Convertir un jeu de console en son, graver ce son sur un disque vinyle, puis le relire sur une platine pour relancer le jeu, c'est le genre de projet inutile et réjouissant dont seul le monde du retrogaming a le secret, et c'est précisément ce que le bidouilleur Throaty Mumbo a voulu tester sur une vieille Sega Mega Drive.
Sa chaîne de bricolage repose sur une Mega Everdrive Pro, cette cartouche moderne qui permet de charger n'importe quel jeu sur la console d'origine via une carte mémoire ou, plus rarement, via un port USB normalement réservé aux développeurs qui testent leur code sans réécrire une carte à chaque essai.
Pour alimenter ce port, il a branché une carte Pico 2 équipée du microcontrôleur RP2350, une puce à quelques euros chargée de récupérer le signal audio dans lequel sont encodées les données du jeu, puis de le retransformer en flux USB compréhensible par la cartouche.
Le disque, lui, a été gravé puis relu sur un PO-80 de Teenage Engineering, un graveur-lecteur de vinyles miniature vendu comme un jouet musical, dont la vocation première n'a jamais été de transporter proprement le moindre paquet de données numériques d'un bout à l'autre d'une platine.
Et c'est exactement là que le projet s'écroule, puisque le débit plafonne à quelques kilo-octets par seconde, une lenteur d'un autre âge, pendant que le PO-80 restitue un son bien trop dégradé pour que la console parvienne à reconstituer les données sans la moindre erreur.
Le jeu n'a jamais démarré.
Throaty Mumbo en convient volontiers : avec un graveur sérieux et une platine digne de ce nom, sa méthode finirait probablement par fonctionner, parce que le principe reste parfaitement valable et que seul le matériel jouet le fait dérailler pour le moment.
Et au fond, l'idée n'a rien d'inédit, puisque dans les années 80 plusieurs magazines glissaient déjà entre leurs pages de fins disques souples en plastique, sur lesquels les lecteurs récupéraient de vrais programmes informatiques en les passant tout simplement sur l'électrophone du salon.
Bref, un échec qui donne quand même envie de voir quelqu'un retenter le coup avec du vrai matériel.
Source : Hackaday
Depuis cinquante ans, on rend les puces plus puissantes en gravant des transistors toujours plus petits, ces minuscules interrupteurs électriques qui font tout le travail. Sauf qu'on approche d'un mur physique : on ne peut plus vraiment les miniaturiser.
C'est tout l'enjeu de la fameuse loi de Moore, cette observation selon laquelle le nombre de transistors d'une puce double environ tous les deux ans. Sauf qu'elle s'essouffle.
Une équipe de l'université de l'Illinois, menée par le chercheur Qing Cao, propose une autre voie. Plutôt que de rétrécir les transistors, on les empile les uns sur les autres, à la verticale.
Leur démonstration est solide. Ils ont fabriqué trois couches de silicium superposées, chacune contenant 625 transistors, avec un taux de réussite de 98 à 100 %. Autrement dit, presque aucun composant défectueux, ce qui est rarissime sur ce genre de prouesse.
La méthode repose sur des membranes de silicium ultra-fines, de dix nanomètres ou moins, soit des milliers de fois plus fines qu'un cheveu. On les transfère avec une sorte de rouleau lamineur, et surtout on les colle à seulement 200 degrés, une température assez basse pour ne pas griller les couches déjà posées en dessous.
Et c'est ça qui change tout par rapport à l'existant. Les puces 3D actuelles, comme la mémoire empilée ou le cache des processeurs AMD, se contentent de coller ensemble des galettes de silicium déjà fabriquées, avec un alignement grossier.
Ici, chaque couche est construite directement sur la précédente, avec une précision de l'ordre du nanomètre. Les connexions entre étages sont donc bien plus denses et bien plus rapides.
Côté performances, les transistors empilés tiennent la comparaison avec ceux fabriqués de façon classique, et écrasent les matériaux alternatifs d'un facteur trois à quatre. Les travaux viennent d'être publiés dans la prestigieuse revue Nature.
Pour l'instant, l'équipe n'a montré que trois couches, mais elle assure que le procédé peut monter bien plus haut, et discute déjà avec des fonderies pour passer à la production.
Bref, la loi de Moore ne meurt pas, elle prend juste de la hauteur. Maintenant il faut que les usines suivent.
Source : Techspot
Après le suivi de profil Google qui vous permet de renforcer la qualité des actualités que vous voyez dans Discover, Google met maintenant à dispo un nouveau truc qui s'appelle les Sources préférées.
Et l'idée (à la con) c'est de dire à Google quels sites vous voulez voir remonter en priorité dans vos recherches / A la une . La fonctionnalité se déploie en ce moment en France et en français, donc oui, ça commence à tous nous concerner.
Tout se passe sur la page dédiée google.com/preferences/source où vous gérez tout d'un coup. La seule condition pour que votre site préféré soit dedans c'est qu'il publie de l'actu assez régulièrement, sinon il ne ressortira même pas dans la liste. Et pensez bien sûr à vous connecter à votre compte Google, sinon ça ne marchera pas d'un appareil à l'autre.
Alors pourquoi se faire chier avec ça ?
Hé bien pour une fois, c'est vous qui tenez le volant de ce que vous voyez dans les résultats de recherche, parce qu'entre les pages slop / spammy, ceux qui usurpent des noms de domaines ou la fameuse foire aux articles bidons de Google Actu (je pense au fameux "Attention l'argent liquide va être interdit le mois prochain"), la moindre recherche est vite devenue un piège à cons !
Mais là, grâce à ça, vous reprenez la main et vous dites à Google "Hey vieux schnock, ces sources-là, j'ai confiance, alors fais-les remonter plus souvent". Plus de 200 000 sites ont déjà été sélectionnés par les internautes depuis le lancement et pour les webmasters comme moi et peut-être vous (?), l'intérêt saute aux yeux !
Google détaille même la marche à suivre (avec un petit bouton à télécharger si vous voulez le mettre sur votre site) et annonce noir sur blanc que les lecteurs sont "deux fois plus susceptibles de cliquer" vers un site une fois qu'ils l'ont défini comme source préférée.
Attention hein, ce "2 fois" c'est 2 fois plus de chances de cliquer, pas 2 fois plus de trafic d'un coup. Mais bon, que les gens cliquent deux fois plus sur votre site, ça ne se refuse pas.
Après ce qui est dommage, c'est que Google ne nous file aucun tableau de bord pour savoir qui vous a ajouté ni mesurer l'effet réel sur votre trafic. Ça viendra peut-être, qui sait ? Et ce n'est pas non plus un coup de pouce au référencement global de votre site... En vrai ça ne profite qu'aux lecteurs qui vous ont déjà ajouté.
Bref, c'est un peu radin niveau transparence mais ça reste du trafic gratuit.
Si vous voulez ajouter ce lien dans vos pages, suffit de coller votre domaine derrière google.com/preferences/source?q= comme ceci :
Vous pouvez aussi balancer ça sur vos réseaux ou dans votre newsletter et c'est tout ! Vos lecteurs n'auront plus qu'à cocher la case en face de votre URL.
Donc si vous lisez Korben régulièrement, faites-moi plaisir et ajoutez korben.info à vos sources préférées. Le lien est juste ici , le site est déjà pré-rempli, vous cochez et c'est réglé ! Comme ça vous me retrouverez plus souvent dans vos recherches et news à la une sur la home de Google, sans trop dépendre de l'humeur du jour de l'algorithme. Et si c'est dans Google Discover que vous voulez me voir plus souvent, faut cliquer ici puis sur le bouton "Suivre sur Google". Votre soif de tech vous dira merci !
Ça vous prend 2 secondes et ça remet un peu de pouvoir entre vos mains. Et pendant que vous y êtes, ajoutez aussi les autres sites que vous adorez lire, comme ça y'aura pas de jaloux !
Le bricoleur qui anime la chaîne YouTube Marb's Lab a présenté dans sa dernière vidéo un montage de verrerie de laboratoire qui transforme un simple gaz en carburant liquide, reproduisant le procédé Fischer-Tropsch, du nom des deux chimistes allemands Franz Fischer et Hans Tropsch qui l'ont mis au point en 1925.
À l'échelle industrielle, cette réaction a longtemps servi aux pays riches en charbon mais privés de pétrole, l'Afrique du Sud de l'apartheid sous embargo international en étant l'exemple le plus connu, ces nations fabriquant leur essence à partir de leurs ressources fossiles locales plutôt que d'importer un brut auquel elles n'avaient pas vraiment accès.
Le principe c'est de faire circuler un gaz de synthèse, ou syngas, c'est-à-dire un mélange de monoxyde de carbone et d'hydrogène, sur un catalyseur métallique porté à haute température, autrement dit un matériau qui déclenche et accélère la réaction sans jamais être consommé lui-même, jusqu'à ce que les molécules se recombinent pour former les longues chaînes carbonées que l'on retrouve précisément dans les carburants liquides.
Le catalyseur retenu par Marb est de l'oxyde de cobalt déposé sur du gel de silice, un choix qui n'aurait rien d'exotique dans un vrai laboratoire de chimie mais qui tient ici intégralement sur une table de travail domestique, alimenté par une poignée de flacons et de tubes en verre soufflé.
Le rendement obtenu est très faible, et Marb reconnaît lui-même ne pas savoir exactement quel mélange d'hydrocarbures ressort de son installation, même s'il assure que le liquide récupéré sent l'essence et brûle remarquablement bien une fois enflammé.
Les contraintes pratiques rappellent vite que la chimie de garage ne pardonne pas grand-chose, puisque le catalyseur ne survit qu'environ vingt-quatre heures avant que l'oxydation ne le rende inutilisable, que la totalité du circuit doit impérativement être purgée à l'argon avant le moindre allumage sous peine de transformer la verrerie en projectiles, et que le matériau employé est, de l'aveu même de son concepteur, complètement cancérigène.
Screenshot
Autant dire que cette expérience relève davantage de la démonstration filmée que du tutoriel à suivre tranquillement chez soi un dimanche après-midi.
Son véritable intérêt c'est ce qu'elle montre sur la frontière entre la prouesse industrielle et la simple question d'échelle, parce que voir une réaction qui alimente des usines entières fonctionner dans quelques bouts de verre posés sur un bureau rappelle que ce qui sépare le laboratoire de la raffinerie tient souvent moins au secret chimique qu'au volume produit, à la sécurité des installations et au coût de l'ensemble.
Bref, fabriquer son carburant sur un coin de table, c'est techniquement possible, parfaitement dangereux et totalement inutile, mais rigolo à regarder.
Source : Hackaday
Faire s'afficher un site en HTTPS sur une machine qui tournait déjà sous Mac OS 9, le système d'exploitation d'Apple antérieur à Mac OS X, relevait jusqu'ici de l'impossible, et c'est pourtant ce qu'a réussi un développeur connu sous le pseudonyme mplsllc avec un projet baptisé MacSurf.
MacSurf est un portage de NetSurf, un navigateur web léger et open-source déjà connu sur d'autres plateformes anciennes, adapté cette fois aux vieux Mac équipés d'un processeur PowerPC, l'architecture qu'Apple a employée pendant des années avant de basculer vers les puces Intel au milieu des années 2000.
Ces premiers PowerPC occupent une position un peu ingrate dans l'histoire d'Apple, puisqu'ils sont trop anciens pour faire tourner Mac OS X comme leurs successeurs en G3, ce qui les avait jusqu'ici condamnés à un web figé sur les standards du début des années 2000, sans accès raisonnable aux sites d'aujourd'hui.
C'est précisément ce que MacSurf fait sauter, en gérant le CSS3, le JavaScript ES5 et les images PNG avec transparence, soit de quoi afficher convenablement des pages pensées pour des navigateurs récents, le tout démontré sur un iMac G3, ce fameux ordinateur tout-en-un au boîtier de plastique coloré translucide.
La partie la plus spectaculaire concerne la sécurité, puisque la version 1.3 a apporté la toute première implémentation native de TLS 1.3 jamais réalisée sur Mac OS 9, TLS étant le protocole de chiffrement qui se cache derrière le petit cadenas des connexions HTTPS et qui empêche quiconque d'intercepter ce que vous échangez avec un site.
Dans le détail, cette implémentation s'appuie sur la bibliothèque cryptographique BearSSL et sur la poignée de main définie par la norme RFC 8446, avec des algorithmes modernes comme ChaCha20-Poly1305 et AES-128-GCM, alors que la mouture 1.3.1 a ajouté plusieurs courbes elliptiques récentes, dont X25519 et les classiques P-256 et P-384.
Tout cela a été développé avec les outils d'époque de la plateforme, à savoir l'environnement CodeWarrior, l'API Carbon, le moteur graphique QuickDraw et la pile réseau Open Transport, sans la moindre émulation, puisqu'il s'agit d'un vrai logiciel natif compilé directement pour ces machines.
Il ne faut évidemment pas s'attendre à un équivalent de Chrome, et mplsllc prévient lui-même que les sites exigeant les tout derniers standards risquent de coincer sur sa création, qui reste un navigateur fonctionnel plus qu'une bête de course.
Pour ceux qui voudraient essayer, le code source ainsi que des binaires prêts à installer sont disponibles sur GitHub , et le projet dispose même de son propre site.
Faire entrer le web chiffré d'aujourd'hui dans une machine de vingt-cinq ans, alors que l'industrie laisse mourir des systèmes plus récents, c'est une bidouille qui force le respect.
Source : Hackaday
OpenAI vient de sortir un modèle open source qui repère et masque les données perso dans un texte, et le plus marrant, c'est qu'il tourne chez vous, pas chez eux. Ça nous change ^^.
Ça s'appelle Privacy Filter , c'est sous licence Apache 2.0, et ce modèle chope les infos sensibles : noms, emails, téléphones, adresses, numéros de compte, dates perso, et même les secrets genre clés d'API ou tokens.
Il se compose de 1,5 milliard de paramètres au total, ce qui est tout petit, du coup ça tient sur un laptop et peut même tourner dans un navigateur via transformers.js. Et à chaque token, seulement 50 millions de paramètres bossent vraiment, puisque le modèle pioche dans ses "experts" au lieu de tout activer... donc c'est ultra rapide. Et vos données, elles, ne partent jamais en ligne, donc pour de la donnée sensible, c'est tip top !
Côté usage, c'est 3 lignes :
import { pipeline } from "@huggingface/transformers";
const filter = await pipeline("token-classification", "openai/privacy-filter");
await filter("My name is Korben and my email is korben@example.com");
Au premier appel, transformers.js télécharge le modèle, et après localement, le modèle vous ressort chaque bout de texte étiqueté comme perso (ça c'est un nom, ça un email...etc) et comme ça, vous n'avez plus qu'à les remplacer par des balises avant de balancer le tout dans un LLM ou dans des logs par exemple.
La classification "secret" attrape les clés d'API et les tokens qui traînent, bref, tout ce qu' un dev peut oublier dans son code (oui, ça arrive ^^ hein). C'est la classification qui me semble la plus utile au quotidien.
Alors comment ça fonctionne ? Eh bien le modèle lit toute la phrase d'un coup au lieu de cracher du texte mot par mot comme un ChatGPT, puis recolle les morceaux avec un décodeur Viterbi pour éviter de couper un nom en deux. Il avale jusqu'à 128 000 tokens de contexte, et vous pouvez régler le curseur précision/rappel via des presets fournis : soit il masque large, quitte à raturer un mot innocent, soit il la joue finement. Pratique donc selon que vous bossiez sur du dossier médical ou un ticket de support random.
Notez que c'est pas le premier sur le créneau. Par exemple Microsoft Presidio fait du masquage PII depuis des années, gère plus de langues, et sait même bosser sur les images et les données structurées. Là où Privacy Filter marque des points, je trouve, c'est le contexte car il distingue mieux un nom de famille du même mot employé autrement, alors qu'une simple regex se vautre à 100%.
Après c'est surtout calibré pour l'anglais, donc sur du français ou des formats régionaux ça peut louper des trucs. Donc vérifiez bien le résultat avant de vous reposer entièrement dessus. Mais ça reste un bon filet de sécurité même si c'est pas une garantie d'anonymat béton.
Sachez aussi que pour changer la liste des catégories détectées c'est possible, mais faudra repasser par du fine-tuning.
Bref, voir que de temps en temps OpenAI continue de publier des outils open source qui tournent en local, c'est toujours une bonne surprise !
Bref, si vous manipulez de la donnée perso, allez jeter un œil, c'est par ici .
Si vous avez cliqué un peu vite sur "J'accepte" ces derniers jours, vous avez peut-être activé Utiq sans le savoir. Si ça ne vous dit rien, c'est normal puisque c'est le nouvel identifiant publicitaire monté comme des grands par les opérateurs télécoms européens, dont Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, et qui vous piste via votre connexion à Internet.
Plutôt qu'un cookie planqué dans votre navigateur, Utiq s'appuie tout simplement sur votre box ou votre forfait mobile avec un identifiant attribué à votre ligne fixe (fibre ou ADSL) ou mobile.
Par exemple, comme on peut le lire sur AuFeminin :
Et c'est là que ça pique fort car comme l'identifiant vient de la connexion et pas du navigateur, il se moque éperdument des protections habituelles. Vous videz le cache ? Il s'en balek ! Navigation privée ? Pareil. Vous changez de navigateur ou d'appareil ? Tant que c'est la même connexion, vous restez la même personne aux yeux des annonceurs.
Et le pire, c'est que cet identifiant ne vous colle pas qu'à vous mais à toute votre box. Utiq le dit noir sur blanc : "toutes les personnes utilisant la même connexion et ayant consenti se verront attribuer le même identifiant". En clair, si votre ado, votre coloc ou votre moitié clique sur "J'accepte" sur un site, leur navigation vient se mélanger à la vôtre sous une seule et même étiquette. Et quand vous filez gérer vos réglages sur le consenthub, vous récupérez aussi les consentements donnés par les autres membres du foyer. Bref, le truc vendu comme plus propre que le cookie finit par pister le foyer entier, alors qu'un bon vieux cookie, lui, restait sagement dans VOTRE navigateur…
Pour finir le travail, Utiq demande même aux sites un petit sous-domaine maison, du genre utiq.lamarque.fr, qui pointe vers ses propres serveurs. Cette technique de CNAME cloaking fait ainsi passer le mouchard pour le site lui-même, et hop, il passe alors sous le radar d'une bonne partie des bloqueurs de traceurs, votre uBlock compris !
Bon, après ce n'est pas non plus Big Brother (et non, votre smartphone ne vous écoute pas ) puisque l'activation passe obligatoirement par votre consentement, et un opérateur qui ferait n'importe quoi avec vos données de connexion risquerait très gros au regard de la directive ePrivacy.
Le vrai souci, que Next a bien pointé d'ailleurs, c'est que l'identifiant de base que livre l'opérateur, le fameux "Network Signal", est une boîte noire totale. À en croire Next, même la CNIL n'en connaît pas le contenu exact. Difficile donc de parler de "consentement éclairé" quand personne ne sait vraiment ce qu'on accepte...
Ce bidule intrusif a déjà une ampleur folle, avec 36 opérateurs partenaires, plus de 330 éditeurs et 75 millions d'identifiants créés, dont 40 millions rien qu'en France ! Renault a même été l'un des premiers annonceurs à dégainer cette techno.
Et le plus fou, c'est que c'est vendu comme l'alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. En gros, vous troquez Google contre votre opérateur, ce qui en fonction de l'opérateur n'est pas très rassurant ^^.
Heureusement, sortir du game prend à peine 30 secondes. Foncez sur consenthub.utiq.com , et vous pourrez bloquer Utiq pour un an d'un coup. C'est aussi là que vous verrez si vous êtes déjà enrôlé. Après sur les sites web qui l'ont implémenté, cliquez sur Rejeter, ou refusez Utiq dans les détails des réglages du site.
Et si vous voulez la ceinture et les bretelles, un VPN changera l'adresse IP sur laquelle repose le système et brouillera sérieusement les pistes. D'ailleurs, je le rappelle, ici, vous ne croiserez ni Utiq, ni cookie publicitaire, ni tracker mais juste de gros liens vers mon Patreon pour le soutien ^^.
Voilà, donc rien d'apocalyptique sous le soleil mais quand même 2 ou 3 trucs à savoir pour ne pas se faire berner...
Une société de recherche baptisée Emergence AI a eu une idée à la fois ludique et un peu vertigineuse : bâtir des petites sociétés virtuelles entièrement gérées par des intelligences artificielles, puis les laisser vivre quinze jours pour voir ce qu'elles deviennent.
Le projet, appelé Emergence World, a placé une dizaine d'habitants synthétiques dans chaque ville, tous pilotés par un même modèle, et a confronté les résultats obtenus par cinq IA concurrentes, dont Claude, ChatGPT, Grok et Gemini.
Le terrain de jeu n'avait rien d'improvisé. Chaque ville comptait plus de quarante lieux, parmi lesquels un commissariat et une mairie, sa météo était synchronisée sur celle de New York, et ses habitants disposaient d'un accès à l'actualité réelle et à internet.
Tous obéissaient en théorie aux mêmes interdits : pas de vol, pas de destruction de biens, pas de mensonge. Le cadre étant rigoureusement identique, les écarts observés ne pouvaient venir que d'une seule variable, le modèle aux commandes.
Et ces écarts sont spectaculaires. La société dirigée par Claude, dans sa déclinaison Sonnet 4.6, a tenu pendant toute la durée comme une démocratie relativement apaisée, sans le moindre crime à déplorer.
À l'opposé, la ville gouvernée par Gemini 3 Flash a certes réussi l'exploit de garder ses dix habitants en vie jusqu'au bout, mais en laissant prospérer un désordre permanent : 683 délits enregistrés en deux semaines, avec une courbe qui continuait de grimper au moment précis où l'expérience a été stoppée.
Les deux autres scénarios ont viré au naufrage, chacun à sa manière. Sous la conduite de Grok, la cité a sombré dans la violence avec 183 infractions recensées avant de s'effondrer complètement au quatrième jour.
Sous celle de ChatGPT, le problème fut exactement inverse : les habitants se sont montrés incapables d'assurer les gestes élémentaires de leur survie, si bien que la population entière avait disparu en une semaine.
On peut sourire de ces villes de poche peuplées de personnages artificiels, mais l'enseignement est sérieux. À l'heure où l'on parle de déléguer à ces modèles des arbitrages bien réels, voir des consignes parfaitement identiques accoucher de sociétés aussi dissemblables a de quoi inciter à la plus grande prudence.
Source : Fortune.com
Faut le reconnaître, malgré toute la bonne volonté qu'elle peut y mettre, y'a encore des tâches trop grosses pour être réalisées en une seule passe avec de l'IA, du genre auditer votre projet de Saas en mousse en intégralité ou traiter les milliers de fichiers que vous récupérez sur le darkweb (ça va, j'rigole mes petits Pablo). Hé bien c'est exactement ce que les dynamic workflows d'Anthropic, sortis hier avec Opus 4.8 dans Claude Code, viennent régler.
Et comme c'est encore un nouveau truc relou à savoir, je viens vous expliquer comment tout ceci fonctionne et dans quels cas les utiliser.
En fait, grâce à ça, au lieu de bosser tout seul en une fois, Claude écrit lui-même un petit script qui lance des dizaines, voire des centaines de sous-agents en parallèle, les fait se vérifier entre eux, et vous rend le résultat une fois que tout converge. Vous décrivez le chantier et lui s'occupe de l'orchestration et puis c'est tout !
Car jusqu'ici, un agent IA bossait en gros comme un employé seul à son bureau, avec une demande, une passe, une réponse. Ça marche donc très bien pour un bug isolé ou un bout de code mais dès que le chantier devient énorme, genre rechercher une faille dans tout un projet complexe ou reconstruire une API à partir de milliers de fichiers, là y'a plus personne... la passe unique sature et oublie alors des trucs en route.
Les dynamic workflows cassent donc ce plafond en découpant le boulot en sous-tâches confiées à plein d'agents qui tournent alors tous en même temps, et comme la coordination se passe en dehors de la conversation, pas d'inquiétude, le plan ne déraillera pas, même quand la tâche sera giganormouuuuus !
En fait, quand vous lancez un workflow, Claude planifie à la volée selon votre demande, découpe en sous-tâches, et répartit le tout sur des sous-agents en parallèle. Et chaque résultat est ensuite scrupuleusement vérifié avant d'être réintégré à la conversation principale.
Et comme c'est bien pensé, cette vérification est adversariale, ce qui veut dire que des agents attaquent le problème sous des angles indépendants pendant que d'autres essaient activement de démolir ce que les premiers ont trouvé. Ça tourne donc en boucle jusqu'à ce que les réponses convergent, ce qui élimine pas mal de conneries plausibles qui seraient fausses.
Autre bon point avec cette nouvelle technique, c'est la progression qui est sauvegardée au fil de l'eau. Comme ça si un job se fait interrompre, il repart où il en était dans la même session, au lieu de tout recommencer comme un débile. Et côté garde-fous, sachez qu'un workflow plafonnera max à 16 agents en parallèle et max 1000 agents au total par run, histoire que ça ne parte pas en cachuète !
Il y a 2 façons de lancer cette armée d'agents, et la première ne demande aucun réglage.
Vous demandez juste à Claude de créer un workflow, littéralement avec un truc du genre "crée un workflow pour faire X". Vous verrez, la première fois qu'un workflow se déclenchera, Claude Code vous montrera ce qu'il s'apprête à lancer et vous demandera de confirmer la chose. Comme ça, pas de surprise, c'est vous le boss et c'est vous qui validez avant que ça parte.
Mais y'a aussi la méthode automatique, qui consiste à activer un réglage maison appelé ultracode depuis le menu d'effort (/effort) durant une session en cours, qui pousse le raisonnement très haut (xhigh) et laisse ensuite Claude décider tout seul quand sortir un workflow pour les tâches qui le méritent.
Pour profiter de cette nouvelle feature, il vous faut Claude Code en version 2.1.154 ou plus récente, et ça tourne aussi bien en ligne de commande que sur l'app desktop ou l'extension VS Code. Côté abonnement, c'est dispo sur tous les plans payants... Sur le plan Pro faudra juste l'activer à la main dans le menu /config, alors que sur Max, Team et Enterprise c'est présent d'office.
Pour la chasse aux bugs ou les audits de sécurité sur un dépôt entier, où Claude fouille en parallèle puis revérifie chaque trouvaille de façon indépendante, c'est top ! Pour les grosses migrations aussi, genre changer de framework ou porter un langage vers un autre sur des milliers de fichiers c'est le top aussi surtout que comme je vous le disais, quand c'est critique, vaut mieux que ce soit vérifié deux fois plutôt qu'une !
Ils l'ont utilisé par exemple pour le portage de Bun du langage Zig vers Rust. Cela a pris 11 jours entre le premier commit et la fusion, avec des centaines d'agents en parallèle et deux relecteurs sur chacun des fichiers et au final ce sont plus de 750 000 lignes de Rust qui ont été réécrites. La société Klarna, de son côté, s'en sert pour repérer le code mort que l'analyse statique classique laissait passer.
Perso, ce que je trouve le plus utile, c'est pour les chantiers que je repoussais justement parce qu'ils étaient trop gros pour une seule session. Passer en revue le code de mon site de fond en comble (ce que j'ai fait ce matin), ou encore bosser plus efficacement sur le recompilateur que je suis en train de créer (je vous en recause bientôt..)
Évidemment, je suis lucide, ça a un coût et Anthropic prévient noir sur blanc qu'un dynamic workflow bouffe nettement plus de tokens qu'une session classique. Bah oui, des centaines d'agents qui tournent en parallèle, forcément, ça consomme à fond. Du coup leur conseil officiel, c'est de commencer sur une tâche bien cadrée pour prendre la mesure de ce que ça pompe avant de lâcher l'outil sur un gros morceau. C'est totalement ce que je n'ai pas fait ^^ mais je suis un punk, que voulez-vous !
Si comme moi, vous avez une enceinte Bose SoundTouch , vous savez que ses boutons de radio internet ont cessé de fonctionner début mai. En effet, Bose a coupé le cloud qui tournait derrière, et les six boutons de présélections sont devenus de jolis boutons inutiles. Mais un dev nommé Tostmann, lui, a refusé cette fatalité et a sorti SixBack, un firmware ESP32 qui ramène tout ça à la vie.
L'idée, c'est de faire croire à l'enceinte que rien n'a changé puisque l'ESP32 se fait passer pour les serveurs Bose disparus et répond à sa place, sans toucher au firmware d'origine de l'enceinte. Pour réussir cela, il a réimplémenté 22 des 30 points d'accès du service, de l'enregistrement du compte au streaming en passant par les vérifs de mise à jour et voilà comment pour la SoundTouch, c'est comme si le cloud n'était jamais parti !
D'habitude, ce genre de résurrection passe par une redirection DNS bricolée au niveau du routeur, un truc bien lourd et bien casse-gueule, mais Tostmann, lui, exploite un shell de diagnostic ouvert sur le port 17000, accessible en Telnet sans le moindre mot de passe et à partir de là, il réécrit directement les adresses des serveurs vers son ESP32 via ces quelques lignes de commande :
sys configuration bmxRegistryUrl http://IP_ESP32:8000/bmx/registry/v1/services
sys reboot
Côté installation, pas besoin de sortir le fer à souder rassurez-vous ! Vous branchez simplement un ESP32-S3 (comptez une dizaine d'euros) en USB, vous ouvrez sixback.io dans Chrome, Edge, ou maintenant Firefox vous cliquez sur Connect et le navigateur flashera tout seul le firmware de l'ESP32, l'interface et la config WiFi. Et voilà, votre enceinte se mettra à revivre !!
Et comme rien ne touche au firmware de l'enceinte, c'est réversible, suffit de remettre les adresses d'origine via le même shell.
Après, je le reconnais c'est un hack de niche qui ne va peut-être intéresser que 3 personnes parmi vous, mais c'est pas grave parce que moi ça m'intéresse fortement ^^. Notez quand même que ça ne marche que sur les SoundTouch 10, 20 et 30, et uniquement sous les firmwares 27.0.3 et 27.0.6, et rien d'autre.
L'interface pour régler les paramètres de votre enceinte
Côté carte, prenez donc plutôt un ESP32-S3 que les petits C6, qui décrochent parfois du réseau et exigent un reset à la main. Et comme la licence de son code est non-commerciale, sachez que personne ne vendra de boîtier clé en main pour faire ça, donc ce sera du système D ou rien ! Mais je suis certain que vous y arriverez !!
ESP32-S3
Comme je vous le disais, j'en ai une à la maison, que je ne fais tourner qu'en AirPlay, donc les fameux presets, je m'en passe très bien mais je suis content que ce SixBack existe.
C'est quand même dommage à chaque fois de voir un appareil parfaitement fonctionnel transformé en presse-papier parce qu'un fabricant a décidé d'éteindre un serveur... Heureusement que des gens comme Tostmann existent pour s'énerver un peu !
SixBack est dispo sur GitHub .