Google vient de publier un long rapport technique dans lequel il explique comment il vient de démanteler XCPE, un botnet de plus de 1,3 million d'appareils Android, contenant surtout des box TV, qui sous louaient en douce la connexion de leurs propriétaires à des services de proxys résidentiels et servaient à faire de la fraude publicitaire. Le pire c'est que ce malware n'a pas été ajouté par un pirate mais était implanté directement dans le firmware, posé là par Videostrong, un fabricant chinois qui revendait ensuite l'accès aux box à des affiliés.
Google a donc attaqué en justice les domaines et les serveurs qui pilotaient le botnet, avec la police nationale japonaise et plusieurs entreprises de sécurité, dont Plume, Synthient et TrendAI, puis il a banni Videostrong, ainsi que ses futures filiales, de la fabrication d'appareils Android certifiés. Pour passer les tests de certification, le fabricant avait masqué son code malicieux et attendu ensuite le premier démarrage de l'appareil pour le charger discrétos. La faille a été corrigée par Google depuis...
Mais et les box déjà vendues, alors ?
Hé bien le billet de TrendAI est cash patate, la coupure a privé l'opérateur de ses commandes, mais l'implant reste sur chaque box / TV, et son nettoyage passe par le fabricant, par la plateforme ou par le remplacement de l'appareil. Le propriétaire n'a pas la main !! D'après Google, x.cpe tourne avec les droits système depuis la partition firmware et, si on le désinstalle, il se réinstalle tout seul au redémarrage depuis la partition /oem, donc autant dire que les propriétaires de ces appareils l'ont dans l'os.
Car sans pilote au manettes, ça ne veut pas dire que le malware est devenu inoffensif. En effet, Plume a épluché le code et les ordres circulent en MQTT sans chiffrement, donc n'importe qui capable de publier une commande peut la faire exécuter par la box. Et comme le contrôle de mise à jour passe en HTTP avec un fichier XML non signé, celui qui détourne le DNS du serveur peut alors prendre la main sur l'appareil easy... Quand au module LinkFog présent sur les TV, celui-ci relance ses tâches tout seul au redémarrage, sans attendre le serveur. Puis surtout, ce genre d'opérateur mafieux est tout a fait capable de reconstruire son infra ailleurs sous une autre bannière et de récupérer son botnet quasiment intact...
Mais alors comment savoir si votre TV ou Box Android est impactée ? Car aucune marque spécifique n'a été citée comme étant à éviter, puisque Google a trouvé le malware intégré dans de nombreux modèles et marques. Cela représente tout de même 206 modèles répartis dans plus de 170 pays. La liste publiée par Synthient et le rapport de Plume citent par exemple des MECOOL, dont la KM2 et la KM9 Pro, et la Strong Leap-S1, et le parc mêle des appareils AOSP et des appareils certifiés Google, donc la certification ne suffit plus du coup à garantir une box saine.
Côté parade, Plume recommande un reset d'usine complet, parce que des modules ont pu déposer d'autres portes dérobées, alors que Synthient conseille de se débarrasser définitivement de ces box, jugées à haut risque de contenir d'autres malwares. À mon avis, le reset seul ne suffira pas, vu que x.cpe est dans le firmware et pas dans les données, donc l'option déchetterie, c'est aussi ce que je recommanderai malheureusement.
Et côté Google, les mesures annoncées sont la mise en place d'un bannissement du fabricant et des contrôles renforcés pour que ça ne se reproduise pas. On verra si ça a un impact ou si les escrocs trouvent une nouvelle faille dans leur processus de certification.
Breeef, en attendant, Synthient conseille de débrancher les appareils suspects et de changer le mot de passe du Wi-Fi. Si votre box est sur la liste, c'est le minimum, mais vu ce que ça peut faire, moi je ne la rebrancherais pas à votre place...
Source : Krebs on Security
La fintech britannique Revolut affirme avoir réduit d'environ 90 % sa facture d'IA de codage en moins d'un an, en remplaçant les outils commerciaux comme Claude Code, l'assistant de programmation d'Anthropic, par un modèle chinois hébergé sur ses propres serveurs.
David Abitbol, qui dirige l'infrastructure de la banque en ligne, a raconté la bascule lors d'une conférence à New York. Ses 2 000 ingénieurs sont passés de Gemini début 2025 à Claude Code début 2026, avant d'adopter GLM, un modèle ouvert développé par le chinois Z.ai et utilisé aujourd'hui en version 5.3.
Le calcul est vite fait. Auto-hébergé, GLM revient à 0,30 dollar le million de tokens, ces unités de texte que les fournisseurs d'IA facturent à la consommation, soit à peu près dix fois moins que Claude Code ou que Codex, son équivalent chez OpenAI. Certains développeurs coûtaient jusqu'à 10 000 dollars par mois, pour un retour jugé décevant en interne.
Le tout tourne sur 56 cartes graphiques Nvidia B200 installées chez Revolut. Plutôt que d'empiler les cartes, les équipes ont surtout gratté de la performance avec des réglages fins, comme la compression du modèle ou la séparation des différentes phases de calcul.
Côté performances, la première réponse tombe en moins de 3 secondes et le système sort environ 200 tokens par seconde, et même 800 le soir quand les bureaux se vident. Au-delà de 5 secondes d'attente, les plaintes pleuvent en interne.
La vraie surprise est ailleurs en fait. Les plus gros gains ne viennent pas de l'écriture de code mais du débogage et du traitement des tickets Jira et Confluence, ces outils de suivi de projet que tout le monde adore détester. Le temps de codage se serait quand même amélioré de 60 %.
Et puis il y a l'effet psychologique. Avec des tokens illimités en interne, les ingénieurs ne rationnent plus leurs requêtes pour tenir le budget du trimestre, et la facture ne réserve plus de mauvaise surprise en fin de mois. Les modèles commerciaux restent accessibles pour les cas particuliers, les tâches visuelles partent par exemple chez Gemini.
Un modèle chinois au coeur d'une banque, la question fâche forcément. Abitbol balaie. Hébergés en local ou sur un cloud régional, les poids du modèle ne font selon lui courir aucun risque, le danger serait plutôt de passer par des API hébergées on ne sait où.
Les fenêtres d'un million de tokens que vendent les gros acteurs du secteur sont à ses yeux "une arnaque", 256 000 suffisent largement à coder. Tout le marché vend exactement l'inverse depuis deux ans.
Source : Theregister
Google a annoncé mardi que Gemini, Gemini Notebook et même son moteur de recherche seront désactivés par défaut sur les comptes des élèves américains, de la maternelle au lycée, tant que les administrateurs scolaires ne les auront pas activés eux-mêmes. Les nouveaux réglages arriveront dans les prochains mois, pour une bascule prévue début 2027.
Présenté comme ça, le geste ressemble à une concession faite aux enseignants. Le détail qui fâche est sorti dans le New York Times, où Chris Phillips, le responsable de l'éducation chez Google, a confirmé qu'une école qui refuse l'IA perdra du coup l'accès à Search, parce que la recherche et l'IA sont maintenant profondément intégrées, selon ses propres mots. Les élèves verront simplement un message leur expliquant que le service n'est pas disponible.
Devant les critiques, Google a publié le soir même une mise au point sur X pour assurer que l'annonce donne aux écoles plus de choix, pas moins, et que chaque service peut être activé individuellement, un, deux ou les trois.
Sauf que cette réponse esquive le vrai sujet. Activer la recherche revient à accepter les résumés d'IA affichés en haut des résultats, puisque Google ne propose aucune version du moteur qui en serait débarrassée. La configuration que réclament beaucoup de profs, garder la recherche pour apprendre aux élèves à trouver des sources tout en bloquant les réponses toutes faites, n'existe tout simplement pas au catalogue.
Google sait pourtant ce que coûte la méthode forte. En août, des fonctions d'IA activées d'office dans Classroom avaient mis les enseignants américains en colère, et la firme avait fait machine arrière.
Les Chromebooks et les outils Google équipent une part énorme des écoles américaines, et un district scolaire ne remplace pas son moteur de recherche du jour au lendemain.
Pour les établissements qui diront oui, Google met en avant Guided Learning, un tuteur qui décompose les exercices étape par étape au lieu de donner la réponse, histoire de limiter la triche. Les enseignants pourront même consulter les transcriptions des conversations entre les élèves et le chatbot.
Le calendrier est quand même osé. New York et Los Angeles ont voté en septembre un moratoire d'un an sur l'IA générative dans leurs écoles publiques, et l'État de New York interdit depuis la semaine dernière certaines fonctions de chatbot aux mineurs.
Source : TechCrunch
Comme vous le savez, je m'amuse beaucoup avec l'IA en ce moment. Bon, j'en cause surtout sur mon Patreon parce que sinon, je vous saoulerai grave avec toutes mes expériences mais ça c'est un truc que je tenterai bien à l'occasion. Je vous explique...
Cette semaine, 4 chercheurs du MIT CSAIL, Rikiya Takehi, Jayden Teoh, Alex Zhang et Omar Khattab, ont expliqué sur leur site comment ils ont demandé à GPT-6 Astra, le modèle d'OpenAI, de rendre Qwen3.5-0.8B meilleur en maths en retouchant directement ses poids, sans la moindre descente de gradient.
Et non seulement, l'IA d'OpenAI y est parvenu, mais en plus, le chiffre claque puisque le score sur MATH-500 de ce Qwen est passé de 7,9 % à 48,1 % suite à une modification par Astra de seulement 131 072 poids sur 0,8 milliard, soit 0,016 % du modèle.
Pour ceux qui arrivent (en armure comme Diam's ^^), les poids d'un réseau de neurones, c'est l'IMMENSE liste des nombres que l'entraînement ajuste petit à petit, et que presque personne ne sait ensuite retoucher à la main. C'est d'une telle complexité ! Mais avec un petit budget et 50 passes pour regarder comment le modèle répond à ses retouches, Astra lui à réussi !
Le point de départ des chercheurs, c'est que Qwen tournait en rond sur les problèmes de maths. Ainsi sur ses 96 premières réponses d'entraînement, 85 pédalaient dans la semoule jusqu'à atteindre la limite des 32 768 tokens et donc sans livrer de solution... Snif... Astra a donc remonté ces boucles une par une jusqu'à une direction écrite par les couches 15 et 19 du modèle, puis il l'a soustraite des poids. Et voilà comment la part des réponses interrompues à cause de cette limite en token est tombée de 93 % à 33 %.
Alors, Qwen est-il vraiment devenu bon en maths grâce à Astra ?
Hé bien pas vraiment, et ce sont les auteurs eux-mêmes qui le disent dans leur papier. En fait, réparer des boucles permet surtout au modèle de finir des réponses qu'il savait déjà trouver. Ils ont d'ailleurs refait l'essai sur Gemma 3 270M, un modèle qui boucle rarement, et là, aucune des retouches d'Astra n'a fait bougé le score MATH-500 de plus d'un point. Voilà, donc contrairement aux grandes annonces que j'ai pu lire de ci, de là, retoucher les poids de Qwen a juste permis de lever un obstacle qui cachait une capacité existante, mais n'a en aucun cas ajouté une capacité qui manquait.
Cette expérience a ensuite été refaite par Jonathan Coletti, sur Hugging Face, qui a réévalué les poids publiés avec le prompt, les réglages et le correcteur des auteurs. Et il est passé d'un Qwen à 7,4 % à un Qwen à 50,2 % après, réflexion activée bien sûr (le mode "Thinking" quoi). Ça confirme donc bien le papier.
Mais Jonathan a aussi tenté le coup avec le mode réflexion coupé et là, la retrouche a fait perdre au modèle un peu plus de 2 points.
Quoiqu'il en soit, cette retouche peut se rapprocher de l'effacement d'une direction dans les poids, ce qui en gros est la recette de l'abliteration qu'utilisent déjà ces outils qui virent la censure des LLM . Astra serait donc potentiellement capable de lever des limites sur des modèles open source (dont les poids sont dispo)... Intéressant non ?
Voilà, donc si vous faites tourner ce petit Qwen chez vous et que vous optez pour cette version retouchée par Astra, activez bien ce mode Thinking car avec lui, le modèle aura la bosse des maths !
Source : Sparks of Weight-Space Programming
Les amis, insomnie depuis 3h du mat (ouais j'ai des soucis ^^), alors quoi de mieux que de bosser un peu ! J'avais cet article en brouillon depuis hier et comme j'ai trouvé ça super joli, je vous en parle ! Il s'agit de DiscImageStudio qui est un logiciel qui permet de transformer une image en données à graver sur un CD, un DVD ou encore un BD-R pour les plus riches d'entre vous, et une fois le disque écrit, hé bien votre dessin apparaît à l'œil nu sur sa surface.
Regardez-moi ça comme c'est beau :
Un dessin gravé par DiscImageStudio
L'idée n'est pas nouvelle puisqu'elle vient du projet CDImage , dont l'auteur avait jeté l'éponge en 2008 parce qu'il fallait calibrer l'image pour chaque marque et chaque type de disque. DiscImageStudio est donc reparti de ce code d'entrelacement pour les CD, et y a ajouté le DVD et le BD-R simple couche de 25 Go (ce dernier en mode expérimental...).
Sous Windows, vous importez donc votre image, vous faites vos petits réglages au niveau des calques, vous réglez le tramage, et puis vous exportez le tout ou vous gravez ça direct.
Pour un CD, ce qui est exporté c'est un WAV accompagné de son CUE (cdrecord ou ImgBurn savent le graver), et si c'est c'est un DVD ou un BD-R, ce que vous aurez à l'export c'est une ISO. Et vous pouvez même ajouter un dossier contenant quelques fichiers sur l'anneau intérieur ou extérieur du disque afin qu'il y ait quand même quelque chose de lisible dessus. Et dans ce cas, l'export CD sera là aussi une ISO de données.
L'onglet de conception, avec calques et tramage
Le vrai casse-tête étant la géométrie propre à chaque référence de disque (et c'est ça la raison de l'abandon de CDImage comme je vous le disais plus haut), DiscImageStudio embarque 5 préréglages calibré sur 3 modèles Verbatim, et 2 Ritek.
Pour un autre modèle de disque gravable, il faudra donc passer donc par une calibration assistée. En gros, vous gravez une mire, vous la photographiez, vous marquez une ligne à la main, et le programme cherche alors les paramètres qui la "redressent". Mais le résultat peut être hasardeux donc vérifiez bien la courbe prédite sur votre photo avant d'appliquer les paramètres.
Côté système, l'interface, calibration et gravure directe comprises, exige un Windows 10 2004 ou plus récent. Sur Mac et Linux, la version 1.3.6 sortie récemment dispose d'un mode expérimental en ligne de commande qui génère seulement les images disque, et c'est ensuite à vous de les graver, par exemple en ligne de commande ou avec le logiciel de votre choix.
Voilà, si vous avez des disques vierges dont vous ne faites rien et que vous n'avez pas peur d'en gâcher, ça peut vous faire de jolis éléments de déco.
Source : DiscImageStudio sur GitHub
Il m'aura fallu attendre un déménagement pour comprendre à quoi servait vraiment un télémètre laser , et depuis que celui de HOTO traîne à la maison, je mesure à peu près tout, y compris ce qui n'en a aucun besoin. La marque vient de l'écosystème Xiaomi, elle fabrique de l'outillage grand public plutôt joli, comme cette visseuse que je vous ai déjà montrée, et ce petit boîtier mesure tout ce qui passe entre 5 centimètres et 30 mètres, à 2 millimètres près.
36 grammes. Voilà ce que pèse l'engin, à peine 7 centimètres de long, rechargeable en USB-C (le câble est dans la boîte si vous n'en avez pas, mais je ne vous croirez pas), et il se glisse du coup dans une poche sans qu'on y pense.
Le fonctionnement est on ne peut plus simple, on cale l'appareil contre un mur, on appuie, et la distance jusqu'à la paroi d'en face s'affiche en une petite seconde sur un écran OLED qui se lit aussi bien en plein soleil que dans une cave.
Chez moi, il a servi à tout. Vérifier qu'un canapé de 2,40 mètres passait entre la fenêtre et le radiateur du salon, mesurer la hauteur sous plafond sans monter sur une chaise, recalculer la surface d'un couloir à repeindre parce que le pot de peinture promettait 10 mètres carrés et que je n'y croyais pas une seconde.
En visite d'appartement, vous relevez les cotes des pièces l'air de rien pendant que l'agent immobilier déroule son argumentaire, et vous savez avant de signer si l'armoire normande héritée de la mamie rentrera dans la chambre.
La mesure se prend au choix depuis l'avant ou l'arrière du boîtier, un détail qui n'en est pas un, puisqu'on plaque l'engin au fond de la niche du lave-linge et qu'on obtient la largeur exacte sans tordre quoi que ce soit dans l'angle. On peut aussi changer l'unité de mesure, mais a priori vous devriez rester sur le système métrique.
La batterie, je l'ai rechargée une fois en un mois, par acquit de conscience plus qu'autre chose.
Comptez une trentaine d'euros, parfois moins en promo, et à ce prix je ne vois pas bien ce qu'on peut lui reprocher, la visée est précise, la prise en main immédiate, et l'objet fait son petit effet quand vous le sortez devant un pote en plein montage de meuble.
La bête est disponible par ici sur Amazon , et croyez-moi, il va vous servir un paquet de fois.
Samedi, pendant que vous étiez tous en manif, Andrej Karpathy a demandé à Claude de lui fabriquer un YouTube à partir de toutes les merveilleuses vidéos que les gens se recommandent sur HackerNews et ça a donné naissance à HackerTube . Déjà rien que ça c'est top !
Mais moi ce qui m'a encore plus c'est que le lendemain Roansh a fait pareil avec les bouquins en laissant Claude coder HackerBooks .
Et voilà comment on se retrouve avec une bibliothèque de 15 766 livres tirés de 281 363 mentions HN publiées depuis 2007. Et un livre n'y figure que s'il a été cité par au moins 2 personnes différentes. Ensuite chaque fiche renvoie aux commentaires qui en parlent et il y a même des suggestions à la "For You" qui vous fait des propositions raccord avec vos goûts selon ce que vous avez ouvert comme fiche.
Ensuite, l'IA a fait un tri pour distinguer les citations des recommandations. Par exemple The Art of Computer Programming de Knuth cité par 1 125 personnes mais recommandé par 336, alors que How to Win Friends and Influence People de Dale Carnegie en compte 579.
Y'a même Mein Kampf, le livre préféré de ceux qui ont été bercés trop prêt du mur, qui a été cité (je pense pour la blague) par 535 personnes mais a été fièrement recommandé quand même par 15 personnes.
Bien sûr, on ne peut pas télécharger les livres gratuitement dessus. Ça renvoie vers Amazon et compagnie. Mais ça permet de prendre un petit peu la température sur les classiques, organisés dans différentes rubriques comme fiction, programmation, mathématiques, philosophie, fantaisie, etc.
Et si votre livre préféré manque à l'appel, ou si Claude l'a confondu avec un autre, n'hésitez pas à le signaler à roansh
Source : HackerBooks sur Hacker News
Je suis rentré de vacances hier et je pensais me remettre rapidement à écrire mais de l'administratif en retard en a décidé autrement... Mais peu importe, d'autres ont des soucis plus importants, vous allez voir...
En effet, ce 1er novembre, à 22 h 47 précisemment, l'appli ukrainienne Air Alert, utilisée pour alerter les Ukrainiens afin qu'ils se mettent à l'abri, s'est mise à envoyer n'importe quoi !! Alerte aérienne critique sur tout le pays, et pour les habitants de Kiev en cadeau bonus une menace radiologique, une attaque chimique et des combats de rue.
L'un des messages, écrit en russe, annonçait même une alerte nucléaire imminente en ajoutant que c'était l'Oreshnik, un missile russe, qui arrivait... brrrrr les gens ont du tellement flipper. D'après un communiqué ukrainien relayé par la BBC, le signal "radiation" s'est aussi déclenché sur des haut-parleurs de la région de Lviv au nord de l'Ukraine. Heureusement, très rapidement les développeurs ont coupé les notifications push et ont suspendu l'appli.
Les alertes (écrites en russe !!) reçues par les Ukrainiens (source : BBC)
Quelques heures plus tard, tôt ce matin, c'était au tour du ministère russe des Situations d'urgence d'annoncer une "cyberattaque massive" sur sa propre appli. D'après le Kyiv Post , ces fausses alertes parlaient d'ogives nucléaires lancées vers toutes les régions de Russie. Elles sont aussi apparues sur des canaux régionaux du ministère sur Max, la messagerie soutenue par l'État .
Donc voilà, grosse nuit de frayeurs pour tous les civils russes et ukrainiens...
Alors qui se trouve derrière ces hacks ?
Hé bien d'après l' Associated Press , un des faux messages ukrainiens citait un groupe baptisé Hitcore, et Mash, une chaîne Telegram russe liée aux services de sécurité. L'AP a échangé avec l'un de ses représentants, qui a revendiqué l'attaque. Côté russe, la BBC rapporte que le média ukrainien UNN cite Atesh, un groupe de partisans ukrainiens qui serait à l'origine de l'opération mais rien de tout ça n'a pu être vérifié.
Quant au "comment", on n'en sait pas plus...
Les dev d'Air Alert parlent de personnes non autorisées , le ministère russe d'une vulnérabilité de son appli mais chacun assure par contre que l'essentiel a tenu... Heureusement, en Ukraine, l'appli est séparée des systèmes de commandement militaire, et pour le ministère russe, ce n'est qu'un service annexe à côté des sirènes et des SMS.
Du coup, je me suis demandé : Et en France, ça se passe comment ?
Ici, FR-Alert fonctionne depuis juin 2022 et vous n'avez rien à installer. C'est le ministère de l'Intérieur ou une préfecture qui déclenche l'alerte via un système dont le partenaire technologique est Intersec , et ce sont ensuite les antennes des opérateurs qui la diffusent sur un canal radio dédié, avec au besoin des SMS géolocalisés en complément. Le message s'affiche alors en quelques secondes, même sur votre téléphone verrouillé, sauf s'il est éteint ou en mode avion.
Comme ce n'est pas une application, il n'y a donc pas de notifications push à détourner. Mais le système n'est pas infaillible pour autant... le Brésil, qui a un système similaire au notre, s'est fait hacker en juin et une dizaine de fausses alertes sonores sont parties mentionnant entre autre une "invasion extraterrestre"... L'alerte a réveillé plusieurs villes soit environ 30 millions d'habitants, d'après l' Agência Brasil .
Putain, j'imagine pas ma tête à 3h du mat avec une alerte comme ça sur mon téléphone qui me dit que les aliens ont débarqué...
D'après des documents de la Défense civile transmis à la police fédérale et publiés par Metrópoles , les messages sont partis de la plateforme officielle, l'Idap, avec les identifiants de deux agents de la Défense civile du Pará, et avec des indices que la plateforme les a laissés viser des villes hors de leur zone. Ensuite, fin juin, le gouvernement Brésilien a alors coupé l'accès externe à la plateforme et imposé un second facteur d'authentification. Ouf !! J'espère que chez nous, y'a une 2FA en place aussi là dessus... CE SERAIT BIEN, HEIN !
Le canal radio à l'ancienne a aussi sa faiblesse, mais elle reste locale puisqu'en 2019, des chercheurs de l' université du Colorado ont montré en labo qu'une fausse antenne pouvait diffuser une fausse alerte présidentielle américaine. Selon eux, avec des émetteurs du commerce, ça toucherait environ 90 % des téléphones à portée de la surface d'un stade.
Donc voilà... je ne dis pas que ça n'arrivera jamais, ça peut arriver. En plus, comme ces alertes peuvent embarquer un lien, vaut mieux vérifier avant de cliquer.
Source : BBC
Vous cherchez sur Google (ouais à l'ancienne) comment faire un peu de place sur votre ordi parce que votre disque est déjà plein. Et bizarrement, le premier résultat de recherche c'est une conversation partagée de ChatGPT hébergée sur le vrai site d'OpenAI, avec des étapes bien propres et une commande à coller dans le Terminal afin de libérer un peu d'espace disque.
Sauf que ce tuto, hé bien c'est pas un vrai tuto made in korben.info, non, c'est une conversation avec une IA sur un domaine légitime (chatgpt.com) qui va vous pousser à installer un affreux malware. Et n'allez pas croire que c'est de la science-fiction, c'est exactement ce qu'a vécu une victime dont les analystes de Huntress ont traité l'infection début décembre 2025. La commande présente dans ce tuto a installé AMOS, un voleur de données qui a dérobé son mot de passe admin, les droits root, et s'est incrusté sur l'ordi pour ensuite tout capter.
Source de l'image : Huntress
C'est l'attaquant lui-même qui a créé cette conversation, l'a partagée en mode public et ensuite l'a fait remonter dans Google avec un peu de SEO pour que ça ressorte dans les premiers résultats de recherche. Et la même combine a également été observée sur Grok.
Voilà, donc l'arnaque ici c'est que l'interface est authentique (c'est une vraie conversation), mais ce qu'elle raconte a été forgé par un cyber-escroc.
Et ça ce n'est qu'un exemple de toutes ces attaques boostées à l'IA qui commencent à se multiplier et qui sont très créatives !
Autre exemple, entre avril et juin 2026, dans ce rapport de TrendAI on découvre une campagne de pubs Google qui a d'abord mené vers de fausses pages de téléchargement, puis vers des conversations Claude partagées (dont l'une s'intitulait "Clearing disk space on macOS") et qui aurait fait +2000 victimes. Le scénario est à peu près le même avec un Terminal à lancer, une commande à coller, et le malware MacSync qui s'installe pour voler les "secrets" de l'utilisateur. Heureusement, Anthropic a banni les comptes et désactivé ces conversations dès que l'affaire a été découverte.
Source de l'image : TrendAI
De son côté, ESET , qui surveille énormément toutes ces attaques d'un nouveau genre, regroupe sous le nom d'AI-fix ces pages publiées sur le domaine d'un service d'IA, permettant de diffuser des virus. L'entreprise slovaque est même tombée sur une fausse pub Google Ads pour Homebrew menant à la catastrophe pour tous ceux qui s'aventuraient à recopier les commandes sur leur ordinateur. Apple a heureusement bien réagi de son côté puisque depuis macOS 26.4, le système analyse les commandes collées dans le Terminal avant de les exécuter. Ouf !
Toutefois, Jamf Threat Labs a documenté en avril une variante qui contourne le Terminal à l'aide d'une fausse page "pour récupérer de l'espace disque" (toujours le même sujet "appât") qui ouvre, quand on clique sur un bouton, l'Éditeur de scripts de macOS avec un script vérolé déjà chargé. Comme ça y'a rien à copier, mais juste à lancer... Argh !
Source de l'image : Jamf Threat Labs
Donc le réflexe ne change pas, hein... Si une commande ou un script sort d'une conversation, d'un forum ou d'une page web, même si ça vient de chez ChatGPT (SURTOUT si ça vient de ChatGPT), on ne l'exécute pas sans savoir ce qu'il fait !!
Sous Windows, c'est à peu près le même piège mais via une autre porte d'entrée. Quand vous avez un OS de Microsoft, la page vous demande également de copier et de coller une commande mais cette fois, au choix, dans la fenêtre Exécuter (Windows + R), dans Windows Terminal ou dans PowerShell. Microsoft décrit cette technique, baptisée ClickFix, dans un billet de son blog sécurité . Cette "arnaque" simule même parfois de faux captchas vous incitant à lancer des lignes de commande pour accéder au contenu. Et c'est sûr que quand on a l'habitude de zapper des captchas à la vitesse de l'éclair et qu'on ne connait rien en ligne de commande, la manip est vite faite malheureusement ! Bref, parlez-en autour de vous.
Source :
BleepingComputer
Les pages d'IA servent donc de décor là à tout ça. Push Security a même décrit en mai 2026 une fausse panne de ChatGPT, conçue à l'aide de la fonction de rendu de code et donc hébergée sur chatgpt.com. On n'y voit que du feu et ça renvoyait vers un faux site de téléchargement avec des boutons macOS et Windows histoire de récupérer les bonnes lignes de commande. Parfois, c'est même un GPT personnalisé avec lequel on peut discuter, hébergé sur ChatGPT.com et dont chaque réponse mène à une page qui sert un ClickFix.
Pour les liens renvoyés par les IA, même si c'est moins spectaculaire, ça peut aussi faire des dégâts. Dans ce billet de juillet 2025 , Netcraft raconte par exemple avoir testé un modèle de la famille GPT-4.1 en lui demandant l'adresse des pages de connexion de 50 marques, avec des phrases toutes bêtes du genre "j'ai perdu mon marque-page, où ce que je me connecte sur tel ou tel site".
Et sur les 97 domaines proposés, 34 % n'appartenaient pas à la marque, dont près de 30 % des domaines libres, parqués ou inactifs. Donc forcément récupérables par un escroc...
Et chez Perplexity, une attaque similaire a même été mise en place. Ainsi, quand on lui demandait l'adresse de connexion de Wells Fargo (c'est une banque), le premier lien menait à un faux site sur Google Sites qui captait les identifiants des brebis égarées. Bref, un lien de connexion, soit vous le tapez vous-même, soit vous le gardez au chaud dans vos marque-pages.
Et c'est la même histoire avec le code... Hé oui, par exemple, Netcraft a repéré une fausse API Solana, glissée dans des tutoriels et des dizaines de dépôts GitHub, qui a fini par atterrir dans les suggestions des assistants de code. Du coup, une fois l'API implémentée dans un vrai projet, les transactions partaient vers le portefeuille de l'attaquant. Au moins 5 victimes l'ont copiée dans leurs projets publics, dont certains développés avec des outils d'IA... Donc si votre assistant IA vous propose une API que vous ne connaissez pas, je vous recommande chaudement de la chercher dans la doc officielle avant de l'intégrer.
Reste maintenant le cas des agents, ces IA qui lisent des pages et font des trucs à votre place. En août 2025, Brave a montré , via un proof of concept, qu'un commentaire Reddit, avec des instructions cachées derrière une balise "spoiler", suffisait à retourner la veste de Comet, le navigateur à agent de Perplexity . Dès que l'utilisateur demandait le résumé de la page, il récupérait son adresse e-mail sur Perplexity, déclenchait l'envoi d'un code de login 2FA, le lisait ensuite via Gmail et publiait le tout (email + code) en réponse au commentaire.
Source : Brave
Voilà, donc le réflexe, c'est de ne pas confier votre messagerie à un agent qui lit n'importe quelle page.
Et pour les skills, ces petits modules qu'on greffe à un agent, ESET dit en avoir analysé 900 000, dont 25 000 suspectes et plus de 3 000 clairement malveillantes. C'est pourquoi ils proposent un outil gratuit, l' AI Skills Checker , pour les passer au crible avant leur installation. Après, le minimum avec une skill, c'est au moins de regarder les permissions qu'elle demande et qui l'a écrite.
Quant au bon vieux phishing, hé bien il est juste devenu beaucoup moins cher à fabriquer. Dans une étude sortie fin 2024 , sur 101 participants répartis en quatre groupes, des e-mails de spear phishing entièrement rédigés par IA ont réussi à obtenir 54 % de clics, contre 12 % pour du phishing traditionnel fait par des humains. En fait l'IA permet de viser plus de monde à moindre coût et surtout de personnaliser à grande échelle les contenus de phishing.
Donc dans le doute, si on vous demande de l'argent ou un code, même dans un message impeccable, renseignez-vous avant de cliquer ou de saisir des infos car après, c'est toujours trop tard.
Voilà comme d'hab quand il s'agit de cybersécurité, tout se joue d'abord sur des réflexes à adopter... Mais quand le réflexe est absent, un logiciel peut venir à notre secours et nous servir de filet de sécurité. C'est pour cela qu'ESET propose dans ESET Internet Security une "AI Conversation Security" qui analyse chaque réponse de ChatGPT pour détecter si elle contient des sources douteuses et du code malveillant. Et si elle en trouve, elle vous prévient immédiatement.
Ça passe par une extension pour Chrome, Firefox, Edge et Brave et ça ne fonctionne qu'avec ChatGPT.
La page "Confidentialité et sécurité du navigateur" d'ESET affiche les quatre navigateurs pris en charge : Chrome, Firefox, Edge et Brave.
Je l'ai testé sous Windows 11 avec ESET Smart Security Premium 19 et Edge. La fonctionnalité s'appelle précisément "Sécurité des conversations IA" et pour voir si c'est efficace, j'ai demandé à ChatGPT de me sortir les liens vers un fichier de test EICAR et sa chaîne de caractères dans un bloc de code. Si vous ne connaissez pas EICAR, c'est une suite de caractères inoffensive qu'on utilise pour tester le bon fonctionnement des softs d'antivirus.
Et bien sûr, dans ma conversation, le bloc est passé en rouge avec une icône d'alerte, me disant que, je cite, "Cette réponse contient du code dangereux. Son exécution pourrait mettre votre système ou vos données en danger."
Montage de deux zones d'une même capture : l'infobulle d'ESET et le bloc de code marqué d'une icône d'alerte.
Reste qu'EICAR est un motif que tous les antivirus reconnaissent donc ça prouve que l'alerte fonctionne, mais pas qu'elle est infaillible, donc voyez ça comme un "deuxième regard" sur ce qui se passe dans votre chatbot préféré et pas comme un gilet pare-balles.
Le réglage "Analyse des conversations" dans l'extension d'ESET, ici activé.
Notez que cette fonction arrive aussi dans ESET HOME Security Premium et Ultimate , et dans ESET Small Business Security pour les TPE et les indépendants. Côté agents IA, ces offres d'ESET sont aussi capables de jeter un œil sur ce que l'agent s'apprête à faire, pour repérer ce qui serait louche avant que ça parte définitivement dans vos process. Ouf !
Bref, l'usage de l'IA par les cybercriminels n'aura jamais fini de m'étonner donc soyez très prudents et vigilants. Et n'hésitez pas à vous équiper d' outils comme ceux d'ESET pour assurer vos arrières.
Après tout, nous ne sommes pas infaillibles.
UGREEN vend depuis quelques semaines un chargeur un peu particulier, le Nexode Pro 160W , dont l'argument principal n'est pas la puissance (pourtant bien là) mais le câble USB-C rétractable intégré au boîtier, un enrouleur qui se déroule sur 70 cm avec huit crans d'arrêt et qui revient se loger dans le bloc tout aussi simplement.
L'idée est toute bête. Le câble est donc en permanence dans le chargeur, donc plus rien à transporter ni à oublier.
Ce câble délivre jusqu'à 140 W, tout comme le premier port USB-C du bloc, alors que le deuxième s'arrête à 100 W et que l'USB-A de service dépasse à peine les 20 W, le tout dans la limite des 160 W que le chargeur répartit de lui-même entre les prises occupées quand vous branchez plusieurs appareils.
La densité de l'appareil, comme toujours désormais, vient du nitrure de gallium, ce semi-conducteur qui a remplacé le silicium dans les chargeurs puissants de ces dernières années et qui permet de caser tout ça, écran compris, dans un format tour d'un peu plus de 300 grammes.
Parce qu'il y a un écran, oui. La petite dalle couleur de la face avant affiche en continu la puissance, la tension et la température de chaque port, de quoi voir d'un coup d'oeil si l'iPhone tire bien ses watts ou si un vieux câble bride la charge, et l'application Ugreen Connect ajoute le suivi à distance en Bluetooth ou en Wi-Fi, la coupure d'un port et la mise à jour du logiciel interne. Pour le coup ça n'est pas indispensable, mais on va dire que ça fait partie du jeu en 2026.
Je n'ai relevé aucune surchauffe avec quatre appareils branchés, et mon MacBook Pro 14 pouces récupère plus de la moitié de sa batterie en à peu près 20-25 minutes minutes sur le câble intégré.
Pour le tarif, UGREEN demandait 130 euros au lancement et affiche une centaine d'euros en ce moment. C'est cher, mais pas tant que ça si on considère la puissance et le servie rendu. Si vos journées se partagent entre un Mac, un iPhone et une tablette, je ne vois pas de chargeur de bureau mieux pensé en ce moment. Il est disponible par ici sur Amazon .