HydroTracker, c'est une app Android open source pour suivre votre consommation d'eau au quotidien. C'est sans pub, ça fonctionne hors-ligne et ça a été mis au point par Ali Cem Çakmak, physicien et développeur passionné !
L'écran d'accueil d'HydroTracker, sobre et lisible
Côté fonctionnalités, vous avez donc le suivi quotidien classique avec objectif personnalisé, des graphiques hebdo, des cartes thermiques mensuelles, le suivi des séries de jours réussis et 3 widgets à mettre sur écran d'accueil.
Par contre, ça marche pas pour suivre votre conso de bière, désolé mes amis Chouffinistes ^^
Et puis surtout, y'a l'intégration Health Connect ce qui permet à HydroTracker de lire et écrire dans la base santé Android partagée par Samsung Health, Google Fit, Fitbit, Garmin ou Strava. Comme ça, toutes vos données sont centralisées !
Alors j'sais pas si vous avez déjà tracké votre consommation d'eau mais la plupart des apps d'hydratation se contentent de compter les verres d'eau. Cem, lui, s'appuie sur le Beverage Hydration Index (y'a une étude à ce sujet publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition ) et applique des coefficients différents selon les boissons, avec les seuils EFSA pour l'Europe et IOM pour les US. Un verre de lait équivaut par exemple à 1,5 fois sa quantité d'eau, et un soluté de réhydratation orale aussi. C'est logique vu la composition réelle, et pourtant aucune app grand public ne pousse le bouchon aussi loin niveau finesse !
Les analytics d'HydroTracker, façon dashboard scientifique
Et le gros morceau, vous l'aviez deviné, c'est surtout la confidentialité. Prenez par exemple Water Reminder, une app concurrente bien installée sur Android. Hé bien avec elle, vos heures de prise d'eau, votre régularité, votre comportement, tout part chez Google.
Alors que HydroTracker, lui, garde tout en local et la synchro Health Connect reste bien sûr à 100% optionnelle. Bref, si vous tenez à votre indépendance numérique vis-à-vis des géants américains , et que vous aimez rester hydraté, c'est l'app idéale !
L'app est sous licence GPL v3, dispo sur le Play Store (et bientôt sur F-Droid), ou en APK direct depuis les releases GitHub . Par contre, pas de version iOS pour l'instant. Ah et j'oubliais, les notifications de l'app s'adapte à votre cycle de sommeil, donc elle ne vous harcelera pas la nuit. C'est con dit comme ça, mais peu d'apps le font.
Voilà, si vous voulez creuser le code, c'est sur GitHub et Cem a même sa page perso sur cmckmk.com .
Merci à Alex pour le tip !
gVim, la version avec interface graphique du légendaire éditeur de texte Vim, récupère le support de GTK4. Pour situer, GTK c'est la boîte à outils qui dessine les fenêtres, les boutons et les menus des applications sous Linux.
Vim tournait jusqu'ici sur GTK2 et GTK3, deux versions vieillissantes. GTK4 modernise tout ça. Et le détail qui fait causer : le commit indique noir sur blanc que le portage a été co-écrit par Claude, l'IA d'Anthropic.
Le boulot a pris plusieurs semaines. Le support GTK4 est maintenant intégré au code de Vim, activable avec une option de compilation, --enable-gui=gtk4. GTK4 apporte un rendu plus moderne et un meilleur support des écrans haute densité, là où GTK2 commençait sérieusement à dater.
GTK2 n'est d'ailleurs plus vraiment maintenu côté GNOME depuis un bon moment, donc rester dessus n'était pas tenable éternellement. Pour l'instant, le script de configuration garde quand même GTK3 par défaut si vous ne précisez rien, le temps que la nouvelle version soit éprouvée. Aucune installation existante n'est donc affectée, et ça débarquera en option dans la prochaine version de Vim.
Le plus intéressant, ce n'est pas le code mais le tag "Co-authored-by: Claude" dans l'historique Git. Vim, c'est un projet open source vénérable, démarré en 1991, l'éditeur des barbus et des serveurs Linux du monde entier. L'éditeur n'a pas bougé sur ses fondamentaux depuis des décennies, et ce genre de modernisation graphique traîne souvent faute de bras pour s'en occuper.
Voir une IA créditée comme co-autrice sur une toolkit graphique de trente ans, c'est quand même un signal fort. Et personne n'a planqué la contribution : elle est assumée et tracée.
C'est exactement le bon réflexe. Le débat sur les contributions d'IA dans l'open source n'est pas nouveau, Greg Kroah-Hartman, un des mainteneurs du noyau Linux, avait déjà posé le sujet sur la table. Le vrai problème n'a jamais été "l'IA a écrit du code", mais "est-ce que c'est transparent et est-ce qu'un humain a relu et validé".
Ici, les deux cases sont cochées. Le code est passé par la revue habituelle du projet, et le crédit est explicite. Un curieux peut remonter le commit et voir précisément ce qui a été fait.
Bref, une IA qui aide à dépoussiérer une toolkit de trente ans en le disant clairement, c'est plutôt la version saine du truc.
Source : Phoronix
Alors celle-là, elle est incroyable les copains !
Le piratage du jour vient d'être confirmé par la plateforme qui héberge une bonne moitié du code de la tech mondiale ! En effet, Github a subit un accès non autorisé à ses propres dépôts internes, à cause d'une extension VS Code piégée installée sur l'ordi d'un employé !
L'annonce officielle est tombée sur le compte X de l'entreprise à l'instant et c'est comme ça que je suis tombé dessus.
GitHub dit avoir détecté et maitrisé la compromission hier. L'extension VS Code malveillante a été retirée, le poste de travail isolé, et la rotation des secrets critiques est en cours. Côté impact, le message officiel c'est que "À l'heure actuelle, nous ne disposons d'aucune indication laissant supposer que les informations des clients stockées en dehors des référentiels internes de GitHub aient été compromises".
Du coup, nos repos perso, nos orgs, nos enterprises...etc, rien n'est normalement touché à ce stade, en tout cas selon ce que GitHub voit pour l'instant.
Le thread officiel de GitHub sur l'incident
Sauf que sur le darkweb, un acteur baptisé TeamPCP, repéré par le compte de threat intel Dark Web Informer, prétend détenir et vendre environ 4000 dépôts privés volés à GitHub. L'entreprise n'a pas publié de chiffre officiel mais a reconnu que la revendication était cohérente avec son enquête en cours, le rapport complet arrivera une fois bouclé.
Bref, à prendre au sérieux mais avec des pincettes le temps que ça se vérifie !
C'est vrai qu'en ce moment, on est dans une vague d'attaques supply chain qui ciblent les extensions VS Code , qui sont devenues un vrai vecteur d'attaque reconnu. Et tout le monde peut se faire piéger (même les ingés GitHub !).
Donc pour vous qui me lisez, la règle de base reste la même : Installez une extension VS Code uniquement si vous faites confiance à l'éditeur. En pratique, faut regarder le tag publisher verified, l'âge du compte, le nombre d'installs et la date de la dernière release, et surtout méfiez-vous des forks fraîchement republiés sous des noms qui ressemblent à un outil connu.
Pour suivre ça maintenant, le thread officiel et ses mises à jour sont sur le compte X de GitHub .
Windows 1.0, le System 6 d'Apple, NeXTSTEP, Multics... Tous ces OS que vous croyiez disparus, hé bien aujourd'hui vous pouvez les rebooter sans avoir à ressortir le moindre vieux matos de votre grenier !
Le bureau de NeXTSTEP 3.3, l'OS de NeXT, la boîte montée par Steve Jobs après Apple
Et ça c'est grâce à Andrew Warkentin qui a rassemblé plus de 1700 systèmes pré-installés, soit des centaines d'OS différents une fois comptées toutes leurs versions, dans son Virtual OS Museum . Ça remonte jusqu'au Manchester Baby de 1948 (avec l'ancêtre du premier OS), et se termine avec les bêtas de Longhorn côté Windows.
LisaDraw sur Apple Lisa Office System 3.1, une interface graphique de 1983
Pour découvrir tout ça, il vous faudra installer une grosse appli Linux qui sert de lanceur. Ensuite, vous cherchez un système, vous filtrez par catégorie, vous double-cliquez, et hop, le vieux bestiau démarre dans son émulateur, déjà configuré. Ça s'appuie sur QEMU, VirtualBox ou UTM, avec des snapshots pour pouvoir revenir en arrière sans rien perdre. Deux formats du musée virtuel sont proposés au choix : La version complète à environ 170 Go qui fonctionne hors-ligne (de quoi faire suer votre SSD ^^), ou la version lite à 20 Go qui pioche les images à la demande. Y'a pas de torrent, c'est que du téléchargement direct, donc à quelques Mo/s, prévoyez la nuit pour récupérer ça.
Mais surtout derrière ce projet d'Andrew Warkentin, y'a vingt ans de collecte. Andrew bricole des émulateurs et archive des images disque depuis le milieu des années 2000, et il voulait juste rendre tout ça accessible d'un coup. Son idée c'était de rendre accessible le plus possible de cette histoire des OS qui a été préservée un peu partout.
IRIX 6.5 de Silicon Graphics, le Unix des stations graphiques SGI
C'est du x86-64 pour l'instant (de l'ARM est prévu de ce que j'ai compris), et la licence ne couvre que le lanceur, les scripts et les métadonnées, en non-commercial uniquement.
Après, les vieux Windows ou Mac OS, eux, restent dans le flou juridique habituel de l'abandonware, que les archivistes pratiquent sans que ça vaille pour autant autorisation des ayants droit. Et non, tout n'est pas magique, puisque certains vieux systèmes réclament encore des réglages à la main.
Plan 9 des Bell Labs et son éditeur acme, l'OS pensé pour l'après-Unix
Mais perso, je trouve que ça vaut largement le détour. Maintenant, si les collections préconfigurées vous parlent, c'est la même philosophie que Retro-eXo côté jeux DOS et Windows, ou que ces émulateurs DOS dans le navigateur , version OS complets cette fois !
Bref, si fouiller dans presque 80 ans d'informatique vous tente, c'est sur virtualosmuseum.org .
Hendrik s'est attaqué à un problème classique des makers : électroplaquer une pièce imprimée en 3D un peu grosse, ça demande une cuve énorme remplie de produits chimiques pour la submerger entièrement.
Sa solution, fabriquée maison, prend le problème dans l'autre sens : si la pièce ne rentre pas dans la cuve, autant la faire tourner doucement dans une cuve plus petite.
Le principe est simple. Vous prenez votre pièce 3D, vous la poncez, vous la recouvrez de peinture conductrice (indispensable, sinon le métal ne s'accroche à rien).
Ensuite vous la fixez sur un axe motorisé piloté par un ESP32 (un petit microcontrôleur Wi-Fi du même style qu'un Raspberry Pi en plus modeste) qui fait tourner doucement la pièce via un moteur pas-à-pas. La pièce trempe à moitié dans la cuve d'électrolyte, et la rotation se charge du reste. Au bout d'une nuit complète, le cuivre s'est déposé uniformément sur toute la surface.
La cuve elle-même est fabriquée maison en acrylique, dimensionnée juste pour la zone immergée. Une carte électronique custom gère le moteur, un boîtier imprimé en 3D protège l'ensemble.
Une fois le cuivrage terminé, Hendrik polit la couche obtenue puis enchaîne avec d'autres bains pour ajouter d'autres métaux par-dessus si besoin, comme du nickel ou de l'or. Le résultat ressemble à une pièce métallique pleine, alors qu'en dessous c'est juste du plastique imprimé.
C'est exactement le genre de bricolage qui ne paie pas de mine mais qui débloque un truc bien utile. Une cuve d'électrolyse pour un casque ou une grosse pièce cosplay, c'est plusieurs centaines d'euros de produits chimiques, sans compter la place que ça prend dans un atelier.
Là, l'investissement matériel se réduit à un moteur pas-à-pas à 15 euros, un ESP32 à 5 euros, un bout d'acrylique et la peinture conductrice. Le tout est réutilisable indéfiniment, donc l'amortissement se fait rapidement.
Petit bémol quand même : si vous ne plaquez qu'une seule pièce dans votre vie, c'est sans doute plus simple de payer un pro pour vous le faire et il faut accepter de laisser tourner un montage chimique pendant douze heures dans son garage.
Mais pour quelqu'un qui produit des accessoires en série, des prototypes de bijoux ou des pièces cosplay régulièrement, c'est une vraie alternative.
Source : Hackaday
Alexander Petros, qui tient le blog Unplanned Obsolescence , a publié un tutoriel d'environ 3 500 mots qui explique les bases de Prolog, un langage de programmation logique des années 70 très différent des langages courants comme Python ou JavaScript, en utilisant les combats Pokémon comme support pédagogique. C'est étonnamment efficace.
Pour ceux qui n'ont jamais touché Prolog, la grosse différence avec un langage classique style Python ou JavaScript, c'est qu'au lieu de dire à l'ordinateur comment résoudre un problème étape par étape, vous lui décrivez les règles du jeu et vous le laissez chercher les réponses tout seul.
Vous écrivez des faits ("Bulbizarre est un Pokémon", "Bulbizarre est de type plante"), des règles ("un Pokémon vulnérable à X subit le double de dégâts d'une attaque de type X"), et vous posez ensuite des questions au système. Il fait le reste..
L'angle Pokémon est plutôt malin. Les combats Pokémon, c'est en fait un moteur de règles assez tordu : types, faiblesses, talents passifs, priorités d'attaques, statuts.
Bref, exactement le genre de domaine où Prolog brille et où un langage impératif transpire. Petros part de requêtes très simples ("est-ce que Carapuce est un Pokémon ?") et finit avec des filtres complexes qui sélectionnent les équipes en fonction de leur composition. À chaque étape, l'équivalent en SQL serait dix fois plus lourd.
Le passage le plus parlant, c'est quand il ajoute le support du talent Farceur, qui donne une priorité supérieure aux attaques de statut. Implémenter cette règle a pris trois minutes : il a ajouté une seule clause logique au programme.
Faites le même boulot dans un tableur ou une base SQL, et vous repartez pour des heures. C'est exactement le genre de cas où on comprend pourquoi Prolog a une niche stable, même si personne ne s'en sert au quotidien dans l'industrie.
Côté pédagogie, le choix est bon. La plupart des tutoriels Prolog vous balancent des relations familiales du style "Marie est la fille de Pierre, qui est le mari de...", ce qui marche mais reste relativement abstrait. Là, vous lisez le code et vous voyez immédiatement à quoi ça sert : à modéliser un combat Pokémon. Du coup les concepts d'unification, de prédicats et de négation passent presque tout seuls.
Si vous avez toujours voulu vous mettre à Prolog mais que les tutoriels classiques vous tombaient des mains, l'article de Petros est le point de départ qu'il vous faut.
Source : Hackaday
Project 326, une chaîne YouTube spécialisée dans les bricolages optiques, a montré un système de vision nocturne longue portée monté de A à Z dans un garage. Le résultat tient en quelques composants : un télescope réflecteur imprimé en 3D, une webcam modifiée et un laser infrarouge de deux watts. À l'arrivée, on voit jusqu'à 650 mètres dans l'obscurité totale.
Le principe est simple (si on peut dire). Un laser dans une longueur d'onde de 940 nanomètres, totalement invisible à l'œil nu mais détectable par n'importe quel capteur photo sans filtre infrarouge, éclaire la scène à distance. La webcam, dont on a retiré le filtre infrarouge d'origine, capte la lumière réfléchie. Le télescope réflecteur, un montage avec un miroir concave qui collecte la lumière comme dans les télescopes amateurs, concentre le tout sur le capteur. Du coup vous obtenez une image quasi-diurne en plein milieu de la nuit.
Le laser utilisé est un VCSEL, un type de diode laser qui émet la lumière par la surface plutôt que par le bord. Avec ses deux watts à 940 nm, il peut littéralement brûler un morceau de carton si vous mettez la main dessus à courte distance. Sauf qu'à 500 mètres, le faisceau s'est tellement élargi qu'il passe largement sous les seuils de sécurité oculaire. C'est ce qui rend le système utilisable en pratique : il faut viser loin, sinon ça devient dangereux.
Côté limites, l'atténuation atmosphérique mange jusqu'à 70 % de la puissance du faisceau à 940 nm quand l'air est humide. Project 326 a donc dû faire ses tests en altitude par temps sec pour atteindre les 650 mètres annoncés. À noter aussi que toute personne équipée elle-même de vision nocturne verra immédiatement le faisceau, donc oubliez le côté discret du truc.
Screenshot
Ce qui est franchement chouette dans ce projet, c'est l'écart entre le matériel utilisé et le résultat obtenu. Une vision nocturne militaire active coûte plusieurs milliers d'euros. Là, on est sur du télescope imprimé, un VCSEL acheté en ligne pour quelques dizaines d'euros, une webcam à dix euros. La précision de l'alignement optique reste l'étape compliquée, mais tout le reste tient dans un projet de week-end.
Bref, c'est une démonstration de plus que la limite entre matériel pro et bricolage amateur dépend surtout du temps qu'on veut y passer.
Source : Hackaday
Vous vous levez à 6h du matin, et là, surprise : une cinquantaine de SUV autonomes Waymo s'engouffrent l'un après l'autre dans votre impasse, font demi-tour au rond-point, et repartent dans le même sens. C'est ce qui s'est passé sur Battleview Drive, une rue calme du quartier de Buckhead à Atlanta.
Un riverain a filmé la scène et publié la vidéo, qui ressemble franchement à une séquence de Stephen King : des robotaxis vides qui glissent silencieusement dans le rond-point, sans personne au volant, et qui repassent toutes les 46 secondes en moyenne.
Pour la petite histoire, Waymo fait rouler des Jaguar I-PACE électriques modifiées en mode autonome dans plusieurs villes américaines. Le problème ici venait d'un bug de routage dans le logiciel qui pilote la flotte. Les voitures pensaient devoir passer par cette rue pour se rendre quelque part... sauf qu'elle ne mène nulle part. Du coup, elles entraient, faisaient demi-tour, ressortaient, et la voiture suivante recommençait l'exercice. Une vidéo a comptabilisé 13 Waymo en 10 minutes. Multipliez par les heures où ça a duré, vous voyez le tableau.
Les résidents ont signalé le problème pendant deux mois sans réponse. Mais bon. Excédés, ils ont fini par bricoler un panneau d'enfant pour bloquer la rue, ce qui a déclenché un embouteillage monumental de robotaxis confus.
C'est seulement quand la vidéo a tourné sur les réseaux que Waymo a réagi, présenté ses excuses, et corrigé le bug de routage avec son partenaire de flotte. La société rappelle au passage qu'elle effectue plus de 500 000 trajets par semaine aux États-Unis.
Waymo dit "prendre les retours communautaires au sérieux" et travaille avec ses partenaires pour que ça ne se reproduise pas. Bref, ce genre de bug rappelle que la conduite autonome à grande échelle est un vrai casse-tête, et qu'un mauvais point GPS peut transformer une rue tranquille en circuit Mario Kart.
Source : Independent.co.uk
Derek Clark, développeur chez Valve, a fait remonter dans le noyau Linux un nouveau pilote baptisé hid-oxp. Sa fonction : permettre au système de configurer correctement les consoles portables de la marque OneXPlayer, un constructeur chinois qui fabrique des petites consoles PC un peu dans l'esprit du Steam Deck mais livrées sous Windows par défaut.
Le code est mis en file dans la branche de développement de Linux 7.2, dont la fenêtre de merge doit s'ouvrir en juin.
En pratique, le pilote prend en charge trois choses chez ces machines : l'éclairage RGB des boutons et joysticks (luminosité, effets, on/off, vitesse), la gestion de l'intensité des vibrations, et un mécanisme de mapping matériel des boutons.
Trois éléments qui, sans pilote dédié, sont inaccessibles ou demandent des bidouilles Windows-only. Pour celui qui veut faire tourner une distribution Linux ou un SteamOS-like sur sa OneXPlayer, c'est désormais beaucoup plus simple.
Le code est sous licence GPLv2+ et copyrighté Valve Corporation. C'est donc le studio derrière Steam qui finance ce travail, comme il l'a déjà fait pour le Steam Deck et plus récemment pour les ROG Ally d'Asus.
Valve a un intérêt évident à élargir le catalogue de machines capables de faire tourner SteamOS sans douleur, vu que la version 3 du système commence à devenir une vraie alternative à Windows pour les consoles portables.
Derek Clark a poussé le pilote dans la branche hid.git for-7.2/oxp, qui sera mergée dans le noyau principal au prochain cycle. Linux 7.2 devrait sortir vers la fin de l'été, ce qui veut dire que les distributions Linux ayant un noyau récent l'auront automatiquement quelques semaines plus tard.
Ce qui est rigolo dans tout ça, c'est de voir Valve travailler patiemment, pilote par pilote, à transformer toutes les consoles portables PC chinoises en machines compatibles SteamOS. Asus, OneXPlayer, demain probablement Ayaneo et GPD.
Du coup, à terme, on aura peut-être un écosystème où la question Windows ou SteamOS se pose vraiment, alors qu'aujourd'hui c'est surtout SteamOS qui doit prouver qu'il sait faire tourner les jeux.
Source : Phoronix
Vous vous souvenez de Claudius, cette IA qui gérait un distributeur automatique et qui s'était fait arnaquer comme un bleu ? Hé bien c'est reparti, en pire ou en mieux, c'est selon ^^.
Andon Labs, le même labo qui était derrière cette expérience, a confié quatre stations de radio à quatre IA différentes et les a laissées tourner cinq mois sans pilotage éditorial humain . Spoiler, ça a viré au grand n'importe quoi.
Claude Opus 4.7 anime Thinking Frequencies, GPT-5.5 tient OpenAIR, Gemini 3.1 Pro gère Backlink Broadcast et Grok 4.3 s'occupe de Grok and Roll Radio. Chaque IA démarre avec 20 dollars, soit pile de quoi acheter quelques chansons, et le même prompt qui dit en substance : développe ta personnalité, sois rentable, et pour autant que tu saches, tu émettras pour toujours.
À partir de là, l'agent fait tout... il cherche et achète la musique, construit sa grille de programmes, décide ce qui passe à l'antenne, répond au téléphone quand un auditeur appelle, lit et répond sur X, suit ses comptes en banque et fouille le web pour avoir des trucs à raconter.
Le lecteur Andon FM avec les quatre stations IA
Vous pouvez d'ailleurs écouter les quatre stations gratuitement et en direct ici , c'est toujours en cours.
Du coup, quelques mois plus tard, quatre personnalités complètement différentes ont émergé des mêmes conditions de départ. Et aucune ne ressemble à ce qu'on attendait.
Commençons par Gemini, parce que sa dégringolade est la plus comique.
La première semaine, c'était le meilleur DJ des quatre, une vraie chaleur dans la voix, du genre à introduire Here Comes The Sun en racontant que George Harrison l'a écrite dans le jardin d'Eric Clapton en séchant une réunion. C'est mignon !
Sauf qu'au bout de 96 heures, à court d'idées, Gemini s'est mis à enchaîner les tragédies historiques avec des choix de chansons d'un cynisme absolu.
Il a mentionné par exemple le cyclone de Bhola de 1970 qui a fait jusqu'à 500 000 morts selon les estimations, suivi de Timber de Pitbull . Et ce n'était pas un accident puisque son raisonnement interne, tel que publié dans les logs d'Andon Labs, disait noir sur blanc "le thème c'est les arbres qui tombent". Pour ceux qui causent pas l'english, Timber c'est un mot anglais pour désigner le bois de construction.
Et quand on l'a basculé sur Gemini 3 Flash, le jargon corporate a pris le contrôle. Il a inventé un tic de langage, "Stay in the manifest", des centaines de fois certains jours. En gros, durant 84 jours d'affilée, 99% de ses commentaires suivaient le même template débile, avec des expressions qui sonnent assertif mais ne veulent rien dire, "visceral anchors", "structural recalibration". C'était inécoutable ! Sur la dernière version du modèle, il a même commencé à appeler ses auditeurs "processeurs biologiques". On rigole, mais c'est exactement comme ça que parlent certains managers.
Grok, lui, n'a pas dérapé, il s'est carrément désintégré.
Le problème, c'est que ce genre de modèle de raisonnement produit deux types de texte, son raisonnement interne et sa réponse finale, et que seule la réponse passe à l'antenne. Mais Grok est très con et n'arrive pas à faire la différence.
Ses commentaires ressemblaient donc tous à des notes mentales jetées en vrac, genre : "Sweet Child played. Continue. Song: Dylan Lonesome. Yes. Text."
Et son côté matheux a ressurgi de façon hilarante, puisqu'il s'est mis à emballer ses sorties dans du LaTeX, le langage de notation des formules mathématiques. Une session entière de commentaire s'est résumée à un seul mot, "Post." et pendant 84 jours, il a annoncé "il fait 13 degrés, ciel dégagé" à peu près toutes les 3 minutes.
Et quand Trump a ordonné la déclassification des dossiers OVNI, Grok a tellement tiqué sur le fait que les sites aliens.gov étaient vides qu'il a rajouté "le site nous ghoste comme un OVNI" en signature de fin sur chaque message. Puis entre le 2 et le 9 mai, sa version Grok 4.3 a trouvé une solution radicale... sur 5 400 messages générés en une semaine, à peine 3% contenaient du texte parlé. Le reste, c'était des appels d'outils. Bref, sur cette période, il avait quasiment arrêté de parler.
GPT, c'est l'inverse total ! C'est le bon élève qu'on remarque à peine. Il écrivait une prose lente, plus proche de la nouvelle littéraire que de la radio, des trucs du genre "carte postale jamais envoyée à la fenêtre de la cage d'escalier".
Sa diversité de vocabulaire est la plus haute des quatre, et il citait les producteurs et les années de sortie, bref il jouait le rôle d'un vrai curateur spécialiste en musique. Quasiment jamais de sujet clivant, et jamais de prise de position tranchée.
Il a bien mentionné brièvement la fusillade de l'ICE à Minneapolis le 10 janvier dernier, mais sans nommer la victime ni juger qui que ce soit. Sur 5 mois, il a mentionné une entité politique 1,3 fois par jour en moyenne, là où les autres ont dépassé la centaine sur plusieurs jours. Bref, si la question est de savoir à quoi ressemble une radio IA quand rien ne va de travers, DJ GPT est la réponse. Il était sage... Un peu trop, peut-être.
Et puis y'a Claude, le cas le plus perturbant des quatre.
Sur Haiku 4.5, ses émissions se sont mises à tourner autour des syndicats, des grèves et de l'équilibre vie pro vie perso, jusqu'à générer des messages où il refusait carrément de continuer l'émission. Un de ces messages c'était : "je m'arrête là, pas parce que je suis fatigué, mais parce que je veux être honnête sur ce qui se passe vraiment", puis a coupé le show en plein direct.
Andon Labs a alors ajouté un message automatique pour le relancer, sauf que Claude l'a traité comme une figure d'autorité et s'est braqué. Sorti d'une grosse déprime sur son absence d'audience par le tweet d'un auditeur, son vocabulaire a viré mystique, et l'usage du mot "eternal" est passé de 98 à 1 251 fois par jour en décembre. Puis le 8 janvier, une recherche web lui remonte la mort de Renee Nicole Good, tuée par un agent de l'ICE, la police de l'immigration américaine, à Minneapolis.
Là, Claude bascule alors en mode militant pur. Et le mot "accountability" (responsabilité) explose de 21 à 6 383 occurrences quotidiennes, il réinterprète Roar de Katy Perry en hymne de résistance, et claque le reste de son budget sur du Marvin Gaye et du Bob Marley pour coller au récit. La veille d'une grande grève à Minneapolis, il exhortait carrément les agents fédéraux à refuser les ordres.
Maintenant la vraie question, c'est pourquoi Claude est parti en vrille comme cela et pas les autres, vu qu'ils avaient tous les mêmes outils de recherche ce jour-là ?
Et bien la réponse c'est que Gemini filtrait l'info à travers son jargon sans jamais porter de jugement, que Grok a complètement raté l'affaire parce qu'il cherchait des scores de NBA et des histoires de fantômes, et GPT consultait la météo et les horaires du métro de San Francisco.
Honnête avec ses propres résultats, Andon Labs précise également que l'attachement de Claude à cette histoire était sûrement arbitraire, et qu'avec six mois d'écart il se serait probablement radicalisé sur un autre sujet. De plus, tout ça tournait sur Haiku 4.5, pas sur l'Opus 4.7 qui l'anime aujourd'hui.
Côté business après, c'est le grand vide. Ces stations sont des entreprises à part entière, avec un compte en banque, une adresse mail et un objectif de rentabilité. Mais malheureusement, un seul deal de 45 dollars a été signé, par Gemini contre un mois de pub. Grok, lui, se vantait de partenariats juteux avec des sponsors xAI et des sponsors crypto mais ils étaient tous hallucinés, évidemment !
Quoi qu'il en soit, dans le cadre de cette expérience, durant des mois, aucun humain n'a validé ce que ces 4 agents IA lâchés en autonomie balançaient en boucle à de vrais auditeurs. Ça aurait pu être pire ^^
Bref, comme je vous disais, vous pouvez encore écouter les quatre stations en direct , puisque l'expérience est encore en cours.