Ça y est les amis, comme à Fraggle Rock, Google entre enfin dans la danse de la musique IA avec Flow Music . Son service vient de sortir en freemium, et c'est la réponse officielle de Mountain View à Suno et Udio . Et derrière le volant, on retrouve Lyria 3, le modèle de DeepMind spécialisé dans la génération musicale.
Une fois sur le site, c'est du classique. Vous tapez un prompt du genre "lofi beat pour vibe coder la nuit", ensuite vous cliquez sur le bouton, et pouf quelques secondes après, l'IA vous pond un morceau complet avec vocaux dynamiques et arrangement d'une qualité foooollllle ! Et celui-ci peut aller jusqu'à 3 minutes en passant par le modèle Lyria 3 Pro. Après, rien d'inédit côté concept, car y'a déjà Suno depuis 2023 et Udio depuis 2024 qui font ça. Sauf que Google a empilé pas mal de features pour se démarquer et pas des moindres, vous allez voir !
D'abord leurs machin baptisé Spaces, c'est le truc qui m'a fait lever un premier sourcil. En fait, au lieu de taper un simple prompt, vous pouvez vibe-coder votre propre outil : un clavier virtuel, un mini-jeu musical, un DAW maison. Vous décrivez ce que vous voulez, puis l'IA génère l'interface, et ensuite vous jouez avec. Sur la homepage, ils montrent par exemple un piano miniature jouable à la souris, genre prototype fait en moins de 10 minutes. En fait l'idée, c'est que chacun se bricole son interface. Suno et Udio ont chacun leur panoplie d'outils plus avancés (mode studio, édition timeline, inpainting), mais l'approche Spaces, clairement, personne d'autre ne la propose pour l'instant !
Autre truc pratique, l'articulation avec Veo, le modèle vidéo maison de Google. En gros, Veo génère directement image et audio de son côté, et Lyria 3 sert de moteur musical dédié quand vous préférez gérer séparément votre bande-son. Pratique pour les créateurs YouTube qui veulent produire vite sans sortir leur caméra. D'ailleurs, Google Vids (l'éditeur vidéo de Workspace) intègre Lyria 3 pour la musique et Veo pour la vidéo, donc les deux univers se parlent déjà.
Côté features plus traditionnelles, vous avez le remix, les effets audio, la séparation des stems pour isoler les pistes, et des crédits journaliers pour la formule gratuite histoire de vous amuser. L'outil apprend aussi votre style au fil des usages, genre playlist Spotify mais en version génération (bonjour la bulle algorithmique).
Le hic qui va faire râler par contre c'est le marquage SynthID d'office. Google pose un watermark imperceptible sur tous les morceaux générés, un peu comme un tampon encreur invisible. L'idée, c'est d'identifier les contenus produits par l'IA Google, sans forcément d'empêcher les usages pénibles.
Côté voix, Suno propose un système de voice profile encadré avec vérification des droits et Flow Music n'a pour le moment aucune fonction équivalente officielle. Et ça ne propose que 3 minutes max par morceau alors que Suno peut monter à 8 minutes. Je pense donc que les musiciens IA "pros" resteront chez les concurrents. Mais c'est pas la même cible alors ça ne me choque pas. Flow Music vise plutôt les créateurs de contenu qui veulent se faire une BO rapide !
Dernier détail, les droits commerciaux restent flous sur la version gratuite. À vous donc de vérifier ça dans les conditions d'utilisation avant de coller votre nouveau morceau dans une vidéo monétisée. Côté dataset d'entraînement, Google dit s'appuyer sur des contenus qu'il estime pouvoir exploiter via ses CGU YouTube et ses accords partenaires sauf que des artistes indépendants ont porté plainte en mars 2026 en contestant cette lecture, donc l'histoire n'est pas encore tranchée.
On verra bien, mais en attendant, c'est gratuit, dispo sans carte bancaire, et en deux clics c'est parti pour que vous commenciez à rêver d'une Victoire de la Musique. Moi de mon côté, je vais aller creuser les Spaces, c'est là que Flow Music se démarque vraiment. J'ai même fait une guitare en spaghetti, ma créativité est tellement sous cotée ^^!
Imaginez un jeu où vous pouvez crever de faim, de soif, d'hypothermie ou d'une simple coupure infectée... tout ça pendant la même partie. Bienvenue dans Cataclysm: Dark Days Ahead (CDDA pour les intimes. Oui, comme le logiciel pour ripper des CDs de quand on était jeune. ^^), un roguelike de survie post-apocalyptique open source qui assure depuis 13 ans et continue de s'étoffer à toute vitesse.
Pour vous resituer le truc, le Cataclysm original a été lancé initialement par un dev surnommé Whales, qui a fini par lâcher le projet vers 2012. Alors en 2013, une bande de passionnés a repris le flambeau sous le nom CleverRaven et ne l'a jamais reposé. La dernière release stable, la 0.H "Herbert" , date quand même un peu puisqu'elle est sortie le 23 novembre 2024.
Mais peu importe car c'est pas un petit roguelike tranquille à votre papi. CDDA, c'est de la simulation post-apo éprouvante. Y'a la faim, la soif, la température corporelle, le moral, les maladies, les mutations, les bioniques à implanter, les addictions à gérer. Bref, tout ce qui peut mal tourner va mal tourner, un peu comme dans votre vraie vie. Rien ne vous est épargné.
Le hic, c'est que dans ce jeu, la "permadeath" est absolue, donc la moindre bêtise vous ramène à la case zéro. Et attention, avec la config par défaut, les premiers jours d'une partie débutant finissent quasi tous dans le sang. La courbe d'apprentissage est raide comme un mur.
C'est volontairement brutal, un peu à la manière d'un Rimworld je trouve.
Le plus dément dans CDDA, c'est la profondeur du crafting. Il y a des milliers de recettes différentes, du sandwich au lance-flammes improvisé, sauf que chaque recette demande des outils précis et des capacités à faire évoluer pour réussir sans tout gâcher. Par exemple, avant de forger un couteau potable, faut d'abord trouver une enclume ou bricoler une forge de fortune avec ce qui traîne.
Et côté véhicules, vous les construisez plaque par plaque, en arrachant des moteurs dans les bagnoles abandonnées. Comme ça, si vous vous bricolez un char post-apo et vous partez labourer une horde de zombies (si vous y arrivez ^^).
Côté vie sociale dans l'apocalypse, les PNJs ne sont plus des objets du décor depuis quelques versions. Par contre, faut gagner leur confiance avant de pouvoir les embarquer avec vous. Vous pourrez alors les recruter, les former, les soigner, leur assigner des tâches dans votre base. C'est un petit Fallout turn-based sans la narration scriptée. Franchement, j'trouve ça dingue qu'un projet maintenu bénévolement ait ce niveau de détail ! Y a de quoi rester bouche bée.
Côté install, le jeu tourne sur Windows, Linux, macOS et Android (via Google Play). La 0.H stable et les builds expérimentaux quotidiens sont dispos sur le site officiel de Cataclysm: Dark Days Ahead . Pour les bidouilleurs, tout le code est sur le dépôt GitHub , principalement en C++. Licence Creative Commons Attribution Share-Alike 3.0, donc libre de chez libre. Bref, zéro excuse possible.
Pour des roguelikes moins punitifs, j'ai déjà parlé de Brotato côté action ou d' Untrusted pour les devs. Sauf que CDDA joue dans la catégorie des simulations ultra-profondes à la Dwarf Fortress.
À vrai dire, 13 ans plus tard, y'a toujours pas de vraie alternative dans le genre. Bref, allez crever dignement dans ce post-apo !
Vous vous souvenez de Soulseek ? Mais siii, ce réseau P2P dédié à la musique rare que vos potes audiophiles utilisaient en 2005 pour choper des bootlegs introuvables ?
Hé bah figurez-vous qu'il tourne toujours en 2026, et qu'autour de lui s'est bâtie une communauté d'outils modernes que peu de monde connaît.
Mais avant d'attaquer dans le dur, un petit rappel pour les jeunes qui n'ont connu que Spotify. Nir Arbel a lancé Soulseek le 8 avril 2001, en plein boom Napster, sauf que contrairement à ses concurrents, il a choisi la niche de la musique underground, indé, lossless et les donations plutôt que la pub. Du coup, quand Napster s'effondrait dans les procès et que Limewire se faisait éteindre en octobre 2010, le bon vieux P2P a continué à tourner tranquille, avec ses chatrooms par genre musical (c'était comme un genre d'IRC version fans de vinyles) et sa communauté de collectionneurs obsédés par le FLAC.
L'industrie musicale française a tenté de le démonter en 2008, mais le réseau s'en est sorti avec des blacklists à gérer et des CGU précisant qu'il n'encourage pas le partage de matériel copyrighté. Et c'est ainsi que 25 ans plus tard, le client officiel SoulseekQt tourne toujours, sur Linux, macOS et Windows, avec des mises à jour régulières. C'est moche en Qt, ça sent les années 2010, mais bon ça marche au top !
Le client officiel SoulseekQt, interface Qt un peu datée mais qui fait le job depuis des années.
Maintenant le truc cool, c'est tout ce qu'il y a autour car s'il n'y avait que le client officiel je m'ennuierais un peu tellement c'est austère. Mais heureusement, il existe 4 outils qui rendent aujourd'hui l'expérience carrément plus moderne. Le premier réflexe c'est d'abord d'installer Nicotine+ pour avoir une UI clean, puis d'ajouter slskd derrière si vous voulez faire tourner ça depuis un NAS.
Nicotine+ , c'est le client GTK libre qui est ni plus ni moins qu'un fork du vieux projet Nicotine. Ça tourne partout, Linux, BSD, Haiku, illumos, Windows et macOS et la maintenance semble encore active. C'est plus propre et plus vivant que SoulseekQt.
Nicotine+, l'interface GTK moderne qui remplace avantageusement le client officiel.
Ensuite, y'a slskd , qui est un daemon pour le réseau, 100% headless, écrit en C# avec une Web UI accessible dans le navigateur. Y'a même une API REST sur le port 5030, c'est Docker-ready et compatible Prowlarr. Comme ça, vous le collez sur votre NAS ou votre serveur maison, et vous pilotez vos téléchargements depuis n'importe quel navigateur ! Les accès par défaut sont slskd/slskd, donc pensez à les changer avant d'exposer le truc sur Internet, sinon vous allez avoir des surprises.
La Web UI de slskd, pilotable depuis n'importe quel navigateur, idéale pour un déploiement self-hosted.
C'est pas parfait niveau sécurité par défaut, mais une fois configuré proprement derrière un reverse proxy, ça tient bien la route, y compris sur un Raspberry Pi avec un gros disque dur collé au cul pour stocker la musique.
Et pour ceux qui aiment l'automatisation, il y a sldl . C'est un outil CLI qui batch-download depuis le réseau à partir d'une playlist Spotify, YouTube, d'un CSV, d'un lien Bandcamp ou MusicBrainz. Vous lui filez une URL Spotify par exemple, et ensuite il va chercher chaque morceau en privilégiant le FLAC et en retombant sur du lossy si rien n'est trouvé. C'est comme si vous aviez un bot qui recréait votre bibliothèque Spotify en qualité CD. Attention par contre, sldl demande un compte séparé pour éviter les conflits de connexion avec votre client principal.
Et pour les statisticiens avec des grosses lunettes et une moustache, y'a aussi Slsk-Upload-Stats-Tracker , un petit utilitaire C# qui parse les logs de SoulseekQt (faut activer "Show diagnostics" dans les prefs) et qui vous sort un dashboard des uploads, des top downloaders et des dossiers populaires. C'est clairement niche, mais parfait si vous seedez activement !
Le dashboard de Slsk-Upload-Stats-Tracker avec top downloaders et dossiers populaires.
Côté légal, après rien n'a changé. Le logiciel est légal, et ce que vous partagez dessus l'est ou pas selon le contenu. Donc si vous uploadez du copyrighté, vous êtes exposé aux mêmes sanctions que sur n'importe quel P2P. Pas forcément la meilleure idée en France avec Hadopi qui traîne encore tel un zombie au milieu de l'A86 un jour de départ en vacances. Mais pour les vrais chasseurs de musique, les demos, les live sets, les bootlegs et les raretés qui n'arriveront jamais sur Spotify , la plateforme reste l'un des derniers refuges avec une vraie culture de curation humaine.
Bref, Soulseek n'est pas mort et c'est assez dingue de le voir encore debout en 2026.
Y'a des projets open source qu'on oublie parce qu'ils font leur boulot sans faire de bruit. Grub2Win, est l'un d'entre eux. Un dev seul, 16 années de maintenance, plus de deux millions de téléchargements et aucune campagne marketing !
Ce logiciel gratuit c'est un installateur graphique de GNU GRUB 2 qui tourne directement sous Windows. Vous lancez l'exe, vous cliquez, et votre machine est prête à booter plusieurs OS au démarrage. Pas besoin de toucher au MBR à la mano, pas besoin de lignes de commande qui font flipper sa race, et encore moins besoin de clé USB live pour réparer après.
Ce truc est maintenu depuis 2010 par drummerdp et une fois que vous l'aurez installé, vous l'oublierez parce qu'il a fait son boulot.
Sous le capot, il embarque GRUB 2.12 et détecte automatiquement les OS présents : Windows, Linux (Ubuntu, Debian, Fedora, Kali, Mint, Arch, Manjaro et compagnie), Android-x86, PhoenixOS, ou OpenCore pour les Hackintosh. Ça gère aussi bien les vieilles machines BIOS que les configs UEFI modernes, ce qui est rare, la plupart des bootloaders graphiques choisissent leur camp. Et côté disque GPT moderne, vous pouvez empiler jusqu'à 128 partitions et des volumes qui montent à 40 To.
Côté personnalisation, vous pouvez changer l'image de fond du menu, régler l'ordre des OS, le timeout avant boot par défaut, et même réorganiser l'ordre EFI du firmware sans passer par le setup au démarrage. Un truc que rEFInd ou EasyBCD ne font pas aussi simplement depuis Windows ! L'interface est old-school, ça ressemble à du Win95 avec du bleu moche, mais tout est là et ça marche très bien.
Y'a quand même deux-trois limites à connaître. En effet, les antivirus signalent parfois un faux positif parce que l'exe touche au secteur de boot, alors je vous le dit tout de suite, c'est pas la peine de m'écrire parce que c'est normal pour ce genre d'outil ! Faut juste le whitelister. Si vous êtes en UEFI avec Secure Boot activé, faudra aussi le désactiver dans le firmware avant d'installer, sinon le chargeur GRUB ne se lancera pas. Et si une install GRUB traîne déjà sur la machine, Grub2Win ne saura pas toujours l'écraser proprement donc essayez de partir d'une config propre si vous le pouvez.
Pour quelqu'un qui veut tester une distrib Linux sur un vieux portable sans cramer son install Windows, c'est le chemin le plus court. Vous installez votre Linux sur une partition libre, vous lancez Grub2Win, il détecte tout, il construit le menu, vous redémarrez, vous choisissez sur quoi booter et hop, encore un humain de plus sur la planète avec le sourire !
Voilà, pour bidouiller du multiboot sans se prendre la tête, Grub2Win reste une des options les plus fiables du genre. C'est par ici les bidouilleurs !
Des utilisateurs de Claude Desktop sont en train de découvrir que l'application d'Anthropic se permet d'aller bidouiller les réglages de plusieurs navigateurs, y compris ceux qui ne sont pas installés sur la machine.
L'idée est simple, c'est pré-configurer l'accès pour que, le jour où vous installeriez Chrome, Firefox ou Edge, Claude puisse directement automatiser votre navigation sans avoir à redemander la permission.
Sur le papier, ça part d'une intention louable. Éviter de vous ennuyer avec un prompt de permission à chaque installation, pourquoi pas. Sauf que voilà, personne n'a demandé à ce que Claude Desktop touche aux navigateurs absents, et encore moins à ceux que l'utilisateur a délibérément choisi de ne pas avoir.
On a par exemple un chercheur en sécurité qui n'avait jamais installé la moindre extension Anthropic, qui s'est retrouvé avec toutes ces préconfigurations silencieuses, selon The Register.
Le problème devient plus sérieux quand on regarde comment ça marche.
L'application pont qui fait le lien entre Claude et les navigateurs tourne hors du sandbox navigateur, avec les privilèges complets de l'utilisateur. Ce qui veut dire qu'elle peut lire vos pages, remplir vos formulaires, capturer l'écran sur des sessions authentifiées, bref agir comme vous, sans aucune boîte de dialogue qui vienne prévenir ou demander confirmation.
Côté Anthropic, silence radio. On imagine bien que l'argument défensif sera qu'il s'agit juste de préparer le terrain pour Computer Use, la fonctionnalité qui permet à Claude d'utiliser votre PC comme un humain.
Sauf qu'installer des hooks dans des navigateurs absents ressemble quand même plutôt du squatting de permissions qu'à une préparation technique légitime.
Ce qui est rageant dans cette histoire, c'est qu'Anthropic se positionne depuis des mois comme l'acteur "sérieux" de l'IA, celui qui fait des papiers d'alignement et parle éthique à longueur de blog posts. Voir leur app desktop se comporter comme un logiciel de 2005 qui colle Ask Toolbar sans prévenir, c'est un camouflet côté image.
Pour les entreprises qui regardent si elles peuvent déployer Claude Desktop en flotte, ce genre de comportement va clairement peser dans la balance sécurité, et pas dans le bon sens.
Bref, on est là sur une histoire de permissions qui n'aurait jamais dû exister sur un produit d'une boîte qui se présente comme le pro de la sécurité IA.
Source : The Register
La 0.17.3 de GAIA, le framework open-source d'AMD pour faire tourner des agents IA en local sur puces Ryzen AI, débarque avec une fonction assez attendue. Vous pouvez désormais exporter vos agents personnalisés et les réimporter sur une autre machine en quelques clics.
Très concrètement, vous packagez vos agents dans un installeur GAIA custom, et au premier lancement sur la nouvelle machine, tout est déjà là, pré-configuré, directement prêt à tourner. Sous Windows, AMD a particulièrement bossé le sujet, pour qu'un seul fichier d'install suffise à tout transporter, même les prompts systèmes.
C'est le genre de détail qui paraît anodin mais qui change la donne quand vous configurez une flotte de PC ou que vous voulez juste refiler votre setup à un collègue sans passer deux heures à tout reconfigurer. La version embarque aussi quelques changements côté sécurité qui méritent qu'on s'y arrête.
Le cache RAG, qui stockait ses données via Pickle (la sérialisation native de Python connue pour être un gros vecteur d'attaque), passe désormais en JSON avec signature HMAC-SHA256.
En clair, plus de risque de voir un agent partagé déclencher du code arbitraire à l'ouverture du cache. Pour un framework pensé justement pour faire circuler des agents entre machines, c'était quand même devenu intenable de rester sur Pickle.
La bibliothèque C++ préserve maintenant les URLs compatibles OpenAI, ce qui permet aux agents de taper sur des back-ends d'inférence alternatifs sans perdre la config au moment du transfert.
Et la gestion documentaire a été revue pour que les agents qui traitent des fichiers s'en sortent mieux avec les PDF, Word et autres formats structurés. Bref, AMD continue de solidifier GAIA version après version plutôt que de sortir des gros coups marketing.
Petit rappel pour ceux qui découvrent : GAIA tourne en local, sur votre matos Ryzen AI, sans dépendance cloud. Vous construisez vos agents, ils fonctionnent chez vous, et absolument personne ne voit passer vos requêtes ni vos documents.
C'est clairement une approche à contre-courant de ce que font OpenAI et consorts, et ça colle avec la stratégie d'AMD de pousser l'IA embarquée sur les PC plutôt que de laisser Microsoft et Nvidia se partager le gâteau du silicium IA. Pour les développeurs qui bricolent déjà avec GAIA, la 0.17.3 est dispo dès maintenant sur le GitHub du projet.
L'import/export d'agents, c'est ce qui manquait pour que des agents GAIA custom circulent dans la communauté. Affaire à suivre.
Source : Phoronix
TRELLIS est un modèle IA capable, à partir d'un texte ou d'une image tout ce qu'il y a de plus normal, de générer un modèle en 3D. C'est développé par Microsoft Research et c'est assez génial. D'ailleurs j'en avait parlé en février dernier quand la bête ne tournait encore que sur des cartes NVIDIA.
Sauf que voilà, ça ne fonctionnait pas sur Apple Silicon, mais uniquement sur les machines compatibles CUDA. Enfin, jusqu'à aujourd'hui, puisque grâce au développeur Shivam Kumar, on dispose maintenant d'un portage pour les architectures Apple via PyTorch MPS.
Pour que ça passe côté Metal, Shivam a dû identifier les opérations CUDA qui bloquaient, puis les remplacer une par une. Comptez environ 3 minutes et demie sur un M4 Pro pour générer un mesh depuis une image. Le temps d'aller se chercher un café et de revenir, quoi.
Il vous faudra un Mac Apple Silicon avec au moins 24 Go de mémoire unifiée, et 15 Go de stockage pour les poids du modèle (soit à peu près la taille d'un gros jeu AAA). L'installation passe par un setup.sh fourni dans le repo, mais il faut d'abord un compte HuggingFace validé pour accéder aux dépendances.
En sortie, vous obtenez alors un mesh de 400 000 vertex et plus, exportable en OBJ ou GLB, donc utilisable directement dans Blender, un moteur de jeu ou votre slicer d'impression 3D. Une subtilité à retenir quand même, la version Mac se limite pour l'instant à l'image-to-3D, le text-to-3D du modèle original n'est pas encore connecté. Et les couleurs arrivent sous forme de vertex colors, pas de texture maps à l'ancienne. Perso, j'aurais préféré avoir les textures, mais bon, c'est déjà énorme d'avoir le pipeline qui tourne sans GPU NVIDIA.
Côté usages concrets, ça dépanne bien pour mocker des assets en prototypage, générer un proxy 3D à partir d'une photo pour tester un éclairage, ou poser rapidement une base éditable dans Blender. Y'a aussi Meshy 6 et Hunyuan de Tencent dans la catégorie image-to-3D si TRELLIS-Mac demande trop à votre machine.
Si ça vous intéresse, ce portage est sur GitHub en licence MIT. Si vous avez un Mac qui tient la charge, franchement ça vaut le coup de tester.
Ce matin en buvant mon café, je suis tombé sur un dépôt qui m'a fait tiquer et j'aimerai prendre quelques minutes pour vous en parler. Ça s'appelle Open Slopware , c'est hébergé sur Codeberg, et ça recense tous les projets open source qui ont eu le "malheur" de laisser l'IA s'approcher de leur code.
En fait, c'est une grande liste organisée par types de reproches, allant du projet qui autorise les contributions faites avec des LLM, à celui qui intègre une fonctionnalité IA, en passant par ceux qui acceptent du sponsoring d'entreprises IA ou qui ont un bot qui répond aux issues. Plus de 100 projets sont épinglés pour le moment, avec à chaque fois une alternative "AI-free" proposée. Forkée après que le repo original ait été supprimé par son créateur, la version actuelle est aujourd'hui maintenue par un collectif baptisé "small-hack".
Dans cette liste, on retrouve par exemple rsync, cet outil que j'utilise depuis bientôt 20 ans pour synchroniser mes backups et autres joyeusetés. Et l'unique grief qu'on les anti-IA contre Rsync, c'est qu'ils ont trouvé 2 contribs Claude Code dans leur dépôt. Autrement dit, rsync autorise ses contributeurs à utiliser des LLM, à condition que ce soit documenté et transparent. C'est ça, leur crime. C'est pas du code pourri, c'est pas une faille injectée par un vibe coder pressé à 3h du mat'... Non, ce qui vaut à Rsync d'être qualifié de slopware, c'est juste une politique d'ouverture explicite.
Perso, je trouve ça sain d'avoir une politique qui encadre l'usage de l'IA, même si je sais que je vais me faire allumer ^^. Parce que soyons réalistes 2 secondes, aucun mainteneur de projet libre ne peut empêcher un contributeur de balancer un patch généré par Claude ou ChatGPT. Ce qu'il peut faire, par contre, c'est exiger que ce soit déclaré. Rsync a choisi cette voie. Godot Engine aussi. Comme ça, plutôt que d'avoir des gens qui se planquent pour pousser du code IA en douce, on a un cadre clair où chacun annonce la couleur.
Je pense qu'interdire pousse à cacher, alors qu'autoriser avec des règles strictes et claires permet de filtrer et de ne garder que le meilleur. C'est pas sorcier.
Ces projets posent des règles, des process, des obligations de déclaration. Bref, ils prennent en compte le monde réel, celui où les contributeurs utilisent déjà ces outils tous les jours, au lieu de s'enfermer dans des fantasmes utopistes qui voudraient qu'on revienne à la compilation à la bougie. Et en retour, ils se font malheureusement coller une étiquette de slopware par des randoms anonymes.
Alors qu'on ait des réserves sur l'IA, je le comprends totalement mais je trouve ça regrettable de venir chier dans les bottes des seuls qui essaient de poser un cadre. C'est tellement à côté de la plaque.
Le vrai slop les amis, il est ailleurs, dans les repos vite faits balancés sur GitHub par des gens qui n'ont jamais touché au code qu'ils publient. Pas chez rsync.
Et puis faut voir concrètement ce qu'il vous faudrait remplacer pour respecter leur doctrine. Un clone buggy de Rsync ? Un retour à tar ou à un client FTP des années 2000 ? Bon courage pour synchroniser 300 Go de photos avec ça sans que votre NAS chauffe tout le salon.
Pour Godot, il faudra migrer vers Pandemonium Engine, qui est un chouette fork mais maintenu quasi-exclusivement par une seule personne. Quand à Firefox ? Là c'est carrément open bar, puisque le projet est affiché à la fois pour sa politique de contribution et pour ses fonctionnalités IA intégrées. Du coup bon courage pour trouver un navigateur moderne qui n'ait pas touché à l'IA d'une manière ou d'une autre.
Et leur liste est sans fin puisqu'elle embarque aussi le noyau Linux, WordPress, Vim, Neovim et VS Code, histoire de bien finir le boulot.
Ils auraient plus vite fait de lister des projets garantis sans IA, ça consommerait moins de bande passante ^^, parce que là, ceux qu'ils balancent, c'est ceux qui ont communiqué sur le sujet mais allez savoir combien sont les projets "vertueux garantis sans LLM" dont les dev maquillent le code que l'IA leur a sorti.
Je tiens à rappeler quand même que le mot slop, à la base, désigne du contenu IA généré à la chaîne sans aucun contrôle humain. Coller cette étiquette sur des projets vieux de trente ans qui font juste évoluer leurs règles de contribution, c'est soit de la paresse intellectuelle, soit un procès d'intention. Et les mainteneurs ont beau préciser que leur liste n'est pas un outil de harcèlement, une fois qu'un projet est publiquement classé comme slopware, le mal est fait.
Ces projets, on les a quand même tous utilisés, souvent pendant des années, sans jamais rien donner en échange, ni un rond, ni une issue. Rsync a sauvé la vie à des millions d'admins sys qui n'ont jamais poussé la moindre ligne de code en retour. Firefox a tenu le web ouvert pendant vingt ans pendant qu'on migrait tous sur Chrome sans rien leur donner. Le noyau Linux fait tourner la moitié d'Internet. Les voir se faire taper dessus par des gens qui, dans leur grande majorité, n'ont jamais contribué non plus, juste parce qu'ils ont adapté leurs règles de contrib au monde actuel, je trouve ça assez irrespectueux en fait.
C'est facile de gueuler comme un putois sur les joueurs, quand on est en haut, bien au chaud dans les gradins.
Et visiblement, je suis loin d'être le seul à le ressentir comme ça. Plusieurs développeurs épinglés dans la liste ont publiquement parlé de chasse aux sorcières, et l'ambiance est tellement devenue toxique que l'auteur original du dépôt a fini par le supprimer après avoir reçu une avalanche de harcèlement des deux bords. Seth Larson, security developer-in-residence à la Python Software Foundation, a publié en février un billet intitulé Automated public shaming of open source maintainers , où il dénonce le shaming systématisé des bénévoles qui osent poser des règles sur l'IA. Et côté politiques officielles, Debian vient de passer 2 mois à débattre de l'acceptation des contributions IA pour finalement ne pas trancher, pendant que Gentoo et QEMU choisissaient l'interdiction pure et la Linux Foundation l'autorisation encadrée.
Bref, tout le monde tâtonne, personne n'a LA bonne réponse, et ça n'empêche pas Open Slopware de distribuer les mauvaises notes avec l'assurance d'un inspecteur du fisc.
Après, si vous avez pleiiiin de temps libre et que vous voulez reconstruire votre stack de A à Z autour de projets qui refusent tout contact avec des LLM, cette liste vous aidera à vivre selon votre religion. Mais retirer Rsync de sa boîte à outils parce qu'ils ont validé des contribs utiles poussées par un humain assisté par Claude Code, perso, je trouve ça un peu sévère.
Bref, les projets libres s'adaptent, comme ils l'ont toujours fait et les qualifier de slop parce qu'ils évoluent, je trouve ça moche.
Y'a 20 ans passés, une linguiste canadienne nommée Sonja Lang a eu une idée un peu folle : créer la langue la plus simple du monde. Le résultat, c'est le Toki Pona, un truc minimaliste qui tient officiellement en 120 mots et que vous pouvez apprendre en quelques heures si votre mémoire n'est pas trop merdique. Et en 2026, la communauté a tellement grossi autour que ça vaut le coup d'y (re)jeter un œil.
L'idée derrière cette langue inventée en 2001, c'est de réduire la pensée à l'essentiel, un peu à la manière du taoïsme. Sonja Lang l'a créée au départ pour simplifier ses propres pensées, et ça s'est transformé en un truc adopté par une communauté internationale active. Pas une alternative à l'anglais ou à l'espéranto (ça ne vaut pas la langue des anciens ), juste une langue qui vous force à décrire le monde avec ce que vous avez sous la main.
Le nom Toki Pona vient de toki (dérivé de Tok Pisin , lui-même issu de l'anglais "talk") et de pona qui vient du bona espéranto pour dire "bon". Donc littéralement "Langue du bien" ou "Langue simple", ce qui colle pas mal avec l'intention.
Le truc, c'est qu'avec 120 mots officiels listés dans le livre Pu que Sonja Lang a publié en 2014, et 14 phonèmes (5 voyelles a e i o u et 9 consonnes j k l m n p s t w), vous couvrez tout ce dont un humain a besoin pour communiquer. Ça se prononce comme en français sauf le j qui fait "y", le e qui fait "é" et le u qui fait "ou". Depuis 2021, un second livre appelé ku étend le vocabulaire à 137 mots pour les usages plus pointus, mais le cœur reste le Pu.
Prenons le mot kasi. Kasi, c'est un végétal. Mais lequel ? Si je vous dis kasi kiwen, c'est un arbre car kiwen indique quelque chose de solide. Je peux aussi dire kasi suli pour dire que c'est un végétal de grande taille, donc un arbre aussi. À voir selon le contexte évidemment.
Maintenant si je dis kasi kule, j'indique que ce végétal est coloré, donc probablement une fleur. Et si j'associe kasi (végétal) avec ma (terre), ça donne ma kasi qui signifie un sol végétalisé, donc un jardin. Et si c'est un ma kasi kiwen, on parle probablement d'une forêt. Voilà, vous voyez le délire.
Pour apprendre ça aujourd'hui, y'a plusieurs routes selon votre style. Le site officiel tokipona.org vend les livres de Sonja Lang (Pu, ku, plus quelques autres) et c'est la référence absolue. Si vous préférez un truc en ligne gratuit et structuré, wasona.com propose 29 leçons dispos en 13 langues dont le français, qui vont des bases au niveau avancé, sans gamification chiante, juste du texte et des exos bien foutus.
Pour compléter, y'a Wikibooks qui a pas mal de contenu, linku.la qui fait dictionnaire en ligne collaboratif, et si vous voulez le livre papier officiel, Pu est dispo sur Amazon . Et si vous préférez apprendre une langue en jouant , il existe aussi des approches ludiques qui marchent bien.
Côté communauté, le vrai hub c'est le Discord "ma pona pi toki pona" qui dépasse les 19 500 membres en 2026. Des gens qui parlent exclusivement en Toki Pona, traduisent des films, écrivent de la poésie, font des mèmes en sitelen pona... un vrai petit écosystème. C'est d'ailleurs cette communauté qui a contribué aux données du ku en 2021.
Parlons écriture justement, parce que là aussi y'a eu du mouvement. Trois systèmes coexistent. Sitelen Lasina, c'est juste l'alphabet latin classique que j'utilise depuis le début de l'article. Sitelen Pona est l'écriture logographique officielle de Sonja Lang où chaque mot a son petit pictogramme (genre un rond pour le soleil, une ligne qui monte pour l'escalier). Et Sitelen Sitelen, c'est la version artistique créée par Jonathan Gabel, beaucoup plus complexe et franchement magnifique.
Et comme la syntaxe du Toki Pona est super basique, on peut l'adapter à d'autres systèmes d'écriture, genre l'alphabet runique.
Ou littéralement à tout et n'importe quoi. En bon geek, je vous propose de découvrir le Toki Pona version Emoji. Chaque mot correspond à une ou plusieurs emojis.
Pour reprendre mon exemple de jardin ma kasi, il suffit d'écrire 🌍🌴. Fastoche non ? Vous trouverez la liste officielle des emojis Toki Pona sur ce tableur .
Sur le site Sitelen Emoji , vous trouverez également des outils pour Windows, macOS et Linux qui vous donnent un clavier emoji dédié au Toki Pona.
Allez, je vous laisse un petit message perso :
👈❤️💕👉🤙 🚆👍🧪⚙️🧠🧑🤝🧑
Y'a un traducteur Emoji / Toki Pona ici pour les galériens.
Bref, si vous cherchez une langue qui se glisse dans le cerveau en un week-end et qui vous force à reformuler vos idées de manière minimale, le Toki Pona est un excellent candidat. Et en prime, vous rejoindrez une communauté de dingues adorables. Amusez-vous bien !
Article publié initialement le 20 juillet 2023 et mis à jour le 21 avril 2026.
Vercel, c'est la plateforme d'hébergement web utilisée par des milliers de développeurs et d'entreprises pour déployer leurs sites et applications (c'est eux qui font Next.js, entre autres).
Un de leurs employés s'est inscrit sur Context.ai, un assistant IA pour la bureautique, en utilisant son compte professionnel Google. Au moment de l'installation, l'app a demandé l'accès à ses emails, ses fichiers, son agenda, bref tout le Google Workspace de la boîte. Il a cliqué "autoriser tout". Erreur classique.
Sauf que Context.ai s'est fait pirater en février. Un de leurs propres employés a chopé un malware (Lumma, un voleur de mots de passe) en téléchargeant des scripts de triche pour Roblox. Le genre de bêtise qui ouvre la porte à tout le reste.
L'attaquant a récupéré l'accès que Context.ai avait sur le Google Workspace de Vercel, avec des permissions très larges : emails, fichiers internes, infrastructure de déploiement.
ShinyHunters, un groupe de pirates connu, a revendiqué le coup sur un forum et mis en vente des clés d'accès, du code source, des données de bases et des clés API de Vercel.
Le PDG de Vercel estime que le nombre de clients touchés est "assez limité", sans donner de chiffres. Mais côté crypto, plusieurs projets hébergés sur la plateforme ont quand même lancé en urgence un changement de tous leurs mots de passe et clés d'accès, ce qui donne une idée de l'ambiance.
Ce qui rend cette affaire intéressante, c'est le mécanisme. Personne chez Vercel n'a été directement attaqué. C'est un outil tiers, un outil IA installé par un employé, qui a servi de pont. L'employé donne un accès large à un service externe, le service se fait pirater trois mois plus tard, et tout le contenu professionnel de l'entreprise se retrouve exposé.
C'est exactement le scénario que les experts en sécurité décrivent depuis un an quand ils parlent des outils IA qui demandent des permissions tentaculaires sur vos comptes pro.
Bref, le vrai problème n'est pas Vercel. C'est le "autoriser tout" sur un outil IA qu'un employé a installé sans se poser de questions.
Source : SecurityWeek