Vincent en avait parlé il y a peu :
Firefox 149 embarque maintenant discrètement adblock-rust
, le moteur Adblock de Brave, désactivé par défaut, sans interface, et contrôlé uniquement par deux prefs obscures dans about:config.
Bref, c'est là mais y'a rien à actionner directement donc c'est un peu dommage, si comme moi, vous êtes control-freak !
Heureusement, un développeur a fait une extension pour ça.
Ça s'appelle
adblock-rust Manager
et ça vous donne une interface propre pour activer le moteur et gérer vos listes de filtres. Tout passe par l'extension, sauf deux copier-coller inévitables puisque l'API WebExtension ne peut pas écrire dans le about:config directement. Y'a que les add-ons signés par Mozilla qui peuvent faire ça.
Donc je vous fais un petit guide, mais vous allez voir, c'est rapide.
D'abord, récupèrez le fichier .xpi sur la page
Releases du repo GitHub
(clic droit > enregistrer sous).
Pour tester (en temporaire) : ouvrez about:debugging dans Firefox → "Ce Firefox" → "Charger un module complémentaire temporaire..." → sélectionnez le .xpi. L'icône violette apparaît dans votre barre d'outils. Attention, ça disparaît au redémarrage du navigateur mais ça permet de tâter le truc avant de s'engager, voilà.
Pour garder : d'abord, passez xpinstall.signatures.required à false dans about:config pour autoriser les extensions non signées. Ensuite, dans about:addons → icône engrenage → "Installer un modèle depuis un fichier..." → sélectionnez le .xpi. Elle survivra aux redémarrages, celle-là.
Cliquez ensuite sur l'icône violette et vous verrez apparaître ce panneau de configuration.
Étape 1 : l'extension vous affiche le nom de la préférence à activer, avec un bouton copier. Vous collez dans about:config, vous passez la valeur à true. Franchement, ça prend 20 secondes, hein.
Étape 2 : Ensuite, l'extension gère vos listes de filtres. EasyList, EasyPrivacy, Fanboy Cookie Monster et uBO Annoyances sont pré-chargées par défaut, avec 4 autres disponibles en quick-add (uBO Filters, AdGuard, Peter Lowe's...).
Une fois votre sélection faite, elle génère la valeur pipe-séparée à coller dans la seconde préférence about:config > privacy.trackingprotection.content.protection.test_list_urls
L'extension propose aussi un switch pour désactiver la protection de tracking intégrée (ETP) mais attention à ne pas laisser les deux actifs en même temps : dans ce cas ETP et adblock-rust filtrent chacun de leur côté, ce qui est redondant. Du coup, autant désactiver ETP et laisser adblock-rust seul aux commandes.
Les listes sont compatibles avec la syntaxe uBlock Origin, donc tout ce que vous connaissez tourne sans adaptation. Maintenant, pour le contexte technique complet sur l'intégration de ce moteur dans Firefox, allez lire l'article sur l'arrivée discrète d'adblock-rust dans Firefox 149 .
Et si vous voulez un guide général pour bloquer les pubs et trackers sur le web , c'est par là.
Felix "FX" Lindner est mort le 1er mars 2026 à l'âge de seulement 49 ans. Et si ce nom ne vous dit rien, c'est normal, car FX n'a jamais cherché les projecteurs. Par contre, ceux qui bossent dans la cybersécurité, eux, savent parfaitement qui il était.
Fondateur de Recurity Labs à Berlin, leader du groupe Phenoelit, co-auteur de "The Shellcoder's Handbook", et lauréat du Pwnie Award Lifetime Achievement 2017, Félix avait plusieurs casquettes. Et c'est également celui qui a forcé Huawei à créer une équipe de sécurité dédiée, tout ça grâce à une seule présentation de 45 minutes.
Felix "FX" Lindner, fondateur de Recurity Labs (CCS 2013)
Son pseudo sur Twitter/X c'était @41414141 car en hexadécimal, 0x41 c'est le caractère ASCII 65, la lettre "A". Car 4 "A" d'affilée, c'est le padding classique qu'on balance dans un buffer overflow pour écraser la mémoire. Hé oui même son pseudo était un exploit ! Petit détail au passage : ne le confondez pas avec "fefe", Felix von Leitner, l'autre Felix célèbre de la scène sécu germanophone. La confusion est fréquente, même dans les hommages post-mortem que j'ai pu voir.
Pour comprendre FX, faut remonter à 1977, à Berlin-Est, le côté soviétique du Mur. Gamin, il met les mains sur son premier ordinateur à 6 ans, lors d'une visite à l'Université de Sofia en Bulgarie puis à 10 ans, il programme en BASIC sur un Robotron Z9001 (un CPU U880 à 2.5 MHz, 16 Ko de RAM), qui était à l'époque la machine phare de la RDA (en fait c'était un des rares ordinateurs personnels fabriqués en Allemagne de l'Est). Pas exactement un Commodore 64 donc, mais bon... on fait avec ce qu'on a quand on grandit derrière le Rideau de fer.
Le Robotron Z9001, ordinateur est-allemand sur lequel FX a fait ses premières armes (Wikimedia Commons)
Et puis le Mur tombe.
En novembre 1989, FX a 12 ans et dans les décombres institutionnels de l'Allemagne de l'Est, il découvre un truc improbable : un club informatique rattaché à l'Organisation des Pionniers Ernst Thälmann, le mouvement de jeunesse du régime est-allemand (dissous quelques mois plus tard). C'est là qu'il croise ses premiers hackers, des gamins comme lui, curieux, qui bidouillent sur du matériel en voie de disparition.
Faut dire que Berlin dans les années 90, c'est un sacré terrain de jeu. Le Chaos Computer Club est déjà une institution, les loyers sont bas, l'énergie est dingue. Du coup, FX baigne là dedans tel un enfant de la Réunification, en quelque sorte.
Et c'est au tournant des années 2000, qu'il fonde Phenoelit, un groupe de recherche en sécurité basé à Berlin. Leur spécialité ? Les trucs que personne ne pense à auditer, parce que tout le monde part du principe que c'est sécurisé. Routeurs Cisco, imprimantes HP, systèmes SAP, BlackBerry RIM... tout y passe. Phenoelit, c'est de la recherche bas niveau et du reverse engineering pur et dur.
FX publie alors des outils qui deviennent des classiques. cd00r.c d'abord, une backdoor furtive qui n'ouvre AUCUN port en écoute. Le concept est trop fort puisque la machine écoute discrètement tout le trafic réseau qui passe et ne déclenche un /bin/sh que si elle voit passer un paquet "magique" porteur d'une signature codée en dur. Pas de port ouvert, pas de service à scanner, mais juste un guetteur silencieux qui réagit au bon mot de passe. Le concept inspirera plus tard le port knocking grand public.
Ensuite IRPAS (Internetwork Routing Protocol Attack Suite), un kit complet pour tester les protocoles de routage réseau. CDP, IRDP, HSRP... ces langages que les routeurs utilisent pour se causer entre eux et que personne n'avait sérieusement attaqués avant lui. Tellement utile que la suite finit intégrée dans Debian et Kali Linux. Et puis Ultima Ratio, un exploit remote code execution (RCE) pour Cisco IOS, présenté à la DEFCON.
FX avait un vrai don pour trouver les failles là où personne ne regardait.
Mais l'outil le plus connu du grand public, c'est la Default Password List. Une base de données des mots de passe par défaut de la quasi-totalité des équipements réseau du marché. Routeurs, switchs, imprimantes, caméras... pratiquement tous les pentesteurs de la planète l'ont utilisée au moins une fois. Elle a même fini dans SecLists, la bible du domaine.
Mais FX ne se contentait pas d'attaquer.
En 2010, il développe Blitzableiter (littéralement "paratonnerre" en allemand), un outil anti-exploitation Flash. En gros, ça analyse et reconstruit les fichiers .swf pour neutraliser les malwares, sans se baser sur des signatures CVE. Lors de sa démo à Black Hat USA et DEFCON 18, il balance alors 20 malwares Flash en live et 20 sur 20 bloqués. A une époque où Flash était LE vecteur d'attaque sur le web, c'était du lourd.
Quelque part avant 2007, FX lance Recurity Labs à Berlin. Audit de code C/C++, ingénierie inverse ARM et x86, architecture sécurisée... Il est rejoint par 12 consultants, chacun avec au moins dix ans d'expérience. Pas de marketing flashy, pas de bullshit corporate mais du boulot bien technique, et c'est tout.
FX décroche même un titre de Technicien Informatique Agréé et une certification CISSP, mais bon... c'est pas vraiment pour les diplômes qu'on le connaissait. C'était plutôt pour sa capacité à démonter n'importe quel système et expliquer clairement ce qui merdait dedans.
À partir de 2001, il enchaîne alors les conférences. DEFCON 9, puis 10, 11, 12, 14, 16, 17, 18... Black Hat USA, Abu Dhabi, HITB en Malaisie, PacSec, CanSecWest, Hashdays. Bref, chaque année un nouveau sujet, un nouveau système disséqué. En 2008, c'est le BlackBerry et en 2011, c'est Stuxnet et les systèmes industriels. Il n'est jamais à court de cibles.
Nous sommes maintenant le 11 octobre 2012, à Hack in the Box, Kuala Lumpur. Il y fait une chaleur étouffante, et les hackers du monde entier sont entassés dans l'InterContinental pour une conf qui attire le genre de types qui ne peuvent pas présenter leurs travaux ailleurs (car certains risquent l'extradition).
FX monte alors sur scène avec son sujet : "Hacking Huawei VRP".
VRP, c'est Versatile Routing Platform, le firmware des routeurs Huawei AR et NE. En gros, l'équivalent de Cisco IOS 12.x côté chinois et FX l'a bien sûr totalement disséqué.
Ce qu'il montre alors est accablant. Les routeurs Huawei utilisent des mots de passe statiques par défaut et un seul équipement compromis donne accès à TOUT le réseau. Y'a de quoi s'arracher les cheveux. Ce qu'il dit lors de sa conf résume tout : "Je ne sais pas s'il y a des backdoors, mais ça n'a aucune importance vu le nombre de vulnérabilités."
Et la réaction de Huawei ?
Hé bien pour une fois, plutôt correcte. John Suffolk, leur chef cybersécurité mondial, envoie une équipe d'ingénieurs rencontrer FX directement. Le géant chinois renforce alors son Product Security Incident Response Team (PSIRT, qui existait depuis 2005 mais restait peu visible) et publie des procédures de contact lisibles pour les chercheurs externes. FX racontera plus tard qu'ils ont tenu parole. C'est sa présentation qui a recalibré les pratiques de sécurité d'un des plus gros équipementiers télécoms de la planète.
Puis le 29 décembre 2013, 23h15, Saal 1 du 30e Chaos Communication Congress à Hambourg, FX est dans son élément et cette fois son sujet c'est "CounterStrike: Lawful Interception".
Le 30e Chaos Communication Congress, Hambourg, décembre 2013 (Wikimedia Commons)
L'interception légale, c'est cette fonctionnalité imposée aux fournisseurs d'accès Internet pour permettre la surveillance judiciaire. En clair... une backdoor officielle implantée dans les routeurs. Alors lors de sa conf, FX démontre que ce mécanisme viole le principe fondamental d'un routeur, à savoir transférer les paquets sans fouiller dans leur contenu, et crée ainsi une surface d'attaque massive.
Sa conclusion c'est que contourner la surveillance légale, c'est aussi facile que de tromper un antivirus. Pour lui, les backdoors "légales" ne protègent personne et fragilisent tout le monde. On est 6 mois après les révélations Snowden, et ce que FX démontre techniquement donne encore plus de poids au débat.
Snowden avait sorti les documents. FX en explique la mécanique.
Dans une interview au magazine Ethik und Militär en 2014, FX livrait surtout des opinions tranchées. Il est favorable aux capacités offensives étatiques comme complément aux défenses, mais également hyper critique du manque de responsabilité des éditeurs de logiciels, et pessimiste sur la place de l'Allemagne dans le secteur informatique. C'est pas le genre à tourner autour du pot.
Ceux qui l'ont côtoyé se souviennent également des soirées tardives, après les talks. À l'Alexis Park de Las Vegas, dans les bars de Kuala Lumpur, ou dans les clubs de Berlin, FX était de ceux qui restaient jusqu'au bout.
En 2007, il co-écrit "The Shellcoder's Handbook: Discovering and Exploiting Security Holes" avec Chris Anley, John Heasman et Gerardo Richarte. Un bouquin devenu référence pour quiconque s'intéresse à l'exploitation de vulnérabilités. Dans le milieu, c'est un classique.
Et en 2017, ses pairs lui décernent le Pwnie Award for Lifetime Achievement à la Black Hat de Las Vegas. Les Pwnie Awards, c'est un peu les Oscars du hacking, attribués par un jury de pointures (Travis Goodspeed, Charlie Miller, Katie Moussouris...). Recevoir le Lifetime Achievement, c'est la reconnaissance ultime de la communauté... Du beau monde, pour un prix super mérité.
Puis le 2 mars 2026, Nico Lindner et l'équipe de Recurity Labs publient un court message sur recurity-labs.com : "With heavy hearts, we announce that Felix 'FX' Lindner, a cherished friend, and the founder and owner of Recurity Labs, passed away on 2026-03-01."
FX nous a quittés.
Les hommages affluent alors immédiatement. Daniel Cuthbert, figure historique de l'infosec, écrit sur X : "Everyone today is a hacker in a sense but there are very few OG hackers on which shoulders we stand. Oh dude, Felix 'FX' Lindner you were so much a hackers hacker and you will be missed. RIP my friend and thank you."
Andrea Barisani, Federico Kirschbaum, des dizaines d'autres... Tous disent la même chose. FX était un vrai, quoi. Pas un influenceur sécu sur LinkedIn, pas un conférencier professionnel qui récite des slides. Mais un vrai type qui comprenait les systèmes en profondeur et qui partageait ce qu'il savait.
Felix "FX" Lindner laisse derrière lui des outils que les pentesteurs connaissent et utilisent encore, un livre que les étudiants en sécu continuent de lire, et une boîte qui continue de tourner...
Hier soir, je suis tombé sur GameDate et ça m'a carrément fait remonter 20 ans en arrière, à cette époque bénie l'époque où on passait tous nos nuits sur des jeux comme Wolfenstein: Enemy Territory ou Tribes 2 sans que personne ne nous juge bizarrement. Ce site pour le moins original permet d'organiser des sessions multijoueurs pour tous les jeux que tout le monde a oubliés.
D'abord vous arrivez sur le site, ensuite vous voyez les sessions programmées par d'autres joueurs, vous cliquez sur "interested" pour celles qui vous tentent, et le jour J vous lancez le jeu pour rejoindre les autres. Chaque session affiche 2 compteurs, le nombre d'intéressés et un "expected" pondéré, histoire d'avoir une vraie idée de la fréquentation au lieu d'arriver dans un serveur fantôme.
Et si rien ne vous convient, vous pouvez créer votre propre session en quelques clics sans avoir besoin de vous créer un compte. C'est très appréciable et en parcourant le catalogue, je suis tombé sur des pépites que je croyais définitivement enterrées.
Je pense à Halo 2, Phantasy Star Online, Tribes: Ascend, Rainbow Six: Raven Shield, Total Annihilation, Worms Armageddon, GoldenEye: Source, NEOTOKYO ou Sven Co-op...etc.
La liste tourne autour de 90 jeux et continue de grandir (qui a dit CMB ?). Y'a même du Mario Kart Wii et du Mario Party en netplay pour les nostalgiques de Nintendo, du F.E.A.R. Combat pour les fans de tir tactique et toute une section pour les mods Source comme Hidden: Source ou Eternal Silence.
Après, certaines sessions du catalogue affichent "no interest" parce que personne n'a cliqué dessus, donc n'oubliez pas de vérifier les compteurs avant de poser un RTT, sinon vous risquez de débarquer dans un serveur fantôme.
Côté vie privée, le site assure puisque votre IP est transformée en hash irréversible pour empêcher les abus de vote sans permettre de remonter à vous, et la protection anti-bot passe par Cloudflare Turnstile (donc pas de captcha pénible à résoudre). Aucun cookie de tracking mais juste un localStorage pour vos préférences. Et vous pouvez en option lier un compte Discord ou Steam pour recevoir des rappels avant vos sessions.
Un site qui vous fout la paix en somme...
Même l'interface tape carrément dans la nostalgie avec un look qui nous ramène pile aux menus Steam de l'époque Half-Life 2, grâce à vgui.css , un projet open source qui réplique l'esthétique des jeux Source.
Y'a six thèmes au choix dont un "Legacy" qui pue les années 2000 à plein nez (perso je suis resté dessus, forcément). Vous pouvez alors filtrer par région (NA, EU, OCE, SAM), par tags (PvP, co-op, casual, ranked, modded, newbie-friendly...) et trier par sessions qui démarrent bientôt ou par popularité.
Je trouve que GameDate est vraiment une bonne idée parce que ça participe à 100% à ce mouvement de préservation du jeu vidéo, totalement dans la lignée de projets comme EmuOS ou des trackers communautaires qui maintiennent les serveurs en vie depuis 15 ans. Je me dis que tant que des passionnés trouvent le moyen de se retrouver pour relancer un vieux serveur Tribes 2 ou autre, ces jeux ne sont jamais vraiment morts. Ils ont juste besoin qu'on les ressorte du placard de temps en temps...
À tester donc sur gamedate.org !
Depuis qu'Amazon a coupé le téléchargement USB de nos ebooks Kindle (sniiiif), héberger sa propre bibliothèque est passé du statut de bricolage du dimanche aprem au geste héroïque de préservation de notre souveraineté !
Alors si vous voulez vous lancer, sachez que Kavita , le serveur de lecture auto-hébergé développé depuis 2020, est l'un des candidats les plus solides du moment. C'est un lecteur web qui gère EPUB, PDF, comics CBZ/CBR et manga avec mode de lecture droite-à-gauche pour les aficionados et grâce lui, nos ebooks peuvent reprendre leur indépendance.
Ce truc, ça se déploie en Docker ou via Scoop pour Windows en 4 lignes de PowerShell.
De mon côté, j'ai installé Kavita sur mon NAS Synology alors voici la marche à suivre si vous voulez faire pareil.
Testé sur DSM 7.2 avec Container Manager. Pour QNAP via Container Station ou TrueNAS, la logique est la même puisque c'est du Docker standard.
Sur votre NAS, créez deux dossiers via Panneau de configuration > Dossier partagé :
docker/kavita/config pour la config et la base SQLite de Kavitadata/library/books pour votre bibliothèque (pointez où vous stockez déjà vos EPUB et CBZ)
Ouvrez ensuite Container Manager > Projet > Créer, donnez-lui le nom kavita, et collez ce docker-compose :
services:
kavita:
image: jvmilazz0/kavita:latest
container_name: kavita
restart: unless-stopped
ports:
- "5000:5000"
environment:
- TZ=Europe/Paris
volumes:
- /volume1/docker/kavita/config:/kavita/config
- /volume1/data/library/books:/manga
L'image jvmilazz0/kavita:latest est celle référencée dans la doc officielle. Côté container, les chemins sont /kavita/config et /manga (peu importe que ce soit du manga ou des romans, c'est juste le nom historique du point de montage).
Validez le projet. L'image se télécharge (environ 200 Mo), puis le conteneur démarre. Si le port 5000 est déjà pris sur votre NAS, changez le mapping en 5001:5000 par exemple.
Dans votre navigateur, allez sur http://IP-DU-NAS:5000. L'écran d'accueil vous demande alors de vous créer un compte admin.
Validez, puis allez dans les préférences pour passer l'interface en français et rafraichissez la page.
Ensuite, dans les paramètres du serveur > Bibliothèques, ajoutez une bibliothèque : Type "Livre" pour les EPUB/PDF ou "Manga"/"Comic" selon le contenu, le choix du dossier pointant vers /manga. Le scan démarre automatiquement.
Attention, Kavita est sensible à la structure des dossiers donc pour qu'il identifie correctement les séries, organisez vos dossiers comme ça :
/manga
├── Asterix/
│ ├── Asterix - Tome 01.cbz
│ └── Asterix - Tome 02.cbz
├── Stephen King/
│ ├── Ça.epub
│ └── Shining.epub
Un sous-dossier par série ou par auteur, pas tout en vrac dans un dossier unique.
Maintenant, pour accéder à Kavita depuis l'extérieur, le plus propre c'est un reverse proxy avec HTTPS. Sur Synology, soit via DSM > Portail web > Proxy inversé, soit via
Nginx Proxy Manager
. Pointez votre sous-domaine sur IP-NAS:5000 et activez Let's Encrypt.
Ou alors, moi ce que j'aime bien faire aussi, c'est rien du tout et passer par Tailscale !
Côté ergonomie, franchement ils n'ont pas chômé puisqu'on y retrouve le lecteur intégré avec modes single page, double page, webtoon ou même mode immersif plein écran. Des thèmes light, dark, sepia, + un mode personnalisé en CSS si vous voulez.
Y'a aussi de la synchro de progression de lecture entre tous vos appareils, du coup vous pouvez commencer un chapitre sur le laptop pendant votre pause café et le finir sur le téléphone dans le métro. C'est appréciable au quotidien.
Y'a aussi de la gestion multi-utilisateur avec authentification OIDC pour ceux qui aiment faire les choses bien (et ratings + listes individuels par compte, donc votre meilleur pote peut lire ses romans de Tom Clancy à côté de votre collection de docs techniques sans qu'on les mélange).
Il y a également une surveillance automatique des dossiers pour tout ce qui est import auto et de la recherche full-text avec filtres par métadonnées (titre, auteur, série, genre, langue).
Et si vous avez des enfants, il est possible de mettre en place des restrictions par classification d'âge pour éviter qu'ils ne fouillent dans vos comics de Manara. Et le clou du spectacle spécial barbu, c'est l'export d'annotations vers Obsidian via le plugin officiel pour les nerds du second cerveau.
Kavita propose même une fonction "Send to Kindle" pour balancer un EPUB vers votre liseuse Amazon. Sur Windows, vous pouvez aussi le transformer en service système avec Shawl pour qu'il démarre tout seul au boot, et côté Linux, un docker-compose suffira largement.
Voilà, dans cette jungle bordélique des outils ebooks auto-hébergeables, Kavita se positionne comme une option moderne et stable. Je préfère Kavita à Calibre car l'interface web est carrément plus moderne et hyper fluide à l'usage.
Vous l'aurez compris, côté concurrence, Kavita est historiquement plus orientée mixte ebooks-comics que Komga (qui supporte aussi les EPUB et PDF mais reste très ancré culture comics). Alors si vous hésitez entre les outils du moment, mon tour d'horizon des outils ebooks self-hosted devrait vous éclairer (avec notamment le drame Booklore !!).
Ah et y'a aussi Kavita+, la version premium à 4 $ par mois (2 $ le premier mois avec le code FIRSTTIME) qui ajoutera la sync AniList, des recommandations personnalisées, des collections intelligentes et l'enrichissement de métadonnées automatique. Après, perso, pour un usage classique, je trouve que la version gratuite fait déjà largement le job, mais si vous gérez +50 000 fichiers et que vous voulez pas passer la soirée à taguer des séries entières, là ça peut carrément valoir le coup.
L'actualité de la tech ces derniers mois donne des sueurs froides. Entre les rebondissements autour du CLOUD Act, la section 702 de FISA qui permet aux agences US d'accéder aux données des non-américains sans mandat, et les tensions diplomatiques internationales, la question de la souveraineté numérique n'est plus un débat de geeks. C'est un enjeu concret pour quiconque stocke, communique ou navigue en ligne.
Dans ce contexte, choisir ses outils, c'est faire un acte politique. Pas besoin de militer avec un mégaphone. Parfois, il suffit de changer de fournisseur et c'est là que Proton (lancé en 2014) entre en piste.
Si vous utilisez encore des services gratuits basés aux États-Unis (coucou Google, Meta & co), sachez que vos données sont, juridiquement, à portée de main du FBI, de la NSA ou de n'importe quelle agence fédérale disposant d'une subpoena (en gros l'équivalent d'une assignation à comparaître). Le CLOUD Act (pour Clarifying Lawful Overseas Use of Data) permet aux autorités américaines d'exiger l'accès aux données détenues par des entreprises US, même si ces données sont stockées sur des serveurs en Europe. Pepouze, ont fait comme chez nous quoi.
La Suisse, par contre, n'est pas membre de l'UE ni de l'EEE. Elle dispose de lois strictes sur la protection des données (LPD) et n'est donc pas soumise au CLOUD Act. Proton, basé à Genève, opère donc sous un cadre juridique qui privilégie la vie privée des utilisateurs. Ce n'est pas mon opinion, c'est un fait juridique.
Ajoutez à cela que tous les produits Proton sont open source, régulièrement audités par des tiers indépendants, qu'ils appliquent une politique de no-logs vérifiée et vous obtenez une stack technique qui résiste.
Commençons par le produit phare de la suite : Proton VPN. Pourquoi un VPN ? Pas seulement pour contourner des géoblocages (même si bah ... accéder à un catalogue Netflix étranger a son charme). Un VPN sérieux chiffre votre trafic, masque votre trafic aux yeux de votre FAI, et vous protège sur les réseaux Wi-Fi publics crades. Comme tous les VPN sérieux, il restaure une couche de confidentialité dans un internet de plus en plus surveillé.
D'ailleurs si Proton coche la plupart des cases techniques essentielles, il va même plus loin avec des fonctionnalités pensées pour les usages exigeants :
**VPN Accelerator : la vitesse sans compromis
**Oubliez le mythe du « VPN qui ralentit tout ». Grâce au VPN Accelerator (une techno propriétaire qui optimise le traitement des protocoles et réduit la latence), Proton améliore les performances jusqu'à 400 % sur les connexions longue distance. Couplé à un réseau de serveurs 10 Gbps (plus de 20 000 serveurs dans 140+ pays), le résultat est plutôt pas mal du tout. Streaming fluide, téléchargements rapides, navigation réactive, ça poutre bien.
**Stealth : contourner la censure avancée
**Vous voyagez dans un pays restrictif ? Le protocole Stealth, basé sur un WireGuard tunnellisé via TLS, rend votre trafic VPN indiscernable d'une connexion HTTPS classique. Du coup il passe à travers la plupart des pare-feux et méthodes de blocage sophistiquées. Idéal pour les journalistes, les activistes, ou simplement les voyageurs qui veulent accéder à leurs services habituels sans friction.
**Secure Core : la double protection
**Pour les scénarios à haut risque, Secure Core route votre trafic via au moins deux serveurs. D'abord il passera par un nœud d'entrée situé dans un pays à forte protection des données (Suisse, Islande, Suède), puis par un serveur de sortie. Cette architecture en « double VPN » protège contre les attaques par corrélation de trafic et les compromissions de nœud de sortie. Les serveurs Secure Core sont hébergés dans des data centers durcis (anciennes bases militaires, installations souterraines, accès biométriques) et exploités sur des réseaux dédiés.
Ajoutez à ça des fonctionnalités comme :
Mais parlons prix, car c'est souvent là que le bât blesse. Les VPN « premium » tournent souvent autour de 10-12 €/mois. Proton propose actuellement une offre d'appel à 1 euro par mois pour Proton VPN .
Pour le prix d'un café serré, vous testez un VPN sérieux, sans engagement long terme, et vous soutenez une entreprise qui se bat pour la vie privée en ligne. C'est un point d'entrée à très faible risque.
L'offre est visible directement sur leur site, sans code promo alambiqué. Si l'expérience vous convainc, vous pourrez toujours migrer vers une formule plus complète plus tard.
Un VPN protège votre navigation. Mais vos emails dans tout ça ? Et vos fichiers stockés dans le cloud ? Hé bien c'est là que la vision de Proton prend tout son sens puisqu'ils proposent un écosystème unifié plutôt que des outils disparates.
**Proton Mail : l'email chiffré de bout en bout
**Finis les scans publicitaires de vos messages (coucou Gmail). Proton Mail chiffre vos emails avant même qu'ils ne quittent votre appareil. Seul le destinataire possédant la clé privée peut les lire. Même Proton ne peut pas accéder au contenu de vos messages. L'interface est épurée, les applications mobiles sont fluides, et l'intégration avec un client email tiers (via IMAP/SMTP) est possible sur les formules payantes.
**Proton Drive : le stockage cloud qui respecte votre vie privée
**Lancé plus récemment, Proton Drive permet de stocker vos fichiers avec un chiffrement de bout en bout. Fini les analyses automatiques de vos photos ou documents. Vous gardez le contrôle total. L'intégration avec Proton Mail permet d'envoyer des fichiers volumineux de manière sécurisée, directement depuis votre boîte de réception.
**Le tout-en-un : Proton Unlimited
**Si vous commencez à voir l'intérêt d'avoir VPN + Mail + Drive sous le même toit, sachez que Proton propose l'offre Proton Unlimited. Elle regroupe :
Le tout pour un tarif unique, souvent plus avantageux que l'addition des services séparés. Et bonne nouvelle c'est que l'offre découverte à 1 €/mois peut parfois s'appliquer à Proton Unlimited selon les promotions en cours (à vérifier sur leur page dédiée). C'est l'occasion idéale pour tester l'écosystème complet sans se ruiner.
Basculer vers une stack privacy européenne, ce n'est pas un geste magique qui résoudra tous les problèmes de surveillance en ligne. Mais c'est un pas concret, mesurable, pour reprendre le contrôle sur vos données. C'est un projet aligné avec des valeurs de protection de la vie privée.
Proton n'est pas parfait. L'écosystème est encore jeune comparé aux géants du secteur, certaines fonctionnalités avancées arrivent progressivement, et le prix (même avec l'offre d'appel) reste un investissement supérieur au zéro pratiqué par le "tout gratuit". L'abonnement couvre jusqu'à 10 machines, ce qui est assez large pour la plupart des familles, mais c'est pas de l'illimité non plus.
Si vous hésitez encore, rappelez-vous : 1 euro. C'est le prix d'un café (demi café bientôt), soit un coût marginal pour un test sans risque. Si l'expérience ne vous satisfait pas, vous aurez perdu l'équivalent d'un sucre en poudre. Mais si c'est le cas, vous aurez fait un pas significatif vers la reprise de contrôle de votre vie numérique.
Et, si le cœur vous en dit, explorez l'offre Proton Unlimited pour embrasser toute la stack d'un coup. Parce que la souveraineté numérique, ça commence par un choix. Ce choix, c'est toujours le vôtre, vous avez encore les clés du bonheuuuur dans vos mains. Et comme d'hab, naviguez sûr et gardez le contrôle.
*- Proton VPN conserve-t-il des logs de navigation ?
*Non. Proton VPN applique une politique stricte de no-logs, vérifiée par des audits indépendants. Aucune adresse IP, aucun historique de navigation, aucune donnée de session n'est conservée. Sous droit suisse, Proton ne peut même pas être contraint de commencer à logger.
*- Puis-je utiliser Proton VPN pour regarder du streaming étranger ?
*Oui, Proton VPN propose des serveurs optimisés pour le streaming (Netflix, Disney+, Prime Video, etc.) sur ses formules payantes. La performance est au rendez-vous grâce au protocole WireGuard et au VPN Accelerator.
*- Le protocole Stealth fonctionne-t-il partout ?
*Stealth est conçu pour contourner la censure avancée (Chine, Iran, Russie, etc.). Il n'est pas infaillible à 100 %, mais il représente l'une des solutions les plus robustes du marché, régulièrement mise à jour face aux nouvelles techniques de blocage.
*- La Suisse est-elle vraiment un havre de confidentialité ?
*Sans être complète, la législation suisse (LPD) reste l'une des plus protectrices au monde. La Suisse n'est pas membre des alliances de surveillance Five Eyes, Nine Eyes ou Fourteen Eyes. Cela ne garantit pas une immunité absolue, mais cela crée un cadre juridique nettement plus favorable que bien d'autres juridictions.
*- L'offre à 1 €/mois est-elle limitée dans le temps ?
*Il s'agit d'une offre promotionnelle ponctuelle. Si vous lisez ces lignes et qu'elle est toujours active, n'attendez pas ! Vous pourrez toujours annuler ou modifier votre abonnement plus tard.
*- Proton est-il compatible avec mes appareils ?
*Sauf cas exceptionnel, la réponse devrait être : oui. Les applications Proton sont disponibles pour Windows, macOS, Linux, iOS, Android, Android TV, Chromebook, et via extensions navigateur (Chrome, Firefox). Un seul abonnement couvre jusqu'à 10 appareils simultanément.
732 octets, c'est tout ce qu'il faut pour passer de simple utilisateur à root sur n'importe quel Linux non patché compilé depuis 2017, soit la quasi-totalité des kernels. Cette faille béante s'appelle Copy Fail (CVE-2026-31431), elle a été dénichée par Taeyang Lee de chez Theori avec leur outil d'audit IA Xint Code. Et comme elle vient d'être divulguée hier sur la liste oss-security et qu'en plus, ils ont fait un joli petit site qui explique tout comme ça fonctionne, je vais essayer de tout vous expliquer !
La faille elle-même est moche mais surtout, c'est un agent IA qui l'a sorti en une heure environ. C'est un bug que la communauté kernel a laissé passer durant près de 9 ans et qui se trouve dans le sous-système crypto.
En gros, le noyau Linux expose une interface réseau spéciale pour accéder aux opérations de chiffrement depuis un programme normal, sans droits particuliers.
Et depuis 2017, une optimisation dans ce mécanisme a créé une situation bizarre : un fichier en lecture seule sur le disque, disons un binaire système, peut se retrouver dans la zone de sortie d'une opération de chiffrement .C'est la zone que votre programme a le droit de modifier.
Il suffit alors d'enchaîner un appel système particulier (splice) pour écrire 4 octets au bon endroit, on répète ça en boucle, et on modifie progressivement un binaire système de votre choix comme par exemple /usr/bin/su.
Et voilà, vous êtes root !
Maintenant, si vous administrez un serveur, 2 options existent pour vous protéger. La première consiste à patcher le kernel via votre distro (c'est le plus propre) et la seconde c'est de bloquer le module fautif avec :
echo "install algif_aead /bin/false" > /etc/modprobe.d/disable-algif-aead.conf
puis en lançant : rmmod algif_aead.
Attention quand même, ce fix ne fonctionne que si le module est optionnel. Si votre noyau l'a intégré en dur (c'est le cas dans la plupart des distros entreprise), faudra patcher directement ou bloquer le sous-système crypto via seccomp . Comme ça, y'a plus aucune surface d'attaque !
Le PoC est également trouvable. C'est un script Python (Python 3.10+ obligatoire pour os.splice) capable de faire tomber Ubuntu 24.04 LTS, Amazon Linux 2023, RHEL 10.1 et SUSE 16 avec exactement le même code. À noter que Fedora et les distros qui activent SELinux en mode enforcing par défaut résistent à l'exploit : SELinux bloque l'écriture en page cache sur les binaires système protégés, même si la faille kernel est bien présente. Ceux qui veulent tester sans Python peuvent aussi regarder du côté du
port C indépendant
, un exécutable statique de 1,7 Ko sans dépendance externe.
Les comparaisons avec Dirty COW et Dirty Pipe pleuvent, sauf que là où Dirty COW exigeait du timing précis et où Dirty Pipe demandait une manipulation spécifique du pipe-buffer, Copy Fail tape tout pareil sur 4 distribs majeures sans rien avoir à ajuster.
Et côté sévérité officielle, c'est du 7.8/10 donc c'est assez élevé !
Pour trouver cette faille, Xint Code, l'agent IA de Theori, n'a pas tâtonné à l'aveugle. Taeyang Lee lui a surtout glissé un prompt très précis qui lui demandait d'examiner tous les chemins accessibles depuis un programme utilisateur dans le sous-système crypto, en insistant sur le fait que splice() peut faire atterrir des fichiers en lecture seule dans des zones modifiables.
Une heure plus tard, Copy Fail sortait comme trouvaille critique ! Theori précise que le même scan a aussi remonté d'autres vulnérabilités encore sous embargo. Brrrrrr.... Tremblez simples mortel !
Ouais donc ouais, l'IA n'a pas remplacé l'expertise humaine, mais elle l'a démultipliée. Car Lee savait où regarder, et Xint Code a juste fait ce qu'il aurait fait mais en plus rapide ! C'est pas magique donc... Mais ça fait gagner du temps !
L'exploit est dispo ici sur le GitHub de Theori et côté impact, c'est costaud sur les hôtes multi-users et tout ce qui est environnements partagés. Je pense aux conteneurs Docker, aux clusters Kubernetes, aux pipelines CI/CD...etc.
Après si y'a que vous qui avez accès à votre serveur, c'est un peu moins critique car il faut forcément un accès local pour l'exploiter. C'est la même logique de chaînage que BlueHammer côté Windows , sauf qu'ici la marche jusqu'à root est encore plus petite.
Comment tester le PoC sur une machine de test ?
Si vous avez une VM sous Ubuntu 22.04 non patchée (kernel 5.15.x), voilà exactement ce qui se passe, testé en conditions réelles. Ne faites ça que sur une machine dont vous êtes propriétaire et où vous avez l'autorisation explicite.
Étape 1 - Cloner le PoC et vérifier le hash
manu@ubuntu:~$ git clone https://github.com/theori-io/copy-fail-CVE-2026-31431
Cloning into 'copy-fail-CVE-2026-31431'...
remote: Enumerating objects: 9, done.
Resolving deltas: 100% (1/1), done.
manu@ubuntu:~$ cd copy-fail-CVE-2026-31431 && sha256sum copy_fail_exp.py
a567d09b15f6e4440e70c9f2aa8edec8ed59f53301952df05c719aa3911687f9 copy_fail_exp.py
manu@ubuntu:~/copy-fail-CVE-2026-31431$ id
uid=1000(manu) gid=1000(manu) groups=1000(manu) ← utilisateur normal, pas root
Theori ne publie pas de hash officiel dans leur README, mais le SHA256 ci-dessus est celui du PoC tel qu'il est actuellement sur le repo. Si votre hash diffère, ne lancez pas le script.
Étape 2 - Lancer l'exploit
manu@ubuntu:~/copy-fail-CVE-2026-31431$ python3 copy_fail_exp.py
# L'exploit écrit 4 octets à la fois dans le page cache de /usr/bin/su
# via l'interface AF_ALG du kernel (authencesn + splice)
# Aucune race condition, aucun timing précis requis.
Mot de passe :
Le script utilise AF_ALG (l'interface crypto du kernel) combiné à splice() pour écrire un shellcode de 160 octets directement dans le page cache de /usr/bin/su, sans jamais toucher le disque. Il remplace ensuite le binaire patché pour exécuter un shell root.
Étape 3 - Shell root obtenu
root@ubuntu:~# id
uid=0(root) gid=1000(manu) groups=1000(manu)
root@ubuntu:~# whoami
root
root@ubuntu:~# uname -r
5.15.0-143-generic
# Kernel 5.15 vulnérable confirmé - Ubuntu 22.04 non patché
Notez le uid=0(root) alors qu'on est parti d'un uid=1000 sans aucun mot de passe, aucune race condition, aucun timing à ajuster. Brutal.
Étape 4 - Accès aux fichiers root-only
root@ubuntu:~# cat /etc/shadow | head -3
root:*:20271:0:99999:7:::
daemon:*:20271:0:99999:7:::
bin:*:20271:0:99999:7:::
root@ubuntu:~# cat /etc/passwd | grep root
root:x:0:0:root:/root:/bin/bash
/etc/shadow est normalement illisible pour un utilisateur standard. Là, avec notre PoC en Python et zéro interaction supplémentaire, on y accède comme si de rien n'était. Sur un serveur multi-utilisateurs, c'est game over pour tous les comptes présents.
Sur un système patché, le script échoue proprement à l'étape 2 avec un message d'erreur. C'est aussi simple que ça pour vérifier votre exposition.
Bref, mettez à jour vos kernels ou désactivez le module fautif rapidement !
199 $ pour passer vos consoles rétro en HDMI 1080p sans bouillie de pixels et sans latence visible ? C'est ce que promet le Morph 2K, le nouveau scaler analogique-numérique de PixelFX. Pré-commandes le 1er juin, livraisons huit à dix semaines plus tard.
L'idée est de prendre n'importe quel signal analogique des consoles rétro (composite, S-Video, SCART, component) et de le balancer en 1080p sur HDMI moderne, avec une couleur 4:4:4 propre et une sortie pouvant grimper à 60 Hz en VRR.
L'appareil est même pensé pour scaler les sources les plus crades en 240p sans empâter les pixels, ce qui est le grand intérêt de ce genre de boîtier face aux convertisseurs cheap qu'on trouve à 30 € sur AliExpress.
Côté connectique, tout y est. Composite, S-Video, SCART européen, component (les fameux Y-Pb-Pr) : pas besoin de racheter trois adaptateurs séparés. Seul le VGA demande un adaptateur supplémentaire vendu à part, ce qui exclut certaines Dreamcast modées ou les vieux PC rétro. Sinon vous avez la quasi-totalité des sorties analogiques couvertes nativement.
Le Morph 2K embarque aussi un mode simulation CRT optionnel pour ceux qui veulent retrouver les scanlines, le grain et le flou caractéristique des télés à tubes. Le boîtier est WiFi, mais pas pour le streaming des parties, simplement pour les mises à jour firmware et la configuration via une interface web depuis un navigateur. Pratique quand on veut bidouiller les profils par console sans se taper un menu OSD à la télécommande.
Par rapport au Morph 4K vendu autour de 400 $, on perd la sortie 4K (donc pas de pixel-double sur écran UHD), mais 1080p sur un écran moderne, ça reste largement assez pour profiter d'une N64 ou d'une Saturn dans des conditions correctes. La cible est claire : les retrogamers qui veulent de la qualité d'image sans passer aux 400 ou 600 $ d'un OSSC Pro ou d'un RetroTink 4K.
Les pré-commandes ouvrent le 1er juin et les premiers exemplaires devraient partir 8 à 10 semaines plus tard, soit fin août si tout se passe bien côté production. Aucune disponibilité officielle confirmée pour l'Europe au moment où j'écris ces lignes, mais PixelFX livre généralement à l'international via leurs revendeurs habituels.
À ce tarif, le Morph 2K devient intéressant face aux solutions FPGA hardcore qui demandent à la fois plus de budget et plus de bidouille pour être configurées correctement. Plus d'infos par ici .
Source : Time Extension
Starcraft2.ai débarque en force pour les joueurs de StarCraft 2 et de Brood War qui voudraient disséquer leurs replays sans bouger de leur navigateur. Le créateur de ce site, qui se présente sous le pseudo de Tomkit, a sorti un analyseur gratuit qui combine un moteur de rendu isométrique et un coach IA.
Vous balancez un fichier .SC2Replay (ou .rep pour Brood War), et chose incroyableuuuh, le site reconstruit votre partie complète en vue isométrique avec mouvement des unités, brouillard de guerre activable / désactivable et heatmaps. Comme ça plus besoin de relancer le client pour mater une partie.
Et le truc qui tue, c'est que vous pouvez aussi partager n'importe quel replay via une simple URL.
L'outil derrière ce projet, c'est sc2reader (la bibliothèque Python de référence pour Starcraft) qui parse intégralement les binaires des replays : Position détaillée des unités, séquence des ordres de construction, économie, kills, tout est extrait du fichier directement.
Le truc cool, c'est évidemment le coach IA. L'outil envoie le contexte de la partie (courbe d'éco, build order, échanges d'unités, résultat des batailles) à Claude, qui sort alors un debrief avec des conseils actionnables. Par exemple, le LLM identifie le type de stratégie déployée (timing attack, macro, all-in, cheese) et balance des recommandations basées sur les standards pro. C'est quand même bien plus utile que tous ces guides génériques qu'on retrouve en ligne.
Puis ce qui est cool avec ce logiciel, c'est aussi le support de Brood War et à où j'écris ces lignes, c'est l'un des seuls analyseurs encore maintenus pour le vieux premier StarCraft . Donc pour ceux qui parmi vous ont encore des replays archivés depuis l'ère du modem 56k, c'est carrément une bonne nouvelle !
Bref, si vous jouez encore à SC2 ou si vous voulez juste mater de beaux replays sans lancer le jeu, c'est par ici .
Le BME280 et le DHT22, deux capteurs ultra-populaires en domotique, ont une faiblesse cachée dans leur spécifications : ils ne supportent pas la condensation. Les gens de Mellow Labs ont creusé la question sur Hackaday après avoir flingué plusieurs sondes dans une salle de bain, et le coupable est marqué noir sur blanc dans les caractéristiques du produit, « non-condensing humidity »…
Le souci tient en fait à la physique du truc. Quand l'humidité relative dépasse les 100%, l'air saturé en vapeur d'eau rencontre une surface plus froide, et l'eau se condense en gouttelettes.
Dans une salle de bain c'est un scénario particulièrement fréquent : vous prenez une douche chaude, l'air monte à 95% d'humidité, puis quand le ventilateur souffle ou que vous ouvrez la porte, la température chute brutalement et l'eau se dépose sur tout ce qui est froid. Y compris les composants de votre capteur.
Et là, c'est la mort. La couche sensible (généralement un polymère hygroscopique) est conçue pour absorber la vapeur d'eau, pas pour boire des gouttes. Une fois saturée d'eau liquide, rien ne va plus. Au mieux le capteur renvoie des valeurs aberrantes pendant des heures, au pire il finit par se déglinguer définitivement. Mellow Labs a flingué plusieurs DHT22 et BME280 comme ça avant de comprendre ce qui se passait.
La solution existe heureusement. Sensirion vend le SHT40, un capteur avec un chauffage intégré contrôlable en I2C sur plusieurs niveaux de puissance. Quand il détecte que l'humidité grimpe vers la zone dangereuse (Mellow Labs déclenche le sien à 70%), il chauffe pendant maximum une seconde pour faire évaporer la condensation. Pendant la chauffe il ne mesure rien évidemment, sinon les valeurs seraient fantaisistes, mais ça suffit à protéger le capteur sur le long terme.
Du coup pour ceux qui montent une domotique sérieuse en salle de bain, en cuisine ou dans une cave humide, oubliez les BME280 et DHT22 standards. Ils sont parfaits pour un salon ou une chambre, mais ils ne sont pas conçus pour ces usages. Le surcoût d'un SHT40 ou d'un BME690 reste raisonnable (autour de 10 à 15 € contre 3 à 5 € pour un DHT22), et vous économisez le remplacement annuel.
Au passage, ça vaut le coup de regarder les spécifications avant de coller un capteur dans un endroit compliqué. La mention "non-condensing humidity" se trouve souvent dans les caractéristiques de ce type de produits.
Source : Hackaday
Monter un serveur HTTPS local pour bosser sur du Next.js ou du Vite, ça reste étrangement chiant. Faut mkcert pour générer les certifs, faut éditer le /etc/hosts à la mimine, installer caddy ou nginx en reverse proxy par-dessus... bref, vous voyez le diiiiliiiire ! Heureusement, Kamran Ahmed , le mec derrière roadmap.sh, vient de balancer Slim , un binaire Go standalone qui fait tout ça d'un coup.
Et tant qu'à faire, il rajoute aussi des tunnels publics à la ngrok au cas où vous voudriez présenter votre travail de dev payé au lance pierre, à un client pressé.
L'idée c'est donc de taper : slim start myapp --port 3000 et hop, votre app tourne OKLM en local sur le port 3000 et devient accessible via https://myapp.test avec un certif totalement valide reconnu à 100% par votre navigateur.
Ça permet d'esquiver tout config manuelle, puisque le binaire crée une autorité de certification locale (CA) dès le premier lancement, signe ensuite les certifs par domaine, et met à jour /etc/hosts tout seul, sans oublier de rediriger les ports 80/443 sur 10080/10443 sans même avoir besoin de root.
Et cette CA est ajoutée au trousseau du système, donc votre Chrome, Safari ou Firefox (ze best !!) la considèrent immédiatement comme légitime, sans alerte de sécurité. Du tout-en-un comme je l'aime quoi !
L'install se fait en une ligne (pensez à regarder comme d'hab le contenu du fichier .sh avant de le lancer, je ne le répéterais jamais assez) :
curl -sL https://slim.sh/install.sh | sh
Ensuite, pour les domaines, vous avez le choix entre .test (par défaut), .loc ou .dev. Notez que Kamran a explicitement banni le .local parce que ce TLD est réservé à mDNS et que ça fout en l'air toute la résolution DNS sur macOS et Linux. Ouf !
Le routing par chemin est aussi de la partie. Si vous bossez sur une app Next.js qui tourne sur le port 3000 et une API séparée sur le 8080, vous pouvez tout router en 1 seule commande :
slim start myapp --port 3000 --route /api=8080 --route /ws=9000
Tout tape alors sur https://myapp.test, et c'est slim qui fait le découpage. Et si vous avez plusieurs services à orchestrer, un fichier .slim.yaml à la racine du projet permet de tout déclarer d'un coup et de lancer le bouzin avec slim up.
WebSocket et HMR sont également gérés nativement, donc ça marche direct avec Vite et Next.
Maintenant, l'autre moitié de l'outil c'est slim share --port 3000 --subdomain demo qui vous délivre une URL publique sur slim.show pour exposer votre localhost sur le net. Vous pouvez ainsi ajouter un mot de passe, un TTL d'expiration, voir les logs en direct... bref, c'est du ngrok-like classique mais déjà inclus dans le même binaire ce qui éviter d'aller vous créer un compte séparé. Suffit de lancer un slim login pour activer le partage public.
Alors Slim c'est cool mais y'a pas de support Windows officiel pour l'instant... ce sera donc macOS ou Linux uniquement.
Et si vous êtes sur des stacks où vous avez déjà investi dans Tunnelto pour son dashboard d'introspection HTTP ou dans Tunnl.gg pour son approche zéro-client, slim n'apportera pas forcément de quoi migrer. Mais si vous galérez à empiler mkcert + caddy + ngrok à chaque nouveau projet, c'est pil poil ce qu'il vous faut.
Le code est sur GitHub et un grand merci à Philobois pour le partage !