 et HAWK-1024 pensées pour un usage réel. L'attaque fait passer le coût d'une récupération de clé de 2 puissance 64 à 2 puissance 38 opérations, de quoi diviser par deux la taille de clé effective sur un schéma qui n'est déployé nulle part.
Deuxième résultat mis en avant : une attaque 200 à 800 fois plus rapide que la meilleure méthode connue contre AES-128 réduit à 7 tours. AES, c'est le chiffrement le plus utilisé au monde, celui qui protège votre navigateur, vos sauvegardes ou votre disque dur.
Un tour, c'est une passe de brouillage des données, et AES-128 en enchaîne dix. Les cryptographes attaquent depuis toujours des versions volontairement raccourcies pour jauger la marge de sécurité du vrai chiffre, du coup 7 tours, c'est un exercice académique, rien de plus.
Même sur cette version affaiblie, l'attaque suppose de faire chiffrer environ 2 puissance 105 messages choisis par l'attaquant, une quantité de données que personne ne réunira jamais. Anthropic l'écrit noir sur blanc : aucun système en production n'est touché.
Le sujet est ailleurs. La technique contre AES, que le modèle a baptisée le pont de Möbius, est sortie de trois jours de travail quasi autonome pour environ 100 000 dollars de calcul, avant plusieurs centaines d'heures de vérification par des chercheurs humains, seuls capables de confirmer que l'attaque tient debout.
Anthropic a d'ailleurs prévenu les auteurs de HAWK dès juin et coordonné sa publication avec le NIST. Chez Keyfactor, une société spécialisée dans la gestion du chiffrement, on y voit la preuve que le processus d'évaluation fait son travail : mieux vaut découvrir ces faiblesses maintenant qu'une fois le standard déployé partout.
Une IA qui trouve toute seule des failles dans du chiffrement, c'est franchement impressionnant. Les titres qui enterrent déjà le chiffrement mondial, beaucoup moins.
Source : Anthropic
Si vous avez déjà envoyé un lien à usage unique qui est arrivé mort chez votre collègue, c'est probablement la prévisualisation de la messagerie qui a ouvert le lien en premier et qui a cramé le secret accompagnant le lien.
La bonne nouvelle c'est que Oğuzhan Karacabay vient de publier une grosse mise à jour d' OTI , son service open source auto-hébergeable qui génère des liens de partage consultables une seule fois, avec chiffrement dans le navigateur.
Vous collez un mot de passe, une clé d'API ou un bout de config dans OTI, le navigateur chiffre, le serveur lui ne stocke que du charabia, et le destinataire reçoit une jolie URL qui ne fonctionnera bien qu'une fois.
Ce qui change, c'est que le lien ne meurt plus tout seul. En chargeant la page, votre destinataire voit un compte à rebours et un bouton "Decrypt Message", rien d'autre. Du coup, tant que personne ne clique, le message continue son roupillon.
Comme ça, un bot qui déroule les URLs pour fabriquer une jolie vignette repart bredouille. Après si c'est un vrai scanner de sécurité qui charge vraiment la page dans un navigateur automatisé, vous ne pourrez pas éviter le problème.
L'autre nouveauté dans OTI c'est à la création d'un nouveau lien. Le service vous génère en fait 2 liens. Il y a celui que vous envoyez et un second que vous gardez pour vous. Ce dernier vous permettra de consulter l'état du message sans jamais afficher son contenu.
Côté crypto, le contenu est chiffré en AES-256-GCM via WebCrypto, et cette clé AES est elle-même emballée dans une paire RSA-2048 générée dans votre navigateur. La clé privée voyage dans le fragment de l'URL, la partie après le #, que les navigateurs n'envoient jamais au serveur.
Le principe zero-knowledge utilisé par OTI est quasi le même que celui de PrivateBin ou d' Enclosed où la clé ne quitte jamais le navigateur.
Par contre, ça donne des liens obèses puisque le mien faisait 1825 caractères, dont 1728 rien que pour le fragment, et c'est déjà compressé en zlib. Bon courage donc pour le dicter au téléphone ^^ (il y a un QR code, heureusement !)
Le reste, c'est du confort... Fichiers .txt jusqu'à 100 Ko validés dans le navigateur avant chiffrement, mot de passe optionnel par-dessus, expiration au choix entre 5 minutes et 7 jours, limitation de débit via Redis et une tâche planifiée qui balaie les secrets périmés toutes les 30 minutes.
Pour l'héberger, c'est de l'AdonisJS 6 en TypeScript avec Dockerfile, docker-compose et migrations fournis, en licence MIT. Redis peut céder sa place au limiteur en mémoire si vous montez juste un petit truc perso.
Notez quand même que pour le moment, le projet n'a pas été audité et est maintenu par un gars tout seul, donc évitez de l'utiliser pour des secrets d'État.
La démo est en ligne si vous voulez essayer avant d'installer.
Hammer, l'outil dont je vais vous parler aujourd'hui, est né d'un manuscrit perdu. En septembre 2020, son développeur Adam Brown vivait dans un van et écrivait dans des coins souvent très isolés, avec un logiciel gratuit qui se présentait comme fonctionnant hors ligne. Mais malheureusement, au bout d'une semaine sans réseau, le soft a cessé de fonctionner.
De retour en ville quelques jours plus tard, il a alors remis la main sur une connexion, et le logiciel est reparti, mais son manuscrit avait disparu !
Alors, dégoûté, il s'est dit qu'il allait coder son propre éditeur offline pour éviter que ça se reproduise, car hé, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Et c'est pourquoi quand vous écrivez avec Hammer , chaque scène est un fichier texte enregistré sur votre disque dans le répertoire que vous avez spécifiquement choisi. Et c'est pareil pour tout ce qui est contenu annexe comme les notes et les fiches d'encyclopédie qui accompagnent les scènes.
Grâce à Hammer, qui est un logiciel gratuit sous licence MIT, vos idées sont rassemblées sous la forme d'un projet d'écriture avec tout ce qu'il faut pour prendre des notes, mettre des tags, faire des liens...etc.
L'éditeur de Hammer, avec la scène, son plan et ses notes sur le même écran.
Pour autant ce n'est pas un bloc-notes déguisé. Les scènes se réordonnent au glisser-déposer, ce qui est pratique quand vous décidez que deux personnages doivent se croiser trois chapitres plus tôt. L'encyclopédie catalogue les personnages, les lieux et les événements avec leurs images, et Hammer lit vos scènes pour repérer tout seul qui apparaît où.
La synchronisation entre vos appareils, elle, est totalement optionnelle. Et depuis la dernière version, le serveur de sync a une
image Docker officielle
. Un petit docker compose up -d et c'est en route, avec un volume pour vos données et le PostgreSQL embarqué directement dans le conteneur.
Si vous débutez en auto-hébergement , sachez quand même que le serveur ne parle que HTTP en local alors que les clients Hammer exigent du HTTPS, donc il faudra mettre en place un reverse proxy ou un certificat devant.
Et si vous n'avez pas envie de gérer un serveur, sachez que l'instance officielle hammer.ink est utilisable si vous êtes abonné au Patreon du projet. Vous pouvez aussi vous en passer et poser le dossier dans Syncthing ou Dropbox, mais ça ne marchera qu'entre vos ordinateurs, car les clients mobiles (Android / iOS) Hammer supportent uniquement le protocole intégré.
Bref, un super outil pour les écrivains, les journalistes et autres producteurs de contenu qui aiment bosser offline. Et si Hammer s'arrête de fonctionner un jour, votre roman sera encore avec vous.
Il y en a qui récupèrent des vieux canapés dans des bennes à ordures et puis il y a eWastelander qui passe son temps à récupérer du matériel électronique pour ses futures bidouilles . Sa dernière prise, c'est une Xbox 360 à 15 dollars, dénichée au fond du rayon des "défectueux" d'un magasin de jeux qui soldait tout à moitié prix. Elle démarre parfaitement mais son unique défaut, c'est un contrôle parental verrouillé par un code que plus personne ne connaît.
C'est un modèle E, le dernier de la gamme, sorti à peu près au moment de la Xbox One . Malheureusement, ce verrou lui interdit tout ce qui dépasse la classification E, soit l'équivalent américain du tout public. Par exemple, le jeu Rock Band Blitz est classé T, donc bloqué. Autrement, dans cette console, il n'y a pas de disque dur, il n'y a aucun profil qui a été enregistré. Et il n'y a absolument rien à récupérer de l'ancien proprio. Voilà, il y a juste le code PIN et c'est tout.
Alors évidemment première tentative, la question secrète de récupération. "Quel est votre plat préféré ?" Il tape pizza, puis burger, puis chicken mais aucun ne passe...
Deuxième tentative, le code de réinitialisation d'usine planqué dans les menus. Il va donc dans les paramètres de la console où se trouvent les informations système. Il faut alors enchaîner une autre combinaison secrète de 6 boutons toujours identiques (gâchette gauche, gâchette droite, X, Y, bumper gauche, bumper droit) suivi de 4 pressions supplémentaires qui, elles, changent d'une console à l'autre. eWastelander programme alors les combinaisons en macros sur une manette 8BitDo, branchée via un adaptateur Brook Wingman et déroule toute la liste. Mais RIEN !
Mais il ne se laisse pas battre par le désespoir et amorce une troisième tentative : l'exploit logiciel bad update, qui se lance sur une console de série sans avoir à l'ouvrir et donne accès à une appli homebrew capable d'afficher le code en clair. Cet exploit ne se déclenche que depuis 2 jeux, Tony Hawk's American Wasteland et Rock Band Blitz. Sauf que, comme je vous le disais, Rock Band Blitz est classé T, et le verrou le bloque. Il bascule alors sur un autre exploit nommé bad avatar, mais la console freeze ! Quel enfer ! Comme cette 360 n'a aucun stockage interne, et que l'exploit réclame un disque dur ou une unité mémoire pour fonctionner, bah ça plante.
Restait la méthode "officielle", telle que décrite sur wiki Console Mods. Cela consiste à enregistrer la console sur son compte Microsoft puis à demander un reset du code, ou appeler le support qui le communique. Mais ce même wiki précise que la méthode "aurait été abandonnée d'après les retours négatifs, mais reste ici pour mémoire". Bref, y'a plus personne au comptoir !
Sa dernière option, qui se présente à lui, un peu comme la solution de la dernière chance, c'est d'effectuer un brute force sur la console. Et ça tombe bien parce qu'un autre dev surnommé Agent24 avait repris en janvier 2020 le code d'un autre bidouilleur (écrit à la base pour Arduino) puis adapté au Teensy.
Le Teensy, si vous ne connaissez pas, c'est une carte qui se fait passer pour un clavier USB et tape les combinaisons une par une. Cela représente 10 000 possibilités pour un code à 4 chiffres, soit entre une seconde et 17 heures selon la chance qu'on a. eWastelander coupe alors l'extinction automatique, laisse la carte tourner, et se barre...
5 heures après, il revient voir ce qu'il en est et, oh magie, sa console est déverrouillée !!
Bravo. Encore une fois, le brut de force a triomphé et ça ne date pas d'hier puisqu'en 2013, déjà, je vous parlais d'un bricoleur qui cassait le code PIN d'un GPS Garmin avec un Arduino et un vieux scanner, sur exactement le même nombre de combinaisons que pour la Xbox.
Et voilà comment ressusciter une console qu'on croyait perdue pour toujours à cause d'un simple code de contrôle parental !
La startup chinoise Moonshot AI, que vous connaissez peut-être pour son assistant Kimi et qui compte Alibaba parmi ses soutiens, a publié hier sur Hugging Face les poids complets de Kimi K3, un modèle de 2 800 milliards de paramètres qui devient du même coup le plus gros jamais mis en libre téléchargement. Personne n'était jamais allé aussi loin.
Ces fameux poids, ce sont les milliards de réglages internes que le modèle a accumulés pendant son entraînement, et c'est précisément ce qu'il faut posséder pour faire tourner l'IA sur ses propres machines plutôt que de passer par les serveurs de l'éditeur.
Le fonctionnement est d'ailleurs intéressant. Le modèle est découpé en 896 blocs spécialisés dont seuls 16 s'activent à chaque requête, ce qui ramène le calcul réel autour de 50 milliards de paramètres et rend l'engin à peu près exploitable.
La fenêtre de contexte grimpe en plus à un million de tokens, ces fragments de texte qui servent d'unité de mesure aux IA, de quoi envoyer une dizaine de romans dans une seule et même conversation.
Sur les classements du moment, K3 vient se glisser juste derrière les meilleurs modèles fermés d'OpenAI et d'Anthropic, quand il ne passe pas carrément devant sur les tests de programmation, ce qui est quand même un drôle de résultat pour un modèle que n'importe qui peut récupérer gratuitement.
Sauf que voilà, récupérer est un grand mot : le téléchargement pèse 1,4 To, et il faut ensuite une machine capable de charger tout ça en mémoire, ce qui suppose environ huit serveurs remplis de cartes graphiques professionnelles et une facture à plusieurs millions de dollars. Personne ne fera donc tourner K3 dans son salon.
Et puis il y a la licence, un texte maison que Moonshot se garde bien d'appeler open source, et qui vise directement les gros hébergeurs : toute société qui revend l'accès au modèle et encaisse plus de 20 millions de dollars sur douze mois devra signer un accord commercial séparé avant de continuer.
Les très gros services, au-delà de 100 millions d'utilisateurs mensuels, doivent en plus afficher "Kimi K3" bien en vue dans leur interface. Du coup, les Amazon et autres Microsoft qui voudraient proposer le modèle à leurs clients passeront eux par la case négociation.
Pour tous les autres, l'API officielle est ouverte depuis mi-juillet, à 3 dollars le million de tokens en entrée.
Moonshot qui offre gratuitement son meilleur modèle au monde entier tout en gardant la main sur ceux qui pourraient en vivre, c'est de la générosité très bien calculée.
Source : Simon Willison