Un vieux routeur DD-WRT qui prend la poussière et que vous n'avez pas mis à jour depuis des lustres, c'est pile poil ce que recherche C0XMO. C'est un nouveau botnet repéré par les chercheurs de Fortinet qui enrôle les machines via une faille de 2021 que beaucoup n'ont jamais bouchée. Et une fois dedans, il dégage les autres malwares déjà présents pour rester seul maître à bord.
La faille, c'est la CVE-2021-27137, un débordement de tampon planqué dans le service UPnP de DD-WRT. En clair, le composant qui gère les requêtes UPnP encaisse mal certains paquets envoyés sur le port UDP 1900, et ça suffit à un attaquant distant pour balancer son code sans même avoir besoin d'un mot de passe.
Bref, tout ça pour dire que toutes les builds antérieures au change set 45723 sont vulnérables, et les routeurs Buffalo livrés d'origine avec DD-WRT sont concernés aussi. Donc le réflexe immédiat si vous avez un de ces engins c'est de mettre à jour le firmware vers une build plus récente, et couper l'UPnP si vous ne vous en servez pas.
Cette faille a beau dater de 2021, elle reste grande ouverte sur tous les routeurs que personne n'a retouchés depuis, et je sais que des vieux routeurs flashés un week-end pour leur donner une seconde vie, vous êtes nombreux à en avoir. Par exemple mon bon vieux WRT54GL ressuscité qui fait point d'accès au fond du garage, ou encore la box recyclée en répéteur Wi-Fi... Tant qu'ils tournent sur un firmware figé, ce sont des cibles parfaites. C'est pile ce qu'un botnet adore à savoir du matériel branché en permanence, que plus personne ne surveille.
Ce qui rend C0XMO un peu particulier pour un dérivé de Gafgyt , c'est sa hargne à éliminer la concurrence. Car comme je vous le disais, une fois installé, il scanne les processus en cours pour repérer les clients d'autres botnets, supprime leurs binaires et démonte tout ce qui les fait persister : tâches cron, scripts d'init, services système, profils shell. En gros, c'est un squatteur qui change les serrures en s'installant. C'est pourquoi les chercheurs y voient un niveau de sophistication plus élevé que le Gafgyt habituel. Lui-même se réinstalle via une tâche cron toutes les 15 minutes, histoire de ne pas se faire déloger à son tour.
Et tout ça pour faire quoi me direz-vous ??
**Hé bien du DDoS, pardi !! **
C0XMO embarque 19 méthodes d'attaque, des classiques floods UDP, TCP, SYN et ICMP aux amplifications NTP et Memcached, jusqu'à des floods qui visent les serveurs vocaux Discord. Ça reste un dérivé de Gafgyt qui cogne plutôt dans les gigabits, mais c'est suffisant pour alimenter l'écosystème DDoS où les records se comptent maintenant en térabits par seconde . Et le botnet ne s'arrête d'ailleurs pas aux routeurs, puisqu'il vise aussi des DVR, des plateformes de gestion vidéo et des appareils Android, sur à peu près toutes les architectures qui existent (ARM, MIPS, PowerPC, SuperH, x86).
Ces failles UPnP qui transforment des appareils oubliés en chair à botnet, c'est une vieille histoire faut dire... Je me souviens de mon article d'il y a plus de 10 ans, où je vous parlais déjà de dizaines de millions d'appareils vulnérables à cause d'UPnP. Et comme le matériel, ne disparaît pas vraiment mais finit recyclé, revendu, ou planqué derrière un meuble en marche H24, c'est un vrai running gag.
Voilà, donc si vous avez du DD-WRT en service, prenez cinq minutes pour mettre à jour et couper l'UPnP si vous ne vous en servez pas et surtout, dites vous qu'un boîtier que vous ne touchez plus jamais, à un moment faut trancher : **soit vous le maintenez vraiment à jour, DD-WRT ou OpenWRT peu importe, soit c'est direction la poubelle (euh pardon la déchetterie). **
Le garder branché en mode mort-vivant, ni mis à jour, ni débranché, c'est le pire que vous pouvez faire... Un routeur qu'on a sauvé de la poubelle mérite quand même mieux que de finir zombie dans une armée de cybercriminels à faire du DDoS.
Source + Photo par Jonathan Zander , CC BY-SA 3.0
Un chercheur en sécurité, Taylor Hornby, a lâché Claude Opus 4.8 sur le code de Zcash et 24 heures plus tard, le modèle lui a déniché une faille bien planquée là depuis 4 ans qui avait échappé aux auditeurs !
Et ce qu'elle permet de faire pique un peu (ouille ouille ^^) ! Car je vous rappelle que Zcash, c'est la cryptomonnaie taillée pour l'anonymat, où les transactions sont chiffrées et validées par des preuves mathématiques (le fameux "zero-knowledge" dont je vous ai déjà parlé). Sauf que dans son pool de confidentialité le plus récent, baptisé Orchard, une vérification censée s'assurer que les transactions étaient légitimes... ne vérifiait en fait rien du tout ! En clair, vous pouviez fabriquer du ZEC à partir de rien.
C'était une vraie planche à billets planquée dans le code, sauf que les faux billets étaient totalement impossibles à distinguer des vrais, et que le système les estampillait comme parfaitement authentiques.
Le plus dingue dans l'histoire, c'est que toute la faille tenait dans à peine deux lignes de code. Deux pauvres lignes, perdues quelque part dans le circuit cryptographique, qui laissaient passer de fausses valeurs sans broncher. Hornby a même écrit un exploit complet qui marchait pour de vrai, dans un environnement de test, histoire de prouver que ce n'était pas juste de la théorie sur un tableau blanc. Heureusement pour vous mes petits crypto-bro, l'équipe de Zcash a colmaté en urgence le 1er juin, et le cours du ZEC a dévissé de près de 40% dans la foulée.
Maintenant, le hic est ailleurs car Orchard est un pool privé, donc personne ne peut prouver mathématiquement si quelqu'un a exploité cette faille durant ces 4 dernières années. J'sais pas si vous saisissez le niveau d'ironie du truc mais LA confidentialité, c'est à dire l'argument de vente numéro un de Zcash, est exactement ce qui empêche aujourd'hui de savoir si les utilisateurs et investisseurs de cette crypto se sont fait pigeonner. L'équipe estime que c'est "peu probable", mais elle le dit elle-même : "Ne vous fiez pas à notre évaluation". Je vais traduire ça en français : On n'en sait rien, et on ne le saura jamais". Oups !
Maintenant, ça ne veut pas dire que Zcash est mort ni que vos cryptos vont s'évaporer du jour au lendemain. Le trou est bouché, et l'équipe planche déjà sur un moyen de repérer une éventuelle fausse monnaie qui aurait été créée grâce à cette faille, mais faut savoir que ce genre de bugs planqués, il y en aura toujours.
Et ce qui est compliqué, c'est qu'on peut aujourd'hui les découvrir assez facilement et rapidement avec des modèles IA grand public. Et ce qui s'est passé avec Zcash n'est même pas un cas isolé puisque ces derniers mois, une IA a débusqué huit des neuf failles trouvées dans le serveur X.Org , et une autre a sorti du placard une faille vieille de 18 ans dans nginx .
Et bien sûr, Hornby ne compte pas s'arrêter à Zcash, puisqu'il a déjà annoncé qu'il menait le même genre d'analyse sur Monero, l'autre grosse crypto anonyme. Le XMR a perdu 10% rien qu'à l'annonce, par anticipation... lol.
Maintenant, si un modèle public déniche ça en 24h, je me demande vraiment ce que les modèles les plus costauds, ceux qui restent bien au chaud en privé, ont déjà trouvé sans que personne ne le sache ?
Bref, la faille sur Zcash est colmaté mais on a une fois de plus la preuve que "audité par des experts" ne pèse plus très lourd face à une IA un peu motivée.
Les couleurs qui bavent, le grain qui grouille, et cette barre de "bruit" qui tremblote en bas de l'image... la VHS, c'est clairement toute une époque !! Le souci, c'est que recréer ce look proprement sur des vidéos, soit c'est galère à la main, soit ça passe par des plugins payants. Heureusement, ntsc-rs , signé valadaptive, fait ça gratuitement et en open source, et surtout il simule pour de vrai la chaîne du signal analogique.
Et le plus beau c'est que vous n'avez rien à installer pour tester. Une version tourne directement dans votre navigateur sur web.ntsc.rs , dans le même esprit que VidStudio pour le montage. Vous balancez une image ou une vidéo, vous poussez les curseurs, et hop, votre clip prend 30 ans dans la gueule ! Bref, commencez par là avant de télécharger quoi que ce soit, ça vous évitera d'installer un truc qui finira à la corbeille si le rendu ne vous plait pas.
Faut savoir que la plupart des filtres vintage posent juste une texture de grain et deux scanlines par-dessus votre image alors que ntsc-rs, lui, reconstruit tout le chemin du signal. C'est à dire encodage composite, séparation luminance/chrominance, sous-échantillonnage de la couleur. E
n gros, il refait le sale boulot qu'une vraie télé analogique faisait pour amocher l'image.
Du coup vous retrouvez les vrais défauts, et pas une imitation. Par exemple le head switching, cette bande de bruit qui frétille en bas quand les têtes de lecture changent de piste, le tracking qui décroche, le bruit de chrominance, ces points de couleur qui bavent dans les zones sombres. Sans oublier le dot crawl, ces points qui grouillent le long des contours colorés. Bref, chaque artefact a ses propres réglages, et c'est à vous de bien les doser à la mano.
Après vous allez me dire : "Mais mon bon vieux Korben, ça sert à quoi ton truc de merde là ?"
Hé bien à filer ce cachet analogique à un clip musical, à une vidéo que vous voulez faire passer pour une bande des années 90, ou à fabriquer ces ambiances analog horror qui cartonnent en ce moment. Car j'sais pas si vous aviez remarqué, l'esthétique VHS est partout en ce moment, et jusqu'ici, la faire bien coûtait une couille en graphiste ou demandait un vrai magnétoscope et une carte d'acquisition.
Et ntsc-rs se greffe à peu près partout. Y'a l'appli standalone, un plugin OpenFX qui marche dans DaVinci Resolve, Vegas, HitFilm ou Natron , le compositing open source, et un plugin After Effects et Premiere. Ce dernier, par contre, c'est Windows et Mac seulement, donc les amis linuxiens devront se rabattre sur le standalone ou l'OpenFX.
Avec ça, vous aurez le même effet dans tous vos softs de montage, quoi. C'est d'ailleurs le concurrent direct du plugin VHS de Red Giant Universe... sauf que Universe, lui, c'est dans les 200 dollars par an d'abonnement.
Et là, c'est gratuit ! Que du bonheur !
Après ntsc-rs n'est pas sorti de nulle part non plus. C'est le portage en Rust de ntscqt, qui descendait lui-même d'un vieux simulateur de signal composite. Valadaptive a tout réécrit en Rust multithreadé, et c'est ça qui lui permet de tourner quasiment en temps réel alors que d'habitude ce genre de simulation, c'est lent comme le cerveau d'un mec d'extrême droite ^^.
Deux trucs à savoir avant de foncer quand même : Sous Linux, faudra installer tous les paquets GStreamer sinon ça marchera pas correctement. Et l'auteur prévient lui-même que ce n'est pas un clone pixel-perfect de l'original, donc certains traitements renderont différemment et d'autres seront carrément nouveaux. Mais honnêtement, on s'en fiche, le rendu est superbe !
Bref, vous voulez un effet VHS open source qui simule le vrai signal, dispo partout, et gratuit, allez jouer avec dans le navigateur, ça ne coûte rien.
DOOM, vous connaissez forcement, sauf peut-être si vous avez moins de 13 ans, lol. Ce célèbre jeu de tir à la première personne (FPS) est un vrai classique des années 90 et même après toutes ces années, il continue d'être apprécié par les fans, notamment grâce aux portages sur les machines récentes .
Et parmi ces portages, DOOM Retro est sans doute le plus abouti que vous pourrez trouver sous Windows.
Sorti en décembre 2013 pour commémorer le 20ème anniversaire du jeu de John Carmack, DOOM Retro est en réalité un fork du portage Chocolate DOOM. Mais au fil des années, il s'est vraiment séparé du code initial en devant un logiciel bien différent aujourd'hui. Avec son approche minimaliste, ce portage propose des fonctionnalités uniques qui le distinguent évidement des autres portages bêtes et méchants.
DOOM Retro est conçu pour être joué en mode solo et prend en charge toutes les cartes et les mods compatibles avec le moteur d'origine (vanilla), les versions " limit removing ", BOOM, MBF et MBF21.
L'application est codée en C et dispo sous licence libre. Avec ses plus de 100 000 lignes de code, des versions compilées de DOOM Retro sont proposées pour Windows 32 et 64 bits. Et c'est toujours du Windows only : le code source peut bien être compilé et exécuté sous Linux et macOS, mais aucune version compilée n'est fournie pour ces plateformes donc si y'a des volontaires pour s'y casser les dents, ça m'intéresse toujours.
DOOM Retro embarque un lanceur de WAD intelligent, et c'est surtout côté rendu que les choses ont bien bougé depuis. Le moteur garde en effet le grain pixelisé et la palette d'origine façon vanilla, mais il met désormais le jeu à l'échelle sur n'importe quelle taille d'écran avec un vrai support du widescreen (fini le 4:3, vous pouvez enfin jouer en 16:9 voire en 21:9). Et depuis la version 6.0, cette mise à l'échelle passe par Direct3D 11 au lieu du vieux Direct3D 9, ce qui apporte un gain de performances assez net.
Un mode grand écran est également disponible à tout moment en appuyant sur la touche "+", avec le choix de deux affichages tête haute différents. Les modes fenêtré et plein écran sont également commutables à tout moment en appuyant sur ALT + ENTRÉE.
Et le projet est tout sauf à l'abandon puisque Brad Harding, le développeur derrière DOOM Retro, sort des mises à jour à un rythme quasi mensuel. On en est déjà à la version 6.1 publiée début juin alors forcément, le portage a pris un sacré coup de jeune depuis mes premiers tests.
Maintenant vous pouvez par exemple lever et baisser le regard à la souris grâce au freelook, un truc impensable sur le DOOM de 1993. Les Master Levels se chargent tout seuls, le moteur avale sans broncher SIGIL II (le second épisode signé John Romero en personne) et il gère le standard ID24 pour faire tourner les mods les plus récents.
L'automap a elle aussi été complètement repensée. Vous la déplacez à la souris en cliquant-glissant, vous personnalisez la couleur des secrets, vous zoomez en douceur... rien à voir avec la carte austère d'avant. Et si vous jouez à la manette, DOOM Retro reconnaît même la DualSense de la PS5, vibrations et pavé tactile compris pour balader la carte. Bref, on est vraiment loin du portage bête et méchant.
Une console discrète est également toujours dispo en appuyant sur la touche "~". Vous y verrez tous les messages et tous les paramètres qui peuvent être modifiés. Et bien sûr, le framerate est illimité et vous pouvez appliquer un flou de mouvement lorsque vous tournez rapidement.
DOOM Retro prend également en charge les fichiers MUS, MIDI, MP3, Ogg Vorbis, WAV, FLAC et MOD. Il dispose aussi de plusieurs effets de transparence / translucidité (ça se dit ce mot ?)...etc.
Bref, en jouant à DOOM Retro, vous renouerez avec le vous des années 90 sauf qu'il y aura encore plus de sang qui dégoulinera de partout, bande de psychopathes.
Même les corps des ennemis morts réagiront aux explosions de barils et aux dommages des projectiles en laissant des taches de sang partout sur le sol. Vous ressentirez également l'impact de chaque coup que vous recevrez avec des secousses d'écran assez réalistes.
Bref, vous l'aurez compris, DOOM Retro est un excellent portage pour les fondus du genre qui veulent retrouver l'expérience classique du jeu mais avec des améliorations modernes et des bugs en moins !
Si ça vous chauffe, c'est téléchargeable ici . (Et oui, il vous faudra les fichiers WAD d'origine du jeu, comme d'habitude)
Article initialement écrit le 14 avril 2023 et mis à jour le 7 juin 2026.
Vous connaissez ce refrain qu'on entend partout dans la presse, comme quoi ChatGPT ou Claude "comprendrait vraiment" ce que vous racontez, qu'il aurait une "morale", une "intention" , voire bientôt une conscience ?
Bah Adrian de Wynter, chercheur principal chez Microsoft, vient d'y répondre de la plus belle des manières en prouvant que si c'est le cas, alors Age of Empires II a lui aussi des attributs très humains.
Et c'est on ne peut plus sérieux (enfin... presque).
En effet, dans son papier de recherche il explique qu'il s'est monté un petit réseau de neurones à l'intérieur du bon vieux AoE2, et nous explique tranquillement que n'importe quel système posé sur un "substrat" assez puissant (comprenez : le "moteur" sur lequel ça tourne, peu importe lequel) peut afficher ce genre de propriétés. Ça marche donc avec le jeu de Microsoft, mais aussi les LEGO, ou carrément l'agglomération de Boston.
Son raisonnement c'est que quand un fanboy IA (ou un employé d'Anthropic, loool) affirme qu'un LLM "a" une morale ou "comprend" le langage sans dire précisément comment il le mesure, il ne décrit pas vraiment la machine mais projette tout simplement ses attentes sur elle. Car les expériences ont beau rester les mêmes d'un substrat à l'autre, leur interprétation, elle, change selon ce qui les produit. Du coup, déclarer que ces attributs humains existent dans l'absolu, sans critère mesurable, mène soit à un raisonnement circulaire, soit à une conclusion qui ne dit rien de très probant.
Mais attention, je vous vois venir les Anti-IA Bro ! Il ne dit pas que les LLM sont nuls... Non, non, il dit juste qu'on les mesure mal.
À la place, de Wynter propose donc travailler à partir d'une "hypothèse nulle", qui est un grand classique de la démarche scientifique consistant à ne plus partir du principe que l'IA pense, mais au contraire, partir de l'inverse. De se dire en fait qu'elle n'a rien d'unique, et c'est ensuite à l'expérience de prouver le contraire avec des mesures explicites. C'est d'après lui précisément ce qui manque à la tonne de papiers qui crient à l'"émergence" dès qu'un modèle fait un truc inattendu.
Et le bonhomme sait de quoi il parle puisque c'est déjà lui qui avait fait jouer GPT-4 à Doom en 2024, en s'inquiétant au passage de la facilité avec laquelle on pouvait lui faire tirer sur tout ce qui bouge. C'est aussi lui qui a épluché plus de 2000 publications sur les LLM pour montrer le manque de rigueur du domaine. Et en bonus de tout celà, il a démontré également que Age of Empires II était Turing-complet , donc capable en théorie de faire tourner n'importe quel calcul. Des gens "codaient" déjà dans le jeu depuis des lustres, mais en avoir une preuve formelle aujourd'hui, c'est cool !
Mais bon après derrière la vanne, y'a surtout un vrai sujet qui est que de prêter des intentions humaines à une IA, ça pousse surtout les gens à trop faire confiance à un chatbot, à lui confier des trucs intimes, parfois à s'y attacher pour de bon. Alors mettre un réseau de neurones dernier cri et une bonne vieille partie d'AoE2 sur le même plan, c'est sûr que c'est vexant pour l'ego de l'IA et de ses ingénieurs, mais carrément plus sain pour le nôtre !
Bref, la prochaine fois qu'on vous vend une IA "qui comprend" ou que vous penserez que seul ChatGPT vous comprends vraiment, repensez aux petits paysans qui coupent du bois dans Age of Empires qui sont tout aussi conscients que votre IA préférée.
Difficile de faire plus minimaliste comme routeur. Celui que vient de bricoler Matt Deeds tient sur un Raspberry Pi Pico 2W, ce microcontrôleur grand comme une clé USB que l'on trouve pour une poignée d'euros, et il assure pourtant le pont entre un réseau WiFi et une bonne vieille prise Ethernet.
Le WiFi, le Pico 2W le gère nativement grâce à sa puce sans fil intégrée, donc rien d'extraordinaire de ce côté-là. Toute la malice se niche dans la partie filaire.
Car pour parler Ethernet, un appareil a normalement besoin d'un composant spécialisé, du type W5500, un petit circuit qui prend en charge l'intégralité du protocole réseau sans solliciter le processeur. Matt Deeds, lui, s'en passe complètement.
À la place, il génère du 10BASE-T, la toute première norme d'Ethernet sur paire torsadée, celle qui faisait tourner les réseaux d'entreprise à 10 mégabits par seconde au milieu des années 90. Et il la produit entièrement en bit-bang.
Le bit-banging consiste à fabriquer un signal électrique à la main, en faisant commuter les broches du microcontrôleur des centaines de milliers de fois par seconde pour dessiner la forme d'onde attendue, là où un vrai contrôleur Ethernet ferait tout le travail seul dans son coin.
Résultat, il ne reste presque rien autour de la carte. Un petit transformateur de signal pour isoler la ligne, un connecteur réseau, et c'est à peu près tout.
Le code, lui, est écrit en Rust, le langage que l'industrie adore pour la sûreté de sa gestion mémoire, et il reprend en partie le code d'un projet antérieur dont il constitue un portage.
Il ne faut évidemment pas en attendre des miracles de débit. La réception plafonne autour de 100 ko par seconde, l'émission grimpe jusqu'à un mégaoctet par seconde, et cette asymétrie un brin cocasse rappelle qu'on reste sur une démonstration, pas sur un produit fini.
On est donc à des années-lumière de la box du salon. Mais ce n'est pas le but.
Le but, c'est de montrer qu'on peut arracher une fonction réseau complète à une puce qui coûte le prix d'un sandwich, avec quelques lignes de code et deux composants soudés à la va-vite. Le tout est publié sur GitHub , pour qui veut remettre le nez dans le cambouis.
Bref, ça ne détrônera jamais votre routeur, mais voir un microcontrôleur cracher de l'Ethernet à la seule force du logiciel, c'est franchement impressionnant.
Source : Hackaday
Les Bus Pirate , si vous ne connaissez pas encore, ce sont des petites sondes que les bidouilleurs utilisent pour "parler" à des puces inconnues, lire une EEPROM ou dumper des firmwares. C'est assez spécifique comme matos, alors c'est pourquoi geo-tp a eu une autre idée, à savoir foutre l'équivalent d'un Bus Pirate dans un ESP32 pour en faire un Cardputer (contraction de "card" + "computer") de hacker.
Bus Pirate
Et voilà comme son bébé, nommé Bit Pirate transforme un ESP32, c'est à dire une carte à 30 balles en multitool de hacking matériel qui cause plus de 20 protocoles.
Grâce à ça, vous pouvez vous brancher sur n'importe quelle puce et lire / modifier ce qu'elle contient, sans dessouder tout l'appareil. Côté bus numériques, vous avez le I2C (scan, glitch, dump d'une EEPROM 24Cxx), le SPI pour lire une flash 25Q ou une carte SD, l'UART avec auto-détection du baudrate, le 1-Wire et le JTAG/SWD compatible OpenOCD.
Bref, en un seul firmware, il remplace une palanquée de petits outils dédiés.
Côté radio, c'est aussi beaucoup plus musclé, mais attention, tout ne sort pas d'une ESP32 nue. Le Wi-Fi (sniff, deauth), le Bluetooth (BLE HID, spoofing) et l'infrarouge tournent direct sur l'ESP32 mais le Sub-GHz, le RFID, le bus CAN d'une bagnole ou le dump d'une carte SIM nécessiteront des puces spécifiques en plus (un CC1101, un PN532, un transceiver, un peu de câblage...etc), ou une carte qui les embarque déjà comme la LILYGO T-Embed CC1101.
Forcément, j'imagine qu'en lisant ça, vous pensez au Flipper Zero mais c'est pas vraiment le même objet. Le Flipper, c'est un produit fini, boîtier, batterie, interface léchée, et lui aussi est open source d'ailleurs. Alors que le Bit Pirate, c'est plus brut, avec des fils qui dépassent, un firmware en plein chantier...etc... C'est plus un outil de bench pour bidouilleurs, qu'un gadget clé en main et surtout la vraie différence, c'est le prix et le fait que ça tourne sur du matériel tout ce qu'il y a de plus banal.
Ça marche donc sur un ESP32-S3 nu, mais le combo qui fait rêver c'est le M5 Cardputer , ce mini-ordinateur avec clavier vendu autour de 30 euros. Vous le flashez, et hop, vous avez un Bus Pirate autonome avec écran et clavier dans la poche !
A titre de comparaison, un Flipper Zero, c'est plutôt dans les 200 balles donc y'a pas photo. Et pour l'installer, pas besoin de toolchain, puisque geo-tp a mis en ligne un flasher web qui déploie le firmware depuis le navigateur en un clic, via Web Serial (oui, la même techno qui débarque enfin dans Firefox ).
Ensuite une fois que le firmware est en place sur votre matos, vous pilotez la bête de 3 façons : soit via un terminal série classique, soit une CLI web par Wi-Fi, ou en standalone sur le clavier du Cardputer.
Les trois disposent exactement des mêmes commandes et pour les petits feignants surproductifs TDAH que vous êtes, rassurez-vous ça se scripte, soit en bytecode façon Bus Pirate historique, soit en Python par-dessus le port série pour automatiser un dump de flash. Et notez qu'il sait aussi se faire passer pour un simple dongle USB-UART, un programmateur SPI ou un analyseur logique quand vous avez juste besoin de ça.
Le firmware Bit Pirate aura besoin d'au moins 8 Mo de flash, et attention à la tension, car l'ESP32 bosse en 3,3V sur ses broches, donc pour taquiner un bus en 5V il vous faudra une carte ou un module prévus pour, sinon vous cramerez la puce. Et selon le modèle que vous choisissez, vous n'aurez pas forcement le même nombre de broches GPIO donc le brochage demandera parfois un peu d'ajustement. Et niveau radio, sniffer le Wi-Fi du voisin ou rejouer un signal Sub-GHz dans la nature, c'est interdit sachez le !! Donc les mêmes précautions qu'avec un Flipper Zero s'appliquent.
C'est surtout pour tester votre propre matériel et apprendre, et pas pour faire le malin et finir en zonzon.
Bref, si le hacking matériel vous démange, sachez que Bit Pirate c'est open source, que le matos n'est pas cher et que ça s'installe facilement grâce au flasher web... Ce serait donc dommage de vous en priver...
Merci à Nicolas pour le lien !
Un chercheur en sécurité a réussi à prendre le contrôle d'un ordinateur en passant par une simple enceinte branchée en USB, à distance, et sans jamais s'approcher de la machine.
L'appareil en question est la Sound Blaster Katana V2X, une barre de son vendue autour de 280 euros par Creative Technologies, le fabricant singapourien d'accessoires audio bien connu des joueurs. Elle se branche aussi bien sur un PC, un Mac ou un Linux, en USB comme en Bluetooth. Je la connais d'ailleurs plutôt bien, puisque je l'ai testée sur Mac4ever .
Rasmus Moorats, un chercheur, est tombé sur la faille un peu par hasard. Il voulait juste écrire un petit logiciel Linux pour piloter son enceinte, et il a découvert un protocole maison de Creative qui permet d'envoyer des commandes à l'appareil, comme changer la couleur des LED ou régler l'égaliseur.
Sauf que voilà : son téléphone en Bluetooth a pu se connecter à l'enceinte, elle-même reliée à un PC en USB, sans aucune authentification et sans même avoir été appairé au préalable. Et parmi les commandes disponibles, il y en avait une intitulée "envoyer un nouveau micrologiciel à l'appareil".
Le micrologiciel, c'est le programme interne qui fait tourner l'enceinte. Normalement, un appareil refuse d'installer un programme qui n'est pas signé par son fabricant, un peu comme un coffre qui n'accepterait que la clé d'origine. Là, rien de tout ça : Moorats a pu remplacer le firmware officiel par le sien, sans la moindre vérification.
Sa première démonstration est assez simple, avec le mot "patched" affiché sur l'écran LED de l'enceinte. Puis il s'est demandé jusqu'où on pouvait pousser le bouchon.
Et la réponse fait un peu froid dans le dos. L'enceinte sait se présenter à l'ordinateur comme un périphérique d'interface humaine, la catégorie qui regroupe les claviers, les souris et les webcams. Moorats a modifié cette carte d'identité USB pour que l'enceinte se déclare aussi comme un clavier, puis lui a fait taper des touches toute seule.
En enchaînant le tout, il a pu, totalement à distance et par les airs, envoyer son firmware piégé à une enceinte qu'il n'avait jamais appairée, la faire redémarrer, puis lui faire taper une commande et l'exécuter sur le PC. Dans un vrai scénario d'attaque, ce serait l'ouverture du terminal de commandes de Windows et le collage d'une ligne malveillante.
Pire encore : un attaquant pourrait au passage désactiver la mise à jour du micrologiciel, ce qui rendrait son code impossible à effacer. Et le Bluetooth de l'enceinte reste allumé en permanence, même en veille, sans aucun moyen de le couper.
Il y a quand même une limite de taille. L'attaquant doit se trouver à portée Bluetooth de l'enceinte. On parle donc d'un voisin, d'un colocataire ou d'un bureau mitoyen, pas d'un pirate à l'autre bout du monde.
Moorats a prévenu Creative, sans réponse, puis a fait intervenir le CERT de Singapour, l'agence publique qui gère les alertes de sécurité. Le fabricant a fini par répondre que ses ingénieurs ne considèrent pas ce comportement comme une faille. Aucun correctif n'est donc prévu.
Le seul vrai garde-fou aujourd'hui, c'est un correctif publié par des bidouilleurs de la communauté. Quand un fabricant vous explique qu'un clavier fantôme piloté par le voisin n'est pas un problème, c'est quand même un peu gênant.
Source : ARS Technica
VoxDrop , ma petite app de dictée vocale qui tourne 100% en local sur Mac, passe en version 1.1. Et le gros morceau de cette release, c'est le grand ménage que j'ai fait dans les moteurs de reconnaissance vocale.
Le nouveau venu, c'est donc le moteur d'Apple intégré à macOS 26. Il ne pèse rien à télécharger (0 Mo car il est carrément intégré au système), il gère une tonne de langues et il transcrit quasi en temps réel. Perso, c'est devenu mon préféré et je dicte avec tous les jours depuis des jours ! Seul hic, attention, faudra macOS 26, donc si vous êtes encore sous Sequoia, celui-là vous passera sous le nez.
Du coup j'ai viré Voxtral et Qwen, dont le gain n'était pas dingue, et j'ai mis du lourd à la place : Canary 1B de NVIDIA (le grand frère de Parakeet) et Cohere Transcribe. Ces deux-là squattent le haut du classement des meilleurs modèles de reconnaissance vocale, côté précision donc vous êtes servis !
Le principe, lui, ne bouge pas, vous appuyez sur votre raccourci (⌥+Espace par défaut), vous parlez, et hop, le texte arrive directement là où se trouve votre curseur. Et maintenant, VoxDrop sait aussi transcrire vos fichiers audio ET vidéo par simple glisser-déposer, sur la fenêtre ou sur l'icône dans la barre de menu et identifie même les locuteurs (qui parle, et quand) dans vos enregistrements.
Maintenant, oui, je sais, c'est un outil uniquement macOS parce que j'exploite au maximum les capacités de l'OS d'Apple (CoreML, MLX...etc) pour vous proposer l'expérience la plus rapide qui soit en termes de Speech To Text. Je pourrais porter VoxDrop sous Linux et Windows mais je ne ferais pas mieux que d'autres outils comme Murmure ou Handy qui font très bien le job sur ces OS.
J'ai codé cet outil parce que j'étais frustré par les autres apps que je trouvais peu réactives et là je m'en sers tous les jours, notamment pour dicter mes emails, mes articles et discuter avec Claude Code. C'est instantané et ça me fait gagner un temps de dingue !
VoxDrop peut aussi reformuler ou traduire votre texte en local toujours via Apple Intelligence, en plus du modèle de traduction maison déjà embarqué depuis la version précédente (TranslateGemma). Et j'ai rajouté tous les petits trucs qui changent la vie, comme la suppression automatique des "euh" et autres hésitations pour avoir un texte propre, et j'ai mis aussi le fonctionnement capot fermé du MacBook quand vous bossez sur un écran externe ainsi qu'un dictionnaire de substitutions qui corrige les variantes de vos termes, et un démarrage plus rapide grâce au préchargement du moteur.
Encore une fois, la perf sur cet outil c'est mon obsession.
J'ai aussi corrigé pas mal de bricoles que vous m'aviez remontées, l'espace parasite en début de phrase, le support des AirPods, les raccourcis clavier qui déconnaient et plein de petits gains de stabilité.
Comme pour la version précédente , VoxDrop reste réservé à mes abonnés Patreon. Alors pourquoi pas sur l'App Store ou en open source ? Parce que les deux, c'est un job à plein temps, c'est gérer des clients et du SAV d'un côté, des pull requests et des contributeurs de l'autre. J'ai pas le temps, et franchement pas l'envie.
Je code des outils pour moi depuis l'époque de RockXP, depuis le début des années 2000 et j'en ai profité l'année dernière pour mettre au point un système de licence Patreon maison que j'implémente dans tous mes outils. Comme ça, je développe ce qui me plaît quand je veux pour moi, et ceux qui me soutiennent y ont aussi accès directement, sans pub, ni intermédiaire. C'est un genre de bonus pour mes Patreons quoi...
D'ailleurs, VoxDrop n'est pas mon seul joujou du genre, y'a aussi Evapor8 qui efface le watermark des images générées par Gemini, sous la même licence. Mais ça, je vous en reparle très vite !
Bref, si vous êtes déjà sur mon Patreon , la 1.1 vous attend. Et sinon, vous savez quoi faire. 🙏
Ps : Je mets à jour le site de VoxDrop prochainement, et je vais aussi modifier le nom de l'app car depuis que je l'ai sortie en 2025, y'a eu des copycats qui sont arrivés avec le même nom donc je vais changer ça rapidement pour leur couper l'herbe sous le pied.
Tellement de produits UGREEN passent entre mes mains que c'en est devenu une blague. Plus j'en kiffe un, plus ils m'en envoient un autre. Et à chaque fois, je craque pareil. Mais là je dois avouer que sur celui-là je suis complètement en phase (mais vous le savez, j'adore les chargeurs ha ha).
Le petit dernier donc, c'est ce Nexode Air 65W , qui m'a eu avant même que je le branche. Juste en le sortant du carton. Il est minuscule.
À côté du chargeur Apple 30W, celui qu'on connaît tous, la comparaison fait mal. Non seulement le UGREEN est minuscule à côté, mais il crache deux fois plus de watts. Mon Belkin 45W ? Même encombrement, et lui plafonne 20W plus bas. Et quand je le pose près d'un vieux UGREEN 65W d'il y a deux ou trois ans, on voit bien les progrès sur ce genre de produits.
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Le tour de magie porte un nom, vous le connaissez, c'est le GaN, pour nitrure de gallium, un matériau qui pique peu à peu la place du bon vieux silicium dans nos chargeurs et qui permet de faire tenir beaucoup de puissance dans un tout petit boîtier sans que ça chauffe comme un radiateur. UGREEN sert sa recette maison sous le nom de GaNInfinity, annonce un rendement dans les 93% et un format réduit de presque trois quarts face à un 65W d'ancienne école, et de toutes manières plus réduit que les chargeurs GaN d'il y a quelques années.
Dans la vraie vie, ces 65W encaissent tout. L'iPhone qui repart d'à plat aux deux tiers en une demi-heure. Le MacBook Air qui passe la moitié dans le même temps. Le MacBook Pro qui se recharge sans mal. Franchement rien à dire, et sans chauffe problématique.
Il parle au passage tous les dialectes de la charge rapide, du Power Delivery au PPS, garde un oeil sur sa température et dose le courant pour épargner les batteries. On ne le voit pas, on ne le sent pas, mais c'est ça, un bon chargeur.
Bonus appréciable, le câble USB-C de 100W est fourni dans la boîte, tressé, donné pour 10 000 pliages. C'est con mais ça se fait rare.
Du coup il a élu domicile dans ma pochette et n'en bouge plus. Je le préfère même au modèle 45W d'Anker et son petit écran , parce que sur un truc grand comme un briquet, l'écran, je ne vois pas forcément l'intérêt (même s'il est très chou).
Reste le prix. Autour de 35 euros, avec plein de choix de couleurs, et 28 euros en ce moment si vous pensez à cocher le coupon sur Amazon .
Bref, microscopique, costaud, à 28 balles. Pour qui voyage léger, c'est 100% validé !