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CrankGPT : l'IA à manivelle qui se mérite à la force des bras

Sun, 14 Jun 2026 16:50:20 +0200 - (source)

CrankGPT vous connaissez ? Elle fait tourner un assistant vocal complet, reconnaissance de la voix comprise, sans prise murale, sans batterie et sans serveur distant, et pour l'alimenter vous tournez une manivelle dont la résistance grimpe quand le modèle réfléchit.

Derrière, deux anciens de Google. Katrin Tomanek, informaticienne, et Alex Kauffmann, passé par le laboratoire ATAP, la division des projets un peu fous. Ils ont monté Squeez Labs ensemble.

Leur conviction tient en une phrase : des modèles d'IA minuscules, privés et spécialisés suffisent pour une bonne partie de nos usages, sans datacenter ni abonnement, à condition d'accepter du matériel modeste.

Le matériel en question ne paie vraiment pas de mine. Un Raspberry Pi 5 avec 8 Go de mémoire, ce petit ordinateur à 80 euros qu'on colle un peu partout. Un chargeur USB à manivelle de 20 watts, vendu comme matériel de survie. Et une carte de condensateurs maison qui garde 20 secondes de réserve, histoire que rien ne s'éteigne quand vos bras lâchent.

Côté logiciel, tout tourne sur le processeur du Pi, sans puce d'accélération. Moonshine transcrit votre voix. Piper répond avec la sienne. Entre les deux, un modèle de langage Liquid LFM2 de 1,2 milliard de paramètres, la même famille d'outils que ChatGPT en version lilliputienne, fabrique les réponses, et un Gemma 3 de Google s'occupe au passage de la traduction.

Le Linux embarqué, un DietPi taillé au plus court, démarre en 3 secondes. Il faut 30 secondes entre le premier tour de manivelle et la conversation. Ensuite, chaque réponse demande entre 0,8 et 2,9 secondes selon le modèle chargé.

Au repos, la machine tire 4 watts. 8 pendant la reconnaissance vocale. 15 quand le texte sort. Un cycliste entraîné tient 120 watts avec les jambes, et vous n'aurez que les biceps. Bon courage.

Le plus chouette : la résistance de la manivelle varie avec la charge de calcul, et quand l'IA réfléchit c'est physiquement plus dur à tourner. Kauffmann raconte qu'on sent littéralement l'inférence, ce moment où le modèle fabrique sa réponse. Le même résume d'ailleurs sa philosophie d'une formule : demander à Claude d'additionner deux nombres, c'est écraser une mouche avec une boule de démolition.

Squeez vise des usages très concrets. La reconnaissance vocale des personnes avec un accent prononcé. Une IA de jardinage ou de mécanique qui n'a quand même pas besoin d'un centre de données entier.

Le prototype coûte environ 300 dollars de matériel, contre 150 pour la toute première version. Les plans et schémas doivent être publiés prochainement, et l'agent vocal est déjà disponible sur GitHub si vous voulez bricoler le vôtre.

Si vous voulez mon avis, une IA qui fait transpirer à chaque question est le meilleur cours d'éducation énergétique jamais inventé.

Source : The Register


Des listes de cybercriminels à télécharger

Sat, 13 Jun 2026 17:05:16 +0200 - (source)

Si vous faites un peu de renseignements (OSINT) et que ce que vous cherchez, c'est des pseudos de cybercriminels, spmedia a un truc qui devrait vous plaire. Son repo GitHub Threat-Actor-Usernames-Scrape rassemble environ 773 000 pseudos uniques récupérés sur des forums de cybercriminels. C'est gratuit, en accès libre. Et ça peut vous faire gagner pas mal de temps si vous faites de l' OSINT .

Son délire, c'est de scraper les sections "Who's Online", les threads et les réponses de forums comme HackForums, DarkForums, BreachForums, XSS.pro, Dread, OGUsers et une vingtaine d'autres, ou de récupérer des extraits de fuites. L'intérêt de ce genre de truc, c'est de capter ces données pour ensuite les réutiliser dans vos propres projets. Ça vous permet par exemple de préparer un fichier texte propre par forum, qui est prêt à être ingéré dans un TIP (Threat Intelligence Platform) ou croisé avec vos données.

Au total, y'a environ 820 000 noms d'utilisateurs dans ce repo, dont ~46 000 en double. Les plus gros forums actifs sont Cracked.sh (~226 000 pseudos collectés), DarkForums.su (~75 000) et Altenen.is (~74 000). Côté forums morts, BreachForums.st domine avec ~57 000 entrées, devant la fuite Nulled (~42 000) et BreachForums.as (~39 000).

Il y a de quoi fouiller, quoi...

Spmedia a monté ce projet parce qu'il en avait marre des boîtes de threat intel qui facturent 5 à 6 chiffres par an pour accéder au même genre de données. On peut donc lui dire merci, même si ça ne remplace pas un vrai service CTI avec contexte et analyse. C'est juste des noms d'utilisateur sans autre enrichissement. Faudra donc croiser ça avec d'autres sources mais pour du pistage de pseudo ou une wordlist ciblée, ça peut aider.

Vous pouvez par exemple utiliser ces listes pour repérer un même pseudo sur plusieurs forums, constituer des wordlists ou simplement suivre quels sites ressortent après un takedown. Certains disparaissent, d'autres reviennent 48h plus tard sous un nouveau TLD (ambiance hydre de lerne, quoi).

Chaque fichier contient un pseudo par ligne et l'import dans un SIEM ou un script Python vous prendra 2 minutes. N'oubliez pas non plus qu'une bonne partie de ces comptes sont des kiddies ou des curieux, donc croisez toujours avec d'autres sources avant de pointer du doigt qui que ce soit...

Bref, si la chasse aux cybercriminels vous branche, vous pouvez récupérer les listes sur GitHub et voir ce que ça donne.

Amusez-vous bien !


Grasp , c'est une alternative décentralisée à GitHub, signée DanConwayDev, le dev derrière ngit. Ça carbure à Nostr , le protocole décentralisé de fiatjaf, et l'idée avec ce truc, c'est que votre identité de dev, ce n'est plus un compte avec un email et un mot de passe, mais juste une paire de clés cryptographiques qui ne dépend de personne. Vous publiez votre code depuis le terminal, sans avoir à vous inscrire nulle part et pi c'est tout !

Vous me connaissez, j'adore fureter à la recherche de petits outils cools à partager avec vous, et niveau décentralisation, celui-là vaut le détour. Pour tester, ça se passe avec l'outil nak . Vous créez votre dépôt, vous le synchronisez, vous poussez comme ceci :

nak git init --owner <votre-clé-npub> --identifier mon-projet --name "Mon Super Projet" --description "Mon premier repo Grasp"
nak git sync
nak git push

Pour cloner le dépôt de quelqu'un d'autre, c'est nak git clone <npub-du-maintainer>/mon-projet, et pour lui envoyer un patch, nak git patch send HEAD^. Pas de fork ni de pull request à remplir dans une interface pour contribuer au code des autres... C'est beau non ?

Derrière, tout repose sur Nostr et sa spec NIP-34 qui transforme un dépôt, une issue ou un patch en messages signés que n'importe quel serveur peut relayer. Du coup chaque état de votre code est signé par votre clé, et comme ça, vos dépôts migrent d'un serveur à l'autre sans rien perdre. Impecc si vous ne faites pas confiance aux hébergeurs.

La vraie différence avec un Forgejo ou un Gitea que vous auto-hébergez, c'est donc que vous ne créez pas un compte sur chaque instance. Votre identité Nostr vous suit partout, une seule clé pour tous les serveurs ! À ne pas confondre par contre avec Radicle , qui fait du P2P local-first avec son propre protocole gossip et Git en natif (et pas sur IPFS, contrairement à ce qu'on lit souvent, le vrai GitHub-sur-IPFS ce serait plutôt GitLike ).

Grasp, lui, parie sur l'interopérabilité : plusieurs clients, plusieurs serveurs, un seul standard, et tout communique.

Et l'écosystème est déjà bien debout avec ngit-grasp comme serveur de référence, pyramid pour gérer une communauté, viewsource.win pour visualiser le code dans le navigateur, et gitworkshop.dev pour une interface complète façon GitHub.

Maintenant ce n'est pas non plus la solution miracle, car c'est encore un peu trop jeune à mon goût... Mais c'est à tester car le jour où l'un de ces frontends web deviendra vraiment carré et grand public, il pourrait bien venir taquiner GitHub, et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle...


Si, comme moi, vous êtes un grand fan de la série Stargate , accrochez-vous bien parce que la Porte des Étoiles secoue plutôt pas mal ces derniers jours.

J'sais pas si vous saviez mais en novembre dernier, Amazon avait annoncé une nouvelle série, confiée à Martin Gero (un vétéran de la franchise). J'étais super content puisqu'en plus ça se présentait bien avec profond respect du lore, travail avec les showrunners des séries originales, séances d'écriture lancées durant 20 semaines, tournage prévu en Angleterre à la fin de l'année... Bref, ça partait plutôt pas mal !

Sauf que les execs qui avaient validé le projet chez Amazon sont partis entre-temps. Et une personne, arrivée en février, a tout simplement annulé le projet le 2 juin ! Motif invoqué : la série aurait séduit les fans existants mais pas assez le grand public. Ouiiiiiinnnnn !

Joseph Mallozzi, producteur exécutif et scénariste de SG-1, a confirmé la nouvelle sur X en expliquant que l'équipe était pourtant "ever mindful" de créer un show accessible aux nouveaux spectateurs.

Du coup les fans ne comptent pas se laisser faire. Un mouvement Save Stargate s'est mis en place avec pas mal d'actions : pétition sur Change.org, hashtag #SaveStargate sur les réseaux, un GoFundMe lancé par James Kerfoot pour faire voler une bannière publicitaire au-dessus des studios Amazon à L.A. (4 500 $ l'objectif initial, et si ça dépasse 8 000 $, ils envisagent un 2e vol au-dessus du Comic-Con en juillet). Y'a même des templates d'emails et de courrier papier pour écrire directement à Amazon MGM Studios.

Et les acteurs se mobilisent aussi. Michael Shanks (le Dr. Daniel Jackson dans SG-1), Rachel Luttrell (Teyla dans Atlantis), Peter Williams (Apophis)... tous ont pris la parole sur X pour demander aux fans de se manifester.

Bref, si vous avez un jour kiffé traverser la Porte des Étoiles depuis votre canapé, c'est le moment de faire du bruit. Signez la pétition, balancez le hashtag, partagez le site... chaque voix compte !

Merci à Sam00 pour le partage !

Source


Vendredi soir, vers 23h heure de Paris, Anthropic a reçu un courrier du gouvernement américain. Trois heures plus tard, ses deux modèles d'IA les plus avancés étaient hors ligne. Partout. Pour tout le monde.

Anthropic, c'est le concurrent direct d'OpenAI, la boîte derrière l'assistant Claude. Le 9 juin, elle lançait Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, ses IA les plus puissantes à ce jour. Elles auront tenu trois jours.

Le déclencheur, c'est un jailbreak. Une entreprise cliente a réussi à contourner les garde-fous de Mythos, ces blocages censés empêcher l'IA de répondre aux demandes dangereuses. Quelqu'un a trouvé la faille, l'a fait remonter, et ça a fini sur le bureau du secrétaire au commerce Howard Lutnick.

Sa réponse : ranger ces deux modèles dans la case "contrôle des exportations", soit le même régime que les technologies militaires sensibles. Interdiction d'y donner accès à tout ressortissant étranger, où qu'il soit sur la planète, y compris les propres employés non-américains d'Anthropic.

Sauf qu'un service d'IA dans le cloud, ça ne demande pas votre passeport à l'inscription. Anthropic explique ne pas pouvoir trier ses utilisateurs par nationalité du jour au lendemain. Du coup, plutôt que de bricoler un filtre impossible, la boîte a tout coupé pour absolument tout le monde.

C'est là que ça pique. Un modèle utilisé par des centaines de millions de personnes peut s'éteindre en une nuit, sur un courrier reçu un vendredi à 17h, sans même que les motifs précis soient expliqués.

Anthropic conteste et parle d'un malentendu, tout en promettant de rétablir l'accès au plus vite. La boîte prévient surtout que si cette règle devenait la norme, plus aucune IA de pointe ne pourrait sortir aux États-Unis sans risquer le débranchement à la première faille trouvée.

Pour rappel, Fable 5 était la version grand public, déjà bridée sur la cybersécurité et, nouveauté, sur les risques d'armes biologiques ou chimiques. Mythos 5, lui, était la version sans muselière réservée aux entreprises, pensée pour repérer et exploiter des failles de sécurité à toute vitesse.

Anthropic l'avait d'ailleurs dévoilée en avril en annonçant dans la foulée qu'elle en limitait l'accès à quelques partenaires triés sur le volet. En France, Orange et le Crédit agricole étaient justement en discussion pour y goûter. À l'époque, certains accusaient déjà la boîte de faire du marketing de la peur en agitant la dangerosité de sa propre techno.

Le vrai enseignement est ailleurs. Quand votre outil tourne sur les serveurs de quelqu'un d'autre, l'interrupteur n'est jamais dans votre poche.

Source : Le Monde


Si vous tournez sous Arch Linux et que vous piochez vos paquets dans l'AUR, lâchez ce que vous faites 2 minutes et lisez mon article. Car plus de 400 paquets de l'Arch User Repository ont été vérolés ce 11 juin, et le truc qu'ils embarquent ne rigole pas du tout. En effet, des chercheurs de Sonatype ont repéré une campagne baptisée Atomic Arch où un seul attaquant a réussi à glisser un stealer (un voleur d'identifiants quoi) dans des centaines de paquets d'un coup.

Mais bonne nouvelle avant de paniquer quand même, les dépôts officiels d'Arch (core, extra, multilib) ne sont pas concernés. C'est l'AUR, et uniquement l'AUR.

Si vous avez installé ou mis à jour un paquet AUR ces derniers jours, vous devez donc vérifier si vous n'êtes pas infecté. Des noms comme alvr, gnome-randr-rust ou ipfs-desktop-bin font partie de la liste, et elle est sacrément longue. Le signe qui doit vous mettre la puce à l'oreille, c'est par exemple un paquet qui n'a rien à voir avec du JavaScript et qui se mettrait pourtant à lancer un npm install durant son installation.

Pour sortir la liste de tout ce qui vient de l'AUR sur votre machine, un petit pacman -Qm fera le job, et le forum de CachyOS propose également un script qui compare vos paquets à la liste des vérolés connus. Méfiez-vous quand même, car ce script repère juste les noms de paquets piégés, et ne vérifie pas l'intégrité de votre système. Un résultat propre veut dire qu'aucun paquet connu n'est installé chez vous, mais pas que vous êtes tiré d'affaire, alors on reste concentré.

Alors comment ce malware s'est retrouvé dans autant de paquets ?

Eh bien l'attaquant n'a même pas eu besoin de pirater quoi que ce soit puisque l'AUR permet à n'importe qui "d'adopter" les paquets orphelins, c'est-à-dire ceux que leur mainteneur d'origine a laissés tomber. Il a donc récupéré la propriété de centaines de ces paquets abandonnés via la procédure normale, puis modifié leur PKGBUILD pour qu'à l'installation, un hook télécharge en douce un paquet npm piégé du genre atomic-lockfile. Ce paquet déploie ensuite un binaire baptisé deps, et ce deps, c'est une vraie saloperie.

Parce que ce deps, comme je vous le disais, c'est un voleur d'identifiants mais vraiment taillé pour cibler les développeurs. Dans le dos de la victime, il récupère vos clés SSH privées, vos tokens GitHub, vos identifiants npm, Docker et Podman, vos tokens HashiCorp Vault, les cookies et mots de passe de vos navigateurs, vos sessions Slack, Discord ou Telegram, vos configs VPN et même tout votre historique de commandes shell. En clair, toutes les clés de votre vie de dev qui, une fois dans la nature, ouvrent grand la porte vers d'autres systèmes.

Et si vous avez lancé le paquet en root, il installe en prime un rootkit eBPF qui se planque carrément dans le noyau pour masquer ses processus. Le fonctionnement même de ce truc fait alors qu'il est quasi impossible de détecter à l'œil nu si on est infecté ou pas. On est sur la même logique que le ver Shai-Hulud planqué dans des paquets , sauf qu'ici l'échelle a pris une autre dimension.

Alors que faire pour se protéger ?

Eh bien si vous avez le moindre doute, partez du principe que la machine est compromise, surtout si le paquet a tourné avec les droits root. Et supprimer le paquet ne suffira pas car le rootkit, lui, reste planté.

Donc on fait comme d'hab, on régénère tous ses secrets, nouvelles clés SSH, révocation et régénération des tokens GitHub, npm, Docker et Vault, changement des mots de passe stockés dans le navigateur et compagnie... Et pour la suite, comme d'hab, faites attention à ce que vous installez et prenez l'habitude de lire les PKGBUILD avant de valider, parce qu'un script post-install qui fait autre chose qu'un simple echo, ça doit vous faire tiquer direct.

Quoi qu'il en soit, l'AUR n'a jamais été audité, c'est même l'un des principes du truc et tout le monde le sait... mais 400 paquets piégés d'un coup avec un rootkit qui vise vos accès, ça change fortement l'échelle du problème.

Bref, vérifiez vos paquets et faites tourner vos secrets aussi bien que vous faites tourner les serviettes quand c'est le jour du beaujolais au taf !

Et un grand merci à Maximilien pour le lien !

Source


7 dollars, c'est le prix d'une bague connectée chinoise sur AliExpress, et c'est surtout tout ce que Saksham Bhutani a payé pour se bricoler un coach santé privé. Son truc s'appelle PulseLoop , et c'est une app iPhone open source qui transforme ce gadget à deux balles en tracker de fréquence cardiaque, de sommeil et d'activité, sans abonnement ni cloud à la con.

Le principe, c'est de prendre une bague avec capteurs vendue trois fois rien (la même qui traîne sur AliExpress sous le nom de SMART_RING et en un peu plus cher sur Amazon ) et de la débrancher complètement de son app d'origine, la fameuse JRING. À la place, vous clonez le projet, vous compilez ça dans Xcode, et hop, votre iPhone causera alors directement à la bague en Bluetooth.

Fréquence cardiaque, nombre de pas, calories brûlées et kilomètres sont relevés par la bague, ainsi que le parcours par le GPS du téléphone (si vous avez votre smartphone avec le GPS actif dans la poche), et tout est agrégé et stocké en local sur le téléphone et nulle part ailleurs.

Côté sommeil, on peut grâce à ça, suivre jour après jour la qualité de la nuit qu'on vient de passer et ainsi essayer d'atteindre plus de régularité pour améliorer son score de sommeil. Pour ma part, ce genre de trackers d'activité ne sont jamais restés bien longtemps à mon poignet, mais j'avoue que bidouiller le sien change un peu la donne et me fait reconsidérer la chose.

Et là où ça devient du vrai boulot de bidouilleur, c'est que rien de tout ça n'était documenté. Saksham a donc sorti Wireshark et un dongle Nordic nRF52840 pour renifler les échanges Bluetooth de la bague, puis il a tout reconstruit. Résultat, un second repo qui documente le protocole de A à Z, avec une petite CLI Python où vous tapez des commandes du genre hr run 45 ou spo2 run 45 pour déclencher une mesure. Y'a même un mode selfie planqué dedans, vous serrez le poing et la bague déclenche la prise de photo sur le téléphone !

Le truc marrant (enfin, marrant... je me comprends), c'est ce qu'il a trouvé en chemin... Car OUI la bague balance tout en clair sur un service maison avec 0 chiffrement. ou signature. Vos battements de cœur transitent donc à poil sur le Bluetooth ! D'ailleurs, on a vu avec l'affaire Strava que ces données de tracking peuvent révéler bien plus que prévu, alors une bague à 7 balles qui cause sans aucune protection, ça craint un peu...

En tout cas, c'est ça qui a énervé Saksham au départ. Il avait acheté un Google Fitbit, il aimait l'idée, mais pas le reste. A 100 balles l'appareil + 10 balles de plus par mois d'abonnement, et une app bourrée d'IA à tous les étages, sans oublier ce flux continu de son rythme cardiaque, de son sommeil et de ses déplacements envoyé non-stop chez Google pour qu'ensuite ils les revendent... Ça commençait à faire un peu trop pour lui. Chez Whoop, Oura ou d'autres, c'est tout pareil, vos données SONT le produit.

C'est pour cela qu'avec PulseLoop il a décidé de casser ça...

Au-dessus, il a même collé un coach IA plutôt malin qui lit vos mesures en local et vous sort des trucs du style "ton rythme au repos a grimpé les trois nuits où tu as dormi moins de 6 heures". Il fait des graphiques, repère des tendances, retient vos objectifs. Après ce coach-là tourne sur l'API d'OpenAI avec VOTRE clé du coup dès que vous lui posez une question, vos données partent chez OpenAI et vous payez à l'usage. Mais bon, même sans ça, le reste de l'app marche très bien.

Après, faut pas rêver sur la qualité de l'appareil car une bague à 7 dollars c'est pas un capteur Oura... les capteurs valent ce qu'ils valent et le décodeur de sommeil est encore expérimental (il ne choppe même pas les phases REM pour l'instant). On est dans l'esprit d' AsteroidOS , sauf qu'ici on "libère" une bague plutôt qu'une montre.

Mais bon je me dis que les capteurs vont évoluer, ils vont en devenir de mieux en mieux et cet outil sous licence libre sera toujours là pour en reprendre le contrôle. Pour moi c'est un projet à suivre, même s'il est encore ultra jeune (et uniquement sur iPhone pour le moment).


Comme beaucoup d'âmes en peine, vous utilisez les messages enregistrés sur Telegram comme un gros dépotoir pour stocker tous vos fichiers en vrac ?

C'est pas con, mais pour retrouver un PDF précis ou streamer une vidéo là-dedans, c'est vite la galère... Mais no stress, aujourd'hui, on va voir comment s'en sortir.

L'idée c'est d'utiliser l'infrastructure de Telegram pour transformer votre compte en un espace de stockage personnel organisé. Et pour cela, il existe une application, développée en Tauri avec du Rust et du React, qui se nomme Telegram Drive et qui se connecte directement à votre compte et affiche une interface d'explorateur de fichiers classique. Vos canaux privés et vos messages enregistrés deviennent alors de simples dossiers et voilà comment Telegram devient enfin une alternative intéressante aux solutions de stockage en ligne traditionnelles.

Gardez cependant en tête qu'il s'agit d'une zone grise. En effet, l'utilisation de l'API de Telegram pour du stockage massif enfreint en théorie leurs conditions d'utilisation, et vous risquez de voir votre compte suspendu en cas d'abus.

Côté fonctionnalités, l'outil propose donc du drag-and-drop pour uploader vos fichiers, une grille capable de gérer des milliers d'éléments sans ramer, et de l'affichage de vignettes pour vos images.

Le truc sympa, c'est surtout la possibilité de streamer vos vidéos et vos fichiers audio directement depuis l'application sans les télécharger, ou encore de lire vos PDF grâce à un lecteur intégré. Notez que le système respecte la limite classique imposée par Telegram, à savoir 2 Go par fichier pour les comptes gratuits et jusqu'à 4 Go si vous êtes abonné Premium.

Maintenant, pour organiser vos dossiers, il vous faudra créer un canal privé pour chacun d'eux afin de structurer au mieux le bazar. Et pour les bidouilleurs qui aiment automatiser leurs flux de travail avec des scripts, l'outil propose même une API REST locale sécurisée.

Niveau réseau, l'application intègre des optimisations pour les connexions instables ou lentes, notamment un module spécifique pour régler la taille des blocs de transfert, sans oublier le support des proxys SOCKS5 et MTProto, donc ça fonctionnera au top, que vous soyez en 4G dans le métro ou sur un Wifi pourri.

Pour faire tourner le client sur votre ordi, le projet propose des exécutables pour Windows, macOS et Linux. Ah et y'a même une version pour Android. Maintenant, si vous préférez compiler les sources à la main, il faudra installer Rust avant de lancer la compilation via npm.

Ensuite, pour connecter l'application au réseau, il faudra récupérer vos propres identifiants API (API ID et API Hash) auprès de Telegram et ensuite, cette configuration restera stockée localement sur votre machine dans un bon vieux fichier config.json.

Perso, je trouve que détourner Telegram en espace de stockage personnel est une idée plutôt cool. L'avantage, c'est que vos données transitent directement de votre machine vers les serveurs de la messagerie, sans passer par un serveur tiers ou un conteneur Docker hébergé ailleurs. Mais après, c'est comme d'hab, ça ne vous appartiendra plus vraiment... Poutine va kiffer vos photos de vacances ^^

Mais le mieux pour se faire un avis reste de l'essayer, comme d'hab !

Merci à Camille Roux pour le lien !


Vingt et un ans après sa création par Linus Torvalds, Git amorce pour de bon son changement de langage. La première version de test de Git 2.55, publiée hier, active par défaut le code Rust dans le gestionnaire de versions le plus utilisé au monde, celui qui héberge l'historique d'à peu près tous les projets logiciels de la planète.

Jusqu'ici, il fallait réclamer explicitement le Rust au moment de compiler le logiciel, c'est-à-dire de le fabriquer à partir de son code source, via une option baptisée WITH_RUST ou via le système de build Meson. Git 2.55 inverse la logique : le Rust est désormais supposé présent, et c'est pour s'en passer qu'il faut lever la main, avec une nouvelle option NO_RUST.

Pour situer, Rust est un langage de programmation conçu pour éliminer toute une famille de bugs mémoire, ceux-là mêmes qui font le bonheur des pirates depuis quarante ans. Git, lui, est écrit en C depuis 2005, un langage qui laisse au développeur l'entière responsabilité de ne pas se tirer une balle dans le pied.

Le chantier ne date pas d'hier. L'an dernier, Patrick Steinhardt, un des mainteneurs du projet, proposait d'introduire Rust dans le cœur de Git et d'en faire à terme une dépendance obligatoire pour fabriquer l'outil.

Git 2.52 avait franchi le premier pas fin 2025 en convertissant un petit module, varint.c, chargé de décoder des entiers à taille variable. Du code volontairement modeste : l'idée était de roder la chaîne de compilation, pas de réécrire Git.

Avec la 2.55, le rythme change. L'équipe prépare d'ailleurs le portage de xdiff, le moteur qui calcule les différences entre deux versions d'un fichier, autrement dit le cœur du métier de Git.

Et le calendrier est déjà là : à partir de Git 3.0, Rust sera obligatoire, sans aucune possibilité de le désactiver. Aucune échappatoire. L'option NO_RUST de la 2.55 n'est donc qu'un sursis.

Pour vous, rien ne change : les binaires fournis par votre distribution Linux, par Apple ou par GitHub arrivent déjà compilés. Ce sont les empaqueteurs et les plateformes un peu spéciales qui vont devoir installer la chaîne d'outils Rust.

Sauf que voilà, tout le monde n'a pas un compilateur Rust sous la main. La proposition de Steinhardt avait déclenché de longs débats autour des plateformes exotiques, comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust ne tourne tout simplement pas aujourd'hui. Le projet compte sur les progrès de gccrs, le support Rust en cours d'intégration dans GCC, le compilateur historique du monde libre, pour boucher ces trous avant l'échéance.

Le reste de la version est plus classique, avec des optimisations, des corrections de bugs et de petites améliorations sur différentes sous-commandes, détaillées dans l'annonce de Junio Hamano, le mainteneur en chef du projet.

Voir Git, monument du C, basculer sur Rust par défaut, c'est le signe le plus clair que le vieux langage perd du terrain.

Source : Phoronix


CorridorKey - Le détourage de fond vert par IA

Fri, 12 Jun 2026 09:40:53 +0200 - (source)

Détourer un sujet filmé sur un fond vert, c'est le cauchemar classique du compositing. Entre les cheveux rebelles, le flou de mouvement et cette satanée frange verte sur les bords, on y passe vite des heures. Faut dire que la plupart des outils de détourage automatiques actuels c'est de la merde, puisqu'ils se contentent d'extraire des masques binaires un peu brutaux qui massacrent les détails fins.

Et c'est là qu'intervient CorridorKey , un outil dont le code est disponible sur GitHub et développé par Niko Pueringer de l'équipe Corridor Crew . Au lieu de bêtement découper la silhouette, ce réseau de neurones fait un travail de dé-mélange de couleurs (unmixing) hyper précis. Cela lui permet de reconstruire la couleur d'origine de chaque pixel en retirant le fond vert, tout en générant un canal alpha linéaire très propre... et c'est dingue parce que ça change tout en terme de qualité de rendu !

L'interface de EZ-CorridorKey après traitement

Pour les pros du VFX qui bossent sur Nuke, Resolve ou Fusion, l'outil gère nativement le format EXR en 16 et 32-bit linéaire. Ça conserve également toute la dynamique des couleurs pour l'intégration finale. Du coup, ça vaut le coup d'oeil si vous voulez intégrer ça proprement. D'ailleurs au passage, si vous cherchez un éditeur libre plus classique, jetez un oeil à Shotcut , je l'avais testé y'a pas longtemps et c'est vraiment cool.

Maintenant, attention avec CorridorKey car si traiter des images pour vos projets commerciaux est autorisé, la revente, les API payantes ou l'intégration logicielle ne marchent pas sans accord écrit préalable. Pour les repères de détourage (les alpha hints), je préfère BiRefNet car c'est plus léger mais autrement, le système s'appuie sur des modèles comme Generative Video Matting (GVM) ou VideoMaMa qui sont super quand même.

Côté matériel, Niko a développé le projet avec une NVIDIA RTX Pro 6000 de 96 Go de VRAM (en gros, une machine de guerre). Mais heureusement, la communauté qui a moins de sous a optimisé tout ça. Du coup, la version actuelle tourne aujourd'hui sur des GPU de 6 à 8 Go de VRAM, mais n'oubliez pas qu'il faut CUDA 12.8 sous Windows pour faire tourner le bouzin.

Comparaison de qualité de détourage

Les utilisateurs de Mac ne sont pas oubliés non plus puisque le soft tourne aussi sur les puces Apple Silicon M1+ grâce à la mémoire unifiée. L'installation est facilitée également par l'usage du gestionnaire de paquets uv, qui s'occupe d'installer Python, de créer l'environnement virtuel et de récupérer les dépendances sans que vous ayez à lever le petit doigt.

Et si la ligne de commande vous donne des boutons, il existe un fork fort sympathique baptisé EZ-CorridorKey . Ça ajoute une interface graphique simple, ce qui rend l'outil accessible aux artistes qui préfèrent cliquer sur des boutons. Et si vous aimez les effets analogiques, vous pouvez aussi le coupler avec ntsc-rs pour donner un look rétro à vos vidéos.

Bref, CorridorKey est un excellent moyen de tester la puissance de l'IA appliquée au détourage VFX pro sans se ruiner en logiciels propriétaires.

A vous de jouer maintenant !


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