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Régulation de l'IA - La Corée du Sud choisit les muscles plutôt que la peur

Fri, 23 Jan 2026 15:24:51 +0100 - (source)

Pendant qu’on s’écharpe en Europe sur comment réglementer l'IA, la Corée du Sud vient de siffler la fin de la récré chez elle. Nos amis Coréen viennent en effet de pondre leur première loi qui encadre l’intelligence artificielle (l’AI Act coréen, pour les intimes) et ce qu'on peut dire, c’est que leur approche est très très différente de la nôtre, vous allez voir.

En fait, chez nous, avec l’AI Act européen, on régule principalement par le "risque d’usage". Cela veut dire que si vous faites un outil pour du recrutement, de la santé ou du maintien de l’ordre, hop, vous tombez dans la catégorie "haut risque", et cela peu importe que votre IA tourne sur un Raspberry Pi ou un supercalculateur.

Alors oui l’UE a aussi ses seuils de calcul (les fameux 10^25 FLOPs ) pour identifier les modèles à "risque systémique", mais la base reste quand même l’usage. Les Coréens, eux, ont décidé de se simplifier la tâche en plaçant le curseur presque exclusivement sur ce qu’il y a sous le capot.

Leur critère magique c'est la puissance de calcul cumulée lors de l’entraînement. Et c'est cela qui leur permet de définir ce qu’ils appellent la "high-performance AI" (ou Frontier AI). Pour les devs, c’est un changement complet car si vous codez un petit outil IA bien foutu mais léger, vous aurez une paix royale. Vous esquiverez une paperasse infinie ou de la mise en conformité bloquante si votre projet ne dépasse pas les seuils techniques fixés par le MSIT (le ministère coréen de la science et des TIC).

Et c’est d’ailleurs ce qui rend leur approche très orientée innovation. Le gouvernement coréen a d'ailleurs été très clair : le but n’est pas de bloquer le développement mais de poser un cadre de confiance. Ils ont même prévu une période de grâce d’au moins un an sans aucune sanction administrative le temps que tout le monde s’adapte. Et même après ça, on est loin du climat carcéral car il n'y a pas de sanctions pénales prévues dans cette loi, mais juste des ordres de correction et des amendes plafonnées à 30 millions de won (environ 21 000 euros) si vous ignorez les injonctions.

J’avoue, j’ai dû relire trois fois le texte pour piger la subtilité, mais le diable se cache dans les FLOPS. Parce qu'au moment où j'écris cet article, il n'y a actuellement aucune entreprise en Corée qui dépasse les seuils de puissance de calcul qui rentrent dans le cadre de leur loi. Même Naver, leur géant de la Tech local est loin de ça . C’est dire si la marge est grande.

Après côté transparence, c’est plus classique mais efficace car tout contenu généré par IA qui pourrait être confondu avec la réalité (les deepfakes, pour faire court) doit être clairement indiqué. C’est le minimum syndical aujourd’hui, vous allez me dire, mais là encore, ils ont eu le nez creux en excluant les usages personnels ou non commerciaux du cadre réglementaire, histoire de ne pas fliquer le moindre mème rigolo.

Voilà... alors on va voir qui de la méthode "compteur de tours" ou "check-list de risques" gagne la course, mais bon j'ai ma petite idée. En Europe, on a tendance à vouloir tout border par secteur, alors qu’en Corée, visiblement, ils préfèrent économiser du temps et de l'énergie en surveillant uniquement les gros muscles et en laissant les petits grandir sans les emmerder.

Et même si je ne connais pas du tout l'écosystème tech coréen, force est de constater que leur vision a l'air sacrément plus pragmatique pour l’écosystème tech que la notre.

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Quand 2 frangins construisent une IA vidéo dans leur garage

Fri, 23 Jan 2026 14:37:20 +0100 - (source)

Un modèle text-to-video open source, gratuit et capable de tourner ailleurs que sur un supercalculateur de la NASA ?

J'avoue, j'ai cru au fake en découvrant le truc, surtout quand on voit la puissance de feu qu'il faut chez OpenAI (Sora) ou Google (Veo) pour sortir le moindre clip de 3 secondes. Mais BON, parfois, il suffit de deux frères motivés pour bousculer un peu les géants de l'IA.

Et c'est 2 frères, ce sont Sahil et Manu Chopra, qui depuis l'automne 2022 bosse avec acharnement sur leur modèle de génération de vidéos baptisé Linum .

Leur histoire est assez dingue et c'est pour ça que je vous la raconte aujourd'hui. En fait, au début, ils ont fait comme tout le monde. C'est à dire qu'ils ont essayé de bidouiller Stable Diffusion XL pour lui faire cracher de la vidéo. Ils ont fini par mettre au point une extension un peu "hacky" basé sur un modèle image, sauf que ça ne marchait pas très bien.

Enfin si, ça sortait des GIFs d'une seconde en 180p pour Discord mais pas vraiment de quoi faire trembler Hollywood et Matthew McConaughey (lol). Le problème, c'est que les VAE (les encodeurs d'images) ne comprennent rien au temps qui passe, alors ils traitent chaque frame indépendamment et ça donne cet effet de scintillement insupportable qu'on retrouve dans pas mal de générateurs vidéo libre ou open source.

Du coup, ils ont pris une décision radicale. Tout foutre à la poubelle et repartir de zéro !

Ils ont donc passé deux longues années à batir Linum v2 "from scratch". Cela veut dire qu'il ont du trouver les données, entraîner des modèles de vision pour filtrer le dataset, mettre manuellement des légendes sur des milliers de vidéos, gérer les clusters de GPU... et j'en passe !

Et à la clé de tout ce travail, ils ont fini par obtenir un modèle de 2 milliards de paramètres (ce qui est minuscule pour de la vidéo, je tiens à le dire) capable de générer des clips de 2 à 5 secondes en 720p !

Et le plus beau c'est que c'est sous licence Apache 2.0 donc en open source.

Pour réussir cette prouesse, ils n'ont pas eu d'autre choix que d'être malins.

Par exemple, ils ont choisi d'utiliser le VAE de Wan 2.1 (qui gère très bien la compression temporelle) pour ne pas réinventer la roue sur cette partie. Leur vision en fait, c'est de voir ces modèles comme des "moteurs de rendu inversés". Au lieu de placer des polygones et des lumières comme dans Blender, vous décrivez la scène et le modèle fait le reste.

Linum est un modèle encore jeune et la physique est parfois aux fraises puis ça manque de son mais pour une équipe de deux personnes face à des boîtes qui ont des milliards de budget, le résultat est plutôt pas mal. Faut saluer le taf !

Donc si vous avez une machine qui tient la route (ou un bon cloud) et quelques compétences techniques, sachez que les poids sont disponibles sur Hugging Face si ça vous chauffe .

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On croirait encore lire le scénario d'un nouveau Terminator, mais pour une fois, ce n'est pas de la science-fiction. Tenez vous bien, il y a actuellement ne résistance souterraine qui est réellement en train de s'organiser pour lutter contre les géants de l'IA.

Leur nom de code : "Poison Fountain".

Je suis tombé sur cet article de Craig Smith chez Forbes que je vous invite à lire et qui détaille ce mouvement d'un nouveau genre. Alors pour le moment, ça tient plus du manifeste un peu énervé que du logiciel de résistance clé en main, mais l'intention est claire. Ce que veut faire Poison Fountain c'est "miner" le web avec des données piégées pour que les prochaines générations d'IA s'intoxiquent en les ingérant.

Leur méthode repose sur des outils comme Nightshade , dont je vous ai déjà parlé, avec lequel vous prenez une image, disons une vache et l'outil modifie les pixels de façon invisible pour l'œil humain, de sorte que l'IA l'interprète ça comme... un camion. Alors que nous, avec nos petits yeux nous voyons toujours Marguerite.

Ainsi, si un modèle avale trop de ces données corrompues, il ne devient pas juste moins performant, mais commence également à faire des associations délirantes. C'est le principe du data poisoning et si Poison Fountain parvient à encourager massivement cette pratique, les crawlers d'OpenAI ou Google vont avoir des sueurs froides.

Bon, il ne faut pas s'emballer non plus car nettoyer un dataset contaminé est un enfer technique (il faut parfois tout réentraîner), mais les ingénieurs en face ont de la ressource. Ils finiront probablement par filtrer plus agressivement ou par se rabattre sur des données certifiées et sous licence. C'est plus cher, c'est moins frais, mais c'est la parade logique.

En tout cas, c'est le genre de dérive que craignait Geoffrey Hinton en quittant Google sauf que la perte de contrôle n'est pas accidentelle mais provoquée volontairement par des artistes et des activistes.

Alors est-ce du cyber-vandalisme comme l'a été le DDoS à une époque, ou est-ce de la légitime défense ?

Le débat est lancé, tout comme la guérilla de la data !


Vous connaissez OpenTTD ?

Open Transport Tycoon Deluxe ? Non ?

Bon alors pour les deux du fond qui dorment près du radiateur, OpenTTD est un clone open source du jeu culte de Microprose, « Transport Tycoon Deluxe » (1995). Le principe est simple : vous êtes à la tête d'une société de transport et votre but est de faire un max de bénéfices en trimballant des passagers et des marchandises par train, camion, bus, avion ou bateau.

C'est un peu le SimCity du transport quoi.

Bref, ce jeu est un monument. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il est toujours vivant ! Mieux que ça, il vient de sortir en version 12.0 (et depuis la 13, 14...) et c'est une mise à jour qui change tout.

Le gros morceau de cette version, c'est le multijoueur. Fini la galère de l'ouverture de ports sur votre box internet ! Les développeurs ont enfin intégré un système qui gère ça tout seul. Vous lancez le serveur, vous filez le code d'invitation à vos potes, et hop, c'est parti. On peut même créer des serveurs "privés" uniquement accessibles via ces codes.

Autre truc qui va faire plaisir aux moddeurs fous : la limite des NewGRF (les fichiers qui ajoutent des graphismes, des véhicules, etc.) passe de 64 à 255. Autant dire que vous allez pouvoir modder votre jeu jusqu'à ce qu'il ne ressemble plus à rien.

Ah et un détail qui n'en est pas un, on peut enfin construire des rivières en diagonale en maintenant la touche CTRL. Ça parait con dit comme ça, mais pour les esthètes du terraforming, c'est une révolution.

Si vous aimez ce genre de simulation, je vous conseille aussi de jeter un œil à Simutrans qui est dans la même veine, ou encore à la communauté incroyable qui maintient SimCity 4 en vie depuis 22 ans . C'est fou ce que l'open source et les passionnés peuvent faire.

D'ailleurs si vous cherchez d'autres pépites du genre, j'avais listé plus de 1500 clones open source de jeux cultes. Y'a de quoi s'occuper pour les 10 prochaines années.

Bref, OpenTTD c'est gratuit, c'est dispo sur Windows, macOS, Linux et même Android, et c'est toujours aussi addictif.

Source

Article publié initialement le 7 décembre 2006 et mis à jour le 23 janvier 2026. 20 quand même ^^.


Vous pensiez avoir tout vu avec les manipulations d'images ? Les générateurs de mèmes, les filtres rigolos, tout ça... Bon, on rigole bien entre potes. Sauf que là, c'est la Maison Blanche qui s'y met et tristement c'est pas pour faire du "lol".

Je vous explique le délire. Jeudi dernier, l'administration Trump a voulu crâner sur les réseaux sociaux. Ils ont annoncé l'arrestation de plusieurs manifestants qui avaient perturbé un office religieux dimanche dernier à Cities Church (St. Paul). Ils protestaient contre un pasteur, David Easterwood, qui serait également le directeur par intérim de l'antenne locale de l'agence fédérale U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE).

Jusque-là, de la politique classique. Mais là où ça dérape sévère, c'est quand ils ont balancé la photo de l'une des personnes arrêtées. La dame en question s'appelle Nekima Levy Armstrong et c'est pas n'importe qui. Avocate des droits civils, ancienne présidente du chapitre de Minneapolis de la NAACP. Elle est une figure très respectée. Sur la photo originale de son arrestation, elle a un visage neutre. Digne.

Sauf que la Maison Blanche a trouvé ça trop "calme" sans doute. Alors ils ont diffusé une version de la photo manipulée numériquement pour la transformer complètement.

Résultat, sur l'image postée par le compte officiel @WhiteHouse, on voit Nekima Levy Armstrong en train de sangloter à chaudes larmes. Genre gros bébé qui chiale. Et c'est là que le venin se diffuse car ce n'est pas juste une modification esthétique.

C'est carrément une manipulation symbolique dégueulasse !

A gauche la photo IA, à droitela VRAIE photo

En faisant ça, ils activent un vieux levier bien rance : le stéréotype de la "Sapphire" ou de la " Angry Black Woman ". C'est un genre d'hyperbole qui trouve ses racines dans les représentations caricaturales du XIXe siècle (les fameux minstrel shows ) avant d'être codifié au XXe siècle.

L'idée c'est de présenter les femmes noires comme des êtres intrinsèquement hystériques, incapables de se contrôler, qui hurlent et chouinent pour un rien. C'est une technique de déshumanisation pure et simple. La Maison Blanche a transformé une opposante politique digne en caricature pleurnicharde pour lui ôter toute crédibilité.

Et quand les journalistes ont demandé des comptes, le service de presse de la Maison Blanche a renvoyé vers un post sur X de Kaelan Dorr (directeur adjoint de la communication) dont la réponse est glaciale : "L'application de la loi continuera. Les mèmes continueront." Hop. Circulez, y'a rien à voir. C'est assumé. Ils manipulent l'information, déforment la réalité pour servir un discours politique, et ils appellent ça un "mème".

Putain, que ces gens sont à vomir.

Le fond de l'histoire maintenant, c'est que ces gens demandaient justice pour Renee Good, une mère de famille abattue par un agent de l'ICE le 7 janvier dernier. L'administration invoque la légitime défense, mais des vidéos et des analyses contestent fermement cette version. Ce sont des vies brisées, des tragédies réelles et en face, on a un gouvernement qui s'amuse avec des outils IA pour transformer la douleur et la dignité en "blague" raciste.

Y'a vraiment de quoi se taper la tête contre les murs. Ça me rappelle un peu les dérives qu'on voit avec les IA qui manipulent les émotions pour du business ou de la politique. Cette technologie devrait faire avancer la science et booster la productivité mais pour l'instant, dans les mains de certains, ça sert surtout à industrialiser la haine et à maquiller le mensonge. Comme le dit souvent Mikko Hyppönen, si c'est intelligent, c'est vulnérable et là c'est pas de l'IoT, mais notre perception de la réalité déjà bien fragilisée depuis quelques années, qui est visée.

Voilà... quand la technologie sert à fabriquer de la désinformation d'État, il est grand temps, je pense, de se réveiller. Donc restez aux aguets les amis, parce que les fascistes, eux la vérité, ils s'en tamponnent le coquillard.

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Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Imaginez un monde sans Google, sans Facebook, où pour se connecter, il faut débrancher le téléphone et écouter la symphonie stridente d'un modem 56k. Nous sommes en 1992... Quelque part à Helsinki, dans une cave mal ventilée, un ingénieur finlandais s'apprête à lancer un petit script Perl qui va faire trembler la planète entière. Johan Helsingius, ou "Julf" pour les intimes, vient de créer le premier grand service d'anonymat du Web : anon.penet.fi.

J'ai toujours eu une fascination pour ces pionniers qui ont bâti le Web avec trois bouts de ficelle et Julf est l'archétype du héros cypherpunk. Ce type, qui a étudié la musique avant de devenir un pilier du réseau, a notamment fondé EUnet Finlande, le premier FAI commercial du pays. Et tenez-vous bien, c'est lui qui a aussi aidé à tirer les premiers câbles pour connecter l'Union Soviétique à Internet. Rien que ça !

En 1992, alors qu'il traîne sur les newsgroups Usenet (l'ancêtre de Reddit ^^), une discussion éclate : doit-on obligatoirement signer ses messages de son vrai nom ? Pour Julf, c'est un "non" ferme et définitive, alors plutôt que de débattre pendant des heures, il fait ce que tout bon hacker fait et il code une solution. Il lance son serveur en octobre 1992 et c'est ce qu'on appelle un "remailer de type 0".

Concrètement, vous envoyez un mail à "pingouin@anon.penet.fi", le serveur efface votre nom et votre IP, vous attribue un pseudo genre "an1234" et transfère le message. Et voilà, le tour est joué !

Et la vraie révolution, c'est surtout que ça marchait dans les deux sens... Ainsi, si on répondait à "an1234", le serveur renvoyait le courrier dans votre vraie boîte. C'était la première fois qu'on pouvait avoir une conversation suivie tout en restant un fantôme.

Le genre de bécane qui faisait tourner le monde en 93

Le succès de son service a été immédiat et assez violent. En quelques mois, le petit serveur gérait plus de 10 000 messages par jour. Et au moment de sa fermeture, on comptait pas moins de 700 000 comptes enregistrés. C'est énorme pour l'époque ! On y trouvait des gens qui voulaient juste discuter tranquillement, mais aussi des victimes de violences conjugales, des groupes de soutien et des lanceurs d'alerte.

Perso, je trouve ça dingue quand on y repense. Et c'est là que les emmerdes arrivent car parmi les utilisateurs les plus actifs, on trouvait les critiques de l'Église de Scientologie. En 1995, la secte contre-attaque avec l'affaire "Miss Blood". Ils affirment qu'un utilisateur (identifié sous le pseudo "-AB-") a volé des fichiers secrets. Ils mettent alors Interpol et la police finlandaise dans la boucle et les flics débarquent chez Julf le geek juste parce qu'une secte américaine a fait son petit caprice.

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Car oui, le système de Julf avait une faille mortelle : c'était un système centralisé. Pour que ça marche, le serveur devait garder une table de correspondance entre les vrais mails et les pseudos donc s'il donnait la base, il grillait 700 000 personnes. Julf a tenu bon et a négocié comme un chef, acceptant de ne révéler qu'une seule identité pour sauver toutes les autres. Mais la leçon était apprise : l'anonymat centralisé ne peut pas résister à la pression légale.

Comme si ça ne suffisait pas, la presse s'en est mêlée avec un article délirant de The Observer accusant le service d'héberger 90% de la pédopornographie mondiale. C'était techniquement impossible car le serveur avait une limite de 16 Ko par message, pile de quoi bloquer les images binaires de l'époque mais le mal était fait.

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Alors le 30 août 1996, Julf annonce la fermeture. Le service s'arrête définitivement en septembre, laissant un vide immense mais pavant la voie aux outils modernes comme Tor. D'ailleurs, si vous voulez creuser le sujet, j'avais publié un guide pour créer votre relais Tor ou encore comment utiliser Tor avec Thunderbird .

Et aujourd'hui, Julf continue de bosser dans la tech, mais son héritage le plus fort reste ces trois années folles. Alors la prochaine fois que vous utilisez un VPN ou Signal, ayez une petite pensée pour l'homme qui, seul avec son 486 dans une cave finlandaise, a offert un masque à des centaines de milliers de visages juste par principe.

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Développer une application pour Windows quand on n'utilise pas Visual Studio, c'est un peu comme essayer de monter un meuble Conforama sans la notice et avec des outils en plastique.

Faut jongler avec les SDK, se battre avec des manifestes XML (l'enfer sur Terre ces trucs), générer des certificats dans tous les sens... Bref, c'est souvent la croix et la bannière. Et Microsoft, dans sa grande bonté (si si, ça arrive), s'est dit qu'il était temps d'arrêter de torturer les développeurs.

Du coup, ils viennent d'annoncer en petite pompe la sortie en preview publique de winapp, un nouveau CLI open source conçu pour simplifier tout ce bazar.

Avouez que vous avez lu Winamp ? Ahahah, hé bien non !

Avec ce truc, que vous soyez un développeur Web à fond dans Electron, un vétéran du C++ qui vit dans CMake, ou que vous bossiez en Rust ou Dart, cet outil va grave vous mâcher le travail.

Exit la configuration manuelle de l'environnement qui prend trois plombes, notamment grâce à la commande winapp init.

Cet outil s'occupe de tout, c'est fou : il télécharge les SDK nécessaires, génère les projections (C++/WinRT pour commencer) et configure votre projet. Hop, c'est réglé. Je trouve ça quand même plus sympa que de se taper toutes les étapes à la main avec le risque de se foirer tous les deux clics.

Mais là où c'est vraiment cool, c'est pour le débogage.

Vous savez ces API modernes de Windows telles que les notifications ou les fonctions IA qui nécessitent que votre application ait une "identité de paquet" (ça me rappelle une blague de Bigard, tiens..) ? Hé bien avant, pour tester ça, il fallait empaqueter et installer l'application complète. C'était une perte de temps monumentale.

Mais maintenant, avec winapp create-debug-identity, vous injectez cette identité directement dans votre exécutable. Ça vous permet de continuer à coder et de déboguer votre code spaghetti normalement, sans casser votre boucle de développement. Rien que pour ça, ça vaut le détour !

Bienvenue au XXIe siècle les dev M$ !

L'outil gère aussi la création des manifestes et des certificats de développement. Plus besoin de chialer durant des heures devant un fichier appxmanifest.xml invalide. Vous pouvez même générer un certificat auto-signé en une commande pour tester vos paquets localement.

Et pour les amis qui font de l'Electron, Microsoft a pensé à vous avec un paquet npm dédié.

npm install --save-dev @microsoft/winappcli

Ça permet d'intégrer des fonctionnalités natives ou de l'IA directement dans votre app Electron, et de lancer le tout avec un simple npm start qui gère l'identité du paquet via winapp node add-electron-debug-identity. C'est propre, hein ?

Maintenant, pour installer la bête sur votre machine, un petit coup de WinGet :

winget install microsoft.winappcli

Et vous m'en direz des nouvelles. Alors bien sûr, c'est encore en preview ET c'est dev par Microsoft, donc il y a sûrement des petits bugs qui traînent, mais l'intention est là et ça fait plaisir de les voir s'ouvrir un peu plus aux workflows qui sortent de leur écosystème fermé habituel.

Voilà, si vous voulez tester, le code est dispo sur GitHub et ils attendent vos retours.

Amusez-vous bien !

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Vous pensiez que votre imprimante de bureau était juste un objet d'un autre temps qui enchaine des bourrages papier toute la journée et vous réclame de l'encre hors de prix comme un enfant qui attend sa têtée ? Ben va falloir revoir vos priorités niveau paranoïa, parce que c'est bien plus que ça !

Une enquête du Washington Post vient en effet de révéler comment le FBI a identifié un de leurs lanceurs d'alerte grâce aux logs d'impression de son employeur. Aurelio Luis Perez-Lugones, spécialiste IT pour un sous-traitant du gouvernement américain, aurait fait des captures d'écran de documents classifiés dans un SCIF (ces salles ultra-sécurisées où même votre téléphone n'entre pas), puis les aurait collés dans Word avant de les imprimer.

Et comment ils l'ont su ?

Hé bien il semblerait que les logs d'impression de sa boîte aient joué un rôle clé dans l'enquête, en complément des caméras de vidéosurveillance, bien sûr.

Car oui, ces systèmes ne se contentent pas de noter "Jean-Michel a imprimé 47 pages le 15 janvier". Non, ils peuvent stocker le contenu intégral des documents, les métadonnées, l'heure exacte, le poste de travail utilisé...etc. En gros, votre patron sait exactement ce que vous avez imprimé, et depuis combien de temps vous essayez de photocopier votre CV en douce.

Mais le plus flippant dans cette histoire, c'est que ça ne s'arrête pas aux logs réseau puisque même votre imprimante perso à la maison, elle-même, peut vous balancer, et cela depuis des décennies...

Vous avez déjà entendu parler des révélations d'Edward Snowden sur la surveillance de masse ? Ben là, c'est pareil, mais en version papier.

En effet, depuis les années 80, la plupart des imprimantes laser couleur intègrent un système de traçage appelé Machine Identification Code (MIC). Grâce à ce système, chaque page que vous imprimez contient une grille quasi-invisible de points jaunes d'environ 0,1 millimètre, espacés d'un millimètre. Ces points encodent le numéro de série de votre machine et la date/heure d'impression, ce qui fait que n'importe quel document imprimé peut être relié à une imprimante spécifique.

C'est discret, faut de bons yeux.

Le Chaos Computer Club et l'EFF ont documenté ce système depuis des années et l'EFF maintient même une liste des fabricants qui utilisent ces mouchards (spoiler : la plupart des grandes marques y sont).

Comment vérifier si votre imprimante vous espionne

Première étape : imprimez une page avec du contenu coloré sur fond blanc. Ensuite, examinez-la sous une lumière bleue ou un microscope et là vous verrez probablement une grille de points jaunes, à peine détectables à l'œil nu.

Pour les plus techniques d'entre vous, l'outil DEDA (Dot Evidence Documentation and Analysis) développé par l'Université Technique de Dresde permet d'analyser et même d'anonymiser ces traces.

Comment auditer les logs d'impression en entreprise

Si vous êtes admin réseau ou simplement curieux de savoir ce que votre boîte enregistre, voici où chercher :

Sur Windows Server, direction la console de gestion d'impression. Les logs sont généralement dans l'Observateur d'événements sous "Applications et services" > "Microsoft" > "Windows" > "PrintService". Activez les logs "Operational" si ce n'est pas déjà fait.

Sur les imprimantes réseau, accédez à l'interface web d'administration (généralement l'IP de l'imprimante dans un navigateur). Cherchez une section "Logs", "Journal" ou "Historique des travaux". Certains modèles HP Enterprise ou Xerox stockent des semaines entières de données.

Sur les serveurs d'impression centralisés type PaperCut ou Equitrac, c'est la fête car ces solutions peuvent stocker énormément de données, du nom d'utilisateur jusqu'au contenu OCR des documents scannés si des modules ou intégrations spécifiques ont été activés.

Comment limiter ces traces

Pour les points jaunes, DEDA propose un mode d'anonymisation qui ajoute du bruit dans le pattern. C'est pas parfait, mais ça complique sérieusement le traçage !

Après pour les logs réseau, c'est plus compliqué... En entreprise, vous n'avez généralement pas le contrôle. Par contre, si c'est chez vous, désactivez simplement la journalisation dans les paramètres de votre imprimante et évitez les services cloud des fabricants.

Ah et une dernière chose : si vous imprimez des documents sensibles mes petits lanceurs d'alertes préférés, privilégiez une imprimante laser noir et blanc d'occasion payée en cash. Les modèles monochromes n'ont pas les fameux points jaunes, et une machine sans historique réseau, c'est une machine qui ne parle pas.

Encore une fois c'est difficile de lutter contre cette surveillance généralisée, mais au moins maintenant vous savez que votre imprimante n'est pas qu'un simple périphérique !

C'est potentiellement le meilleur indic de votre bureau !

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Ah ils sont chaud bouillants les développeurs en ce moment ! Surtout quand je tombe sur une pépite comme textarea , je me dis que la recherche des choses simples façon Herta a encore de beaux jours devant elle.

J'sais pas si on peut le qualifier d'éditeur le plus minimaliste du monde mais c'est sûr qu'il n'y a pas de chichi ni de menus à rallonge dedans... Cet outil vit côté client dans votre navigateur et sa particularité c'est qu'il peut stocker ce que vous écrivez directement dans le "hash" (#) de l'URL. En gros, vous tapez votre prose, et hop, l'adresse dans votre barre de navigation s'allonge au fur et à mesure, contenant toutes vos données compressées.

https://textarea.my/#U1YITswpLVHISS1WSMzNLOZyLM3KLy1KUc8ozdRRyM9TKEktLkkFkhUliUWpiQqpQKWJCmWZqQpAcYWk1JycVAVFRQA=

Vos notes resteront au chaud dans votre localStorage (soumis aux quotas habituels de votre navigateur) ainsi que dans cette fameuse URL que vous pouvez copier-coller pour partager votre texte. Textarea utilise l'algorithme deflate pour compresser vos données, ce qui lui permet de maximiser ce qu'on peut faire tenir dans une URL avant de venir heurter la limite de longueur du navigateur.

L'interface de textarea.my - difficile de faire plus épuré ( Source )

Si vous avez déjà goûté à d'autres éditeurs "Distraction-Free", vous savez à quel point c'est reposant pour l'esprit de ne pas avoir 50 boutons qui clignotent partout. Et comme ici, on est sur du pur Markdown, vous pouvez même bidouiller le style de votre document en modifiant l'élément `` via les DevTools. Et si vous maîtrisez la syntaxe, sachez que l'outil gère même quelques paramètres de style directement dans l'URL. C'est pas piqué des vers !

Le truc marrant dans cet éditeur c'est son /qr qui lorsque vous l'ajoutez à la fin de l'URL vous permet d'avoir un joli QR Code de votre note. Comme ça y'a plus qu'à le scanner et hop, vous avez le document. Pratique pour transférer une note sur votre mobile sans vous embêter avec un service de synchro quelconque.

Voilà, je vous laisse essayer ça, et vous m'en direz des nouvelles. C'est dispo en open source sur GitHub en cliquant ici .

Écrivez bien !


Pipenet – L'alternative moderne à localtunnel

Thu, 22 Jan 2026 14:31:42 +0100 - (source)

Si vous avez déjà galéré à rendre accessible votre serveur web local à des testeurs externes... Ne désespérez plus car aujourd'hui, je vais vous présenter Pipenet , un petit utilitaire qui va vous changer la vie !

On a tous connu ce moment où on veut montrer une démo à un client ou tester un webhook et en général c'est à ce moment là que le drame se produit ! Configuration de la box, pare-feu qui fait la tête, redirection de ports qui ne veut rien savoir... Grosso merdo c'est la fin de votre productivité pour la matinée !

Mais grâce à l'équipe de glama.ai qui a codé cette alternative au bon vieux localtunnel, vous allez pouvoir exposer vos services locaux sur Internet en un clin d'œil. Et ce qui est cool c'est que contrairement à d'autres solutions qui deviennent vite limitées ou payantes, Pipenet vous laisse un contrôle total ! C'est ça la pwouiiiissance du logiciel libre !

Pour ceux qui se demandent ce qu'est exactement un tunnel TCP, c'est simplement un pont entre votre machine et le reste du monde !

Mais attention ! La sécurité (chiffrement et auth) dépend de la configuration ! Ça tombe bien puisque Pipenet supporte bien sûr le HTTPS et possède des options pour sécuriser votre propre serveur !

Il fait ça particulièrement bien en utilisant une architecture client et serveur. Vous pouvez donc utiliser leur serveur public par défaut (pipenet.dev) ou carrément héberger votre propre infrastructure de tunneling ! C’est top pour la confidentialité si vous pouvez l'auto-héberger !

Pour l'install, si vous avez Node.js, une simple commande suffit pour commencer à exposer votre port 3000 !

npx pipenet client --port 3000

Et voilà, votre application devient alors accessible via https://abc123.pipenet.dev.

C'est aussi simple que ça ! Et si vous voulez un sous-domaine spécifique (parce que c'est plus classe), il suffit de leur demander (sous réserve de disponibilité évidemment) !

Mais là où Pipenet se démarque vraiment par rapport à la concurrence, c'est son approche pensée pour les environnements cloud ! Il supporte par exemple le multiplexage sur un seul port (via l'option --tunnel-port) ce qui est top pour les déploiements sur des plateformes comme Fly.io ou dans des conteneurs Docker où la gestion des ports peut vite devenir casse bonbon !

Vous pouvez même l'intégrer directement dans vos propres outils grâce à son API et c'est d'ailleurs ce qu'a fait glama.ai avec son outil mcp-proxy pour connecter des serveurs MCP locaux avec des clients IA distants ! Et si vous voulez savoir si Pipenet supporte le streaming ou les WebSockets... Hé bien la réponse est oui !

Ce petit pépère gère le trafic basé sur HTTP, y compris le SSE , donc pour tout ce qui est streaming et connexions full duplex WebSocket, c'est OK.

Pipenet est l'évolution moderne des outils comme Pagekite ou localtunnel et c'est un choix excellent pour la plupart des usages que je viens d'évoquer !

Amusez-vous bien !

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