UGREEN vient de lancer son dock Thunderbolt 5 le plus ambitieux, le Maxidok Revodok 17-en-1 . Avec ses 17 ports, un emplacement SSD intégré et 140W de charge. Vu ma passion des docks Thunderbolt, je ne pouvais pas passer à côté de ce test.
Le Maxidok Revodok arrive dans un boîtier en alliage de zinc assez imposant. On sent le poids, on sent la qualité, et le design bicolore gris et cuivre à l'arrière lui donne un petit côté premium vraiment sympa. Les ailettes à l'arrière servent de dissipation passive.
Côté connectique, il y a de quoi faire. Trois ports Thunderbolt 5 (un pour relier le Mac, deux en sortie), un DisplayPort, quatre USB 3.2 à 10 Gbps dont trois USB-A et un USB-C, deux USB-C supplémentaires en façade qui partagent 60W de charge et 10 Gbps de transfert, un lecteur SD et microSD en UHS-II, un port Ethernet 2.5 GbE, trois prises jack 3.5 mm et un port d'alimentation 240W. Vous branchez un seul câble Thunderbolt 5 à votre ordi et vous avez tout.
Avec mon nouveau MacBook Pro M5 Pro, c'est la première fois que je peux exploiter pleinement un dock Thunderbolt 5. Les générations précédentes que j’ai testé étaient bridées à du Thunderbolt 4, et ça limitait un peu les possibilités. Ici, on profite du débit théorique de 120 Gbps en unidirectionnel et 80 Gbps en bidirectionnel. Pour l'affichage, sur Mac, on peut brancher deux écrans en 6K à 60 Hz, ou un seul en 8K à 60 Hz. Les utilisateurs Windows avec un port TB5 natif peuvent aller jusqu'à trois écrans 4K à 60 Hz.
Le gros atout de ce dock, c'est son emplacement M.2 NVMe accessible par le dessous. On retire un petit cache avec dissipateur intégré, on glisse son SSD, et c'est parti. J'y ai installé l’excellent Lexar NM1090 Pro de 2 To , un SSD PCIe 5.0 qui monte en théorie à 14 000 Mo/s en lecture et 13 000 Mo/s en écriture.
En pratique, via le dock, on tourne autour de 900 à 1 000 Mo/s en raison du partage de bande passante, mais ça reste largement suffisant pour ce que j'en fais : du Time Machine et du stockage de fichiers que je ne veux pas garder sur mon nouveau Mac. Ce Lexar NM1090 Pro embarque un contrôleur Silicon Motion 6 nm qui gère bien la chauffe, et il est garanti cinq ans. Pour un usage de stockage externe permanent via un dock, c'est le genre de SSD qui fait le travail sans broncher.
Côté alimentation du dock, le bloc 240W fourni dans la boîte alimente l’appareil et envoie jusqu'à 140W au MacBook Pro. Ça couvre les besoins de n'importe quel portable, même en pleine charge de travail. Les deux USB-C en façade ajoutent 60W partagés pour recharger un téléphone ou un accessoire. Le port Ethernet 2.5 GbE fonctionne sans pilote sous macOS et tourne autour de 2,3 à 2,4 Gbps en conditions réelles. Bref, ça marche du feu de Dieu.
Le prix affiché est de 459,99 euros, mais en ce moment il y a un coupon à cocher directement sur la page Amazon qui fait tomber la note à 390,99 euros. Ça reste un investissement, mais pour un dock Thunderbolt 5 avec une option pour un SSD intégré et alimentation 240W incluse, on est dans la moyenne du marché.
Bref, UGREEN je dois bien reconnaître que le Maxidok Revodok 17-en-1 tient ses promesses. La construction est solide, la connectique est généreuse, et le slot SSD intégré est un vrai plus au quotidien. Et à 390 euros avec le coupon, ça commence à devenir difficile de trouver mieux. Disponible ici sur Amazon , et pour le SSD, c'est par là .
Un développeur indépendant a créé une horloge qui affiche des anecdotes mathématiques pour chaque minute de la journée, de 00h00 à 23h59. Nombres premiers, suite de Fibonacci, décimales de Pi ou de e...
Momentous est gratuite, disponible sur le Web et sur iPhone . Un projet passion assumé, puisque le créateur admet être quasiment le seul à l'utiliser.
Oubliez les cadrans classiques. Momentous, imaginée par le développeur Andy Isaacson, part d'un postulat un peu fou : et si chaque minute de la journée avait quelque chose de spécial à raconter ? L'application affiche l'heure, oui, mais elle y associe une anecdote mathématique tirée des propriétés du nombre affiché.
À 6h31, par exemple, l'app vous rappelle que 631 est un nombre premier. À 3h14, elle note que la séquence "314" apparaît à la 856e décimale du nombre e. Le tout s'affiche sur un écran à segments LED vert fluo, qui rappelle les vieux jouets des années 80. C'est inutile, et c'est justement ça qui est bien.
L'app pré-calcule des faits mathématiques pour chaque minute possible, de 00h00 à 23h59. Plusieurs générateurs passent au crible les combinaisons de chiffres : nombres premiers avec factorisation, suite de Fibonacci, apparition dans les décimales de Pi ou de e, puissances de 2 ou de 3, palindromes, et même des représentations en chiffres romains ou en binaire.
Andy Isaacson a développé tout ça en TypeScript avec React Native et Expo, ce qui lui permet de maintenir une seule base de code pour toutes les plateformes. Et il y a une petite fonction en plus : l'app peut scanner vos contacts localement, sans rien envoyer, pour trouver des correspondances entre l'heure et les numéros de téléphone de vos proches. Une façon assez rigolote de penser à quelqu'un à 14h10 parce que son numéro contient "1410".
Momentous est téléchargeable gratuitement sur l'App Store. Elle tourne sur iPhone (iOS 15.1 minimum), iPad, Mac Apple Silicon, et même sur l'Apple Vision Pro. Une version web existe aussi.
Côté Android, en revanche, c'est niet : le développeur explique manquer de temps pour gérer les contraintes du Play Store. Andy Isaacson reconnaît être le seul utilisateur régulier de son app, et il l'assume complètement. Mais ça devrait rapidement changer.
C'est le genre de projet qui ne prétend pas changer le monde, et c'est justement ça qui le rend chouette. Momentous est à mi-chemin entre l'art et le gadget pour amateurs de chiffres. Bon par contre, si les maths vous donnent des sueurs froides depuis le collège, passez votre chemin.
Source : Andy wrote a thing
Canonical vient de publier la bêta d'Ubuntu 26.04 LTS, nom de code Resolute Raccoon. Au menu de cette future version longue durée : le noyau Linux 7.0, GNOME 50, l'abandon pur et simple de X11 au profit de Wayland, et un bon lot de nouveautés côté sécurité avec chiffrement TPM, cryptographie post-quantique et même sudo réécrit en Rust. La version finale est attendue le 23 avril.
Ubuntu 26.04 LTS embarque le noyau Linux 7.0, qui apporte la prise en charge des processeurs Intel Nova Lake, AMD Zen 6, et les premières bases pour les puces Qualcomm Snapdragon X2. Le pilote graphique Mesa passe en version 26.0.2, et les pilotes NVIDIA grimpent à la version 590.
Côté langages, on retrouve Python 3.14, GCC 15.2 et OpenJDK 25 par défaut. Et gros changement pour les développeurs : les dépôts AMD ROCm et NVIDIA CUDA sont désormais intégrés directement dans les sources officielles d'Ubuntu. Plus besoin d'aller les chercher à la main, ce qui devrait simplifier pas mal de configurations pour ceux qui bossent avec du GPU.
C'est la grosse rupture de cette version. Ubuntu 26.04 abandonne complètement la session X11 native. GNOME 50 ne la prend plus en charge, et Canonical a suivi le mouvement. Si vous avez des applications qui tournent encore sous X11, elles passeront par la couche de compatibilité XWayland, qui reste présente.
Mais le message est clair : X11, c'est terminé. GNOME 50 en profite pour ajouter le taux de rafraîchissement variable, la sauvegarde et restauration de session après un redémarrage, et un meilleur scaling des applications X11 héritées. Côté visuel, le thème Yaru a été retravaillé avec des icônes de dossiers colorées, un dock complètement opaque, une nouvelle animation de démarrage et un papier peint inédit.
Le lecteur vidéo Totem cède sa place à Showtime, le moniteur système est remplacé par Resources, et le visionneur PDF Evince laisse la main à Papers.
Le chiffrement complet du disque via TPM sort enfin du statut expérimental. C'est désormais une fonctionnalité pleinement supportée, ce qui devrait rassurer ceux qui hésitaient à l'activer. La cryptographie post-quantique est activée par défaut sur SSH, avec l'algorithme hybride mlkem768x25519-sha256.
Et détail qui va plaire aux puristes : la commande sudo classique est remplacée par sudo-rs, une réécriture en Rust qui renforce la sécurité mémoire. Les paquets firmware, jusqu'à présent livrés en un seul gros bloc, sont maintenant découpés en 17 paquets spécifiques par constructeur, ce qui réduit la bande passante nécessaire pour les mises à jour.
Visiblement, Canonical a décidé de tout faire bouger d'un coup sur cette LTS. La fin de X11, le passage à GNOME 50, sudo en Rust, la crypto post-quantique par défaut, ça fait un gros paquet de changements pour une version censée rester stable pendant cinq ans.
On apprécie l'intégration directe de CUDA et ROCm dans les dépôts, parce que jusqu'à présent c'était une galère à configurer pour qui voulait faire tourner du machine learning sur Ubuntu. Le passage forcé à Wayland va probablement faire grincer des dents certains utilisateurs qui dépendent encore d'outils graphiques un peu anciens, mais bon, il fallait bien que ça arrive. La version finale est prévue le 23 avril, et le support court jusqu'en 2031, ou 2036 avec Ubuntu Pro. À voir si la bêta tient ses promesses d'ici là.
Source : Phoronix
Une faille découverte dans l'extension Chrome de Claude permettait à n'importe quel site web d'injecter silencieusement des prompts dans votre assistant IA. Pas besoin de cliquer, pas besoin de permission... non, fallait juste visiter une page web et c'était réglé. Le chercheur Oren Yomtov de Koi Security à l’origine de cette découverte, a baptisé ça "ShadowPrompt" et vous allez voir, c'est dingue.
En fait, cette attaque enchaînait deux failles. La première, c'est que l'extension acceptait les messages de n'importe quel sous-domaine en *.claude.ai, car Anthropic avait mis en place un allowlist trop permissif. Sauf qu'Arkose Labs, le fournisseur de CAPTCHA, hébergeait un composant sur a-cdn.claude.ai et malheureusement, ce composant contenait une jolie faille XSS bien classique. Celui-ci acceptait les postMessage sans vérifier l'origine, et le texte reçu était ainsi injectable via un dangerouslySetInnerHTML . Donc y'a bien ZERO validation côté client. Ouééééé !
Un attaquant n'avait qu'à embarquer ce composant CAPTCHA vulnérable dans une iframe cachée sur son site, envoyer un payload via postMessage, et hop, le script injecté pouvait balancer un prompt directement à l'extension. Elle le recevait depuis un domaine *.claude.ai, donc elle l'acceptait les yeux fermés et l'affichait alors dans la sidebar comme une requête légitime de l'utilisateur. La victime ne voyait strictement rien.
Et les dégâts potentiels ne sont clairement pas anecdotiques ! Avec cette technique, un attaquant pouvait voler vos tokens d'accès Gmail, exfiltrer des documents Google Drive, lire tout l'historique de vos conversations avec Claude, et même envoyer des mails en votre nom. Perso, ça fait beaucoup pour un simple onglet ouvert dans Chrome, quoi.
Le chercheur a trouvé le vecteur en bruteforçant les anciennes versions du composant Arkose Labs, en remontant depuis la version 1.26.0 jusqu'à trouver une mouture encore vulnérable. Simple, basique comme dirait Orel :)
Si vous suivez les failles des assistants IA, c'est pas la première fois qu'on voit ce genre de scénario. Claude Cowork s'était déjà fait épingler pour de l'exfiltration de fichiers via des documents piégés, et le navigateur Perplexity Comet avait le même problème avec des invitations de calendrier. Le problème de fond, c'est que ces extensions veulent tout faire à votre place, mais elles ne sont pas forcément capables de distinguer une requête légitime d'une attaque.
Par contre, attention, le fix ne protège que les utilisateurs qui ont mis à jour l'extension, donc n'oubliez pas de vérifier votre version. Koi Security a signalé la faille à Anthropic le 26 décembre 2025 (joyeux Noël !) et ces derniers ont confirmé le lendemain et déployé le correctif le 15 janvier, dans la version 1.0.41 de l'extension Chrome.
Maintenant au lieu d'accepter *.claude.ai, l'extension exige maintenant une correspondance exacte avec https://claude.ai . Arkose Labs a de son côté aussi corrigé la faille XSS en février, en renvoyant un 403 sur l'URL vulnérable. À vrai dire, la réactivité d'Anthropic a été plutôt correcte sur ce coup.
Bref, allez vérifier que vous êtes au moins en v1.0.41 (chrome://extensions pour checker). Et n'oubliez pas, plus une extension IA a de pouvoirs, plus elle est intéressante à hacker...
À partir du 24 avril, GitHub activera par défaut la collecte des données d'interaction Copilot pour les utilisateurs Free, Pro et Pro+. Le gros sujet ici, c'est que le code, les suggestions acceptées et même la structure de vos dépôts pourront servir à améliorer les modèles d'IA de la plateforme.
GitHub vient d'annoncer une mise à jour de sa politique de confidentialité qui concerne directement Copilot. À compter du 24 avril 2026, la plateforme collectera par défaut les données d'interaction de ses utilisateurs pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle.
On parle ici des suggestions de code acceptées ou modifiées, des extraits de code envoyés au modèle, du contexte autour du curseur, des commentaires, de la documentation, des noms de fichiers, de la structure des dépôts, et même des retours comme les pouces en l'air ou en bas sur les suggestions.
Mario Rodriguez, le directeur produit de GitHub, assure que cette collecte permettra aux modèles de mieux comprendre les méthodes de développement et de proposer des suggestions de code plus précises et sécurisées.
Tous les abonnés Copilot Free, Pro et Pro+ sont concernés par ce changement. Et c'est automatique, pas besoin de cocher quoi que ce soit. Par contre, les comptes Copilot Business et Enterprise échappent à cette collecte, tout comme les étudiants et enseignants qui bénéficient de Copilot Pro gratuitement.
GitHub précise aussi que les utilisateurs qui avaient déjà désactivé le partage de données pour l'amélioration du produit conserveront leur réglage. Pour les autres, c'est l'opt-out qui s'applique, c'est-à-dire que c'est activé par défaut et c'est à vous de faire la démarche pour refuser.
Pour ceux qui ne souhaitent pas que leur code serve à nourrir les modèles de GitHub, la manipulation est assez simple. Il faut se rendre dans les paramètres du compte, section Copilot, puis dans les options de confidentialité.
L'option à désactiver s'appelle "Allow GitHub to use my data for AI model training". GitHub insiste sur le fait que le contenu des dépôts privés n'est pas collecté "au repos", mais attention, si vous utilisez Copilot activement avec le partage activé, vos interactions dans un dépôt privé sont bien concernées.
La tendance est lourde : après Anthropic, JetBrains et Microsoft lui-même, GitHub suit le mouvement et pioche dans les données de ses utilisateurs pour alimenter ses modèles.
Le choix de l'opt-out plutôt que de l'opt-in est quand même un classique américain qui passe toujours un peu mal de ce côté de l'Atlantique. D'ailleurs, sur la page de discussion GitHub, les réactions parlent d'elles-mêmes : 59 pouces vers le bas contre 3 petites fusées.
Difficile de faire plus clair comme signal. Bon par contre, au moins les comptes pro entreprise et les étudiants sont protégés, c'est déjà ça. Reste que pour tous les développeurs indépendants et les contributeurs open source en offre gratuite, c'est un peu l'histoire du produit gratuit dont on finit par être la matière première. Allez, un petit tour dans les paramètres et on n'en parle plus.
Source : Ghacks.net
Un maker connu sous le pseudo ALTco a construit une horloge numérique sans le moindre circuit imprimé. Six mètres de fil de laiton, des puces logiques des années 70 et des afficheurs sept segments : le résultat est une sculpture électronique franchement canon.
Le projet est aussi simple à décrire que fou à réaliser. ALTco avait sous la main un kit d'horloge numérique avec ses circuits imprimés fournis, mais il a décidé de tout jeter pour reconstruire le circuit en freeform, c'est-à-dire en suspendant chaque composant dans les airs, reliés entre eux par du fil de laiton.
Six mètres de fil au total, pliés, soudés, entrelacés pièce par pièce. La structure tient grâce à des barres de bus qui servent de support aux sockets des afficheurs sept segments et de leurs modules. Le tout sans plan préétabli, en improvisant au fur et à mesure.
Alors que la plupart des horloges numériques actuelles tournent avec un simple microcontrôleur, ALTco a fait le choix d'utiliser une architecture des années 70.
On retrouve un oscillateur à quartz qui alimente une chaîne de diviseurs, et des compteurs qui pilotent les afficheurs. Quelques astuces de conception permettent de réduire le nombre de puces, des techniques que les ingénieurs de l'époque connaissaient bien. Il a aussi ajouté un encodeur rotatif pour régler l'heure, ce qui rajoute de la circuiterie mais rend l'objet utilisable au quotidien.
Ce type de création porte un nom : la sculpture de circuit. Le principe est de construire un appareil électronique fonctionnel où les composants et les fils deviennent eux-mêmes l'esthétique de l'objet.
Pas de boîtier, pas de carte, tout est visible. Mohit Bhoite, designer chez Particle, est l'un des noms les plus connus dans ce domaine, avec ses créations en fil de laiton qui vont de l'horloge de chevet au jeu Snake portable.
Difficile de ne pas être impressionné. On parle d'un objet entièrement fonctionnel, construit fil après fil sans schéma, avec une électronique qui date d'avant le premier Star Wars.
Le rendu est magnifique, et on imagine bien les heures de soudure et de patience que ça représente. Bon par contre, on ne va pas se mentir, c'est clairement un projet pour les fondus d'électronique.
Mais c'est aussi ce qui en fait tout le charme : à une époque où tout le monde colle un ESP32 sur un breadboard et appelle ça du bricolage, voir quelqu'un repartir de zéro avec du laiton et un fer à souder, ça fait du bien.
Source : Hackaday
Les fraudeurs n'ont plus besoin de vrais téléphones pour vider des comptes bancaires. Des smartphones virtuels hébergés dans le cloud, louables quelques centimes de l'heure, imitent sans problème de vrais appareils et passent sous le radar des systèmes anti-fraude.
Group-IB vient de publier un rapport qui fait froid dans le dos. Des plateformes comme GeeLark, Redfinger ou LDCloud proposent de louer des smartphones Android virtuels hébergés dans des datacenters, pour 0,10 à 0,50 dollar de l'heure. À la base, ils sont prévus pour tester des apps ou gérer plusieurs comptes.
Sauf que les fraudeurs ont très vite compris l'intérêt du truc. Ces téléphones fantômes reproduisent tout ce qui fait un vrai smartphone : identifiant unique, adresse IP locale, géolocalisation crédible, et même des données de capteurs comme l'accéléromètre ou le gyroscope.
Votre banque croit parler à un iPhone à Paris. En réalité, c'est un serveur quelque part en Asie. Et le pire, c'est que ça marche. Les systèmes anti-fraude qui se basent sur l'empreinte de l'appareil n'y voient que du feu.
Là où ça devient concret, c'est quand on regarde ce qui se vend sur les forums criminels. Des comptes bancaires pré-vérifiés sur Revolut ou Wise, créés via ces cloud phones, s'échangent entre 50 et 200 dollars.
On parle de comptes mules utilisés pour recevoir et faire transiter de l'argent volé. Le tout à échelle industrielle. Côté chiffres, c'est vertigineux : 485 millions de livres de pertes liées à la fraude au Royaume-Uni en 2022.
Aux États-Unis, Deloitte projette 14,9 milliards de dollars d'ici 2028, contre 8,3 milliards en 2024. Et la France n'est pas épargnée, avec 618 millions d'euros de fraude bancaire au premier semestre 2025, en hausse de 7 % par rapport à 2024.
Group-IB a quand même identifié quelques indices. Un cloud phone n'a en général aucune application par défaut installée. Sa batterie reste bloquée à 100 %. Et surtout, les capteurs de mouvement ne bougent jamais, ce qui est impossible avec un vrai téléphone que quelqu'un tient dans la main.
Le problème, c'est que ces indices sont marginaux face à l'ampleur du phénomène. Les solutions proposées passent par de l'analyse comportementale, de la modélisation par graphes et une meilleure corrélation entre l'appareil et son environnement réseau.
Les banques vont devoir arrêter de se fier uniquement à l'empreinte du téléphone pour vérifier que vous êtes bien vous.
Le modèle de sécurité des banques basé sur l'identification de l'appareil est en train de prendre l'eau. Ces cloud phones sont en location libre, parfaitement légaux, et n'importe qui peut en louer un.
Et puis il faut le dire, les néobanques qui ont misé à fond sur la fluidité d'ouverture de compte se retrouvent avec le revers de la médaille. Quand ouvrir un compte prend deux minutes depuis un téléphone virtuel à 50 dollars, on imagine bien que les fraudeurs ne se privent pas.
Source : Info Security
Générer un signal VGA avec un microcontrôleur 8 bits PIC18 est un défi technique de taille. Ce projet Hackaday montre comment détourner les ressources limitées d'un processeur rudimentaire pour produire une image stable. Une petite plongée dans le bit-banging pur et dur.
Le standard VGA impose une rigueur chronométrique absolue à celui qui s'y frotte. Pour obtenir une image stable, typiquement en 640x480 à 60 Hz, le contrôleur doit générer des signaux de synchronisation horizontale (H-sync) et verticale (V-sync) avec une précision de l'ordre de la microseconde. Sur une architecture PIC18 cadencée à quelques dizaines de mégahertz, chaque cycle d'instruction est précieux. L'astuce réside ici dans l'utilisation intelligente des timers internes et des interruptions prioritaires pour maintenir cette cadence sans aucune dérive temporelle, sous peine de voir l'image se désynchroniser immédiatement.
Côté matériel, la solution retenue est ultra simple (si on peut dire). Pour transformer les sorties numériques binaires du microcontrôleur en signaux analogiques exploitables par un moniteur CRT ou LCD, l'auteur a implémenté une échelle de résistances, aussi appelée DAC R-2R. Ce montage passif permet de convertir des combinaisons de bits en niveaux de tension spécifiques pour les canaux Rouge, Vert et Bleu. C'est une approche classique en électronique "low-cost" qui permet d'obtenir une palette de couleurs certes limitée, mais parfaitement fonctionnelle pour de l'affichage de texte ou de graphismes simples.
L'envoi des données de pixels vers l'écran nécessite une bande passante que le CPU seul peinerait à fournir en mode pur "bit-banging". Pour optimiser le processus, le développeur détourne souvent le module SPI ou le port série synchrone (MSSP) du PIC pour envoyer les octets de données à la vitesse de l'horloge système. Cela permet de déléguer une partie de la charge de travail au hardware interne et de libérer quelques cycles processeur pour gérer la logique d'affichage. C'est un équilibre précaire où la moindre latence logicielle se traduit par des pixels décalés ou des lignes de travers. Chaud donc.
Ce projet illustre bien l'adage selon lequel la contrainte stimule la créativité. Là où nous utilisons aujourd'hui des processeurs multi-cœurs pour la moindre interface, ce hack prouve qu'un vieux microcontrôleur 8 bits peut encore faire le job. C’est une leçon d'architecture informatique qui permet de comprendre concrètement comment l'information devient image. C'est aussi une forme de résistance face à la démesure logicielle actuelle.
Source : Hackaday
Une nouvelle méthode d'attaque cible les IA de développement comme Copilot. En publiant de la documentation empoisonnée, des hackers trompent les modèles pour qu'ils recommandent des bibliothèques malveillantes. Cette menace invisible pour la sécurité est indétectable par les outils classiques.
Le concept est d'une simplicité désarmante. Plus besoin d'injecter du code malicieux dans un dépôt GitHub ou de trouver une faille zero-day complexe. Il suffit désormais de publier de la documentation technique faussée sur des forums, des wikis ou des fichiers README publics. Ces textes, une fois ingérés par les grands modèles de langage (LLM), deviennent une source de vérité pour l'IA qui assiste les développeurs au quotidien.
Le problème est en fait dans la confiance aveugle que les modèles accordent aux données d'entraînement. En décrivant une solution technique qui utilise un paquet spécifique — mais malveillant — l'attaquant s'assure que l'IA proposera ce nom lors d'une requête de génération de code. C'est ce qu'on appelle l'injection de prompt indirecte. Le développeur, pensant gagner du temps, valide la suggestion et installe un composant compromis sans vérification préalable.
Cette technique facilite grandement le typosquatting. Auparavant, un attaquant devait espérer qu'un humain fasse une faute de frappe en saisissant une commande. Aujourd'hui, c'est l'IA qui commet l'erreur pour lui, influencée par des références empoisonnées trouvées sur le web. Comme l'IA présente la solution avec une assurance pédagogique, le sens critique de l'utilisateur baisse d'un cran. Le malware n'est plus dans la documentation, il arrive dans la machine au moment où le développeur exécute la suggestion générée.
La difficulté majeure est que cette attaque est purement textuelle. Les outils de scan de vulnérabilités cherchent du code dangereux, pas des explications trompeuses en langage naturel. Tant que les modèles d'IA ne sauront pas distinguer une documentation légitime d'une tentative de manipulation sémantique, la chaîne d'approvisionnement logicielle restera vulnérable à cette forme de gaslighting numérique. La sécurité repose désormais sur la véracité de l'information ingérée par les machines.
On atteint ici les limites de l'automatisation du développement. Faire confiance à un LLM pour choisir ses dépendances est devenu un risque de sécurité majeur. Cette faille montre que le maillon faible n'est plus seulement l'humain qui tape du code, mais l'outil qui lui souffle les réponses. On risque de voir apparaître des systèmes de vérification de réputation de documentation.
Source : The Register
Des chercheurs de l’université Rutgers ont mis au point un concept de drone ornithoptère à état solide. Sans moteur ni engrenages, cet engin utilise la piézoélectricité pour battre des ailes.
Une avancée majeure pour la fiabilité et la miniaturisation des robots volants, même si les matériaux doivent encore progresser.
Imaginez un drone dépourvu de rotors, de pistons ou de roulements. Pas de mécanique qui s'use, pas de bruit de crécelle. C’est le pari de l’équipe d’Onur Bilgen à Rutgers. Ils ont conçu un ornithoptère, un appareil à ailes battantes, totalement "solid-state".
L'absence de pièces en mouvement promet de révolutionner l'aérospatiale en limitant les points de défaillance critiques. C'est une approche imitant la biologie sans ses contraintes mécaniques habituelles.
Pour supprimer la mécanique, les ingénieurs utilisent des Macro Fiber Composites. Ce sont des lamelles piézoélectriques collées sur des ailes en fibre de carbone.
Lorsqu'une tension électrique est appliquée, le matériau se déforme, forçant l'aile à se courber. Cette structure biphasée permet de contrôler précisément la cambrure pour une efficacité aérodynamique maximale.
L'ensemble fonctionne sans aucun frottement, éliminant le besoin de lubrification ou de maintenance sur les parties mobiles classiques. Cette architecture simplifiée permet une réactivité accrue face aux turbulences de l'air environnant.
Si le concept est mathématiquement solide, la réalisation physique se heurte aux limites actuelles de la science des matériaux. Les composants piézoélectriques ne sont pas encore assez performants pour soulever un drone complet de manière autonome.
C'est une feuille de route technologique qui définit les besoins pour la prochaine génération de polymères actifs. L'équipe a donc développé un modèle computationnel complexe pour optimiser le design en attendant que la chimie franchisse un nouveau palier.
L'intérêt est quand même là : moins de pièces signifie mathématiquement moins de pannes potentielles. En supprimant les engrenages, on gagne en légèreté, en discrétion et en robustesse. Cette technologie pourrait aussi s'appliquer aux pales d'éoliennes. En modifiant leur profil en temps réel, on optimise le flux d'air sans ajouter de complexité mécanique lourde, augmentant ainsi l'efficacité énergétique du système.
Bref, vous l’avez compris, c’est une rupture technologique majeure. On passe de la mécanique pure à l’électronique solide, un peu comme pour la transition des disques durs vers les SSD. L'enjeu reste le ratio poids/puissance des polymères.
Si la recherche aboutit, la maintenance des drones deviendra dérisoire.
Source : TechXplore